le groupe social

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PSYCHOLOGIE SOCIALE
INTRODUCTION ET GENERALITES
I.
PLAN DU COURS ET BIBLIOGRAPHIE
Cette année, nous allons étudier plusieurs thèmes :
 La méthode scientifique.
 La notion de groupes, de coopération.
 Les influences sociales.
 Le leadership : influence d'un individu sur le groupe.
 Le concept de soi.
 L'amour, l'amitié et la solitude.
 Les cognitions sociales.
 Les émotions.
 Le comportement d'aide.
Bibliographie :
"Psychologie sociale" (CERCLE et SOMAT), chez DUNOD.
"Les fondements de la psychologie sociale" (VALLERAND).
Pourquoi la psychologie sociale existe-t-elle ?
St Exupéry : "l'homme est un nœud de relations, les relations sont au centre de notre vie."
II.
DEFINITIONS
1- Allport (le père de la psychologie sociale).
"La psychologie sociale consiste à essayer de comprendre et d'expliquer comment les pensées,
sentiments et comportements des individus sont influencés par la présence imaginaire,
implicite ou explicite des autres."
3 éléments importants de cette définition sont à retenir :
 On identifie clairement l'individu comme une unité d'analyse (sans trop se préoccuper des
groupes et des collectivités) : c'est une approche phénoménologique (perception propre de
la réalité).
 Un comportement social doit être défini dans son sens élargi (pas seulement ce qui est
observé). Il faut aussi prendre en compte les pensées, les sentiments, les émotions, …
 La définition établit explicitement que la présence physique des autres n'est pas
essentielles (influence des parents, même quand ils sont absents.
2- Baron et Byrne.
"La psychologie sociale est le domaine d'études scientifiques qui analysent la façon par
laquelle le comportement, les sentiments ou les pensées d'un individu sont influencées ou
déterminées par le comportement ou les caractéristiques des autres."
2 éléments nouveaux viennent s'ajouter :
 On peut être influencé par les caractéristiques des autres : les caractéristiques visibles
(ethnie, sexe) ou le caractère (généreux, égoïste, …).
 C'est une discipline scientifique.
3- Eléments omis.
Ces définitions omettent deux aspects importants :
 Certains stimuli sociaux (qui ne sont pas des personnes) influencent : certains objets
peuvent rappeler certaines personnes ou événements, des conditions climatiques
particulières peuvent changer le caractère, …
 Les caractéristiques personnelles de l'individu vont influencer la façon dont ils vont réagir
aux autres. Exemple :
- Les traits de personnalités peuvent influencer des comportements
(racisme).
- La motivation extrinsèque : le but est la médaille, gagner.
- La motivation extrinsèque : le but est avant tout de se faire plaisir, de
participer, de jouer.
4- Définition globale de la psychologie sociale.
La psychologie est le domaine d'études scientifiques qui analysent la façon par laquelle nos
pensées, sentiments et comportements sont influencés par la présence imaginaire, implicite ou
explicite des autres, par leurs caractéristiques et par les divers stimuli sociaux qui nous
entourent, et qui de plus examinent comment nos propres composants psychologiques
personnels influent sur notre comportement social.
Vallerand (1994), adapté Allport (1968), Baron et Byrne (1981).
Exemple de sujet : analyser les différents points soulignés par cette définition .
III.
LES CARACTERISTIQUES DE LA PSYCHOLOGIE SOCIALE.
1- Scientifique
C'est l'étude de phénomènes que l'individu peut étudier par lui-même tous les jours.
Schéma pour information :
THEORIE
Observation systématique
( enseignement, pratique, littérature scientifique, …)
Raisonnement déductif
Idée
Formulation d'hypothèse
Raisonnement
inductif
Planning méthodologique
(devis, mesures, participants, …)
Conduite de l'étude, en
laboratoire ou sur le terrain
Analyse des données
Quantitative et/ou qualitative
Diffusion des résultats
Réduction de l'unité d'analyse
(isolement de l'unité)
Caractéristiques de la méthode scientifique :
 Rationnelle et logique.
 Vérifiable (empiriquement).
 Falsifiable (peut être infirmée).
 Provisoire (peut être remplacée ou remaniée).
 Rigoureusement éprouvée (empiriquement).
 Applicable.
2- Emphase sur les déterminants sociaux du comportement (les causes).
Le but est de prédire le comportement, d'appliquer des théories.
3- Le cadre intégratif modéré.
Explication intégrative
Exemple : un club subit des contre(macroscopique)
performances, après avoir été mythique.
Théologie
Dieu nous a abandonné
Sciences politiques
Sociologie
C'est du à la pression médiatique, au fait que
le club était mythique.
Psychologie sociale Il y a des conflits interpersonnels entre les
joueurs, ou entre les joueurs et l'entraîneur.
Psychologie
Les joueurs profitent-ils des entraînements ?
Biologie
Y a-t-il des blessés ?
Chimie
C'est du à une mauvaise alimentation.
Explication réductionniste




(microscopique)
4- Le cadre d'analyse varié (plusieurs niveaux).
Le processus intrapsychique (la dissonance cognitive, la motivation, …).
Le processus interpersonnel (l'amour, la solitude, la coopération, …).
Interactions entre l'individu et le groupe (conformité, facilitation sociale, …).
Relations intergroupes (compétition, coopération, …).
Comparaison entre psychologie sociale et sociologie :
Psychologie sociale
Sociologie
L'individu : agent causal, sujet même de Les institutions sociales :
Unités
l'action, principal acteur de sa réalité.
structures,
fonctionnement,
d'analyse
oppositions.
Processus intra et interpersonnels qui rendent Mouvements
institutionnels
Bases de
compte de la réalité phénoménologique de (organisationnels). Exemple :
l'explication
l'individu (motivation, …).
évolution des mœurs.
Prédicative : expérimentale (laboratoire) et Descriptive : principalement
Méthodes corrélationnelle (questionnaire en "milieu corrélationnelle (uniquement par
naturel").
questionnaire).
LE GROUPE SOCIAL
Les individus le composant partagent un but commun, un même objectif. Exemple : les
passagers d'un avion ne composent pas un groupe social, par contre, si cet avion est détourné,
alors les passagers auront un but commun (la survie, s'en sortir, …). Des liens vont se faire,
plus intimes. On aura également l'apparition d'un leadership.
Il y a des phénomènes qui ne se déroulent que dans des groupes ("proprement groupaux"). La
perception du groupe est importante, mais pas en elle-même : juste pour chacun des individus.
IV.
DEFINITION
"Le groupe est une collection restreinte d'individus en situation de face à face qui interagissent
(régulièrement) pour réaliser une tâche ou s'adonner à des activités qui visent la satisfaction
de buts et de besoins communs."
(adapté de HOGG, 1987).
Points importants de la définition :
- Collection "restreinte".
- "interaction entre les individus".
- Le partage de buts et d'objectifs : obligatoire à la construction d'un groupe.
V.
CARACTERISTIQUES D'UN GROUPE SOCIAL COHESIF.
