
BRCA1/2, une stabilite
´ou une le
´ge
`re augmentation de ces
sympto
ˆmes e
´tait observe
´eapre
`s le rendu des re
´sultats pour
retourner vers des seuils plus faibles a
`un an [25]. Il en est de
me
ˆme pour les personnes malades, et ce quel que soit le
re
´sultat de l’identification de la mutation. Dans le cadre de
l’e
´tude de Schwartz, l’impact des re
´sultats sur la perception
des risques de cancer e
´tait tre
`s significatif avec une diminution
tre
`s importante pour les personnes sans mutation BRCA, mais
aucune modification pour les personnes avec mutation BRCA.
Nous avons retrouve
´des re
´sultats comparables dans le cadre
d’une analyse interme
´diaire du suivi prospectif a
`six mois de
femmes franc¸aises, observant cependant une augmentation
significative de la perception du risque de cancer pour les
femmes mute
´es ainsi qu’une augmentation a
`court terme du
niveau de de
´pression de ces patientes alors que ce parame
`tre
n’e
´tait pas modifie
´pour les patientes non mute
´es [9]. Lodder a
souligne
´la pre
´sence de niveaux de de
´pression e
´leve
´spourles
femmes ne
´gatives dont une sœur e
´tait positive [16].
Une seule e
´tude [24] de
´crit le suivi psychologique a
`cinq
ans de 65 patientes non malades, 23 porteuses de mutations
BRCA, et 42 non porteuses. Cette e
´tude pour laquelle la grande
majorite
´des patientes mute
´es avaient opte
´pour une
mastectomie prophylactique (19/23), chirurgie associe
´ea
`une
diminution importante des craintes de survenue de cancer,
souligne cependant au cours du temps l’augmentation de l’e
´tat
de de
´pression et d’anxie
´te
´de l’ensemble des femmes compare
´
au niveau de re
´fe
´rence initial. Cette e
´tude souligne aussi
l’impact de
´le
´te
`re de la mastectomie sur l’image du corps et sur
la sexualite
´, notamment pour les femmes les plus jeunes ainsi
que les facteurs pre
´dictifs de la de
´tresse psychique a
`long
terme (existence d’enfants jeunes et deuil lie
´au cancer dans la
famille).
E
´valuation de l’impact comportemental de la
consultation de ge
´ne
´tique du cancer
L’information sur les risques ge
´ne
´tiques de cancer peut avoir
comme objectif de modifier les demandes de tests, notamment
lorsqu’elles sont non justifie
´es d’un point de vue me
´dical.
Plusieurs interventions ont e
´te
´e
´value
´es en ce sens essen-
tiellement par des e
´quipes nord-ame
´ricaines [14].
L’impact de l’information ge
´ne
´tique sur les autres compor-
tements de sante
´et notamment sur les mesures de pre
´vention
commence a
`e
ˆtre de
´crit dans la litte
´rature, mais nous avons
encore peu de recul et peu de grandes e
´tudes longitudinales
publie
´es. Cependant, certaines tendances se dessinent.
Ainsi, dans l’anne
´e ayant suivi l’annonce des re
´sultats
biologiques, une le
´ge
`re augmentation du suivi mammo-
graphique e
´tait observe
´e pour les femmes non malades
porteuses d’une mutation, compare
´es aux non-porteuses
[21] bien que ce suivi ait e
´te
´moinsbonpourlesfemmesles
plus jeunes. Il est cependant difficile de comparer ici les
donne
´es de pays diffe
´rentsdanslamesureou
`l’adhe
´sion
aux mesures de surveillance mammographique de
´pend
aussi des modalite
´sante
´rieures de suivi et du taux de
couverture de ces examens. Par ailleurs, l’acceptabilite
´
the
´orique et re
´elle de ces mesures de pre
´vention est
essentielle a
`prendre en compte, notamment celle des
mesures de chirurgie prophylactique. Ainsi, si plus de la
moitie
´des femmes ne
´erlandaises [17, 19] optent pour une
mastectomie prophylactique, les femmes ame
´ricaines [15]
et franc¸aises paraissent plus re
´ticentes. Les femmes
britanniques sont en position interme
´diaire avec un
pourcentage de mastectomie prophylactique de 28 %
dans la cohorte anglaise [25]. Ces comportements confir-
ment les diffe
´rences d’attitudes observe
´es pre
´alablement a
`
la mise en place des tests en routine parmi les femmes
franc¸aises, britanniques et canadiennes se rendant aux
consultations d’oncoge
´ne
´tique [11]. Un meilleur suivi
coloscopique est e
´galement observe
´dans le contexte des
personnes pre
´dispose
´es ge
´ne
´tiquement a
`l’inte
´rieur des
familles HNPCC [6]. La question de l’impact des re
´sultats
« non informatifs » sur les comportements des patientes
de
´ja
`atteintes de maladie ne semble pas e
ˆtre de
´le
´te
`re en ce
qui concerne leur suivi dans une e
´tude ne
´erlandaise
re
´cente me
ˆme si les re
´interpre
´tationsprofanesdumessage
me
´dical transmis sont ici confirme
´es [23].
En conclusion, l’activite
´de communication des risques
ge
´ne
´tiques de cancer est en cours d’organisation au niveau des
diffe
´rents syste
`mes de sante
´et ce en grande partie en relation
avec l’offre des tests ge
´ne
´tiques. Si les premie
`res e
´tudes
concernant leur impact psychologique sont assez encoura-
geantes, il est ne
´cessaire d’e
ˆtre prudent dans leur interpre
´ta-
tion. En effet, ces e
´tudes sont en majorite
´des e
´tudes
quantitatives dont les indicateurs sont soumis aux lois des
interpre
´tations des tests statistiques, a
`savoir les effets moyens
observe
´s. Certains effets de
´le
´te
`res peuvent concerner des sous-
groupes particulie
`rement a
`risque qu’il sera ne
´cessaire
d’e
´tudier de manie
`re spe
´cifique en particulier dans le cadre
d’e
´tudes qualitatives et cliniques bien faites. Par ailleurs, le
suivi des cohortes de patients, non inclus initialement par le
biais de protocoles de recherche, est encore insuffisant pour
conclure sur l’impact comportemental de ces pratiques a
`long
terme pour lesquelles l’aspect culturel de la prise en charge est
essentiel a
`prendre en compte.
Re
´fe
´rences
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