
sous-unités possédant deux cystéines adjacentes, importantes pour la liaison de l'ACh [168]
ont été nommées 2-8. Les autres ont été nommées non- 1-3, terme rapidement (et
malheureusement) changé en 2-4 [290]. Une autre sous-unité, 9, a été découverte plus
récemment. Elle est exprimée dans les tissus épithéliaux et musculaires [98] mais n'a jamais
été trouvée dans les neurones jusqu'à aujourd'hui. Elle ne peut donc être appelée neuronale
(bien que ce soit souvent le cas). La sous-unité 8 n'a été trouvée pour l'instant que dans le
poulet bien que sa position phylogénétique implique son existence chez tous les amniotes
(voir chapitre 9). Elle pourrait avoir disparu précocement dans la lignée mammalienne.
Chaque sous-unité du nAChR suit le même schéma d'organisation transmembranaire. Une
large partie amino-terminale, portant les composants du site de liaison, fait face à
l'environnement extracellulaire. Elle est suivie par trois segments transmembranaires, le
second, au moins, étant en hélice , puis un large domaine intracellulaire et un quatrième
segment transmembranaire [Figure 7.1]. La partie carboxy-terminale, assez courte, est donc
extracellulaire. Chez l'humain, la taille des sous-unités varie de 457 résidus ( 1) à
627 résidus ( 4).
L'identité globale de séquence entre les gènes paralogues (apparus par duplication) varie de
36,3 % ( 7/ 3) à 72,4 % ( 2/ 4). L'identité de séquence entre les gènes orthologues
(apparus par spéciation) d'humain et de rat varie de 82,2 % ( 4) à 93,2 % ( 2). La
conservation de séquence n'est pas uniforme le long de la sous-unité. Le peptide signal amino-
terminal et le milieu de la partie cytoplasmique sont hautement variables, la partie amino-
terminale extracellulaire et les portions de la partie cytoplasmique flanquant le pore sont bien
conservées, et les segments transmembranaires sont très conservés [Figure 7.2].
L'étude phylogénétique des sous-unités du nAChR révèle quelques sous-familles claires
[184,45] (voir Figure 7.3). Ces sous-familles, définies sur la base des séquences protéiques et
de la structure des gènes (positions des introns dans la séquence codante) sont congruentes
avec les groupes définis fonctionnellement (par des caractères biochimiques,
pharmacologiques et anatomiques). Dans les neurones, deux sous-groupes de sous-unités ont
été identifiés. 7 and 8 forment des récepteurs sensibles à l' -bungarotoxine ( -bgt). Ces
récepteurs sont généralement homo-pentamériques mais peuvent également former des
hétéro-pentamères. Au contraire, les récepteurs contenant 2- 6 et 2- 4 ne sont pas
sensibles à l' -bgt [32,290,129] et forment toujours des hétéro-pentamères. La première
duplication entre les gènes de sous-unité du nAChR date probablement de plus de 1,5 milliard
d'années, alors que les dernières ont eu lieu il y a environ 400 millions d'années (410 pour
2/ 4, 380 pour 7/ 8). La phylogenèse des récepteurs nicotiniques sera abordée plus en
détail au chapitre 9.
Figure 7.3 : Phylogenèse des sous-unités de la superfamille nicotinicoïde des LGIC. Cet arbre
a été obtenu par les méthodes décrites au chapitre 8. Seules les sous-unités présentes chez les
amniotes sont représentées.