 Interactions sociales directes (et régulières).
 Existence de structures (rôles, normes, statuts) qui stabilisent les interactions.
Cela conduit au partage des intérêts, des apports que chacun amène.
 Sentiment d'identité groupale (le "nous" oppose au "eux").
 Partage d'objectifs et d'un sort commun.
 Interdépendance entre les membres (complémentarité des apports individuels).
 Existence de processus (leadership, influences mutuelles, coordination) qui dynamisent les
changements.
VI.
STRUCTURE D'UN GROUPE SOCIAL.
Cette structure permet la stabilisation et assure la pérennité d'un groupe : en dépit d'arrivée ou
de départs, le groupe va perdurer.
 Le Rôle : c'est un ensemble de comportements attendus et jugés appropriés pour un
individu occupant une certaine position dans un groupe. C'est la contribution de chacun
des membres d'un groupe, en mesure des compétences. Les autres membres du groupe ont
certaines attentes. Chacun a un rôle différent, celui du leader étant plus important.
 Les normes : ce sont les règles habituellement explicites qui suggèrent aux du groupe les
comportements appropriés ou inappropriés dans diverses situations. Exemples :
productivité d'un joueur ou d'une équipe, face à la compétitivité (norme explicite) ; durant
les play-off, les joueurs de hockey ne se rasent pas (norme implicite).

Le statut : ce sont les différences relativement stables de prestige, de domination ou de
maîtrise entre les membres d'un groupe. C'est une variable modératrice des deux autres
structures : le rôle et la norme va dépendre du statut de l'individu. le statut le plus haut est
détenu par le leader. Les gens de faible statut doivent obligatoirement se fonder aux
normes du groupe. Exemples : un défenseur "nouveau" qui se porte à l'attaque sera rejeté ;
Wayne Gretzky (meilleur hockeyeur de tous les temps) pourra se raser pendant les playoff, sans qu'on lui en tienne rigueur, mais ne pourra pas déroger à des normes plus
importantes (agresser un arbitre, …).
VII. LES DIFFERENTS TYPES DE GROUPE.
Restreint
Catégorie sociale

Groupe restreint (voir la définition)
Tranche beaucoup plus large.
Formel
Informel

Groupe spécifiquement constitué dans le but
Groupe qui se développe lui-même,
d'atteindre un objectif précis
décision venant d'eux-mêmes
Primaire
Secondaire

Interaction régulière (cercle d'amis proches)
Contacts sporadiques, occasionnels
Appartenance
Référence

Groupe auquel on appartient (pas forcément
Le groupe choisi est le groupe de
choisi : la famille)
référence. On peut ne pas y appartenir.
Exemple.
Une étude (1947) a été faite sur un groupe de jeunes filles, alors dans leur famille : 60%
avaient des valeurs conservatrices (pas de sexe avant le mariage). Les mêmes jeunes filles,
après leur première année à l'université (internat) : un petit peu plus de 60% avaient encore
des valeurs conservatrices.
Mais, après la deuxième année, il n'en restait que 45% , et seulement 20% en 3ème et 4ème
année. On a donc une diminution des valeurs de droite, et une adoption de valeurs plus
libérales. Ceci a été permis grâce à un changement de group d'appartenance et de référence.
Sujets potentiels :
 La psychologie sociale analyse les aspects sociaux des phénomènes sportifs en adoptant
un "cadre intégratif modéré". Commentez cette affirmation en opposant la psychologie
sociale à des disciplines qui utilisent des cadres d'analyse différents.
 Expliquez quels sont les aspects d'un groupe social "cohésif" (en illustrant vos propos
d'exemples reliés au domaine du sport).
LE LEADERSHIP
Sujet potentiel :
Selon FIEDLER (1963), pourquoi est-il plus approprié d'avoir un style de leadership
d'initiation de structure lorsqu'une situation est nettement désavantageuse pour le leader ?
Le leadership est primordial.
VIII. APPROCHES THEORIQUES RELATIVES A LA CONSTITUTION DE GROUPES.
5- Fonctionnaliste
" Je me joins aux gens qui me sont utiles", c'est un besoin.
Exemple de la théorie de la comparaison sociale : l'attente (selon SCHACHTER, en 1959).
On propose à des étudiants de participer à une expérience de psychologie. Lorsque leur tour
arrive, on leur demande d'attendre, car le précédent n'a pas encore terminé. Dans un premier
cas, l'accueil est chaleureux, et tout à fait "normal", alors que dans la seconde situation,
l'étudiant est accueilli dans une sorte de laboratoire, par une personne vêtue d'une blouse, ….
Le premier cas est porteur d'une faible anxiété, alors que le second est porteur d'une forte
anxiété. On propose, dans chaque cas, d'attendre seul, ou en groupe :
Faible anxiété
Forte anxiété
Attendre seul
67%
37%
Attendre en groupe
33%
63%
Les étudiants avaient, dans le second cas, plus besoin de réduire leur anxiété, en se confiant
ou en se mesurant à d'autres : le but est de diminuer l'anxiété.
On propose ensuite aux étudiants qui ont choisi de patienter en groupe d'attendre avec des
personnes qui participent à la même expérience, puis, dans un autre cas, d'attendre avec des
personnes qui participent à une autre expérience :
Attendre avec des personnes de la même expérience
Attendre avec des personnes d'une autre expérience
60%
0%
Il est donc seulement pertinent de se comparer avec ceux qui participent à la même
expérience, pour réduire son anxiété.
6- Cohésion sociale
"Je me joins aux gens que j'aime".
on réalise une expérience dans laquelle des petits groupes de personnes sont faits. Dans
chaque cas, il y a un complice, qui aura différentes attitudes, selon les groupes : non fumeur,
fumeur courtois et fumeur discourtois.
Un complice est quelqu'un qui est entraîné, pour se conduire de telle ou telle manière, mais les
participants ne sont pas au courant que c'est un complice. On mesure ensuite dans chaque cas
l'attirance qu'ont les autres membres du groupe envers le complice :
On remarque qu'on peut facilement s'identifier à une affirmation franche (ici, le fumeur
discourtois).
Attraction envers le
complice
20
18
16
14
12
Non fumeur
Fumeur courtois
Fumeur discourtois
Comportement du complice
7- Identité sociale (approche plus cognitive)
Exemple : chez les bénévoles, on a les trois types d'approche :
 Les jeunes adultes veulent gagner une certaine expérience, afin de trouver plus facilement
un emploi (tâche utilitaire).
 Chez les 50 ans et plus, le but est de partager des bons moments avec des amis. Les gens
que j'aime en font partie : j'y participe (cohésion sociale).
 Si je suis parent, et que mon fils a été kidnappé, je vais me regrouper avec d'autres
personnes, dans la même situation que moi  identité sociale.
Le leadership est le statut le plus important : il a des rôles fondamentaux, qui permettent la
cohésion interpersonnelle des membres du groupe. Le leader doit s'assurer que chacun amène
des compétence, pour atteindre les objectifs du groupe. Son but est la satisfaction des
membres, qui vont ainsi demeurer dans ce groupe.
