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Arithmétique des entiers
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Université d’Eleuthéria-Polites
Cours de Licence —/
Bruno DE
S
CHAMPS
Version .
On n’epas d’un pays mais on ed’une ville
Où la rue artérielle limite le décor.
Les cheminées d’usine hululent à la mort.
La lampe du gardien rigole de mon yle.
La misère écrasant son mégot sur mon cœur
A laissé dans mon sang la trace indélébile
Qui a le même son et la même couleur
Que la suie des crassiers, du charbon inutile.
Les forges de mes tempes ont pilonné les mots.
J’ai limé de mes mains le creux des évidences.
Les mots calaminés crachent des hauts-fourneaux.
Mes yeux d’acier trempé inventent le silence.
Je me soûle à New York et me bats à Paris.
Je balance à Rio et ris à Montréal
Mais c’equand même ici que poussa tout petit
Cette fleur de grisou à tige de métal.
Table des matières
Présentation axiomatique des entiers naturels
.Axiomatique...........................................
.Arithmétique sur N.......................................
..Addition..........................................
..Multiplication......................................
L’anneau Zdes entiers relatifs
.Conruion...........................................
.Propriété de l’anneau Z. ....................................
..Divisibilité........................................
..Congruence .......................................
..Euclidienneté ......................................
..Nombres premiers et faorialité de Z......................... 
..pgcdetppcm ...................................... 
..Sous-groupes de Zet théorème de Bezout. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 
L’anneau Z/nZ
.Struure de Z/nZ........................................ 
.Calcul de ϕ(n) .......................................... 
.Etude de (Z/nZ)∗........................................ 
.Le cryptosyèmeR.S.A. .................................... 
Présentation axiomatique des entiers naturels
.Axiomatique
Dans ce qui suit, Edésigne un ensemble et ≤un ordre sur E. On considère les axiomes suivants :
S.. L’ensemble Eenon vide.
S.. L’ordre ≤eun bon ordre sur E(i.e. toute partie non vide de Epossède un plus petit élément).
S.. Toute partie majorée non vide de Epossède un plus grand élément.
S..Ene possède pas de plus grand élément.
Premières remarques : Si (E,≤) vérifie les axiomes S.. alors ≤eun ordre total sur E. Par ailleurs si
(E,≤) vérifie S.,,. alors Eeun ensemble infini. Enfin, si Evérifie S.,. alors Epossède un plus
petit élément.
Dans la suite on considère un ensemble ordonné (E,≤) vérifiant les axiomes S.,,. On note 0 le
plus petit élément de E.
Les fonions successeur et prédécesseur : Considérons un élément n∈Eet F={m∈E/ m > n}.
D’après ce qui précède Fn’epas vide (sinon Eposséderait un plus grand élément). On appelle
successeur de nl’élément noté s(n) égal au plus petit élément de l’ensemble F.
Considérons un élément n∈E−{0}et F={m∈E/ m < n}. D’après ce qui précède Fn’epas vide
(car 0 ∈F) et emajorée (par n). On appelle prédécesseur de nl’élément noté p(n) égal au plus grand
élément de l’ensemble F.
Propriété .— a) Pour tout n∈Eon a s(n)> n et pour tout m∈Eon a m>n⇐⇒ m≥s(n).
b) Pour tout n∈E−{0}on a p(n)< n et pour tout m∈Eon a m<n⇐⇒ m≤p(n).
c) La fonion se riement croissante et la fonion pe riement décroissante.
d) Pour tout n∈E−{0}on a s◦p(n) = n.
Preuve : a,b,c) Exercices.
d) On a p(n)< n, donc s(p(n)) ≤n. Posons m=s(p(n)) et supposons que m<n, on a donc m≤p(n) mais
comme m=s(p(n)) on a m>p(n) ce qui eabsurde. Ainsi m=n.
——–
Théorème .— (appelé principe de récurrence) Soit Aune partie de E. Si Avérifie
•0∈A.
• ∀n∈E,n∈A=⇒s(n)∈A.
alors A=E.
Preuve : Raisonnons par l’absurde en supposant que A,E. On considère alors l’ensemble F=E−A
qui edonc non vide. Soit n0le plus petit élément de F. On a n0,0 (car 0 <F) et donc n0a un
prédécesseur m0. Comme n0> p(n0) = m0et que n0ele plus petit élément de Aon a m0<F, donc
m0∈Aet par suite n0=s(m0)∈Ace qui eabsurde.
