MISE AU POINT
20 | La Lettre du Rhumatologue ‱ No 391 - avril 2013
Traitement hormonal
de la ménopause :
oĂč en est-on en 2013 ?
Hormone replacement therapy: where are we in 2013?
C. Sonigo*, G. Plu-Bureau**, B. Raccah-Tebeka***
* Service de médecine de la repro-
duction, hĂŽpital Jean-Verdier, Bondy.
** Service de gynécologie médicale
et endocrinienne, hĂŽpital Port-Royal,
Paris.
*** Service de gynécologie-obsté-
trique, hÎpital Robert-Debré, Paris.
L
e traitement hormonal de la ménopause (THM)
a vu le jour dans les annĂ©es 1940 aux États-Unis,
alors qu’en France, les premiers traitements
visant à diminuer les symptÎmes climatériques ont
été mis sur le marché au cours des années 1970.
TrÚs vite, les pratiques françaises diffÚrent des pra-
tiques américaines, tant sur le plan des molécules
utilisĂ©es que sur celui de leur voie d’administration.
La publication, en 2002, des premiers résultats de
l’étude amĂ©ricaine de la Women Health Initiative
(WHI) [1] a induit une diminution drastique des
prescriptions de ces traitements dans le monde, et
l’image nĂ©gative qui en a dĂ©coulĂ© est encore prĂ©sente
dans les esprits. Pourtant, depuis maintenant 10 ans,
de nouvelles études ont nuancé les conclusions ini-
tiales et semblent plus rassurantes quant au rapport
bĂ©nĂ©ïŹ ces/risques du THM Ă  court terme. Cependant,
ces Ă©tudes doivent ĂȘtre analysĂ©es minutieusement,
en raison de la variabilité des niveaux de preuves, des
caractéristiques des populations étudiées, du type
de traitement utilisĂ© et de sa voie d’administration.
Les différents traitements
utilisés en France
Les estrogĂšnes
Les estrogÚnes sont la base du THM. Ils réduisent les
symptĂŽmes climatĂ©riques et sont efïŹ caces dans la
prévention de la déminéralisation osseuse. Plusieurs
types d’estrogùnes sont disponibles en France : le
17ÎČ-estradiol et le valĂ©rate d’estradiol (dĂ©rivĂ©s des
estrogĂšnes naturels). Ils peuvent ĂȘtre administrĂ©s
par voie orale ou par voie extradigestive (gel ou
patch). Les estrogÚnes conjugués équins par voie
orale, molĂ©cule initiale utilisĂ©e lors de l’apparition du
THM ainsi que dans les grandes études américaines,
ne sont plus prescrits en France.
Les progestatifs
Il a été montré trÚs rapidement que les progesta-
tifs devaient ĂȘtre associĂ©s aux estrogĂšnes chez les
femmes non hystérectomisées pour minimiser le
risque de pathologie endométriale. Comme pour les
estrogÚnes, il existe en France une grande variété
de molécules disponibles : la progestérone natu-
relle et ses dérivés, ou les progestatifs de synthÚse
(dérivés prégnane et norprégnane). La majorité de
ces traitements sont prescrits par voie orale, mais
la progestĂ©rone peut Ă©galement ĂȘtre administrĂ©e
par voie vaginale.
Il existe aussi des traitements combinés, contenant
un estrogÚne et une molécule progestative. Ces trai-
tements existent par voie orale ou par voie trans-
dermique (patch). Cependant, malgré leur facilité
d’utilisation pour les patientes, ils sont peu prescrits
car l’ajustement des doses est difïŹ cile.
Le tableau rappelle les différents traitements dispo-
nibles en France.
THM : risques et bĂ©nĂ©ïŹ ces
(encadré, p. 23)
THM et risque cardiovasculaire
Le risque cardiovasculaire artériel est essentiel-
lement celui d’un accident vasculaire cĂ©rĂ©bral
(AVC) et celui d’un infarctus du myocarde. Les
Points forts
La Lettre du Rhumatologue ‱ No 391 - avril 2013 | 21
»
Le traitement hormonal de la mĂ©nopause (THM) doit ĂȘtre prescrit en concertation avec la patiente, en Ă©valuant
le rapport bĂ©nĂ©fices/risques. Les contre-indications doivent ĂȘtre systĂ©matiquement recherchĂ©es au cours de
l’interro gatoire et l’examen clinique. Une mammographie doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e avant l’instauration du traitement.
»
Quand la dĂ©cision d’instaurer un THM est prise, il faut choisir le traitement le plus appropriĂ© Ă  la patiente.
