La mémoire

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La mémoire
La mémoire peut être définie comme la somme des informations encodées et retenues au cours d'une existence. Sans elle,
nous serions dépourvus d'identité et incapables de nous adapter. Cette mémoire est à la fois fragile et précieuse : à nous de
faire fructifier ce capital.
Ce qui nous rend humain

L'être humain se caractérise par deux traits : une conscience de soi et un apprentissage complexe (langue et culture).
Ces deux qualités d'Homo sapiens se fondent sur une faculté appelée mémoire.

L'homme est un animal qui fabrique et raconte des histoires, à commencer par l'histoire de sa vie. Nous nous
représentons notre passé comme un récit dont nous sommes l'acteur. C'est possible car nous possédons le souvenir de
nombreux épisodes de notre existence, datant pour certains de la petite enfance.

L'homme est aussi un animal qui apprend beaucoup : cet apprentissage est l'acquisition d'informations sur notre
environnement. Lorsque nous nous brûlons à la flamme d'une bougie, nous apprenons (et retenons !) le danger du feu. Il
existe ainsi des apprentissages associatifs (liés à un stimulus précis, comme dans le conditionnement) ou non-associatifs
(liés à des habitudes progressives, comme ne plus pleurer quand on voit un inconnu).

Beaucoup des informations que nous retenons sont inconscientes, certaines seulement seront rappelées à la conscience.
L'essentiel de notre mémoire reste caché !
Les mémoires humaines

Nous parlons dans le langage courant de la mémoire, mais il faut apprendre à conjuguer le mot au pluriel.
Notre cerveau est en effet le siège de plusieurs mémoires différentes.

Prenons au hasard ce qui revient dans l'esprit d'un individu réfléchissant à ce qu'il sait : ses pleurs lors de sa première
rentrée scolaire ; comment on fait du vélo ; ses dernières vacances formidables à l'Île Maurice ; deux synonymes du mot
vitesse ; le prénom de ses parents ; le numéro de téléphone composé deux minutes plus tôt ; les règles du tarot ; la
nécessité de s'arrêter au feu rouge ; le pluriel de cheval... toutes ces informations mémorisées ne sont pas de même
nature.

La première distinction concerne la durée d'un souvenir : on distingue le système de mémoire à court terme du système
de mémoire à long terme. Une information est d'abord encodée, puis stockée. Mais tout encodage n'est pas suivi d'un
stockage, car nous oublions en permanence des informations inutiles. Heureusement, sans cela notre cerveau serait vite
saturé !
Préserver, soigner, améliorer sa mémoire

Comme en témoignent les amnésies, les séquelles d'accident vasculaire ou encore la maladie d'Alzheimer, la mémoire
peut être endommagée par des troubles de diverse nature.

Elle est aussi malmenée par certaines de nos habitudes : les médicaments, les drogues, l'alcool, la mauvaise hygiène de
vie peuvent affecter nos souvenirs comme nos apprentissages.

La mémoire comme capacité est pourtant mobilisée tout au long de notre existence, et parfois beaucoup comme lors des
études ou de la vie professionnelle.

Dans ce dossier, vous trouverez toutes les informations pour comprendre le fonctionnement de vos mémoires, connaître
les pathologies qui les menacent, trouver des moyens de les améliorer.
Mémoire et émotions
Les émotions jouent un rôle fondamental dans la construction de nos souvenirs. Nous nous souvenons avec plus d'acuité de
nos premières aventures amoureuses, de nos accidents, de nos deuils, de ce que nous faisions lors de grands drames
collectifs comme le 11 septembre 2001... et nous oublions au contraire plus facilement ce qui relève de la routine.
La peur, bonne conseillère

Contrairement aux idées reçues, la peur est souvent une excellente conseillère : grâce à elle, nous retenons les situations
qui nous mettent en danger et les solutions que nous avons choisies.

Il en va de même pour la douleur : on ne remet pas deux fois le doigt sur la flamme d'une bougie !

