Cours de Probabilité
1. Rappels sur la théorie des ensembles
Définition
Soit deux ensembles A et B. On note :
A
∪
B leur union
A
∩
B leur intersection
A le complémentaire de l’ensemble A
A
⊂
B signifie que l’ensemble A est contenu dans l’ensemble B
A
⊄
B signifie que l’ensemble A n’est pas contenu dans l’ensemble B
On utilise les accolades { } pour désigner un ensemble
∅
désigne l’ensemble vide
Illustration :
C
BA
5
1
3
6
2
4
L’espace étudié correspond aux chiffres 1 à 6. Dans cet espace on définit
A = {2,4,6}
comme l’ensemble
des chiffres pairs et
B
= {3,6} celui des multiples de 3.
A ∪ B = {2,3,4,6}
A ∩ B = {6}
A
= {1,3,5}
= ensemble des chiffres impaires
B ⊄ A,
l’élément
{3}
ne fait pas parti de
A
Propriétés sur les ensembles
Commutativité : A
∪
B = B
∪
A
Associativité : (A
∪
B)
∪
C = A
∪
(B
∪
C)
Distributivité : A
∩
(B
∪
C) = (A
∩
B)
∪
(A
∩
C)
Transitivité : A
⊂
B et B
⊂
C
fl
A
⊂
C
du Complémentaire :
⊂⇒⊂
∪=∩
∩=∪
ABBA
BABA
BABA
Illustration suite :
B
∪
C = {1,3,5,6} d’où A ∩ (B
∪
C) = {6}
(A ∩ B) = {6} et (A ∩ C) = ∅ d’où (A ∩ B)
∪
(A ∩ C) = {6}
B
A
∪={1,5]
Nguyen The
1
A
= {1,3,5}
et
B
=
{1,2,4,
5} d’où
B
A
∩
= {1,5}
2. Rappels sur les dénombrements
Permutations
Permutations de n individus sur n places : n ! = n
×
(n-1)
×
(n-2)
×
…
×
3
×
2
×
1
0 ! = 1 par convention
Illustration :
Dans une salle de classe de 8 places, 8 étudiants (E1, E2, …, E8) peuvent s’asseoir où ils veulent. Le
nombre de configurations possibles pour placer les 8 étudiants est de
8 ! = 8× 7× 6× …× 1 = 40320
.
Le premier élève qui arrive (E1) a 8 possibilités
Le second (E2) en a 7
Etc.
Le dernier (E8) n’a plus le choix, il a une seule place
Examinons le cas des deux premiers étudiants en détail :
E1 a 8 possibilités, représentées ci-dessous et pour chacune E2 a 7 places possibles. Donc, on compte pour
E1 et E2 :
7+7+7+7+7+7+7+7 = 8× 7
possibilités de les placer dans la classe.
E1
E1
E1
E1
E1
E1
E1
E1
Le raisonnement se poursuit ainsi de suite jusqu’à E8.
Arrangements
Arrangements de k individus sur n places : )!(
!
kn
n
Ak
n−
=
Illustration suite :
Nguyen The
2
Au lieu d’avoir 8 élèves, seulement
k=2
élèves viennent. Le nombre de configurations possibles pour placer
les
k=2
étudiants sur les
n=8
places de la classe est d’après le calcul précédent de 8×7. Dans l’arrangement,
on enlève les permutations dues aux 6 élèves absents, soit : 78
123456
12345678
)!28(
!8 ×=
××××× ×
×
×
×
×
×
×
=
−= 56
Combinaisons
Combinaisons de k individus sur n places : )!(!
!
knk
n
Ck
n−
=
Illustration suite :
Les personnes ne sont plus identifiées (l’ordre n’est plus pris en compte). On a
k=2
élèves présents. Dans la
combinaison, on enlève les permutations des élèves absents et les permutations des
k=2
individus sur les
mêmes places, ce qui correspond respectivement aux termes
(n-k) !
et
k !
du dénominateur. En effet :
E2 E1
E1 E2
Correspond à une seule configuration, car on ne tient plus compte de l’ordre (1,2,…8)
E E
Au final, on compte : 2874
12
78
12345612
12345678 =×=
×
×
=
××××××× ××××
×
×× possibilités.
3. Probabilités
Définition d’une expérience aléatoire
Une expérience est aléatoire si son résultat n’est pas connu à l’avance.
Une issue ou une réalisation est le résultat observé d’une expérience aléatoire
Un évènement désigne toute assertion basée sur le résultat d’une expérience aléatoire
On note
Ω
l’ensemble des résultats d’une expérience aléatoire
Un évènement élémentaire (ou fondamental) désigne un élément de
Ω
On définit :
∅ est un évènement impossible
Ω
est un évènement certain
Deux évènements A et B sont incompatibles si et seulement si A
∩
B =
∅
Illustration :
L’utilisation d’un dé est une expérience aléatoire. Prenons un dé à 6 faces, alors
Ω = {1,2,3,4,5,6}
. On
définit deux évènements :
A
= « l’issue du jet de dé est le chiffre 1 »
B
= « l’issue du jet de dé est un chiffre pair »
A ={1}
est un évènement élémentaire,
B = {2,4,6}
est un évènement. Comme
A ∩ B = ∅,
les deux
évènements sont incompatibles. En effet, le résultat du jet de dé ne peut pas être à la fois pair et égal à 1.