Généralement, le meilleur traitement est celui qui associe un estrogÚne par voie transdermique et de la
progestérone naturelle.
»MalgrĂ© son efficacitĂ© sur la prĂ©vention de l’ostĂ©oporose en dĂ©but de mĂ©nopause, la principale indica-
tion du THM reste la présence de symptÎmes climatériques invalidants, comme les bouffées de chaleur,
l’asthĂ©nie ou une sĂ©cheresse vaginale.
»
Une fois le traitement instaurĂ©, une consultation au minimum annuelle doit ĂȘtre systĂ©matiquement
réalisée afin de réévaluer le rapport bénéfices/risques à chaque consultation.
Mots-clés
Traitement hormonal
de la ménopause
THM
EstrogĂšne
Progestérone
Ménopause
Highlights
»
Postmenopausal Hormonal
therapy (HT) should be
prescribed with the patient and
assessing the risk/beneïŹ t ratio.
The contraindication should
be systematically searched by
questioning and clinical exami-
nation. Mammography should
be performed before initiation
of treatment.
»
The most appropriate HT
should be adapted to the
patient. Transdermal estradiol
associated with progesterone
seems to be the most appro-
priate HT for the beneïŹ t/risk
balance.
»
Despite its efficacy in the
prevention of osteoporosis
early in menopause, the main
indication of HT stays the pres-
ence of climacteric symptoms
such as hot flashes, vaginal
dryness or asthenia.
»
Once the treatment started,
a consultation at least once
a year should be routinely
performed in the gynecologist
to reassess the risk/benefit
ratio.
Keywords
Hormone replacement
therapy
HRT
Estrogen
Progestogen
Menopause
estrogÚnes administrés par voie orale augmen-
tent le risque d’AVC ischĂ©miques (2). Cependant,
une étude cas/ témoins récente, nichée dans la
cohorte des généralistes anglais, suggÚre la neu-
tralité des estrogÚnes trans dermiques utilisés à
faible dose (3). En ce qui concerne le risque de
cardiopathie ischémique, les résultats sont égale-
ment divergents. Les grandes Ă©tudes d’intervention
en prévention primaire (WHI) [4] ou secondaire
(HERS) [5] ont montrĂ© soit l’absence de bĂ©nĂ©ïŹ ce,
soit une augmentation du risque, surtout pendant
la premiĂšre annĂ©e d’utilisation ou si le traitement
est prescrit à distance du début de la ménopause.
Par ailleurs, une équipe danoise a analysé, à partir
des donnĂ©es de registres, l’impact du THM sur les
risques d’infarctus du myocarde. Elle ne retrouve
pas d’augmentation de risque chez les patientes
ayant utilisé un THM et observe une diminution
Tableau. Les différents traitements disponibles en France.
DCI Voie Nom commercial Dosage
EstrogĂšnes 17ÎČ-estradiol Voie orale EstrevaÂź
EstrofemÂź
OromoneÂź
ProvamesÂź
1,5 mg
1-2 mg
1-2 mg
1-2 mg
17ÎČ-estradiol Patch ClimaraÂź
ThaisÂź
FemseptÂź
VivelledotÂź
OesclimÂź
EstrapatchÂź
DermestrilÂź
50 ÎŒg/24 h
25-50-100 ÎŒg/24 h
50-75-100 ÎŒg/24 h
25-37,5-50-75 ÎŒg/24 h
25-37,5-50 ÎŒg/24 h
40-60-80 ÎŒg/24 h
25-50-75 ÎŒg/24 h
17ÎČ-estradiol Gel EstrevaÂź
OestrogelÂź
OestrodoseÂź
DelidoseÂź
0,5 mg/pression
1,5 mg/mesure
0,75 mg/pression
0,5-1 mg
ValĂ©rate d’estradiol Voie orale ProgynovaÂź1-2 mg
Progestérone* Progestérone naturelle micronisée Voie orale
ou
vaginale
UtrogestanÂź
Estima géŸ
ProgestanÂź
100-200 mg
Rétroprogestérone Voie orale DuphastonŸ10 mg
Prégnanes* Acétate de chlomardinone Voie orale LuteranŸ2-5-10 mg
Médrogestone Voie orale ColproneŸ5 mg
Acétate de cyprotérone Voie orale AndrocurŸ50 mg
Norprégnanes* Acétate de nomégestrol Voie orale LuténylŸ3,75-5 mg
Promégestone Voie orale SurgestoneŸ0,125-0,25-0,5 mg
EstrogĂšnes
etprogestĂ©rone
Estradiol micronisĂ© +norĂ©thistĂ©rone Voie orale TrisequensÂźE2 : 22j Ă  2mg/6j 1mg
Pg : 10j à 1mg/6j 0,5mg
KliogestÂźE2 : 28 j Ă  2 mg
Pg : 28 j Ă  10 mg
Estradiol micronisé
+acĂ©tate demĂ©droxyprogestĂ©rone
Voie orale DivinaÂźE2 : 21 j Ă  2 mg
Pg : 10 j Ă  10 mg
Estradiol micronisé
+acĂ©tate de cyprotĂ©rone
Voie orale ClimĂšneÂźE2 : 21 j Ă  2 mg
Pg : 10 j Ă  1 mg
Estradiol micronisé +dysdrogestérone Voie orale ClimastonŸ 2/10
(existe aussi : 1/10 ou 1/5)
E2 : 28 j Ă  2 mg
Pg : 14 j Ă  10 mg
Estradiol + lévonorgestrel Patch Femspet CombiŸ
1patch/semaine
E2 : 28 j Ă  1,5 mg
Pg : 14 j Ă  1,5 mg
* Des génériques existent pour ces progestatifs.