Notre cerveau possède un « système de récompense » lui permettant d'enregistrer les sensations plaisantes et
déplaisantes, de rechercher les premières et de fuir les secondes. Ce système fonctionne bien pour guider l'organisme,
sauf dans certains dérèglements comme les addictions.
Gare aux traumatismes

Les événements extrêmes (accident grave, déportation, attentat, braquage, viol, agonie d'une personne chère) produisent
des souvenirs précis dans la mesure où ils sont associés à des émotions très fortes.

Cette mémorisation peut devenir envahissante, avec le souvenir du passé qui envahit chaque jour le présent : on parle
de stress post-traumatique. Ce trouble peut perturber durablement l'existence, et déboucher sur une anxiété
généralisée ou une dépression.

Sans que ce soit nécessairement pathogène, on se souvient particulièrement bien de certains détails. Les chercheurs
parlent par exemple du syndrome de l'arme du crime : après un braquage, la victime a généralement une vision très
précise de l'arme du malfaiteur. Son attention s'est focalisée dessus et sa mémoire a éliminé les détails périphériques.
L'amygdale et les hormones

L'amygdale est une petite aire cérébrale en forme d'amande. Elle est située à côté de l'hippocampe, autre région
importante pour la mémoire.

L'amygdale est impliquée dans la gestion de nos émotions, notamment à travers plusieurs hormones et
neurotransmetteurs liés au stress et à l'humeur (adrénaline, noradrénaline, dopamine, sérotonine).

Les patients souffrant de lésions ou maladie dégénérative touchant l'amygdale ont de grandes difficultés à mémoriser
certains événements. Par exemple, ils n'associent pas un stimulus négatif (menace) avec la nécessité de fuir.
Un avantage évolutif

