
AVANT-PROPOS
La maladie métastatique osseuse est une complication fréquentes du cancer. On estime
qu’elle atteint 14 à 70% de tous les patients présentant des tumeurs, mais selon les rapports
d’autopsie, elle surviendrait chez 70 à 85% des patients. Bien qu’elles puissent provenir de
n’importe quelle tumeur maligne primitive, certaines tumeurs, comme les tumeurs du sein, de
la prostate, du poumon, de la thyroïde, du rein ainsi que les myélomes ont une prédilection
pour métastaser à l’os. Les métastases osseuses provoquent souvent une douleur, mais il y a
aussi des situations cliniques avec des métastases osseuses ne causant aucune douleur.
L’importance globale du problème est attestée par le fait que chaque année des centaines de
milliers de patients présentant des cancers développent des métastases osseuses. Par exemple
plus de 100 000 nouveaux patients sont touchés aux États-unis d’Amérique, mais on estime
que la prévalence est deux fois plus élevée que le nombre de nouveaux cas. Bien que l’on
ignore pratiquement quel est le chiffre correspondant dans les pays en développement, il n’est
pas irréaliste de penser qu’il est nettement supérieur à celui des pays développés. La raison en
est simplement que l’on diagnostique plus de patients dans les pays en développement
présentant un cancer localement avancé ou métastatique qui disséminera ensuite largement, y
compris des métastases osseuses. De plus, certains au moins des patients atteints de cancer
peuvent survivre longtemps. Ils peuvent aussi développer des symptômes plus précoces et
plus sévères que les patients ayant d’autres types (localisations) de métastases, ce qui souligne
l’importance du problème global des métastases osseuses algiques. En outre, les métastases
osseuses posent un gros problème socio-économique et grèvent les systèmes de santé dans le
monde entier, tout en ayant un effet psychologique négatif continu à la fois sur les patients et
sur leur famille.
La prise en charge des patients éprouvant une douleur osseuse métastatique nécessite une
approche multidisciplinaire et fait appel à l’analgésie, la radiothérapie, la chirurgie, la
chimiothérapie, l’hormonothérapie, aux radioisotopes et aux bisphosphonates. L’analgésie,
avec des anti-inflammatoires non stéroïdiens, est la première option dans la plupart des cas,
des opioïdes plus puissants étant utilisés à mesure que l’intensité de la douleur augmente. Ces
médicaments ont des effets secondaires indésirables tels que nausées, sédation, et
constipation. On peut recourir à une radiothérapie externe locale ou à la chirurgie en cas de
maladie métastatique localisée, et la radiothérapie hémicorporelle peut convenir pour ceux
dont la maladie s’étend à une seule région de l’organisme. Chez les patients présentant des
lésions osseuses généralisées douloureuses, les radiopharmaceutiques à tropisme osseux
offrent une stratégie analgésique prometteuse.
Le présent TECDOC devrait être considéré comme un guide et une ressource utile pour les
chercheurs et praticiens dans le domaines de la radio-oncologie et de la médecine nucléaire.
L’AIEA a mis spécialement l’accent sur la question des métastases osseuses dans le domaine
de recherche du cancer. Des projets de recherche coordonnées récents ont montré qu’il
s’agissait d’une question importante à aborder par des essais cliniques pour répondre au
mieux aux besoins des pays en développement.
MM. B. Jeremic et N. Watanabe, de la Division de la santé humaine, ont été les
fonctionnaires de l’AIEA responsables de la présente publication.