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REPÈRES ÉCONOMIQUES Numéro 30 • Juin 2014
-14
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-8
-6
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-2
0
2
4
Grèce
Irlande
Portugal
Turquie
Italie
Espagne
Pays-Bas
France
É.-U.
Australie
Suède
R.-U.
Suisse
Mexique
Corée
Canada
Allemagne
Chili
Japon
Écart de production (%)
Hausse latente
Baisse latente
Figure 6 : Capacités inutilisées dans l’économie = Potentiel de
croissance
-8
-7
-6
-5
-4
-3
-2
-1
0
1
2
Grèce
Corée
Suisse
Allemagne
Pays-Bas
Italie
Chili
Suède
Canada
France
Portugal
Australie
R.-U.
Irlande
Mexique
Turquie
Espagne
É.-U.
Japon
Solde budgétaire structurel
(en % du PIB)
Hausse latente
Baisse latente
Nota : Selon les dernières données disponibles pour tous les paliers de
gouvernement. Sources : OCDE, Haver Analytics, RBC GMA
Figure 5 : La plupart des pays doivent réduire leur décit
budgétaire
Nota : Selon les dernières données disponibles. Sources : OCDE, Haver Analytics,
RBC GMA
Premièrement, le solde budgétaire structurel est nettement
supérieur à la mesure budgétaire plus générale comprise
dans le solde du compte courant.
Deuxièmement, le solde du compte courant a tendance à
sembler plus robuste qu’il ne l’est réellement après des
périodes de difcultés économiques extrêmes (comme
pour certains pays européens à l’heure actuelle) ; le solde
budgétaire structurel aide à contrer cette distorsion.
Troisièmement, nous croyons que les décits budgétaires
structurels sont plus susceptibles de se résorber que
les déséquilibres des comptes courants ne le sont de
disparaître, puisque les premiers sont gérés consciemment
par les décideurs et que les agences de notation et le
marché obligataire imposent une discipline à cet égard.
Le solde budgétaire structurel révèle plusieurs éléments
intéressants (gure 5). Contre toute attente, la Grèce se
trouve dans la meilleure position qui soit, car elle afche
un excédent budgétaire structurel. Par conséquent, quand
l’économie grecque se sera nalement redressée, le budget
devrait afcher un net excédent sans qu’aucune autre mesure
d’austérité ne soit requise. La Corée du Sud, la Suisse et
l’Allemagne obtiennent aussi de très bons résultats. À l’autre
extrémité, le Japon présente un décit budgétaire structurel
colossal. Les décits des États-Unis, de l’Espagne, de la
Turquie et du Mexique sont également de taille, nécessitant
d’autres mesures d’austérité.
Pour prévenir un double comptage, le solde budgétaire structurel
reçoit une pondération de 0,3 (rappelons que son jumeau, le
solde du compte courant, a reçu une pondération de 0,7).
3) Écart de production
L’écart de production mesure les capacités inutilisées présentes
dans l’économie. Un écart de production négatif indique que la
production économique est inférieure à son plein
potentiel, alors qu’un écart positif indique que l’économie
fonctionne temporairement au-dessus de sa capacité (et risque
donc de surchauffer).
Les décideurs visent naturellement à porter la production
économique à son plein potentiel – c’est là sans contredit
l’objectif le plus immédiat de la politique monétaire. Nous
n’avons pas besoin de savoir comment les décideurs prévoient
faire disparaître les capacités inutilisées au cours des
prochaines années, mais seulement qu’ils souhaitent le faire, et
qu’ils devraient nir par y arriver.
Toujours dans la logique de la gure 2, la disparition de l’écart
de production fait augmenter la production à son plein potentiel
(et, ce faisant, fait croître la demande).
Ainsi, les pays dont les écarts de production négatifs sont les
plus importants3 ont certaines des perspectives de croissance
les plus démesurées pour les prochaines années, alors qu’ils
convergeront vers leur pleine capacité (gure 6). Parmi les pays
les mieux placés se trouvent les suspects européens habituels :
Grèce, Irlande, Portugal, Turquie, Italie et Espagne. Ceux dont
le potentiel d’expansion lié à l’écart de production est le plus
faible sont le Japon, le Chili, l’Allemagne et le Canada.
Nous avons jumelé l’écart de production à la mesure de
l’investissement résidentiel présentée à la section suivante, et
lui attribuons donc une pondération réduite de 0,7.
3 Ce rapport se fonde sur les estimations que fait l’OCDE de l’écart de production
de tous les pays. Il serait possible de nous convaincre que l’écart de production
des États-Unis est un peu inférieur à l’estimation ofcielle (en raison du déclin
économique), et que les écarts de production des pays européens périphériques
sont un peu plus importants (en raison des taux de chômage extrêmement
élevés qui l’emportent sur les forces contraires du déclin). Néanmoins, nous
croyons que ces chiffres se rapprochent le plus de la vérité parmi les diverses
estimations établies par les agences internationales.