IX.
DEFINITION DU LEADERSHIP
"Le leadership est un processus qui consiste à utiliser une influence non coercitive pour
guider et coordonner les activités des membres d'un groupe organisé en vue de
l'accomplissement des objectifs de ce groupe ; le leadership correspond également à
l'ensemble des qualités et des caractéristiques attribuées à ceux qui exercent avec succès cette
influence". Adapté de JAGO, 1994.
WEINBERG émet certaines propositions au sujet des comportements que devrait adopter le
leader :
 Un leader efficace doit prodiguer un soutien social au niveau du groupe.
 Il doit favoriser la convivialité et la proximité entre les membres du groupe.
 Favoriser la communication entre les membres d'un groupe.
 Favoriser le sentiment d'appartenance au groupe (chacun a un rôle essentiel, pour atteindre
le but).
8- Trois aspects importants
 C'est un agent dynamisant, qui doit s'adapter aux circonstances (toujours en mouvement,
en transformation).
 C'est une structure, le squelette du groupe, ce qui permet au groupe de perdurer dans le
temps.
 Il a une influence coercitive (diplomate, rôle de guide). Il sert d'intermédiaire et rappelle
les objectifs à atteindre.
9- Approches théoriques relatives à l'étude du leadership
La consistance
Des caractéristiques stables de l'individu (traits, dispositions) font que certains seront plus
aptes à être leader que d'autres. ainsi, celui qui possède les bonnes caractéristiques sera plus
enclin à exercer des fonctions de leader, peu importe la situation.
Un trait de personnalité est une caractéristique très stable de l'individu (ex : intelligence,
affirmation de soi, empathie, communication, flexibilité, ambition, confiance en soi,
optimisme, aisance sociale). L'empathie est la capacité de se mettre dans la peau des autres, en
s'imaginant dans la même situation.
La corrélation est un indice statistique qui donne un rapport entre deux variables.
La consistance se base sur la corrélation, qui ne permet absolument pas d'amener une
conclusion.
Exemple : plus on a confiance en soi-même, plus je serai un bon leader. Mais on ne peut pas
affirmer la causalité. On pourrait dire le contraire (un meilleur leadership entraînerait une
meilleure confiance en soi). On ne tient pas non plus compte des situations.
La contingence
Les demandes propres à chaque situation rendent certaines caractéristiques individuelles plus
appropriées que d'autres. Y a-t-il compatibilité (l'interaction) entre les qualités du leader et les
demandes de la situation ?
Si les deux sont compatibles, il y aura renforcement du leadership.
L'approche la contingence : il y a deux types de leadership :
 Le leadership de considération : le leader met l'accent sur la qualité des relations
interpersonnelles. Ce qui importe pour le leader : que tout le monde s'entende. sa priorité
est qu'il n'y ait pas de conflit (respect mutuel). C'est une fonction d'harmonisation.

Le leadership d'initiation de structure : on met l'accent sur l'organisation du travail, sur le
travail à accomplir, sur la performance à atteindre. Le leader insiste sur la planification de
la tâche, l'attribution des rôles. Il aune fonction d'organisation.
Selon les cas, ce sera plutôt l'un ou plutôt l'autre qui sera approprié.
ARGYLE a testé la compatibilité d'interaction entre le type de situation proposé et le type de
leadership à faire.
La congruence entre les types de leadership et les demandes situationnelles réelles dans le
sport
COMPETENCE
PERSISTANCE
Compétitif
CONSIDERATION
Récréatif
+
+
Compétitif
+
+
STRUCTURE
Récréatif
Pour un même sport, fait dans un contexte compétitif ou récréatif, les individus vont montrer
des formes psychologiques différentes.
 Dans un contexte récréatif, le principal est la qualité des relations interpersonnelles.
 Dans un compétitif, la compatibilité se fait avec le leadership d'initiation de structure.
La congruence entre leadership et demandes situationnelles (ARGYLE, 1972)
COMPETENCE
PERSISTANCE
Manuelle
CONSIDERATION
Relationnelle
+
+
Manuelle
+
+
STRUCTURE
Relationnelle
Etude dans le domaine du travail : le travail manuel, ou le travail plus basé sur les relations.
10- Les types de leadership et caractère favorable ou défavorable des situations
Les études de FIEDLER, en 1964 :
TYPE
STRUCTURE
Situation défavorable
TYPE
CONSIDERATION
TYPE
STRUCTURE
Situation favorable
Ce qui va rendre un type de leader pertinent, c'est la favorabilité de la situation. Il y a trois
critères :
 L'autorité du leader est-elle perçue comme étant légitime ou pas, ou au contraire y a-t-il
rébellion ? lorsque la situation est défavorable, les membres du groupe ont plus
l'impression d'avoir un leader illégitime.
 Y a-t-il harmonie ou pas entre les membres du groupe ?
 Est-ce que l'organisation du travail est claire ? est-il bien organisé ? les rôles doivent être
complémentaires et bien définis.
Pourquoi, dans une situation défavorable, tel ou tel type de leader est-il plus approprié ? y a-til compatibilité ?
Exemple :
 Avec des délinquants, l'autorité est toujours illégitime. De plus, il y avait mésentente ente
les membres du groupe. L'organisation du travail était très faible. Cela entraîne une
situation défavorable au leader. La survie du groupe dépend de buts minimaux, mais
existants (faire une vraie séance d'entraînement, remporter une victoire). Le but atteint
encourage les membres du groupe, renforce les liens entre les membres, et renforce
également le leadership. On assiste à une progression des buts, avec des objectifs en
hausse (augmentation de la motivation, …).
 Situation nettement favorable (ex : coupe du monde) : l'entraîneur ne peut qu'être trouvé
légitime, vu qu'il permet d'atteindre les objectifs. Les défenseurs font leur boulot, les
attaquants aussi : l'initiation de structure est plus appropriée. En effet, il faut se méfier de
la facilité. Il ne faut pas se reposer sur ses lauriers : il faut éviter le relâchement. Seule la

persistance de l'effort permet de rester au même niveau, et de progresser. Il faut donc que
le leader insiste sur les objectifs à atteindre.
Pour les situations intermédiaires, le leader doit au contraire s'appuyer sur un leadership
de considération. Le but est de renforcer les relations interpersonnelles, qui sont le plus
souvent problématiques.
11- Modèle multi-dimentionnel du leadership, en contexte sportif
D'après CHELLADURAI, en 1978 :
ANTECEDENTS
COMPORTEMENTS
DU LEADER
CONSEQUENCES
Caractéristiques
Comportement requis
de la situation
(conseils, réprimandes, stratégie)
Caractéristiques
Comportement effectif
du leader
(structure)
Caractéristiques
des membres
Satisfaction et
performances
Comportement attendu
(suivi, entraînement)
C'est un modèle en trois temps : c'est l'étude des causes et des conséquences du comportement
du leader :
 Les caractéristiques des membres est un facteur de la situation. Motivation extrinsèque :
l'individu ne fait pas l'activité pour l'activité, mais il est motivé par le résultat (médaille,
podium, …). Au contraire, on aura une motivation intrinsèque si on fait l'activité pour
elle-même (plaisir de pratiquer).
