Épreuve de Mathématiques MP 2023 - Concours Mines-Ponts

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A2023 – MATH I MP
ÉCOLE DES PONTS PARISTECH,
ISAE-SUPAERO, ENSTA PARIS,
TÉLÉCOM PARIS, MINES PARIS,
MINES SAINT-ÉTIENNE, MINES NANCY,
IMT ATLANTIQUE, ENSAE PARIS,
CHIMIE PARISTECH - PSL.
Concours Mines-Télécom,
Concours Centrale-Supélec (Cycle International).
CONCOURS 2023
PREMIÈRE ÉPREUVE DE MATHÉMATIQUES
Durée de l’épreuve : 3 heures
L’usage de la calculatrice ou de tout dispositif électronique est interdit.
Les candidats sont priés de mentionner de façon apparente
sur la première page de la copie :
MATHÉMATIQUES I - MP
L’énoncé de cette épreuve comporte 5 pages de texte.
Si, au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il le
signale sur sa copie et poursuit sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il est
amené à prendre.
Les sujets sont la propriété du GIP CCMP. Ils sont publiés sous les termes de la licence
Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 France.
Tout autre usage est soumis à une autorisation préalable du Concours commun Mines Ponts.
Théorème de stabilité de Liapounov
Dans tout le problème, ndésigne un entier naturel non nul. On note h.|.ile produit scalaire usuel
de Kn,Kpouvant être Rou C,et}.}la norme euclidienne associée.
Si uet vsont deux applications linéaires pour lesquelles la notation u˝va un sens, alors on note
uv l’application u˝v.Deplus,siuest un endomorphisme d’un espace vectoriel Eet kest un entier
naturel non nul, ukdésigne l’application u˝¨¨¨˝u,oùuapparaît kfois dans l’écriture. Par convention
u0idE.
On s’intéresse au système diérentiel suivant :
"y1='pyq
yp0q=x0
,
avec x0PRnet 'est une application de classe C1de Rnà valeurs dans Rn, telle que 'p0q“0. Cela
entraîne que si x00, alors la solution de ce système est la fonction nulle, et donc 0 est un point
d’équilibre. Notons d'p0ql’application diérentielle de 'en 0. L’objectif de ce problème est d’établir
une condition susante sur le spectre de d'p0qpour assurer la stabilité de l’équilibre en ce point, et
d’obtenir des informations quant à la dynamique des solutions au voisinage de ce point d’équilibre.
Plus précisément, on établit le résultat suivant :
Théorème de Liapounov :
Soit le système diérentiel suivant :
"y1='pyq
yp0q=x0
,
avec x0PRnet 'est une application de classe C1de Rnà valeurs dans Rn, telle que 'p0q“0et
telle que toutes les valeurs propres complexes de d'p0qaient une partie réelle strictement négative.
Alors il existe trois constantes ˜,Cet strictement positives telles que :
@x0PBp0,˜q,@tPR`,}fx0ptq} §Ce´t}x0},
fx0est l’unique solution du système diérentiel et Bp0,˜qdésigne la boule ouverte, pour la norme
}.}, de centre 0 et de rayon ˜.
Dans une première partie, on étudie une norme sur les endomorphismes des sous-espaces vecto-
riels de Kn. Dans la seconde partie, on établit des résultats sur le système diérentiel linéaire, en se
servant des résultats de la partie A. Enfin, la troisième partie est consacrée à la démonstration du
théorème de Liapounov. Cette dernière partie est très largement indépendante des deux premières,
à l’exception du résultat obtenu à la fin de la partie B.
A.. Etude d’une norme sur LpEq
Soit Eun sous-espace vectoriel de Kn. Soit uun endomorphisme de E.
1ôAprès avoir justifié l’existence des bornes supérieures, montrer que :
sup
xPE
x0
}upxq}
}x}sup
xPE
}x}“1
}upxq}.
1
2ôOn note ~u~“sup
xPE
x0
}upxq}
}x}. Montrer que ~.~est une norme sur LpEq.
3ôMontrer qu’il s’agit d’une norme sous-multiplicative, c’est-à-dire que :
@pu, vqPLpEq2,~uv~§~u~.~v~,
et en déduire une majoration de ~uk~, pour tout entier naturel k, en fonction de ~u~et de
l’entier k.
B.. Etude de la stabilité en 0 du système linéaire
Dans cette partie, adésigne un endomorphisme de Cn.
4ôMontrer qu’il existe un entier naturel non nul r, des nombres complexes distincts 1,2, ...,
r, ainsi que des entiers naturels non nuls m1,m2, ..., mr, tels que :
Cn
r
à
i1
Ei,
où pour iPJ1; rK,EiKerpa´iidCnqmi.