La théorie de l'évolution explique bien le rôle des émotions dans la mémoire : il s'agit d'un tri des expériences permettant
à l'individu de s'adapter aux situations nouvelles à partir des événements anciens.
Mémoire à court terme
Mémoire à court terme
Notre cerveau retient une information quelques dixièmes de seconde ou toute une vie. C'est la durée d'une information (trace
mnésique qui permet de distinguer les mémoires à court terme des mémoires à long terme.
Il existe deux mémoires à court terme : la mémoire sensorielle et la mémoire de travail
Mémoire sensorielle
Elle provient de nos sens, principalement de l'ouïe (mémoire échoïque) et de la vision (mémoire inconique). Par exemple,
quand vous conduisez une voiture, vous traitez et retenez en permanence des informations sur la route à suivre.
La plupart des informations provenant la mémoire iconique (visuelle) s'effacent après 500 ms (une demi-seconde).
La mémoire auditive ou échoïque est un plus résistante : les informations sont stockées jusqu'à une dizaine de secondes.
Mémoire de travail
Elle joue un rôle central dans l'accomplissement de nos tâches quotidiennes : la mémoire de travail est la clé de l'attention et
de la concentration.
Les exemples sont nombreux : retenir ce que dit un interlocuteur dans une discussion, faire un calcul mental, se souvenir
d'un numéro de téléphone en le composant, composer une phrase dans un courrier, etc.
La mémoire de travail mobilise et retient les informations utiles à toutes nos activités cognitives, pendant une durée de
quelques secondes à quelques dizaines de secondes.
Le chiffre magique 7 et la règle des 18 secondes
Les psychologues ont mis en évidence ce qu'ils appellent le « chiffre magique 7 » : nous sommes capables de retenir à court
terme sept unités d'informations différentes. C'est par exemple la raison pour laquelle nous regroupons nos numéros en
téléphone en trois à cinq nombres, au lieu de faire une suite de huit ou dix chiffres.
Le chiffre 7 est cependant variable : certains sont limités à 5, d'autres vont jusqu'à 9, selon leur capacité de concentration (ce
qu'on appelle l'empan de la mémoire de travail).
Une information traitée par la mémoire de travail, si elle n'est pas rappelée par un effort d'attention, survit en moyenne 18
secondes avant de disparaître : au-delà, 90 % des informations sont oubliées. Mais on peut bien sûr retenir plus longtemps
une information en se la répétant régulièrement.
Mémoire à long terme
Mémoires à long terme
La mémoire sensorielle et la mémoire de travail retiennent les informations sur le très court terme. Mais
notre cerveau encode aussi des informations sur une très longue période, souvent la vie entière : ce sont les mémoires à
long terme.
On distingue deux systèmes de mémoire à long terme : déclarative (ou explicite) et non-déclarative (ou implicite).
Mémoire déclarative
Elle rassemble à son tour deux types de mémoire : épisodique et sémantique. Nous pouvons rappeler les souvenirs
concernés, et ils deviennent alors explicites.
Mémoire épisodique
La mémoire épisodique est la somme des événements que nous avons vécus. Le rappel des souvenirs de la mémoire
épisodique est volontaire (par exemple rechercher le nom exact de l'hôtel où l'on avait passé de si belles vacances voici cinq
ans) ou involontaire (par exemple nous croisons dans le métro un homme moustachu qui nous rappelle le souvenir de notre
professeur d'anglais au collège).
Les souvenirs sont rares avant l'âge de cinq ans, quasi-inexistants avant 2-3 ans.
Dans les deux tiers des cas, nos souvenirs se passent à la première personne (comme un film dont nous serions la caméra) ;
mais dans un tiers des cas, nous nous voyons comme acteur dans le film de ces souvenirs, à la troisième personne.
Mémoire sémantique
La mémoire sémantique désigne l'ensemble des connaissances pratiques ou théoriques que l'on a acquises et conservées.
Son domaine est très large : le sens des mots, la manière de poser une soustraction, les règles de l'orthographe, la recette
de l'oeuf dur, le sens des aiguilles sur une horloge, le code de la route, etc.
La mémoire sémantique concerne des domaines génériques d'apprentissage, indispensables au bon déroulement de
l'existence. Tout groupe humain (comme une nation) est fondé sur une mémoire sémantique collective, c'est-à-dire des
règles qu'il faut apprendre et retenir.
Mémoire non-déclarative
Elle concerne des informations acquises et durablement retenues, mais qui ne font pas l'objet d'un rappel conscient.
Un exemple simple concerne les formes procédurales de la mémoire : nous apprenons à nager, à faire du vélo, à conduire...
et ces règles restent inscrites sans effort. Elles nous reviennent quand nous sommes en situation de les appliquer. Plus nous
pratiquons, plus elles reviennent facilement.
La mémoire implicite se confond en partie avec l'inconscient. De surprenantes expériences sur les amnésiques ont montré
que si leur mémoire épisodique est effacée, leur mémoire procédurale reste intacte. Elle ne renvoie pas au même système
neuronal dans le cerveau.
Bien des phénomènes de la vie quotidienne relèvent de la mémoire implicite et inconsciente. Si nous avons subi un
désagrément dans une situation donnée (par exemple, un vol à l'arraché dans une rue piétonne), le souvenir même non
explicite peut guider en partie notre comportement (inconsciemment, nous évitons la rue, nous serrons notre sac contre
nous, nous sommes stressés, etc.).
La mémoire non-déclarative fait aussi que nous sommes sensibles à des stéréotypes ou des préjugés, qui peuvent