Traitement hormonal delamĂ©nopause : oĂčenest-on en2013 ?
MISE AU POINT
22 | La Lettre du Rhumatologue ‱ No 391 - avril 2013
de ce risque si les estrogÚnes sont utilisés seuls et
par voie transdermique (6). De plus, la publication
rĂ©cente de l’étude danoise DOPS, analysant le suivi
à 16 ans de femmes ostéoporotiques ayant participé
à un essai randomisé comparant estradiol + acétate
de noréthistérone versus placebo pendant 10 ans,
montre des résultats rassurants vis-à-vis du risque
cardiovasculaire lorsque le traitement est utilisé
rapidement aprÚs le début de la ménopause (7). Ces
rĂ©sultats semblent prometteurs mais doivent ĂȘtre
interprétés avec précaution. Par ailleurs, les résul-
tats rĂ©cents de l’essai randomisĂ© KEEPS, prĂ©sentĂ©s
lors du congrĂšs de la North American Menopause
Society en octobre 2012 et analysant l’effet de dif-
fĂ©rents THM sur l’épaisseur intima mĂ©dia, sont en
faveur d’une amĂ©lioration de l’insulinorĂ©sistance
lorsque le THM, utilisé par voie transdermique, est
prescrit rapidement aprÚs le début de la méno-
pause alors que cet effet n’est pas observĂ© avec la
voie orale. Mais aucune modiïŹ cation de l’épaisseur
intima media n’est observĂ©e entre les 3 groupes.
Concernant le processus athéro mateux, les estro-
gÚnes sembleraient avoir un effet délétÚre lorsque
les plaques d’athĂ©rome sont dĂ©jĂ  prĂ©sentes (8), mais
ils pourraient avoir un effet prĂ©ventif de l’appari-
tion des plaques lors de l’utilisation transdermique
des estrogÚnes prescrits à proximité du début de la
ménopause (9).
THM et risque vasculaire veineux
Les données concernant le risque veineux sont plus
claires. Les estrogÚnes administrés par voie orale
augmentent le risque d’évĂ©nements thromboembo-
liques veineux (10). Ce risque est particuliĂšrement
Ă©levĂ© la premiĂšre annĂ©e d’utilisation. Les Ă©tudes
françaises ont analysĂ© l’impact de l’utilisation des
voies extradigestives. Ainsi, l’étude cas-tĂ©moins
ESTHER (11) et l’étude E3N (12) ne montrent pas
d’augmentation du risque thromboembolique
veineux associĂ© Ă  l’utilisation du 17ÎČ-estradiol par
voie transdermique. Les progestatifs associés ont
Ă©galement un impact important : l’association Ă 
un progestatif norprégnane augmenterait le risque
thromboembolique par rapport à l’utilisation de pro-
gestérone micronisée ou de dérivés prégnanes (10).
Ces études épidémiologiques sont observationnelles
et doivent donc ĂȘtre conïŹ rmĂ©es par des Ă©tudes d’un
niveau de preuve plus élevé. Cependant, il existe une
forte plausibilitĂ© biologique vis-Ă -vis de l’impact
diffĂ©rentiel de la voie d’administration de l’estradiol,
rendant ces résultats trÚs pertinents.
