Lycée Chrestien de Troyes Chapitre 2 −Applications linéaires MP1617
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Chapitre 2
Applications linéaires
Version du 04-09-2016 à 23:17
Table des matières
1. Notion d’application linéaire
2. Noyau et image d’une application linéaire
3. Applications linéaires et dimension finie
Notation : Dans tout ce document, Kdésigne un corps (commutatif).
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1 Notion d’application linéaire
Dans cette partie, Eet Fdésignent deux K-espaces vectoriels.
Définition 1 (Application linéaire)
Une application f:E→Fest dite linéaire si
∀(u,v)∈E2∀(λ,µ)∈K2f(λ.u+µ.v)=λ.f(u)+µ.f(v).
Proposition 1 (Image du vecteur nul par une application linéaire)
Si f:E→Fest linéaire alors f(0E)=0F.
Rédiger une démonstration de cette proposition.
Définition 2 (L(E,F))
L’ensemble des applications linéaires de Edans Fest noté L(E,F).
Théorème 1 (Structure de K-espace vectoriel sur L(E,F))
1. Soient (f,g)∈L(E,F)2. L’application f+gdéfinie par
¯
¯
¯
¯
f+g:E→F
u7→ f(u)+g(u)
est linéaire, i.e. f+g∈L(E,F).
2. Soit (λ,f)∈K×L(E,F). L’application λ.fdéfinie par
¯
¯
¯
¯
λ.f:E→F
u7→ λ.f(u)
est linéaire, i.e. λ.f∈L(E,F).
3. L’ensemble L(E,F) muni des lois
¯
¯
¯
¯
+:L(E,F)×L(E,F)→L(E,F)
(f,g)7→ f+g
¯
¯
¯
¯
. : K×L(E,F)→L(E,F)
(λ,f)7→ λ.f
qui sont bien définies d’après 1. et 2., est un K-espace vectoriel.
4. Le vecteur nul de L(E,F) est
¯
¯
¯
¯
0L(E,F):E→F
u7→ 0F
et l’opposé d’un vecteur fde L(E,F) est donné par
¯
¯
¯
¯
−f:E→F
u7→ − f(u).
Définition 3 (Endomorphisme, isomorphisme, automorphisme)
1. Une application linéaire de Edans Eest nommée endomorphisme de E.
2. L’ensemble des endomorphismes de Eest noté L(E), i.e. L(E) :=L(E,E).
3. Une application linéaire et bijective de Edans Fest nommée isomorphisme de Evers F.
4. Une application qui est à la fois un endormorphisme et un isomorphisme est nommée automor-
phisme.
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Exercice 1
Soit f:E→Fun isomorphisme. Démontrer que l’application f−1:F→Eest un isomorphisme.
Théorème 2 (Image directe et image réciproque d’un s.e.v. par une application linéaire)
Soit f∈L(E,F).
1. Si Hest un sous-espace vectoriel de E, alors
f(H) :=©f(u) : u∈Hª £partie de Fformée des images des éléments de Hpar f¤
est un sous-espace vectoriel de F.
2. Si H0est un sous-espace vectoriel de F, alors
f−1¡H0¢:=©u∈E:f(u)∈H0ª £partie de Eformée des antécédents des éléments de H0par f¤
est un sous-espace vectoriel de E.
Rédiger une démonstration de ce théorème.
2 Noyau et image d’une application linéaire
Dans cette partie, Eet Fdésignent deux K-espaces vectoriels.
Définition 4 (Noyau et image d’une application linéaire)
Soit f∈L(E,F).
1. Le noyau de fest défini par
Ker(f) :=f−1({0F})=©u∈E:f(u)=0Fª £partie de Eformée des antécédents de 0Fpar f¤.
2. L’image de fest définie par
Im(f) :=f(E)=©f(u) : u∈Eª £partie de Fformée des images des éléments de Epar f¤.
Corollaire 1 (Structure du noyau et de l’image d’une application linéaire)
Soit f∈L(E,F).
1. Ker(f) est un sous-espace vectoriel de E.
2. Im(f) est un sous-espace vectoriel de F.
Démonstration. Comme {0F}est un sous-espace vectoriel de Fet Eest un sous-espace vectoriel de E, les deux
assertions résultent du théorème 2. Q.E.D.
Théorème 3 (Critères d’injectivité et de surjectivité)
Soit f∈L(E,F).
1. fest injective si et seulement si Ker(f)={0E}.
2. fest surjective si et seulement si Im(f)=F.
Rédiger une démonstration de la première assertion de ce théorème. La deuxième n’est qu’une reformu-
lation de la définition de la surjectivité.
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3 Applications linéaires et dimension finie
Dans cette partie, Eet Fdésignent deux K-espaces vectoriels.
Définition 5 (Rang d’une application linéaire dont la source est de dimension finie)
Soit f∈L(E,F).
1. Si Eest de dimension finie, alors Im(f) est de dimension finie.
2. La dimension de Im(f) est appelée rang de fet est notée Rg(f). On a donc :
Rg(f) :=dim¡Im(f)¢.
Rédiger une démonstration du résultat sur la finitude de la dimension de Im(f). On mettra en exergue une
famille génératrice de Im(f), construite à partir une famille génératrice de Im(f).
Théorème 4 (Théorème du rang ou théorème noyau/image)
Soit f∈L(E,F). Si Eest de dimension finie, alors
dim(Ker(f)) +Rg(f)=dim(E).
Rédiger une démonstration de ce théorème fondamental.
Corollaire 2 (Applications linéaires et dimension finie)
Soit f∈L(E,F). On suppose Eet Fde dimension finie.
1. Si fest injective, alors dim(E)≤dim(F).
2. Si fest surjective, alors dim(E)≥dim(F).
3. Si fest injective et si dim(E)=dim(F) alors fest un isomorphisme.
4. Si fest surjective et si dim(E)=dim(F) alors fest un isomorphisme.
Expliquer, soigneusement, comment ces quatre assertions découlent du théorème du rang.
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