apparaître tôt au cours du développement : le bébé produit déjà certaines associations, et bien sûr nous le faisons tout au
long de notre vie.
La psychanalyse est en large partie fondée sur l'exploration de cette mémoire enfouie, non-déclarative, qui influence nos
comportements sans passer par la conscience.
Cerveau - Où sont stockés les souvenirs ?
Centres cérébraux
Il existe plusieurs mémoires, et donc plusieurs centres cérébraux dédiés à l'encodage et au stockage des informations. La
mémoire n'est pas figée dans une seule aire cérébrale, mais distribuée dans plusieurs zones.
Cortex préfrontal
La mémoire de travail met principalement en jeu le cortex préfrontal lors des tâches cognitives demandant attention et
concentration.
Mais d'autres aires cérébrales sont mobilisées : cortex prémoteur, cortex pariétal, cortex occipital.
Hippocampe
L'hippocampe est une petite région du cerveau ancien (limbique), ayant la forme d'un cheval de mer.
L'étude de patients devenus amnésiques après une opération chirurgicale du cerveau a montré que l'hippocampe joue un
rôle fondamental dans la formation de nos souvenirs.
Pour autant, l'hippocampe ne stocke pas les souvenirs de la mémoire à long terme : c'est une sorte de carrefour, avec de
nombreuses voies de signalisation vers des zones du cortex.
Notre hippocampe se modifie avec notre activité intellectuelle : on a montré que les chauffeurs de taxis, qui doivent
mémoriser beaucoup de rues, ont un hippocampe plus volumineux que la moyenne !
Des cartes cognitives
On peut se représenter les informations stockées dans le cerveau comme des « cartes » par lesquelles les neurones forment
des routes (des réseaux neuronaux) où l'information circule.
Ces cartes sont distribuées dans plusieurs aires : faits et événements passent par le lobe temporal et le diencéphale,
habitudes et pratiques empruntent la voie des noyaux gris centraux, réflexes et automatismes sont logés
au coeurdu cervelet. Et la plupart de ces voies sont reliées au néocortex qui joue le rôle d'agent de la circulation.
L'exemple des joueurs d'échecs
Les chercheurs ont étudié le cerveau des joueurs d'échecs, grands maîtres ou amateurs. Les premiers allument plusieurs
aires cérébrales pendant un match : le cortex préfrontal, où ils projettent des coups à venir en conservant pendant quelques
secondes l'information sur l'évolution des pièces sur l'échiquier ; mais aussi de nombreuses zones anciennes du cerveau, où
ils ont stocké des schémas récurrents de jeu.
On considère qu'un joueur d'échecs professionnel possède environ 100.000 figures de jeu en mémoire. Plus il pratique, plus
l'information circule vite sur les routes neuronales, plus il prend des décisions correctes et rapides dans une situation de jeu.
Rôle des neurones dans la mémoire
Mémoire
La mémoire paraissait si extraordinaire aux yeux des Grecs qu'ils en firent une déesse, mère de toutes les Muses.
Mais la science moderne recherche des explications plus rationnelles. Depuis une trentaine d'années, elle déchiffre les
secrets de la mémoire animale et humaine.
Ces travaux ne relèvent pas seulement des connaissances fondamentales : ils visent à mettre au point des médicaments
pour soigner les troubles mnésiques. Et pourquoi pas, un jour, booster nos capacités cérébrales.
Transport de l'information
Les neurones sont des cellules spécialisées de notre cerveau. Au nombre d'environ 100 milliards, ils reçoivent en
permanence des informations du milieu interne et externe. C'est grâce à eux que fonctionnent nos cinq sens, notre
conscience, nos réflexes, notre horloge biologique (veille-sommeil) ou nos fonctions végétatives (respiration, rythme
cardiaque).
Les neurones communiquent entre eux par des signaux électriques et chimiques. Ils sont assemblés en réseaux, un peu
comme des micro-ordinateurs interconnectés envoyant et recevant des messages. Leur point de contact, où passe
l'information, est appelé la synapse.
Formation d'un souvenir : la loi de Hebb
Le neurologue Donald Hebb a donné la clef de formation des souvenirs : lorsque deux neurones sont activés en même
temps par un événement, ils seront plus faciles à réactiver ensemble par la suite. On appelle cela « potentialisation à long
terme ». Une région neuronale ayant été fortement activée par un événement marquant (par exemple un accident) ou répété
(par exemple les tables de multiplication) conserve donc la trace du souvenir dans ses synapses.
Une lésion cérébrale, par exemple après un accident vasculaire ( AVC ), peut ainsi léser une zone précise correspondant à
une partie spécifique de la mémoire : la séquelle cognitive sera très précise. Certains malades deviennent incapables de lire,
compter, etc. Car leurs neurones ont perdu leurs connexions, et donc effacé le souvenir.
Si un centre important de connexion entre diverses aires cérébrales est touché par l'AVC, les séquelles seront plus
importantes pour la mémoire.
Travaux de recherche
Les chercheurs vont plus loin, ils étudient la mémoire au niveau moléculaire : expression des gènes, fabrication de protéines
(neurotransmetteurs) qui gouvernent la communication entre neurones.
Par exemple, les laboratoires du monde entier connaissent une célèbre lignée de souris mutantes, appelée Doogie. La
mutation d'un seul gène (NR2B) lui permet d'apprendre trois fois plus vite que les autres rongeurs !
Cet exemple montre que les performances cognitives des mammifères, particulièrement l'apprentissage et la mémoire, sont
modulables. Et pourront peut-être être améliorées dans les décennies à venir.
Sommeil et mémoire