THM et risque carcinologique
Le risque relatif de cancer du sein est augmenté chez
les patientes utilisant un THM ; il varie de 1,26 pour
la WHI Ă  1,66 pour l’étude de la Million Women
Study (13). Cependant, ce risque est Ă  moduler en
fonction de la durĂ©e d’administration, de la date
de l’introduction du traitement par rapport au
début de la ménopause et du type de progestatif
associĂ©. Ainsi, l’étude de cohorte française E3N a
montrĂ© que l’estradiol associĂ© Ă  de la progestĂ©rone
naturelle ou micronisée, pour une durée inférieure
à 5 ans, n’induit pas d’augmentation du risque (14).
En revanche, la prise d’estradiol associĂ©e Ă  un pro-
gestatif de synthĂšse augmente ce risque. Le risque
de cancer du sein semble moins important si le
THM est prescrit à distance de la ménopause, et
le surrisque diminue Ă  l’arrĂȘt du traitement (15).
EnïŹ n, l’utilisation d’un schĂ©ma continu est associĂ©
Ă  un risque plus important que si le traitement est
prescrit en séquentiel (16).
Le risque de cancer de l’endomùtre n’est pas
modifié par rapport aux non-utilisatrices si un
progestatif est prescrit en association aux estro-
gùnes pendant au moins 12 jours par mois. C’est
pourquoi il faut adjoindre systématiquement un
progestatif aux estrogĂšnes chez les patientes non
hystérectomisées.
Les données concernant le risque de cancer de
l’ovaire sont moins claires. Le rîle des hormones
dans la physiopathologie de cancer n’est pas dĂ©ïŹ ni.
Cependant, la mĂ©ta-analyse de l’ensemble des
Ă©tudes d’observation montre une augmentation
discrĂšte mais signiïŹ cative du risque de cancer de
l’ovaire d’environ 20 %.
EnïŹ n, de nombreuses Ă©tudes Ă©pidĂ©miologiques, dont
la WHI, ont suggéré une diminution du risque du
cancer du cÎlon, le second cancer le plus fréquent
chez la femme, lors de l’utilisation d’un THM (17).
THM et os
Le THM est un des seuls traitements qui a fait la
preuve de son efïŹ cacitĂ© antifracturaire en dĂ©but
de mĂ©nopause, mĂȘme chez les femmes Ă  faible
risque osseux. En effet, il diminue l’hyper-remo-
delage osseux et préserve la microarchitecture
osseuse. Une méta-analyse de 57 essais cliniques
randomisĂ©s a conïŹ rmĂ© l’efïŹ cacitĂ© des estrogĂšnes,
associés ou non à des progestatifs, sur tous les sites
osseux mesurés (18). Le THM est donc reconnu
comme un traitement efïŹ cace de l’ostĂ©oporose et
MISE AU POINT
Figure. Les diffĂ©rents schĂ©mas d’administration du traitement hormonal de la mĂ©nopause.
Jour du mois J1 J14 J25 J30
Traitement séquentiel discontinu
EstrogĂšne
Progestatif
Saignement
Traitement séquentiel continu
EstrogĂšne
Progestatif
Saignement
Traitement combiné discontinu
EstrogĂšne
Progestatif
Saignement
Traitement combiné continu
EstrogĂšne
Progestatif
Saignement
La Lettre du Rhumatologue ‱ No 391 - avril 2013 | 23
indiqué en premiÚre intention chez les femmes en
début de ménopause présentant des signes clima-
tériques (19).
Les schĂ©mas d’administration
et les grands principes
de prescription
Le but principal du THM Ă©tant d’amĂ©liorer la qualitĂ©
de vie en diminuant les symptÎmes climatériques,
il est généralement recommandé de commencer ce
traitement en début de ménopause, lorsque celle-ci
est conïŹ rmĂ©e. C’est Ă©galement dans cette fenĂȘtre
de prescription que le THM est le plus efïŹ cace sur
la prévention de la déminéralisation osseuse et
qu’il aurait le moins d’impact sur le risque cardio-
vasculaire.
Les traitements et leurs modalités sont à discuter
avec chaque patiente en fonction du terrain, des
antécédents familiaux et des symptÎmes. Il est
primordial de rechercher les contre-indications
par l’interrogatoire et l’examen clinique. De plus,
il faut s’assurer que la patiente a fait une mam-
mographie peu de temps avant l’instauration du
traitement. Le choix se fait en collaboration avec
la patiente, aprÚs explication éclairée du rapport
bénéfices/risques.
Il est recommandé de prescrire le traitement à dose
minimale efïŹ cace, c’est-Ă -dire la dose capable de
soulager les symptÎmes de carence estrogénique.
On associe systématiquement de la progesté-
rone aux estrogĂšnes, sauf en cas d’hystĂ©rectomie,
pendant 12 jours par mois minimum.
