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24février2012
ers qui font augmenter le ux monétaire vers le Canada et,
par le fait même, le cours du huard. Selon une étude de la
Banque du Canada1, les prix des produits de base ont gagné
en importance pour le Canada depuis 19932. Et de nos
jours, ce sont les prix de l’énergie qui dominent, comptant
pour 60 % de l’indice des prix des produits de base de la
Banque du Canada. Le panier de produits de base à saveur
énergétique du Canada explique en bonne partie le rende-
ment inférieur de l’indice des prix des produits de base du
pays par rapport à celui de l’Australie, une autre économie
basée sur les ressources naturelles (voir le graphique). La
forte pondération du pétrole brut dans le panier de produits
de base du Canada (le tiers de l’indice) explique également
la corrélation étroite que le dollar canadien continue d’avoir
avec le prix du pétrole.
Une étude de la Banque du Canada qui s’est penchée sur
les facteurs d’inuence des taux de change par rapport au
dollar américain3 depuis 1980 a conclu que l’endettement
relatif des États-Unis explique en grande partie les mou-
vements à long terme des devises étudiées, plus que les
différences de productivité. Les prix des produits de base
ont joué un rôle important pour le Canada, l’Australie et la
Nouvelle-Zélande, mais les écarts de taux ont également
eu une incidence à court terme. Les résultats empiriques
révèlent que c’est la détérioration relative de la situation
budgétaire des États-Unis qui explique le mieux la dépré-
ciation du dollar américain de 2002 à 2007, mais que les
prix des produits de base ont joué un rôle prédominant dans
le rendement des économies basées sur les ressources. Au
Canada, la situation budgétaire relative et le prix des produits
de base ont compté pour 60 % de l’appréciation du huard
de 2002 à 2007.
Perspectives pour le dollar canadien
En ce qui a trait au contexte macroéconomique général
du huard, nos perspectives pour les deux ou trois prochaines
années comportent deux phases. À court terme, les risques de
contagion nancière ont diminué depuis que la Banque cen-
trale européenne a massivement injecté des liquidités dans le
système nancier et qu’un deuxième plan d’aide a été signé
pour la Grèce, mais l’Europe a encore beaucoup d’épreuves
à franchir pour régler ses problèmes d’endettement. Nous
sommes moins pessimistes qu’à la n de 2011, mais des
accès d’aversion au risque sur les marchés nanciers sont en-
core probables. Toutefois, quand les difcultés de l’Europe
seront passées, nous croyons que l’incertitude diminuera,
ce qui stimulera l’économie mondiale et la conance des
marchés au deuxième semestre de 2012 ainsi qu’en 2013.
Alors, qu’est-ce que cela signie pour le dollar canadien?
La petite taille relative du marché de la devise canadienne
n’est pas un abri pour les investisseurs internationaux en
période de remous. Ainsi, quand la peur s’empare des
marchés, les mouvements vers les titres plus sûrs nuisent
au huard. Par conséquent, une corrélation étroite a été ob-
servée entre le cours du dollar canadien et la tendance des
marchés boursiers ces derniers mois. Nous croyons que le
potentiel de volatilité sur les marchés nanciers au cours
des prochains mois et le possible recul du prix du pétrole,
qui avait augmenté en raison des tensions relatives à l’Iran,
pourraient faire baisser le cours du dollar canadien à environ
0,94 $ US en milieu d’année. Il s’agirait d’une valeur légère-
ment inférieure à son cours le plus bas enregistré en 2011.
Un autre risque connexe à court terme est la possibilité
que l’économie chinoise ralentisse davantage, ce qui aurait
INDICES DES PRIX DES PRODUITS DE BASE
25
50
75
100
125
150
2008 2009 2010 2011
Australie
Canada
Juin2008=100
Sources:Ro
alBankofAustraliaetBan
ue du Canad
LES PRIX DES PRODUITS DE BASE
SOUTIENDRONT LE HUARD
0
50
100
150
200
250
300
350
400
2002 2004 2006 2008 2010 2012
0.5
0.6
0.7
0.8
0.9
1.0
1.1
1.2
IndiceTD–prod.debase
Huard
Sources:BanqueduCanadaetServiceséconomiquesTD
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