Bien dormir permet à notre cerveau de mieux gérer les informations récemment acquises. Le sommeil influence en effet
positivement l'activité du lobe temporal où se situe l'hippocampe.

L'idée communément admise qu'une bonne nuit de sommeil facilite l'acquisition des nouvelles connaissances repose
donc sur des fondements bien réels.

C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles le bébé dort beaucoup !
Le sommeil consolide les souvenirs

Les mécanismes de la mémoire sont des processus complexes qui mobilisent plusieurs zones cérébrales aux rôles
distincts.

Durant un apprentissage, la mémoire de travail ainsi que les régions cérébrales spécifiques à cet apprentissage (lecture,
écriture, calcul, déduction, induction, gestes spécifiques...) sont plus actives que les zones impliquées dans la mémoire à
long terme.

Des expériences ont démontré la dépendance des mécanismes de mémorisation-consolidation à l'égard du sommeil.

Un groupe de sujets à qui l'on demande de retenir une série de mots est réparti en deux sous-groupes. Le premier a
bénéficié d'une nuit normale de sommeil après l'apprentissage des mots appris ; le second n'a pas dormi. Résultat : les
membres du premier groupe présentent des capacités mnésiques 48 heures après la séquence d'apprentissage
supérieures à celles du groupe 2.

Un semestre après la première expérience, les participants des deux groupes sont réunis pour tester leur mémoire des
mots appris 6 mois auparavant. La proportion de mots oubliés est identique dans les deux groupes, mais les zones
cérébrales mobilisées au moment de l'effort de mémoire ne sont pas les mêmes : ceux qui ont pu dormir après
l'apprentissage utilisent le cortex médian préfrontal ; ceux qui ont passé une nuit blanche mobilisent l'hippocampe.

Conclusion : le sommeil facilite bien le passage d'une information de l'hippocampe (qui intervient aux premiers stades du
mécanisme de mémorisation), vers le néocortex où elle sera pérennisée.

Le sommeil facilite le transfert des nouvelles informations fixées dans l'hippocampe (qui intervient aux premiers stades du
mécanisme de mémorisation), vers le cortex préfrontal où elles seront stockées de manière pérenne pour permettre à
l'individu de les retrouver 6 mois, 1 an, 10 ans après l'apprentissage.
Pour assimiler des connaissances, il faut dormir !

D'autres études confirment le rôle positif du sommeil non seulement sur la mémoire, mais également sur les
performances d'apprentissage de la personne. Ainsi, il est désormais avéré qu'un individu retient mieux ce qu'il a appris
avant de dormir qu'en début de journée.

Pour cette raison, les psychologues et pédopsychiatres insistent sur l'importance du sommeil pour les enfants en âge
scolaire. Un sommeil insuffisant ou de mauvaise qualité peut avoir des conséquences négatives sur leurs résultats
scolaires.

