(agriculture, élevage, pêche, artisanat, éducation etc.) En

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Conditions de l’investissement privé et de l’accès au crédit dans le secteur
agricole
I. Les organismes financiers au Cameroun
Le système financier au Cameroun est composé d’une banque centrale (BEAC),
des banques commerciales, des établissements financiers spécialisés, de la Caisse
d’Epargne Postale, des Chèques postaux, des entreprises d’assurances, des
établissements de la micro finance et du marché monétaire. En dehors de la Société
Nationale d’Investissement (SNI) et du Crédit Foncier du Cameroun (CFC) qui
demeurent en activité, d’autres établissements de promotion de l’épargne et/ou de
financement des investissements à savoir la Banque Camerounaise de Développement
(BCD), le Fonds de Développement Rural (FONADER) et le Fonds d’Aide et de
Garantie des Crédits aux Petites et Moyennes Entreprises (FOGAPE) ont été liquidés. A
la suite de la liquidation du FONADER en 1992 dont la vocation était celle d’une
institution financière de développement, le gouvernement va créer le Crédit Agricole du
Cameroun (CAC) dont la vocation d’une banque commerciale conduira cette structure à
la liquidation en 1998.
La grave crise financière qu’a connue le Cameroun en 1986/87 est à l’origine de la
baisse des engagements du système bancaire. C'est en fait une inversion de tendance
un peu brutale par rapport au passé où elles avaient au contraire trop prêté, et surtout
sans effectuer de sélection ni de suivi des projets. Les agents ont réalisé que les
banques avaient maquillé les bilans bancaires et avaient accumulé les créances fictives.
Ainsi, les crédits ont chuté de pratiquement 50 % entre 1990 et 1991 et les pôts à
terme ont diminué de 33 % entre 1985 et 1987 et les dépôts à vue de 22 %. Pour éviter
un effondrement de tout le système bancaire, un plan de restructuration a été mis en
place en 1989. Grâce à ces
réformes et au changement de
politique monétaire, les banques
sont redevenues plus liquides,
mais elles n'ont pas pour autant
accordé plus de crédit à
l'économie.
Depuis les formes
bancaires et monétaires, il faut
Volume des crédits à l’économie
0
200000
400000
600000
800000
1000000
1200000
1972
1974
1976
1978
1980
1982
1284
1986
1988
1990
1992
1994
1996
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souligner une atonie du crédit, les banques sont frileuses et s'engagent peu dans le
financement de l'économie. Le taux de couverture des crédits par les dépôts atteignait
110 % en 1996 contre 89 % en 1985, avant le déclenchement de la crise. La
dévaluation n'a pas eu les effets escomptés, les crédits à l'économie ont diminué de 27
% en terme réel entre de 1993 à 1994, et de 10% au cours de l'année suivante. Entre la
fin de l'année 1995 et avril 1997, cette tendance ne s'est pas améliorée, et les crédits à
l'économie ont diminué de 17 % (en nominal).
De même, il faut noter une prédominance des crédits à court terme qui représente
85 % des crédits accordés. Par secteur d’activité, le commerce général de distribution et
le commerce d’exportation absorbent plus de 40% des crédits à court terme. La
production industrielle est le deuxième secteur qui enregistre des montants substantiels
des financements des banques à court terme. Le secteur agricole vient en dernière
position soit moins de 10% du volume des crédits à court terme. A long terme, le
secteur industriel et celui des services (télécommunications) absorbent de près de la
moitié des crédits.
Cependant des disparités liées à la politique et aux conditions des crédits existent
entre les différents groupes d’établissements financiers. Une analyse différentiée par
type d’établissement financier va nous permettre i) de présenter la politique de crédit à
l’agriculture, ii) de préciser les conditions des crédits à l’agriculture (constitution des
dossiers, garanties à apporter, durée, taux, conditions particulières, etc), iii) d’analyser
le volume total des prêts (encours des crédits) accordés dans le secteur agricole et iv)
de recenser les catégories d’agriculteurs concernés.