——–
Théorème .— L’application seune bijeion de Esur E−{0}. Son application réciproque ela fonion
p
Preuve : •Prouvons que sebien à valeur dans E−{0}. Supposons qu’il exien∈Etel que s(n) = 0,
on a donc 0 > n ce qui een contradiion avec le fait que 0 ele plus petit élément de E.
•Montrons l’injeivité de s. Soit n,m ∈Etels que s(n) = s(m). Comme ≤eun ordre total, les
éléments net msont comparables (disons, par exemple, que n≤m). Si n < m on a donc m≥s(n) mais
comme s(m)> m on en déduit que s(m)> s(n) ce qui eabsurde, donc n=m.
•Montrons la surjeivité de s. Considérons l’ensemble A=s(E)∪{0}. Par hypothèse, on a 0 ∈A. Si
maintenant on prend n∈Aalors n∈Eet donc s(n)∈s(E)⊂A. Ainsi, par le principe de réccurence on
en déduit que A=Eet donc que s(E) = E−{0}.
——–
Théorème .— Un ensemble non vide ordonné (E,≤)vérifie les axiomes S.,,,. si et seulement si
l’ensemble Evérifie les axiomes (dits de Peano) suivants :
P..il exie un élément 0∈Eet une application s:E→E.
P..L’application seinjeive et à valeurs dans E−{0}.
P..Toute partie Ade Evérifiant 0∈Aet s(A)⊂Aeégale à E.
Preuve : S.0,1,2,3.=⇒P .0,1,2.eclair, la fonion sà considérer étant la fonion successeur. La
réciproque eadmise. Un des ingrédients de la preuve consie dans le fait que l’ordre ≤que l’on
recherche sur Ese définit de manière non-équivoque par les deux propriétés suivantes : /∀x∈E,
0≤x./∀x,y ∈E,x≤y⇐⇒ s(x)≤s(y).
——–
Théorème .— Soient (E,≤)et (E0,≤0)deux ensembles ordonné vérifiant les axiomes S.,,,. Il exie une
unique bijeion croissante de Esur E0.
Preuve : Notons 0 (resp. 00) le plus petit élément de E(resp. de E0).
•Unicité. Soient fet gdeux bijeions croissantes de Esur E0. L’application g−1◦fedonc une
bijeion croissante de Edans lui-même. Une telle application enécessairement égale à l’identité
(exercice).
•Exience. On considère l’ensemble Edes applications f:A−→ E0telle que :
a) ∀a∈A,b≤a=⇒b∈A,
b) friement croissante,
c) f(0) = 00,
d) ∀a∈A−{0},f(p(a)) = p0(f(a)) où p0désigne la fonion prédécesseur de E0.
L’ensemble Eenon vide car f:{0} −→ E0définie par f(0) = 00ecertainement un élément de
E. Sur E, on considère l’ordre défini de la manière suivante :
f:A−→ E0g:B−→ E0⇐⇒ A⊂Bet g|A=f
L’ensemble ordonné (E,) einduif car, si {fi:Ai−→ E0}idésigne une chaîne, alors l’ensemble
A=SiAisatisfait la condition a) et l’application f:A−→ E0définie par f(a) = fi(a) pour tout a∈Ai
ebien définie à cause de la définition de et vérifie b), c) et d) (exercice).
D’après Zorn, Epossède un élément maximal f:A−→ E0. On a obligatoirement A=E(exercice).
Maintenant, fétant riement croissante einjeive. Il ree donc à regarder sa surjeivité. Sup-
posons que f(E),E0et soit yle plus petit élément de l’ensemble E0−f(E). On a y,00(car f(0) = 00) et
donc p0(y)∈f(E). Il exie donc x∈Etel que f(x) = p0(y), mais f(x) = f(p(s(x))) = p0(f(s(x))) et donc,
par injeivité de p0, on a y=f(s(x)) ∈f(E) ce qui eabsurde.
——–
En conclusion, tous les ensembles ordonnés vérifiant les axiomes S.,,,. sont isomorphes en
tant qu’ensembles ordonnés, leurs propriétés pour cette ruures sont donc les mêmes. Dans la suite
on choisira Nun tel ensemble (l’exience d’un tel ensemble econsécutive d’axiomes de la théorie
des ensembles). On l’appelera "ensemble des entiers naturels".
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