 Les caractéristiques environnementales, de la situation (ex : en compétition). Ce sont des
demandes de la situation, qui vont faire varier les attentes du leader.
 Les caractéristiques du leader (comportement requis et comportement attendu) : il doit
faire varier ses directives en fonction de l'évolution de la situation.
 Les caractéristiques réelles du leader : il doit organiser le travail, et s'occuper des relations
interpersonnelles.
Si tout est compatible : on aura satisfaction et performance du groupe.
X.
CONCLUSIONS GENERALES
 Plus les athlètes progressent sur le plan athlétique, plus le leader d'initiation de structure
est approprié.
 Les femmes préfèrent en général un leader de considération, alors que les hommes
préfèrent une initiation de structure.
 Les athlètes qui pratiquent un sport d'équipe préfèrent l'initiation de structure, alors qu'en
règle générale ceux qui pratiquent un sport individuel préfèrent un leadership de
considération.
 Les athlètes orientaux préfèrent un type de leadership d'initiation de structure, alors que
les occidentaux préfèrent un leader de considération.
INFLUENCE DU GROUPE SUR UN INDIVIDU
XI.
LA FACILITATION SOCIALE
12- Etude de TRIPLETT (1897)
C'est la première étude de psychologie sociale sur le sport.
Etude 1 : les courses cyclistes.
Contre la montre
Avec un meneur
Contre un adversaire
2min 30s
1min 56s
1min 50s
Le coureur a une meilleure performance lorsqu'il courre en groupe : c'est la facilitation
sociale. Cependant, la performance n'est pas toujours augmentée, en groupe.
Etude 2 :
On demande à des enfants de rembobiner une ligne de pêche. Seul, ils mettent environ 39s,
alors qu'en présence d'un autre, ils mettent 37s.
13- Activation liée à la simple présence des autres (Hypothèse A, ZAJONC, 1965)
Simple présence des autres
Etat d'activation
Emission de réponses dominantes
Tâche simple
Tâche complexe
Performance améliorée
Moindre performance
L'élément clé est la nature de la tâche à accomplir.
 La complexité de la tâche va faire que la présence des autres va être facilitant ou
établissant un obstacle. L'état d'activation (état d'alerte) amène le sujet à émettre des
réponses dominantes (façons de faire habituelles). Il engendre une tendance à émettre des
réponses dominantes (des comportements qu'il maîtrise).
 Ces comportements sont appropriés quand la tâche est simple (performance améliorée).
Les réponses sont appropriées, pertinentes.
 Quand la tâche est complexe, les réponses ne sont pas adaptées, appropriées : la
performance est moins bonne.
Exemple : deux cyclistes (un débutant et un expert) se retrouve en haut d'une descente, et
doivent négocier la pente, qui est suivie d'une courbe accentuée. dEs spectateurs sont présents,
sur le bord de la route.
 Le débutant est plus "alerté", on a un état d'activation plus important. Il freinera trop, de
peur de tomber : c'est sa manière habituelle de réagir. C'est pour lui une tâche nouvelle,
donc complexe. Le sur-freinage n'est pas approprié, la performance sera donc diminuée.
 L'expert va faire un freinage contrôlé. Pour lui, c'est une tâche simple, qu'il connaît bien.
14- Facilitation sociale (Hypothèse B : COTRELL, 1968)
Il a étudié l'appréhension liée à l'évaluation par les autres.
C'est l'appréhension de l'évaluation par les autres.
15- Facilitation sociale : test comparatif des hypothèses A et B. SCHMIDT, 1986
Qualité de la
performance
Tâche simple
Tâche complexe
Observateur
aveugle
Seul
Observateur
expérimenté
Intensité du bruit par
personne : importance
des efforts fournis
La tâche simple a sa performance augmentée quand on est en groupe. Observateur aveugle :
l'observateur a les yeux bandés (diminution significative de l'observation), il ne peut donc pas
évaluer, et fait seulement acte de présence. Bien qu'il soit aveugle, on observe que pour une
tâche simple, la performance est augmentée par rapport à une tâche complexe. La simple
présence des autres suffit donc à influencer la performance.
XII. LA PARESSE SOCIALE
Lorsqu'on fait une activité en groupe, l'individu a tendance à faire moins d'effort : il y a une
baisse de la motivation.
16- Résultats empiriques illustrant le phénomène de paresse sociale : RINGELMAN
Applaudissements
Encouragements
Adapté de
Latané, 1979
1
2
4
6
Taille du groupe
Présence des autres
Appréhension
Pas d'appréhension
Emission de réponses
dominantes
Aucun effet
Tâche simple
Tâche complexe
Performance
améliorée
Moindre
performance
Plus on agrandit la taille du groupe, moins on applaudit fort, et moins on encourage.
Autre exemple : au tire à la corde, plus il y a de participants, moins chaque individu fait
d'efforts.
Paresse sociale et course de relais :
Paresse sociale
Types de tâches :
Coureur le plus lent en fin
Coureur le plus lent au début
Lent


Rapide
Lorsque le coureur le plus lent par en premier, il s'agit d'une situation disjonctive : c'est
une tâche où l'incompétence de l'individu le moins bon (manque d'effort) peut être
compensée par un meilleur que lui. Le coureur lent sait qu'il peut se permettre de faire de
la paresse sociale ("les autres pourront rattraper"). Les rapides savent qu'ils peuvent moins
se permettre de faire de la paresse sociale (ils doivent remonter les concurrents).
Lorsque le coureur le plus lent part en dernier, il s'agit d'une situation conjonctive : la
performance du moins bon équipier a un impact sur l'équipe. elle n'est pas compensable
par les autres. Le lent doit se "défoncer", car il sait qu'il n'y a personne pour rattraper son
retard. Les rapides ont tendance à croire que c'est foutu (tout effort sera anéanti par la
performance du dernier).
Sujet potentiel : Décrivez l'évolution théorique et empirique du phénomène de facilitation
sociale (en l'accompagnant d'exemples).
17- Les mécanismes de la paresse sociale
 La diffusion de responsabilité : on rejette la responsabilité à une action sur une tierce
personne, car on sait qu'il y a d'autres personnes concernées. C'est le principe de
l'économie de l'effort (plus ou moins conscient).
 La désindividuation : l'individu en vient à placer son attention sur l'environnement
externe. Il est donc moins conscient de ce qui se passe à l'intérieur de lui-même. Il est
moins conscient des efforts qu'il investit (phénomène inconscient).
 La distribution inéquitable de l'effort : l'individu regarde ce qui se passe dans le match. S'il
remarque que les autres font moins d'efforts que lui, il va se demander pourquoi il devrait
se forcer. Il analyse le coût / bénéfice de la situation. (phénomène conscient).