A) Les structures bancaires formelles
Le secteur bancaire formel est composé des banques commerciales et des
structures spécialisées de promotion de l’épargne et/ou de financement de
l’investissement. La crise financière de 1986/87 a entraîné la fermeture de plusieurs
banques commerciales dont le nombre est passé de 12 en 1986 à 8 à 1998. Depuis
l’exercice 2000, on constate un regain d’activité dans ce secteur et l’entrée de nouvelles
banques commerciales portant le nombre de banques commerciales à 10 et 11
établissements financiers en 2005.
a. La politique de crédit
Le développement d’une activité bancaire est conditionné par sa propre rentabilité
qui édicte les conditions d’accès au crédit. Ainsi trois critères dictent l’accès au crédit
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bancaire au Cameroun : il s’agit d’être titulaire d’un compte bancaire et de préférence
d’un compte courant, solvable et en possession d’une garantie.
Concernant la première condition, un montant minimum est exigé à l’ouverture
d’un compte excluant ainsi une certaine catégorie d’agents économiques (paysans, les
vendeurs à la sauvette, les micro entreprises et même les PME). Quant à la solvabilité
du client, le banquier analyse la surface financière et l’existence d’un marché lorsqu’il
s’agit d’une entreprise à travers ses bilans et des garanties proposées. La solvabilité
des particuliers est appréhendée à travers l’importance de son salaire. D’autres facteurs
à l’instar de la nature de l’opération, du plan de financement, de la durée de
l’engagement sollicitée vont également influencés la décision du banquier. Les garanties
requises par les banques sont classiques : il s’agit généralement de l’hypothèque, du
nantissement du matériel et de la caution des principaux actionnaires.
b. Les conditions des crédits à l’agriculture
La nature des flux mobilisés dans la configuration actuelle du secteur bancaire
relève plus de court terme. Ces crédits sont fragiles et ne permettent pas le financement
de projets de long terme à l’instar des projets agricoles. Les banques commerciales
n’étant pas des institutions spécialisées, elles ne disposent pas des conditions
spécifiques d’octroi de crédits au secteur agricole.
c. Analyse du volume total des prêts accordé au secteur agricole
Le volume de l’offre de crédit au secteur agricole a éfaible par rapport aux
besoins du secteur. D’après l’Organisation Mondiale pour l’Alimentation et l’Agriculture
(FAO), chaque état doit consacrer 25% de son budget national à l’agriculture. Dans le
cas du Cameroun, ce ratio correspond à un montant de 425 milliards de FCFA. Ce
montant comparé aux dotations allouées au Ministère de l’Agriculture et du
Développement Rural est quatre fois plus élevé. Il apparaît un déficit de plus de 300
milliards de FCFA devant être complété par le secteur financier.
Au cours de ces dernières années, l’offre bancaire dans le secteur n’a pas excédé
100 milliards de FCFA. Ce montant demeure en dessous du tiers du ficit de
financement de 300 milliards de FCFA attendu dans ce secteur. Le tableau suivant
présente l’offre bancaire dans le secteur agropastoral et halieutique.
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Tableau ** : Evolution de l’offre bancaire dans le secteur agropastoral et halieutique
Rubriques ; les montants
sont
exprimés en
milliers de
franc CFA
2001
2002
2003
Montant
% par rapport au
total général du
crédit
Montant
% par rapport au
total général du
crédit
Montant
% par rapport au
total général du
crédit
Montant
% par rapport
au total général
du crédit
Production agricole
81664
6,6
88216
6,8
82374
5,8
81976
5,5
- Production agricole non
transformée
17266
1,4
21037
1,6
20139
1,4
15961
1,1
- 1ère transformation de
produits agricoles
27351
2,2
28517
2,2
22610
1,6
25829
1,7
- Activités annexes de
l’agriculture
37048
3,0
38660
3,0
39625
2,8
40186
2,7
Produits de l’élevage
1116
0,09
1603
0,12
930
0,07
2118
0,14
Produits de la pêche
4209
0,34
4727
0,37
4853
0,34
4813
0,32
Total secteur
86990
7,06
94547
7,30
88166
6,23
88907
5,98
Source : BEAC
Une comparaison entre l’offre de crédit dans le secteur agropastoral et halieutique
et le volume total des crédits renseigne qu’en moyenne cette part n’a pas excédé 8% au
cours de quatre dernières années. Cela témoigne du peu d’intérêt qu’accordent les
opérateurs financiers à ce secteur. La nature des flux mobilisés dans la configuration
actuelle du secteur bancaire, faite essentiellement de banques commerciales, relève
plus de court terme. Le financement du secteur agropastoral et halieutique nécessite la
mise en place d’un dispositif de mobilisation des crédits de long terme. Le
développement de structures spécifiques de « fonds de garantie des crédits aux
entreprises » devrait permettre à ce secteur de mobiliser des financements longs.
