queurs des canaux calciques a été menée chez la population
de l’étude STEPHY (Stanberg study on Epidemiology of
Parkinsonism and Hypertension in the Elderly)19. En 1992,
l’étude STEPHY a évalué (questionnaire et examen à domi-
cile) la population totale âgée de 65 ans et plus (n = 1 182)
de deux villages de Bavière en Allemagne. Le taux de d’hy-
pertension (sujets dont la tension artérielle est ≥160/95
mmHg ou recevant un traitement antihypertensif) était de
53%. Parmi tous les hypertendus, 54% étaient traités, dont
26% (n = 137) recevaient des bloqueurs des canaux cal-
ciques. Parmi les patients traités par des bloqueurs de canaux
calciques, 41% recevaient de la nifédipine, 26% du véra-
pamil, 16% du diltiazem, 8% de la nitrendipine, 5% de la
félodipine et 4% recevaient un autre type de médicament.
Les participants ayant des antécédents de cancer ou atteints
d’un cancer manifeste au moment de l’entrevue étaient exclus
de l’analyse. En 1995, STEPHY II, une étude de suivi de trois
ans, a évalué les cancers mortels et non mortels, la mortalité
totale et les événements cardio-vasculaires sur la base d’une
deuxième entrevue ou des dossiers médicaux d’hôpitaux et
des médecins traitants des patients.
La mortalité totale était de 12,1% (n = 119). On a enre-
gistré 22 décès dus au cancer et 75 cas de cancers non mortels
nouvellement diagnostiqués. La fréquence des cancers
mortels était de 2,2% (n = 3) chez les sujets recevant des blo-
queurs des canaux calciques et de 2,1% (n = 19) chez ceux
recevant des bloqueurs des canaux calciques au moment de
l’entrevue initiale (risque relatif [RR] 0,98, IC à 95%: 0,39,
2,21). La fréquence des cancers non mortels était de 12%
(n = 12) chez les sujets recevant des bloqueurs des canaux cal-
ciques et de 11% (n = 63) chez ceux ne recevant pas de blo-
queurs des canaux calciques (RR 1,13; IC à 95%: 0,42, 1,97).
La mortalité totale était également semblable dans le groupe
recevant des bloqueurs des canaux calciques (14,6%; n = 20)
comparativement à d’autres groupes traités par d’autres anti-
hypertenseurs (11,7%, n = 99; RR 1,29; IC à 95%: 0,77,
2,16). Lorsque l’on a ajusté ce résultat non seulement en fonc-
tion de l’âge et du sexe, mais également d’autres facteurs
comorbides tels que la coronaropathie et le diabète sucré, le
risque relatif était encore plus près de 1 (0,92), ce qui indique
qu’il n’existe aucune différence significative entre les deux
groupes. Les événements cardio-vasculaires étaient également
semblables parmi les deux groupes (29,9%, n = 29 compara-
tivement à 28,5%, n = 156; RR 1,18, IC à 95%: 0,74, 1,90;
après ajustement d’autres facteurs, RR 1,1).
Données sur l’innocuité des médicaments
provenant d’études randomisées
Contrairement aux bêta-bloquants et aux inhibiteurs de
l’ECA, les bloqueurs des canaux calciques constituent une
classe assez hétérogène dont les caractéristiques pharma-
cologiques sont très différentes. Par exemple, alors que le
vérapamil et le diltiazem réduisent la fréquence cardiaque, la
nifédipine d’action brève peut en fait causer une tachycardie
réflexe. Ces trois agents peuvent provoquer une diminution
de la contractilité et ont été associés à l’apparition d’une
insuffisance cardiaque congestive et à un pronostic post-IM
possiblement moins bon. Par opposition, les bloqueurs des
canaux calciques de la deuxième génération plus nouveaux,
tels que l’amlodipine et la félodipine, semblent être plus sûrs
chez les patients atteints d’insuffisance cardiaque et de dys-
fonction ventriculaire gauche grave d’après des études
prospectives, randomisées, contrôlées avec placebo et
menées avec soin (bien que relativement peu impor-
tantes)20,21. En fait, les auteurs de l’étude PRAISE (Prospective
Randomized Amlodipine Survival Evaluation) regroupant
1153 patients atteints d’insuffisance cardiaque congestive
grave qui recevaient de l’amlodipine ou un placebo, ont
constaté que l’amlodipine a été bénéfique chez les sujets qui
n’étaient pas atteints d’ischémie car elle a réduit le risque de
mort subite et de mort due à une défaillance de la pompe car-
diaque. L’étude PRAISE-II actuellement en cours tentera de
confirmer ce bénéfice manifeste dans la cardiomyopathie
dilatée d’origine non ischémique.
D’autres études randomisées n’ont pas confirmé le risque
accru d’IM, de décès, d’hémorragie gastro-intestinale et de
cancer (voir le tableau 1). L’étude DEFIANT II de petite
envergure sur la nisoldipine a montré une tendance favorable
post-IM à une diminution des événements cardio-vasculaires
comparativement au placebo chez les patients atteints de
dysfonction du ventricule gauche modérée traités pendant
une période de six mois. L’étude STONE (à simple insu) a
également démontré une diminution extrêmement significa-
tive du risque d’événement cardio-vasculaire comparative-
ment aux patients recevant un placebo (Goug et coll.).
Récemment, l’étude SYST-EUR (Systolic Hypertension in
Cardiologie
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