WEINBERG est un chercheur qui a travaillé sur les application de ces théories, pour enrayer
et diminuer la paresse sociale, et a proposé deux solutions :
 Augmenter le sentiment de fierté collective, pour que le groupe atteigne ses objectifs.
 Assurer un suivi de la performance de chacun. Apporter un feedback régulier, un suivi, à
chaque individu, positif comme négatif.
XIII. INFLUENCE DE LA PERFORMANCE SPORTIVE SUR LE VECU DES
SPECTATEURS
De nombreux spectateurs ont toujours assistés aux différents événements sportifs. Les
anthropologues nous disent que le sport s'apparente parfois à des rites religieux. Exemple des
chasseurs qui ramenaient du gibier à la tribu : ils étaient adulés (aujourd'hui, les athlètes de
haut-niveau retrouvent parfois cette situation).
Les sociologues disent que le sport est organisé en clubs grâce à la révolution industrielles
(production de masse), et que le sport constitue pour les ouvriers une façon de rêver,
d'échapper à leur réalité.
Qu'est-ce qui est associé à l'idée de compétition ?.
 La finalité incertaine du dénouement.

Les supporters "réels" vont s'investir (financièrement et au niveau du temps), en dépit du
résultat de leur équipe.
Qu'est-ce qui fait qu'on est supporter d'une équipe plutôt que d'une autre ?
 Certaines circonstances géographiques
 Les similarités avec les athlètes (leur langue, leur couleur, …).
18- Le modèle de la gloire par procuration.
D'après CIALDINI :
Identification
 le "NOUS"
Victoire
Par procuration, la
victoire devient
personnelle
Conséquences
psychologiques
positives
Les études de CIALDINI :
 En 1976. Aux USA, les universités se basent beaucoup sur le sport. Il observe, le lundi, le
nombre d'étudiants qui affichent l'insigne ou les couleurs de leur équipe. Il y a des weekend de victoires, et des week-end de défaites. Son hypothèse est que la proportion serait
plus forte après une victoire qu'après une défaite  l'hypothèse est vérifiée.
 Toujours auprès d'étudiants américains. Il fait deux expériences :
- On contacte des étudiants par téléphone, et on les interroge sur les
connaissances qu'ils ont de leur université. On leur dit qu'ils ont eu 80% de
bonnes réponses (quelque soit leur résultat).
- Même sondage que le précédent, mais on leur dit qu'ils n'ont obtenu que
20% de bonnes réponses.
Suite au sondage, on leur demande de décrire ce qu'ils pensent de leur équipe
universitaire. On calcule la fréquence d'utilisation du "nous" dans la description.
Dans le cas où les étudiants sont mis en situation d'échec, l'utilisation du "nous" est
beaucoup plus importante que dans le cas où les étudiants sont en situation de succès.
Détresse
Emotions
intermédiaires
Euphorie
Prédispositions envers le vainqueur
+
mitigé
-
Ceux qui viennent de connaître un échec doivent "réparer" les dégâts, en s'identifiant à
l'équipe universitaire.
Critiques sur le modèle de CIALDINI :
 Le dénouement d'un match est incertain : il y a des victoires et des défaites. Il ne tient
compte que des victoires.
 L'implication des spectateurs peut être minimale (le simple fait d'apprendre que son
équipe a gagné suffit pour enclencher ce mécanisme).
19- Modèle sur les prédispositions des supporters (ZILLMANN, 1989)
a. Les réactions affectives
Prédispositions envers le vainqueur
mitigé
+
Les prédispositions s'apparentent beaucoup à la notion d'identification de CIALDINI : mais
on rajoute le jugement, favorable ou défavorable, pour le vainqueur conne pour le perdant.
Cette méthode permet de considérer les victoires comme les défaites, pour toutes les équipes
(pour celles qu'on aime comme pour les autres).
b. Réactions manifestes
Niveau d'appréciation
Echec (défaite)
Succès (victoire)
Positive
Négative
Prédisposition envers l'équipe
Niveau d'appréciation
Le niveau d'appréciation va différer selon nos prédispositions.;
c. Appréciation des différents aspects de la performance sportive
Prise de risque
Efficacité
Jeux de routine
Equipe favorite (prédisposition positive)
Equipe adverse (prédisposition négative)
d. Appréciation du niveau d'agressivité dans le sport en fonction du sexe
Le niveau d'appréciation est différent selon le sexe des supporters et du sportif.
XIV. INFLUENCE DU COMPORTEMENT DES SPECTATEURS SUR LA
PERFORMANCE SPORTIVE
Est-ce qu'une même équipe va être avantagée de jouer à domicile ?
Théorie de l'influence sociale :
 Jouer à domicile (devant des spectateurs : facilitation sociale).
 On veut présenter une apparence positive de soi (théorie de la présentation de soi).
BOND : l'athlète qui joue à domicile a un souci plus élevé de sa présentation (c'est un battant).
Il y a trois considération qui renforcent le fait que jouer à domicile est plus facile :
 Dans les espaces intérieurs, il y a plus d'ambiance, c'est plus convivial, …
 Dans les sports où il y a moins d'arrêt de jeux, l'implication émotionnelle est plus intense.
 Aspects offensifs (et défensifs) : les attaquants sont plus influencés que les défenseurs.
3 applications de jouer à domicile :
 Le terrain est plus familier.
 Dominance territoriale : protéger son territoire.
 Soutien social : la foule est plus conciliante à domicile.
Modèle "guide" de COURNEYA et CARON (1992) sur la recherche reliée au phénomène
du lieu de la compétition :
Lieu de compétition
(domicile, extérieur)
Facteurs liés au lieu de compétition
(foule, familiarité, voyage,
Performance primaire : nombre de passes réussies, nombre de plaquages, de tacles, …
Performance secondaire : score, nombre de buts marqués, de pénalités, …
Performance tertiaire : victoire / défaite.
XV. NOTION DE CONFORMISME
Le conformiste est souvent vu comme quelqu'un qui manque de personnalité. Mais, dans
certains contextes (sport organisé), il est important de se conformer à certaines règles : celles
de l'équipe.
20- Définition du conformisme
C'est un processus de modification du comportement d'un individu (manifeste ou non) pour le
mettre en harmonie avec le comportement d'une majorité constituée par un groupe. Il y a
conformisme lorsqu'un individu accepte les prescriptions comportementales du groupe (i.e.,
normes dominantes)
Adapté de CERCLE et SOMAT, 1999
Aspects importants de la définition :
 L'individu modifie son comportement pour l'harmoniser au groupe.
 Ce n'est pas toujours un comportement observable.
Il faut accepter certaines normes : le groupe peut perdurer, ou éclater. Il faut qu'il y ait
cohésion sociale.
21- Le conformisme selon SHERIF et ASCH
 Le paradigme de SHERIF est basé sur la tâche autocinétique. Le conformisme passe par
l'influence de l'information qui conduit à un type de conformisme stable et durable :
l'interralisation.