D’après la question précédente, si xest un élément de Cn, il existe un unique r-uplet px1,...,x
rqP
E1ˆ¨¨¨ˆErtel que x
r
ÿ
i1
xi. Fixons à présent iPJ1; rK. On définit alors les endomorphismes :
pi:ˇˇˇˇ
CnÑEi
xÑxiet qi:ˇˇˇˇ
EiÑCn
xiÑxi
.
Par ailleurs, on note ~.~ila norme sur LpEiqintroduite à la partie A, à savoir
@uPLpEiq,~u~isup
xPEi
x0
}upxq}
}x}.
On utilisera la notation ~.~cpour LpCnq. Enfin, on notera ail’endomorphisme piaqi.
5ôMontrer que, pour tout iPJ1; rK, il existe une constante Ci°0telle que :
@uPLpEiq,~qiupi~c§Ci~u~i.
6ôMontrer que, pour iPJ1; rK,Eiest stable par a.
2
7ôSoient pi, jqPJ1; rK2. Exprimer piqjpuis
r
ÿ
i1
qipien fonction des endomorphimes idCnet idEj.
8ôMontrer que : a
r
ÿ
i1
qiaipi.
9ôEn déduire que :
@tPR,e
ta
r
ÿ
i1
qietaipi.
10 ôMontrer par ailleurs que :
@iPJ1; rK,@tPR,~etai~i§|eti|
mi´1
ÿ
k0
|t|k
k!~ai´iidEi~k
i.
11 ôEn déduire l’existence d’un polynôme Pà coecients réels tel que :
@tPR,~eta~c§Pp|t|q
r
ÿ
i1
etRepiq,
Repzqdésigne la partie réelle d’un nombre complexe z.
12 ôPour toute matrice APMnpRq, on notera u
Al’endomorphisme canoniquement associé à A
dans Rnet v
Al’endomorphisme de Cncanoniquement associé à A, vue comme une matrice de
MnpCq. On conservera la notation ~.~cpour la norme introduite à la partie A sur LpCnqet
on utilisera ~.~rsur LpRnq. Montrer qu’il existe C°0telle que :
@APMnpRq,@tPR,~etu
A~r§C~etv
A~c.
Dans la suite de cette partie, on considère uun endomorphisme de Rn, et APMnpRqsa matrice
dans la base canonique. On notera par ailleurs, SppAqle spectre complexe de A. Notons gx0l’unique
solution de classe C1sur R`de :
"y1=upyq
yp0q=x0
.
13 ôMontrer que :
@x0PRn,lim
tÑ`8 }gx0ptq} “ 0ñSppAqÄR˚
´`iR.
14 ôOn se place dans cette question dans le cas où toutes les valeurs propres de Aont une partie
réelle strictement négative. Montrer alors qu’il existe deux constantes C2et strictement
positives telles que :
@tPR`,~etu~r§C2e´t,
et en déduire une majoration de }gx0ptq} pour tPR`.
3
C.. Démonstration du théorème de Liapounov
On considère dans cette partie une application 'de Rndans Rnde classe C1telle que 'p0q“0,
et en notant ad'p0q, telle que toutes les valeurs propres de aaient une partie réelle strictement
négative.
Soit x0PRn. On s’intéresse au système diérentiel suivant :
"y1='pyq
yp0q=x0
.
On admettra l’existence d’une solution de ce système définie sur R`, que l’on notera fx0.
15 ôMontrer que la fonction
b:ˇˇˇˇˇˇ
RnˆRnÑR
px, yqѪ`8
0
etapxq|etapyqdt
est bien définie et qu’elle définit un produit scalaire sur Rn.
On notera qla forme quadratique associée à b, c’est-à-dire que pour tout xPRn,qpxq“bpx, xq.
16 ôDémontrer alors que :
@xPRn,dqpxqpapxqq “ 2bpx, apxqq “ ´}x}2.
Pour toute fonction ydéfinie sur R`, on associe la fonction "pyqdéfinie par :
"pyq:ˇˇˇˇ
R`ÑRn
tÑ'pyptqq ´ apyptqq .
17 ôVérifier l’égalité
@tPR`,qpfx0q1ptq“´}fx0ptq}2`2bpfx0ptq,"pfx0ptqqq.
18 ôProuver l’existence de deux nombres réels et strictement positifs tels que, pour tout tPR`,
on ait :
qpfx0ptqq §ñ´}fx0ptq}2`2bpfx0ptq,"pfx0qptqq §´qpfx0ptqq.
On fixe un tel couple p,qpour la suite de ce problème.
19 ôMontrer alors que :
qpx0qñ@t0,qpfx0qptq§e´tqpx0q.
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