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des séries étant ancienne, les patients ayant récidivé n’ont pas bénéficié d’une
chimiothérapie mais d’une radiothérapie médiastinale. Des séries plus
récentes de chimiothérapie de rattrapage rapportent des survies sans récidive
de plus de 90 %. Des études récentes ont différencié les stades N1 et N2.
Pour Classen et al., les survies sans récidive à 6 ans sont respectivement de
95 % et 89 %, mais l’effectif ne permet pas un calcul de significativité (17).
De même, dans la série du MD Anderson les taux actuariels de survie sans
récidive à 6 ans sont de 100 %, 87 % et 88 % pour les stades N1, N2 et
N3 (p = 0,65) (18).
La survie sans récidive des patients présentant des adénopathies supérieures
à 5 cm (N3) et traités par radiothérapie exclusive est moindre, de l’ordre de
65 %, avec une survie globale après traitement de rattrapage de 60 % à 80 %
(tableau II) (5-11, 13-16, 19, 20). Ces résultats semblent sensiblement supé-
rieurs dans les séries plus récentes, mais restent inférieurs à ceux de la chi-
miothérapie de première intention. Il s’agit néanmoins de séries anciennes pour
la plupart, dans lesquelles le bilan ne comprenait pas de tomodensitométrie
ni de dosage de l’alpha-fœto-protéine, ce qui rend difficile la comparaison avec
les études récentes de chimiothérapie. La chimiothérapie, à partir de ces résul-
tats convaincants, est devenue le traitement de référence des stades avancés.
En Amérique du Nord, la proportion de patients (stades N2 ou supérieur)
traités par l’association chirurgie et radiothérapie, ou chirurgie et chimiothé-
rapie étaient respectivement en 1985-1986, 1990-1991 et 1995-1996 de 43
et 25 %, 25 et 46 %, et 27 et 51 % (2).
La technique de radiothérapie standard consiste à traiter les aires de drai-
nage lombo-aortique et iliaque homolatérale à l’aide de deux faisceaux opposés
de photons de haute énergie (> 6 Mv), à la dose de 30 Gy à 36 Gy, à raison
de 1,8 Gy ou 2 Gy par séance, 5 séances par semaine. Le niveau du bord
supérieur du champ varie d’une étude à l’autre, du plateau supérieur de la
dixième à la douzième vertèbre dorsale, afin de prendre en compte le drai-
nage lymphatique testiculaire (latéro-aortique et pré-aortique en regard de
l’abouchement de la veine spermatique pour le testicule gauche, inter-aortico-
cave, pré- et latéro-cave voire latéro-aortique pour le testicule droit). La limite
la plus fréquemment employée est le plateau supérieur de T11 ; cette limite
permet d’éviter une irradiation cardiaque, sans augmentation de récidive sous-
diaphragmatique (11, 15, 16-18, 21). Le bord inférieur du champ peut être
situé au niveau du bord supérieur du cotyle, ce qui permet de diminuer la
dose testiculaire (21). Les résultats définitifs de cette dernière étude ont été
récemment publiés (17). Il s’agit d’une étude prospective multicentrique éva-
luant les résultats de la radiothérapie chez les patients présentant des adéno-
pathies rétro péritonéales de taille inférieure à 5 cm. 94 patients ont été inclus
de 1991 à 1994 ; l’analyse a porté sur 87 patients (66 stades N1, 21 stades
N2), traités par deux champs opposés à la dose de 30 ou 36 Gy (aires aor-
tique et iliaque primitive homolatérale). La survie sans récidive à 6 ans est
supérieure à 90 % ; aucun patient n’a présenté de récidive pelvienne. Les
Traitement des séminomes avancés 143