 La paradigme de ASCH est basé sur les réponses aberrantes. L'influence des normes qui
amènent sur l'acquiescement.
a. SHERIF
La notion d'influence sociale:
Processus d'influence qui sont relatifs aux modifications qui entraînent les jugements,
opinions et attitudes d'un individu le fait de prendre connaissance ou conscience (par
l'entremise d'échanges et d'interactions sociales) des opinions et des attitudes d'autres
personnes sur le même sujet.
Adapté de DE MONTMOLLIN, 1997
C'est une forme d'influence beaucoup plus consciente : comparaison sociale consciente. On
cherche à influencer l'autre.
Paradigme expérimental de SHERIF (effet autocinétique) : l'individu est placé dans une pièce
obscure, et un point lumineux est projeté contre un mur. On demande au sujet d'évaluer le
déplacement du point, qui reste totalement fixe : illusion d'optique.
Il y a deux conditions qui impliquent la même tâche :
 Les sujets font la tâche seuls.
 Les sujets font la tâche par groupe de trois.
Résultats :
 Dans la 1ère condition, il y a une très large variabilité dans les réponses (de 1 à 30cm).
 Dans la 2ème condition, on a une uniformité des réponses (5 à 8cm).
La tâche ambiguë est nulle : le sujet fait l'expérience pour la première fois. Les réponses des
deux autres personnes servent de comparaison sociale. Dans une situation ambiguë et
inconnue, on cherche à se renseigner : les seuls renseignements sont ceux apportés par les
deux autres personnes qui se trouvent avec l'individu. on a donc des réponses plus uniformes,
car on module ses réponses.
Influence sociale :
 Si l'individu croit que les autres ont des informations pertinentes.
 Il faut se sentir peu sûrs de soi, peu compétent par rapport à la tâche à effectuer.
Ce paradigme conduit à un type de conformisme : incorporation de la norme à nos croyances
personnelles (intériorisation de cette norme).
Influence informationnelle (GROSS, 1992) :
Besoin de
certitude
Besoin d'infos
pour réduire
l'incertitude
Incertitude
subjective
Comparaison
sociale
Acceptation privée
ou publique
Internalisation
b. ASCH : c'est l'antithèse de SHERIF (le paradigme des réponses
aberrantes)
Stimuli utilisés pour l'expérience de ASCH (1975) : quelle ligne parmi celles de droites
ressemblent le plus à celle de gauche ?
Standard
A
B
C
C'est une situation non ambiguë. Le but est d'arriver à ce que des individus censés en arrive à
se conformer à tel point que les sujets donnent des réponses erronées, alors qu'ils savent bien
que c'est la mauvaises réponse.
C : complice. Les sujets (S) ignorent que c'est (ou que ce sont) un (ou des) complice(s).
BR : bonne réponse ; MR : mauvaise réponse.
CBR
CBR
CBR
CMR
CBR
CBR
CBR
CBR
CBR
CBR
CBR
CBR
CBR
CBR
CMR
CMR
CBR
CMR
CMR
CMR




SBR
SBR
SMR
SMR
On a donc bâti une pression sociale qui amène l'individu à contresens de ce qu'il est logique
de faire.
Taux de conformisme
(% de réponses erronées)
1
2
3
4
5
Influence
NON
OUI
OUI
OUI
OUI
1 : Tous les complices donnent la bonne réponse.
2 : les réponses sont données verbalement.
3 : allié compétent (complice qui connaît le sujet).
4 : allié incompétent (complice qui connaît le sujet, mais qui porte des lunettes déformantes..
5 : les réponses sont données par écrit.
On se conforme par crainte du rejet social, inspiré par une "norme imposée".
Deux conditions nécessaires :
 Pour qu'il y ait conformisme, il faut que le groupe présente un certain intérêt pour
l'individu considéré.
 Il faut que l'individu ressente un fort besoin d'approbation. Si acquiescement ou
complaisance : se conformer, accepter publiquement la notion imposée.
Influence normative (des normes). GROSS ; 1992.
Besoin d'acceptation et
d'approbation d'autrui.
Pouvoir d'autrui à
récompenser ou à punir.
Conflit entre son opinion et
celle des autres.
Complaisance
Désaccord privé
Acceptation publique
Taux de
conformisme
Effet de la majorité :
Taille de la majorité
22- Deux stratégies de persuasion
a. La stratégie du pied de la porte
Exemple : quand on regarde la télé et que le téléphone sonne, pour un sondage téléphonique
(5 min et 5 questions). La demande est anodine, donc acceptée, puis suivie d'une demande
beaucoup plus importante (comme un sondage écrit d'une heure). La technique fonctionne.
Question préalable : stratégie du pied dans la porte.
Taux de
conformisme
Sans sondage préalable.
Avec sondage préalable.
Taux d'acceptation
Produits domestiques
(petit sondage)
Taux de
conformisme
Sondage + demande d'installer un panneau de
pub.
Demande seule d'installer un panneau de pub.
Taux d'acceptation
Panneau de publicité.
b. Stratégie de la porte au visage
Exemple : après une demande très exagérée, il y a un refus. Mais la réduction subite de la
demande, qui devient beaucoup plus raisonnable, va permettre d'être accepté, alors qu'elle
n'aurait peut-être pas toujours été acceptée si elle avait été posée seule.
CIALDINI : stratégie d'acquiescement de la porte au visage (1975) :
Taux de
conformisme
Sans demande préalable.
Avec demande préalable.
Demande de bénévolat
exagérée, puis demande
raisonnable.
Deux explications sont possibles :
 Le contraste perceptif : la demande raisonnable paraît vraiment minime.
 La concession réciproque : le demandant donne l'impression de faire une concession.
23- Le phénomène d'obéissance de MILGRAM
C'est le conformisme d'acquiescement sous sa forme extrême. On se conforme publiquement,
mais intérieurement, on reste sur ses positions. C'est une forme extrême d'influence sociale.
L'individu en vient à se conformer malgré des convictions personnelles importantes. On va
obéir à une personne qui fait figure d'autorité, qui dispose d'un certain pouvoir (de
récompenser ou de punir).
On a en général l'habitude de se conformer aux figures d'autorité (parents, profs …). Dans ce
processus de socialisation, on acquiert un certain respect de la hiérarchisation. Les anticonformistes seront bien vus, pour leur courage, leur entêtement qui peut paraître "positif".
a. Etude de BUSHMAN (de 1965 à 1975)
Il a fait beaucoup d'études en milieu naturel.
Exemple : en face d'un horodateur, une personne manque de monnaie. Le sujet se trouve à
côté d'elle, quand un complice, mal habillé (SDF), arrive et fait la suggestion au sujet d'aider
la première personne. Dans ce cas : 0% des personnes ont obéit (le SDF ne fait pas figure
d'autorité). Deuxième cas : le complice n'arrive plus déguisé en SDF mais il porte un
uniforme. Dans cette situation, 72 % d'obéissance.
b. Deuxième étude : HOFLING, en milieu hospitalier
Une infirmière en chef, réelle, téléphone à une de ses infirmières pour lui demander
d'administrer à un de ses patients 30mg d'un sirop. Or, sur la bouteille, il est marqué qu'il ne
faut pas dépasser 10mg. On a 5% d'obéissance.