Mais attention à l'idée encore répandue qu'il est possible d'apprendre pendant son sommeil, par exemple en écoutant des
enregistrements. Elle est totalement fausse : personne n'a jamais appris quoi que ce soit en dormant. Hélas ! La veille
seule permet l'apprentissage, le sommeil organise en partie sa consolidation.
Refoulement (psychologie)
Définition
Le refoulement est un mécanisme psychologique de défense qui permet au sujet d'atténuer ou de supprimer inconsciemment
les effets psychiques suscités par des représentations ou des événements intolérables.
Refouler pour oublier
Confrontée à des tensions intérieures jugées insupportables, une personne peut, consciemment ou inconsciemment, refouler
des souvenirs afin de préserver son intégrité psychique et parfois physique.
Le refoulement constitue en quelque sorte le volet psychanalytique de l'amnésie psychogène. En effet, le mécanisme du
refoulement consiste à rejeter dans l'inconscient des émotions, des affects ou des représentations afin de protéger le Moi de
l'individu.
Dans son livre Le Voile noir, la célèbre actrice Annie Duperey fait le récit de la découverte de ses parents morts
accidentellement dans leur salle de bain alors qu'elle était âgée de 8 ans et demi. Ce refoulement, désigné par l'actrice ellemême comme « un anticorps à la douleur », s'est traduit par un « trou de mémoire », véritable oubli de sa petite enfance
jusqu'à l'événement traumatique.
Stratégie de protection du Moi
C'est Sigmund Freud qui expose pour la première fois les mécanismes du refoulement par lequel les patients « gèrent » des
conflits intérieurs susceptibles de déboucher sur des névroses.
En maintenant le refoulé dans l'inconscient, l'individu cherche à préserver la partie de sa personnalité la plus consciente,
celle qui est en contact avec la réalité extérieure (son Moi).
Peut-on échapper au refoulement ?
Le refoulement est un mécanisme de défense normal. C'est pourquoi tout le monde le pratique à des degrés divers en
cherchant, consciemment ou inconsciemment, à mettre « de côté » des pulsions ou des souvenirs générateurs
d'angoisses et de déplaisir.
Lorsque le refoulement constitue, ou devient, une stratégie centrale de défense du moi, névroses et psychopathologies
variées viennent nuire à l'équilibre de l'individu.
Dans ces situations limites, l'aide d'un professionnel est indispensable pour accompagner l'individu confronté à l'explosion et
au surgissement dans la conscience de son refoulé.
Le stress contre la mémoire
Le stress est une réaction physiologique naturelle, indispensable pour aller de l'avant et mobiliser ses forces pour agir. Mais
en altérant parfois lourdement nos performances physiques et intellectuelles, trop de stress présente plus d'inconvénient que
d'avantages. La mémoire n'échappe pas à ces effets secondaires du stress.
Comment le stress affecte la mémoire ?

La physiologie du stress mobilise, entre autres, l'amygdale qui évalue l'importance émotionnelle d'une information, et
l'hippocampe qui les mémorise une fois filtrées par l'amygdale.

En situation de stress, la mémoire à court terme (mémoire de travail) peut être perturbée. Le phénomène correspond à ce
qui se produit lorsque, placé en situation de stress bénin (retard à un rendez-vous, accident domestique léger...), nous
oublions le numéro de téléphone d'un proche, ou le dernier endroit où l'on a laissé ses clés !

Mais en cas de stress traumatique important, généralement accompagné d'une phase d'épuisement du sujet, un excès de
fixation de glucocorticoïdes sur l'hippocampe peut être responsable de fortes perturbations de la mémoire comme une
amnésie psychogène.
Les émotions au secours de la mémoire

En cas de stress traumatique à l'origine d'une altération de la mémoire, le cerveau humain apporte parfois une réponse
paradoxale : il oublie et mémorise en même temps !

Ainsi, des sujets témoins d'une scène de crime vont renforcer leur mémoire à long terme des informations chargées
émotionnellement, mais effacer les informations émotionnellement neutres. En d'autres termes, un stress traumatique ou
extrême peut améliorer ce que certains chercheurs appellent une mémoire émotionnelle mais détériorer la mémoire
épisodique.

Enfin, si les émotions peuvent renforcer certaines capacités mnésiques, elles peuvent aussi être à l'origine de faux
souvenirs portant sur des informations secondaires ou ne véhiculant aucune intensité émotionnelle particulière. La
mémoire du sujet tend alors à transformer purement et simplement la réalité.
Stress et mémoire face à la justice

Les conséquences de nos émotions sur notre mémoire à long terme sont évidemment un sujet majeur pour la justice.

Des études ont en effet montré qu'avant un témoignage, les personnes soumises au stress de l'interrogatoire avaient des
souvenirs altérés, notamment des informations chargées émotionnellement ! Le stress d'un interrogatoire fragilise donc le
témoignage.

De l'affaire Patrick Dils à l'affaire d'Outreau, nous mesurons mieux et combien la mémoire est sensible aux hormones
libérées au cours du stress (les glucocorticoïdes) sur les différentes régions du cerveau (amygdale, hippocampe et aussi
cortex préfrontal).