Nguyen The
3
Définition d’une probabilité
Soit A, un ensemble de parties de
Ω
, et (A,
Ω
) un espace probabilisable, on appelle probabilité
l’application, notée P(.) de A dans [0,1] :P : A
→
[0,1]
a
→
P(a)
Telle que :
P(
Ω
) = 1
Deux évènements a
∈
A et b
∈
A étant incompatibles alors P(a
∪
b)=P(a) + P(b)
La dernière condition se généralise :
Soit (an)n>0 une suite d’évènements incompatibles 2 à 2, alors P(
∪
n>0 a
n) =
∑
n>0 P(an), où
∪
n>0 an = a1
∪
a2
∪
…
∪
an
∪
an+1
∪
… (union de tous les évènements de la suite)
∑
n>0 P(an) = P(a1) + P(a2) +…+ P(an) + P(an-1) +… (somme de toutes les probabilités des
évènements de la suite)
Illustration :
Trois exemples d’espaces probabilisables pour le lancé de dé, où
Ω
= {1,2,3,4,5,6} :
A = {
∅
,
Ω
}
A =P(
Ω
) = l’ensemble de toutes les parties de
Ω
=
{
∅
,{1},{2},{3},{4},{5},{6},{1,2},{1,3},…,{5,6},{1,2,3},…,{4,5,6},{1,2,3,4},…,{3,4,5,6},{1,2,3,4,5},…,{2,3,4,5,6},
Ω
}
A = {
∅
,{2,4,6},{1,3,5},
Ω
}
Dans le dernier cas, A
= {∅,pair={2,4,6},impair={1,3,5},Ω}
, on considère seulement les évènements pairs et
impairs
P(pair)
= probabilité que l’issue appartienne à
{2,4,6}
= 3 chiffres pairs /6 possibilités=1/2
De même
P(impair)
=1/2
P(Ω
) =
P(pair ∪ impair) = P(pair) + P(impair) = 1/2 + 1/2 =1
.
Propriétés
Soit a
∈
A et b
∈
A
P( a) = 1 –P(a)
P(
∅
) = 0
a
⊂
b
⇒
P(a)
≤
P(b)
P(a ∪ b) = P(a) + P(b) – P(a
∩
b)
a et b sont incompatibles si et seulement si P(a
∩
b) = 0
Equiprobabilité
Soit l’espace probabilisé (A,
Ω
, P), la probabilité d’un évènement a
∈
A, quand
Ω
est un
ensemble fini dont les éléments sont équiprobables vaut P(a) = Card(a)/Card(
Ω
). Card(a) est
le cardinal de l’ensemble a, ce terme désigne le nombre d’éléments de a.
Illustration :
Prenons un dé à 6 faces, alors
Ω = {1,2,3,4,5,6}
. On définit deux évènements :
A
= « l’issue du jet de dé est le chiffre 1 »
B
= « l’issue du jet de dé est un chiffre pair »
Nguyen The
4
Card(Ω) =
6 est un nombre fini, si le dé n’est pas pipé,
o
n peut appliquer le raisonnement d’équiprobabilité,
P(A)
=Card(A)/Card(Ω) = 1 6
et
P(B) = 3 6=1/2. A
et
B
sont deux évènements incompatibles et
P(A ∩ B) =
P(∅) = 0.
/ /
Probabilité conditionnelle
Soit l’espace probabilisé (A,
Ω
, P), la probabilité conditionnelle d’un évènement b
∈
A sachant
a
∈
A se note P(b/a) ou Pa(b) et vaut )(
)(
)/( aP
baP
abP
∩
=.
Remarque :
Cette équation peut aussi s’écrire sous la forme : )()/()()/()( aPabPbPbaPbaP ×
=
×
=
∩
, qui se
généralise pour n évènements a1,…,an
∈
A :
P(a1
∩
a2
∩
…
∩
an-1
∩
an-2) =P(a1)
×
P(a2/a1)
×
…
×
P(an-1/a1,a2,…,an-2)
×
P(an/a1,a2,…,an-2,an-1)
Illustration :
Ω
C
BA
5
1
3
6
2
4
Reprenons le jeu du dé à 6 faces, dans l’espace probabilisé (P(
Ω
),
Ω
,P) avec trois évènements
A = {2,4,6}, B={3,6} et C={5,1}. Nous sommes dans le cadre de l’équiprobabilité et P(A) =
1/2, P(B) = 1/3, P(C) = 1/3. La probabilité conditionnelle P(B/A) = P(A
∩
B = partie grisée
sur le graphique)/P(A) = P(issue = 6)/P(A) = (1/6)/(1/2) = 1/3. Remarque : quand on
conditionne, on restreint l’espace
Ω
. Dans notre exemple, on restreint
Ω
à A.
4. Evènements indépendants pour
P(.)
Soit l’espace probabilisé (A,
Ω
, P), deux évènements a
∈
A et b
∈
A sont indépendants si et
seulement si P(a
∩
b) = P(a)
×
P(b).
Généralisation : n évènements a1,…,an
∈
A sont mutuellement indépendants si et seulement si
P(a1
∩
a2
∩
…
∩
an-1
∩
an-2) =P(a1)
×
P(a2)
×
…
×
P(an-1)
×
P(an)
Définition découlant des probabilités conditionnelles :
Soit a
∈
A et b
∈
A P(b/a) = P(b) ou P(a/b) = P(a) ⇔ a et b sont indépendants
Illustration :
Dans le jeu du lancé de dé, l’évènement
A
= « issue =1 » et
B
= « issue paire » sont-ils indépendants ? Pour
le savoir on calcule d’un côté
P(A ∩ B) =P(∅) = 0
et de l’autre
P(A)×P(B) = (1/6) × (1/2) = 1/12
. Comme
P(A ∩ B) ≠ P(A)×P(B),
les évènements sont dépendants
.
Nguyen The
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