Deuxième cas, c'est un médecin qui effectue la même demande : 80% d'obéissance.
Face à une figure d'autorité reconnue, on a une obéissance plus importante.
c. Etude de MILGRAM (1963)
Les sujets étaient les étudiants de l'université de Yale. Le but officiel de l'étude était de faire
une expérience sur les processus d'apprentissage et la punition. Deux personnes sont
convoquées en même temps, pour une même séance. L'une des deux va servir "d'étudiant", et
l'autre de "professeur". On tire au sort. En fait, tout est pré-arrangé : le seul vrai sujet est le
professeur, et l'élève est le complice. Les punitions sont administrées par des chocs
électriques (le professeur a devant lui une console avec des intensités de 15 à 450 V, sous
laquelle il est écrit "danger de mort"). L'expérimentateur fait figure d'autorité. le professeur
doit augmenter l'intensité du choc à chaque erreur. Le complice se met à commettre des
erreurs régulièrement. Il réagit aux différents chocs : il faut que le sujet croit vraiment à la
situation.
A un moment donné, il va refuser d'envoyer une nouvelle décharge. Mais l'expérimentateur va
faire une série d'injonctions, au fur et à mesure que le besoin s'en fait sentir : "Continuez, s'il
vous plaît !", puis "L'expérience exige que vous continuiez !", "Il est absolument
indispensable de continuer", et "vous n'avez pas le choix, vous devez continuez !". Si le sujet
refuse à ce niveau là, on arrête l'expérience.
Pourcentage de sujets arrivés à intense / très intense : presque 100%. Pourcentage de sujets
arrivés à 450V : 65%. A l'origine, les experts estimaient que seulement 1 à 3% arriveraient à
450V.
Influence de la proximité / de l'éloignement de la victime sur les résultats :
Obéissance (%)
70
65
40
30
Toucher proche voix
éloigné
(adapté de LAMBERTH, 1980).
Plus la victime est éloignée, plus il est facile d'obéir aux ordres donnés.
Obéissance (%)
On observe une courbe inverse, pour ce qui est de la proximité de l'expérimentateur :
proche
éloigné
Cette étude supplémentaire nous montre que les résultats ne dépendant ni de l'âge, ni du
sexe… Facteurs influençant l'obéissance :
Deux complices se rebellent
Le sujet doit toucher la victime pour lui donner une décharge
L'expérimentateur est dans une autre pièce
Personne ordinaire, responsable
Sujets féminins : modèle original
Sujets masculins : modèle original
Contrôle : pas d'autorité
10 %
20 %
30 %
60 %
Deux mécanismes explicatifs de l'obéissance à l'autorité :
 La force des habitudes : on est socialisé de façon à obéir aux différentes autorités
légitimes.
 Déresponsabilisation : on fait porter le poids de la responsabilité par quelqu'un d'autre.
Deux conditions préalables pour qu'il y ait obéissance :
 La figure d'autorité doit être perçue comme légitime.
 L'ordre donné doit être pertinent aux fonctions de la personne qui sert d'autorité. Par
exemple, l'officier qui demande à un soldat de marcher au pas (pertinent), ou de ne pas
regarder la télé après 10h le soir (pas pertinent).
LES AGRESSIONS
Sujet potentiel
Comparer deux théories : celle de la frustration – agression de DOLLARD et MILLER à la
théorie de la frustration – agression révisée de BERKOWITZ.
Oui, il est pertinent de parler d'agression en sport (Monica Seles, hooliganisme, …). Mais si
les règlements se sont endurcis, il y a une progression des agressions. Cette augmentation est
le parallèle de celle de ma violence dans le monde, qui se répercute dans le monde du sport.
Hypothèse formulée de la catharsis : le fait de prendre part à un sport diminue le potentiel de
l'agressivité. ce serait un défouloir. Mais cette hypothèse a été infirmée.
XVI. DEFINITION
Agression : un acte agressif se traduit par un comportement physique ou verbal dirigé vers
une autre personne avec l'intention de lui faire du tort sur le plan physique et/ou
psychologique.
Adapté de BOIVIN, 1994.
Points importants de cette définition :
 C'est un comportement manifeste, observable.
 Il faut essayer de comprendre les raisons qui ont motivé ce comportement d'agression.
 Un acte agressif est toujours dirigé vers une autre personne (acte interpersonnel).
 Le but est de causer du tort à autrui.
 Un acte agressif est un acte intentionnel.
Il y a deux types d'agression : l'agression instrumentale et l'agression hostile.
24- L'agression instrumentale (agression proactive)
C'est infliger un tort à autrui, dans les limites de ce qui est permis par le règlement.
L'agression est prévue par le règlement. En compétition, pour gagner, il faut "nuire" à
l'adversaire. on peut dire que c'est une forme contrôlée d'agression. elle permet d'atteindre la
victoire. Elle est proactive car l'athlète choisit le style d'agression qu'il va infliger à
l'adversaire.
25- L'agression hostile
C'est infliger à autrui un tort non dans le but de nuire, mais dans celui de blesser
physiquement ou psychologiquement. Un acte agressif hostile intervient le plus souvent en
réaction à un acte agressif (frustration, …).
A domicile, on a tendance à avoir une agression instrumentale. A l'extérieur, on a au
contraire, tendance à avoir une agression hostile.
XVII. 4 THEORIES QUI TENTENT D'EXPLIQUER L'AGRESSION HOSTILE.
26- La théorie de l'instinct (FREUD).
Chez l'individu, il existe un instinct inné à se comporter der manière agressive. Cette tendance
va augmenter tant qu'elle n'est pas exprimée.; la façon idéale de diminuer cet instinct est de se
comporter de manière agressive.
Thanatos : instinct de mort, d'après FREUD, d'autodestruction. On va repousser ses tendances
agressives sur un autre individu. Elles vont augmenter jusqu'à être exprimées.
Critiques de cette théorie :
 On a jamais pu démontré l'existence de cet instinct d'agressivité.
 Ces théories nous proposent une vision déterministe : l'individu serait esclave de ses
propres tendances intérieures (on va quoi qu'il arrive devoir exprimer cet instinct).
 On ne fait pas de place aux apprentissages sociaux de l'individu.
 L'hypothèse de la catharsis n'est pas démontrée en lien avec le sport de compétition (mais
l'ensemble des recherches porte sur le sport de compétition).  Infirmation de la théorie
de la catharsis.
27- Théorie de la frustration / agression (DOLLARD et MILLER).
Blocage
(buts)
Frustration
Agression
L'agression est toujours précédée d'une expérience de frustration, et d'un blocage relatif à
l'atteinte des buts.
Exemple : score de 4 à 0  Blocage de l'équipe menée  Frustration  Agression.