Ces effets devraient être pris en compte quand des témoignages sont évalués dans une salle d'audience. Il en va de
l'intégrité de la mémoire comme de celle de la justice.
Stress post-traumatique : quand la mémoire bégaie

Le stress post-traumatique est un syndrome résultant de l'exposition d'un sujet à une situation extrême dont il a été la
victime ou seulement le témoin : viol, scènes de guerre, attentats, accidents graves, etc.

Ce syndrome est diagnostiqué lorsque le patient est significativement perturbé par des souvenirs obsessionnels ayant
une incidence directe sur sa vie sociale, affective et professionnelle.
Une mémoire en boucle

Au contraire du phénomène d'amnésie psychogène qui permet au sujet de gérer le traumatisme par l'oubli pur et simple
de l'événement traumatique, le syndrome de stress post-traumatique, appelé aussi névrose traumatique, enferme le sujet
dans le souvenir de l'événement.

Le sujet revit en permanence l'expérience traumatique au point d'en ressentir parfois les souffrances, les sensations ou
les émotions.

C'est la mémoire dite implicite qui est affectée. Implicite parce qu'elle n'exige pas de la part du sujet un acte conscient et
volontaire, contrairement à la mémoire dite explicite qui suppose, elle, une remémoration et une « mise à distance » des
souvenirs.

Sorte de réflexe de mémoire émotionnelle, le syndrome de stress post-traumatique emprisonne en quelque sorte le sujet
dans un face à face avec l'événement responsable de l'apparition des troubles.
Symptômes et étiologie

Cauchemars récurrents, sentiments de détresse et d'épuisement psychique ou au contraire d'hyperactivité fébrile,
surgissement fréquent d'images intrusives occasionnant des réactions émotionnelles voire physiques, installation d'un
état d'anxiété permanent... la mémoire du patient est littéralement envahie par le souvenir traumatique.

Exposé à des sensations de peur intense, d'effroi extrême ou de détresse, le cortex préfrontal, lieu des fonctions
supérieures du cerveau (raisonnement, langage, décision...) rompt sa communication avec l'amygdale. Située en avant
de l'hippocampe, l'amygdale est le siège des émotions, notamment de la peur. Soumise à un stress extrême, l'amygdale «
conserve » le souvenir de l'événement au point de donner l'impression au patient qu'il y est toujours exposé.

II arrive que l'aire de Broca (zone du cerveau consacrée au langage) soit affectée au point d'empêcher certaines victimes
d'utiliser la parole pour décrire l'événement, les privant du même coup de la possibilité d'exorciser ce dernier par le
langage.
Guérir d'un stress post-traumatique

Un traitement médicamenteux (généralement anxiolytiques et antidépresseurs) peut offrir de bons résultats.

Le recours à des psychothérapies de type comportementales ou psychanalytiques est, notamment pour les victimes
d'abus sexuel ou de prise d'otages, fortement conseillé.
Le syndrome des faux souvenirs
Si l'individu est capable d'« effacer » de sa mémoire des événements traumatiques ayant réellement existé (amnésie
psychogène), il est aussi capable de l'inverse : se remémorer une ou plusieurs expériences traumatiques qui n'ont en réalité
jamais existé. C'est le syndrome dit de la fausse mémoire ou des faux souvenirs.
Comment détecter des faux souvenirs ?

Ce syndrome est suspecté dès lors qu'un patient fait état de souvenirs inédits, 10, 20, 30 ans ou plus, après qu'ils aient
prétendument eu lieu.

Ces faux souvenirs apparaissent généralement à la faveur de psychothérapies, et leurs conséquences sur la personnalité
et la vie du patient sont souvent très destructrices.

De diagnostic récent, ce phénomène a d'abord été identifié aux Etats-Unis avant d'arriver en Europe.

Dans la plupart des cas, les faux souvenirs concernent des relations incestueuses. Le patient est convaincu d'avoir été
victime d'attouchements sexuels, voire de viols répétés commis par un membre de la famille (père, oncle, grand-père,
frère...).