B) Les organisations de micro-finance, les groupements d’opérateurs ou
d’ONG, etc.)
La libéralisation de la vie politique à travers la loi sur les associations en 1990 et la
loi du 14 août 1992 portant création des sociétés coopératives d’épargne et de crédit
(Coopec) et des groupements d’intérêt économique (GiC) au Cameroun ont donné un
surcroît de légalité de légitimité et de dynamisme au développement des groupements
d’opérateurs et des ONG. D’autres groupes dont les activités financières atteignaient
déjà un niveau important ont tout simplement crées dans diverses localités rurales ou
urbaines du pays, des coopératives d’épargne et de crédit rivalisant avec les filiales
locales des banques d’origine occidentale. La Compagnie Financière de l’Estuaire
(COFINEST) est certainement l’illustration la plus éloquente de cette évolution. De
même, la naissance des Mutuelles Communautaires de Croissance (MC) a indiqué la
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voie de la bancarisation des tontines pour en faire un véritable outil de développement
au Cameroun.
La micro finance est une activité exercée par des entités agréées n’ayant pas le
statut de banque ou d’établissement financier… qui pratiquent à titre habituel des
opérations de crédit ou de collecte de l’épargne et offrent des services financiers
spécifiques au profit des populations évoluant pour l’essentiel en marge du circuit
bancaire habituel.
Au 31 mars 2006, le MINEFI a agréé 114 établissements de micro finance
indépendants et 249 caisses affiliées au réseau CamCCUL. Une base de données sur
les établissements de micro finance est actuellement élaborée au sein de la direction
sur financement du Projet d’appui au Programme national de Micro finance (PPMF).
Cette base permettra à la direction de disposer des statistiques sur les états financiers,
ainsi que des informations sur les dirigeants et la localisation des EMF au Cameroun.
Implantation des EMF Cameroun
L’on relève que l’activité de micro finance est implantée dans tout le territoire
camerounais avec un pic dans la province du Nord-Ouest où le réseau CamCCul est
installé à plus de 40% (60 caisses populaires).
Par ailleurs les provinces du Centre avec 69 EMF Indépendants, le Littoral avec
43 EMF constituent les pôles de développement des établissements de microfinance
indépendants. Ceci s’explique par la concentration de la population ayant les besoins de
financement dans ces zones. D’un autre té, l’Adamaoua, le Sud et l’Est sont les
parents pauvres des EMF.
Récapitulatif de l’implantation des EMF en fonction de la province et la nature
Modalités
Types EMF
Indépendants
Réseau
Total
Réseau
Total
EMF
CamCCUL
MC²
CVECA/CECA
CABA
Adamaoua
1
2
3
0
0
5
6
Centre
69
8
8
35
4
55
124
Est
4
0
3
0
0
3
7
Extrême-Nord
3
10
1
10
0
21
24
Littoral
43
8
6
0
0
14
57
Nord
1
6
0
11
0
17
18
Nord-Ouest
4
60
6
0
0
66
70
Ouest
15
17
30
0
0
47
62
Sud
4
0
2
0
0
2
6
Sud-Ouest
8
39
3
0
0
42
50
Total
152
150
62
56
4
272
424
Source : Recensement des EMF /DGTCFM/SDMF : 10/12/2004- 01/05/2005
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