
souligner une atonie du crédit, les banques sont frileuses et s'engagent peu dans le
financement de l'économie. Le taux de couverture des crédits par les dépôts atteignait
110 % en 1996 contre 89 % en 1985, avant le déclenchement de la crise. La
dévaluation n'a pas eu les effets escomptés, les crédits à l'économie ont diminué de 27
% en terme réel entre de 1993 à 1994, et de 10% au cours de l'année suivante. Entre la
fin de l'année 1995 et avril 1997, cette tendance ne s'est pas améliorée, et les crédits à
l'économie ont diminué de 17 % (en nominal).
De même, il faut noter une prédominance des crédits à court terme qui représente
85 % des crédits accordés. Par secteur d’activité, le commerce général de distribution et
le commerce d’exportation absorbent plus de 40% des crédits à court terme. La
production industrielle est le deuxième secteur qui enregistre des montants substantiels
des financements des banques à court terme. Le secteur agricole vient en dernière
position soit moins de 10% du volume des crédits à court terme. A long terme, le
secteur industriel et celui des services (télécommunications) absorbent de près de la
moitié des crédits.
Cependant des disparités liées à la politique et aux conditions des crédits existent
entre les différents groupes d’établissements financiers. Une analyse différentiée par
type d’établissement financier va nous permettre i) de présenter la politique de crédit à
l’agriculture, ii) de préciser les conditions des crédits à l’agriculture (constitution des
dossiers, garanties à apporter, durée, taux, conditions particulières, etc), iii) d’analyser
le volume total des prêts (encours des crédits) accordés dans le secteur agricole et iv)
de recenser les catégories d’agriculteurs concernés.
A) Les structures bancaires formelles
Le secteur bancaire formel est composé des banques commerciales et des
structures spécialisées de promotion de l’épargne et/ou de financement de
l’investissement. La crise financière de 1986/87 a entraîné la fermeture de plusieurs
banques commerciales dont le nombre est passé de 12 en 1986 à 8 à 1998. Depuis
l’exercice 2000, on constate un regain d’activité dans ce secteur et l’entrée de nouvelles
banques commerciales portant le nombre de banques commerciales à 10 et 11
établissements financiers en 2005.
a. La politique de crédit
Le développement d’une activité bancaire est conditionné par sa propre rentabilité
qui édicte les conditions d’accès au crédit. Ainsi trois critères dictent l’accès au crédit