Des études menées aux Etats-Unis par Elisabeth Loftus ont montré que ces souvenirs de viols incestueux apparaissent
souvent à la faveur de séances d'hypnose ou sur la simple suggestion répétées de psychothérapeutes au
professionnalisme douteux.
Suggestion et auto-suggestion au coeur des faux souvenirs

La persuasion par la parole vise l'introduction dans le cerveau d'idées et de représentations qui peuvent, suivant la
sensibilité des sujets à la suggestion, déterminer des comportements et des croyances. Ainsi, l'exposition répétée à des
propos fallacieux portés par une personne ayant autorité sur le patient peut altérer la mémoire de ce dernier.

Cette suggestion peut parfois donner naissance à l'invention de faits imaginaires corroborant le système de croyances
dans lequel la personne s'est, ou a été, « enfermée ». En actionnant des fonctions indépendantes de la volonté ou de la
conscience, la suggestion est ignorée du sujet qui est alors persuadé de l'authenticité de ses souvenirs.
Souvenirs refoulés et faux souvenirs

Les souvenirs d'abus sexuels subis dans l'enfance ne sont évidemment pas tous de faux souvenirs.

Le refoulement de ce genre d'épisodes peut être à l'origine d'amnésies dites psychogènes. Un phénomène provoqué
vraisemblablement par un excès de fixation de glucocorticoïdes sur l'hippocampe en réponse à un stress traumatique.

Au-delà d'une certaine intensité de stress, variable selon les individus, une expérience fortement traumatique peut donc
en effet provoquer le blocage des mécanismes de mémorisation.
Rêve et sommeil paradoxal
Rêve et mémorisation
Le sommeil, particulièrement les rêves, joue un rôle fondamental dans le processus de mémorisation. Une bonne nuit est
ainsi la meilleure alliée d'une bonnemémoire.
Rêve et sommeil paradoxal
Une nuit de sommeil est décomposée en plusieurs phases, selon l'activité électrique du cerveau : endormissement, sommeil
profond, sommeil paradoxal.
Le sommeil paradoxal est une phase d'activité forte du cerveau, avec des mouvements rapides des yeux du dormeur. C'est
au cours de cette phase que surviennent rêves et cauchemars.
Sauf pathologie, nous possédons tous un sommeil paradoxal, même ceux qui ont oublié leurs rêves au réveil.
Pendant le rêve, le cerveau connaît une véritable surchauffe dans plusieurs aires cérébrales :
pont, amygdale, hippocampe et cortex para-hippocampique, cortex cingulaire antérieur, cortex préfrontal.
Mémorisation et sommeil
Des expériences sur les oiseaux, les rongeurs et les singes ont montré que le cerveau profite du sommeil paradoxal pour
enregistrer les informations de la journée précédente. Ainsi, un rat rêve au labyrinthe où le chercheur l'avait placé la veille et
dont il avait dû trouver l'issue !
Le même phénomène s'observe chez l'homme : nos rêves, pour la partie dont nous gardons conscience, sont un curieux
mélange de faits réellement vécus, de situations imaginaires et d'émotions fortes.
Pendant le sommeil paradoxal, le cerveau enregistre notamment des associations entre des événements et des émotions,
qui serviront à consolider la mémoire. Le rêve pourrait être une sorte de péage douanier : ne passent que les informations
dignes d'être encodées à long terme.
Cette approche neurologique est très différente de l'approche psychanalytique, même si elles partagent un point commun : le
rêve est une fenêtre ouverte sur l'inconscient, ce continent mystérieux de notre cerveau.
Hippocampe (cerveau) - Définition
L'hippocampe est une partie du cerveau localisée dans le lobe temporal, dans chaque hémisphère. L'hippocampe est un des
centres de la mémoire et du repérage dans l'espace. Les neurones de l'hippocampe se renouvellent tout au long de la vie.
Des lésions à l'hippocampe peuvent être provoquées par des crises d'épilepsie, un manque d'oxygénation,
une inflammation cérébrale. La maladie d'Alzheimertouche l'hippocampe, ce qui entraîne les pertes de mémoire et
d'orientation. Un traumatisme qui atteint l'hippocampe peut causer une amnésie.
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