Ce postolat veut que l'agression soit toujours et directement précédée de la frustration.
Critiques :
 Le fait que la frustration soit toujours à l'origine de l'agression (il peut y avoir réaction à
une agression, sans qu'il y ait obligatoirement frustration).
 Elle n'est pas une théorie écologique (qui rend compte de la réalité de tous les jours). Ex :
en compétition, on vit énormément de blocages, et il n'y a pas toujours frustration et
agression.
 Elle ne fait pas la place aux apprentissages sociaux de l'individu.
28- Théorie de la frustration / révision (forme révisée) de BERKOWITZ.
Blocage
(buts)
Frustration
Colère
Focus situation
Agression
Principales différences : la frustration n'engendre pas toujours l'agression. la frustration doit se
traduire par la colère (on comprend qu'on est bloqué dans notre objectif). La colère engendre
un focus de la situation (analyse). Il va rechercher des opportunités d'exprimer sa colère.
Critiques :
 Ce n'est pas une théorie écologique.
 Quand on parle de focus, on parle de colère, mais pas des facteurs d'inhibition.
29- Théorie de l'apprentissage social
Observation
Traitement
cognitif
Modèle agressif
recomposé
Similarité dans
la situation
Modèle agressif
suite à une
punition
Anticipation
d'une
conséquence
similaire
Comportement
NON
OUI
Pas d'imitation
Imitation
Apprentissage
On peut résumer cette théorie en deux mots : observation et imitation. Elle fait la place aux
apprentissages sociaux.
Observation d'un modèle (identification) : son comportement est-il agressif ou pas ? et la
conséquence qu'il va encourir face à son comportement (récompensé ou puni). Ex : il est
agressif. On se retrouve dans une situation personnelle. On se demande si cette situation est
similaire ou non, mais aussi on se demande si on va subir les mêmes conséquences que le
modèle a eu.
Si OUI  imitation du modèle  apprentissage.
Si NON  pas d'imitation  pas d'apprentissage.
Remarques :
 Principale différence avec les autres théories : elle accorde une place centrale aux
apprentissages sociaux de l'individu. On acquière certaines agressivités par l'observation
de modèles. Ce n'est pas une théorie déterministe car on n'est pas pré-progammé à
l'avance, mais d'un autre côté on ne choisit pas où on va venir au monde.
 Si on s'interroge bien, ça peut amener des prédictions contraires à la catharsis (fait que le
sport réduise les conduites agressives). Or, ici, si on observe des modèles agressifs, ça va
augmenter les chances de se conduire de manière agressive.
LE CONCEPT D'ATTITUDE
C'est un concept fondamental en psychologie sociale, car il fait le lien entre la psychologie de
l'individu et sa vie sociale. Les attitudes sont les façons dont on se représente la réalité. Le
comportement qui suit certaines attitudes est observable. On peut ainsi avoir une évaluation
favorable ou non envers un objet perceptible, un objet social.
XVIII. DEFINITION
Une attitude correspond à un état mental et neuropsychologique de préparation à répondre,
organisé à la suite de l'expérience, et qui exerce une influence directrice sur la réponse de
l'individu à tous les objets et à toutes les situations qui s'y rapportent.
Adapté de ALLPORT, 1935, par LAFRANGE, 1994.
XIX. ELEMENTS IMPORTANTS DE CETTE DEFINITION
 C'est un état mental, c'est à dire qu'une attitude n'est pas directement mesurable,
observable (on ne mesure que la conséquence d'une attitude donnée). C'est donc une
expérience privée.
 C'est un état de préparation à répondre (l'aspect conatif de l'attitude). c'est une forme de
pré-réponse. L'attitude est une réponse interne qui précède une réponse externe.
 Elle est organisée à la suite de l'expérience : elle est basée sur l'expérience que j'ai déjà
vécue, … C'est donc une représentation mentale, une structure de connaissance, mais
constituée d'éléments factuels (odeur…) et d'éléments émotifs qui se greffent à cette
structure.

Elle s'exerce à tous les objets et situations qui s'y rapportent : consistance
comportementale. Exemple : le fou de sport pratique, en parle, est spectateur, lit les
journaux spécialisés …
L'attitude est donc une structure de connaissance à la fois factuelle et émotive sur un objet
donné. Elle dynamise l'approche ou l'évitement de cet objet.
XX. CARACTERISTIQUES D'UNE ATTITUDE
30- La valence
C'est la caractéristique globalement favorable ou défavorable de l'attitude.
Exemple : représentation schématique d'une attitude, envers les québécois :
Chauffent peu
Cuisinent mal
Même apparence
physique
Américanisés
Mangent
leurs mots
Aseptisés
Bel accent
Chantent bien
NEUTRES
ANTI
Sociables
PRO
Connaissances
sur le Québec
Jovials
Fréquentables
Adapté de PRATKANIS, 1989
On a donc soit une prédominance des éléments positifs, soit une prédominance des éléments
négatifs : prédominance d'un caractère favorable ou défavorable envers tel ou tel objet social.
La polarité :
Ici, l'attitude a deux pôles (positif ou négatif envers les québécois), mais on peut avoir des
situations unipolaires (qui ne comportent que des éléments négatifs) : les racistes, les
extrémistes, … Elles sont très stables, ancrées chez les individus concernés. Mais une attitude
peut être aussi unipolaire positive. La plupart des attitudes sont bipolaires.
31- L'intensité
C'est la propriété préférée des chercheurs (la plus étudiée). C'est la grandeur d'affect, c'est
l'importance de la réaction affective dans une attitude. Elle prédit assez bien le comportement
des individus.
32- La centralité
C'est l'importance de l'attitude pour l'individu, l'importance personnelle. Certaines attitudes
deviennent une façon de se définir soi-même, un mode de vie. C'est un reflet de la personne.
On va défendre son attitude. C'est le témoin d'une attitude personnelle : l'attitude est une part
entre la psychologie de l'individu et celle du groupe, donc le partage d'attitudes communes.
Les attitudes centrales : on les appelle valeurs, mais elles ne sont pas toujours positives
(racisme, religion, amitié, romantisme, honnêteté…).
33- L'accessibilité
Plus une attitude est centrale, plus elle est accessible, donc plus la réaction est immédiate et
claire. C'est la vitesse à laquelle on accède à cette représentation mentale.
XXI. REPRESENTATION DE LA STRUCTURE DE L'ATTITUDE
34- Modèle tripartite classique de l'attitude. ROSENBERG et HOVLAND
Variables
intermédiaires
Stimulus
Cognition
Objet
d'attitude
Attitude
Affect
Conation
Evaluation
Mesures :
- Verbales
- Physiologiques
- Comportementales
L'attitude est définit selon trois éléments : cognitif, affectif et conatif, qui influent sur le
comportement selon trois niveaux différents.
35- Modèle unidimensionnel classique de l'attitude. GREENWALD
Objet
d'attitude
On mesure ici l'intensité de l'affect.
Attitude
(affect)
Mesures :
- Verbales
- Physiologiques
- Comportementales
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