Le traitement peut ĂȘtre prescrit par voie orale ou
extradigestive, selon l’ñge et le terrain de la patiente.
Compte tenu du risque cardiovasculaire, les estro-
gÚnes par voie orale sont peu utilisés en France chez
les femmes ménopausées de façon spontanée.
‱ AntĂ©cĂ©dent d’accident thromboembolique veineux*
‱ Thrombophilie connue*
‱ AntĂ©cĂ©dent d’accident thromboembolique artĂ©riel
‱ AntĂ©cĂ©dent de cancer du sein
‱ AntĂ©cĂ©dent de cancer de l’endomĂštre
‱ Atteinte hĂ©patique aiguĂ« ou chronique
‱ Accident vasculaire cĂ©rĂ©bral
‱ HĂ©morragie vaginale non diagnostiquĂ©e
‱ HypersensibilitĂ© connue Ă  l’un des composĂ©s
* à discuter en réunion multidisciplinaire pour la voie transdermique
encas de symptîmes importants.
Encadré. Contre-indications des estrogÚnes.
Plusieurs schĂ©mas d’administration sont pos-
sibles. On peut proposer un schéma séquentiel, au
cours duquel le progestatif est administré de 12 à
14 jours puis interrompu. Les estrogĂšnes peuvent
ĂȘtre prescrits en continu ou avec une interruption
de quelques jours. Ce schéma procure une hémor-
ragie de privation. On peut également proposer un
schéma combiné, sans rÚgles, au cours duquel la
prise d’estrogùne et de progestatif est concomitante,
avec ou sans phase d’arrĂȘt. Les principaux schĂ©mas
utilisĂ©s sont reprĂ©sentĂ©s dans la ïŹ gure.
Enfin, une fois le traitement instauré, un suivi
régulier gynécologique est primordial. La premiÚre
consultation a lieu 3 Ă  6 mois aprĂšs la mise en place
du THM, puis 1 Ă  2 fois par an. Le but est d’apprĂ©-
cier l’efficacitĂ©, l’observance et la tolĂ©rance du
traitement et de poursuivre un suivi gynéco logique
classique avec mammographie et frottis cervico-
vaginal réguliers. Si des symptÎmes climatériques
demeurent, comme des bouffées de chaleur ou
une sécheresse vaginale, il faut augmenter la dose
d’estrogĂšnes jusqu’à obtenir la dose efïŹ cace. Au
contraire, s’il y a des signes de surdosage comme des
masto dynies, la dose d’estrogĂšne doit ĂȘtre diminuĂ©e.
À chaque consultation, le rapport bĂ©nĂ©ïŹ ces/risques
est réévalué. Le traitement est prescrit en général
pour 5 ans, puis un sevrage doit ĂȘtre proposĂ©. S’il
persiste des symptĂŽmes, le traitement peut ĂȘtre
prolongé, toujours en accord avec la patiente, et
aprĂšs réévaluation du rapport bĂ©nĂ©ïŹ ces/risques.
Traitement hormonal delamĂ©nopause : oĂčenest-on en2013 ?
MISE AU POINT
24 | La Lettre du Rhumatologue ‱ No 391 - avril 2013
Conclusion
Le THM est le traitement le plus efïŹ cace pour amĂ©-
liorer la qualité de vie des patientes ménopausées
souffrant de symptÎmes climatériques. De plus, ce
traitement est le plus adapté à la perte osseuse en
début de ménopause. Sa prescription repose sur
l’information des patientes, l’évaluation initiale puis
annuelle du rapport bĂ©nĂ©ïŹ ces/risques et le respect
des contre-indications. Les études actuelles, utili-
sant le THM tel qu’il est prescrit en France, avec des
estrogÚnes par voie transdermique associés à de la
progestérone naturelle ou à son dérivé, sont plutÎt
rassurantes quant au risque vasculaire s’il est prescrit
aprÚs le début de la ménopause et pour des durées
courtes. ■
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Références bibliographiques
AgendaAgenda
31e JournĂ©e de traumatologie du sport de la PitiĂ©-SalpĂȘtriĂšre
Paris (Maison de la chimie), le 9 novembre 2013
L’objectif de cette journĂ©e organisĂ©e par J.Rodineau et S.Besch, de l’Association pour le dĂ©veloppement de la recherche en traumatologie
dusport (ADRETS), est d’effectuer des mises au point sur les tendinopathies calcanĂ©ennes et rotuliennes.
Renseignement et inscription :
Cabinet médical (ADRETS)
206, avenue de Versailles, 75016 Paris.
E-mail : adrets@yahoo.fr
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