
Philippe Nika Professeur Univ. Franche-Comté_ Acoustique
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cochlée en forme d’escargot, remplie de liquide et séparée longitudinalement en deux par la
membrane basilaire.
En réponse à un stimulus acoustique, le liquide dans le limaçon actionne la membrane basilaire
sur la surface supérieure de laquelle se trouvent 15000 à 20000 cellules ciliées. Celles-ci
enregistrent le mouvement et le transforment en impulsions nerveuses qui sont transmises au cerveau
par le nerf cochléaire.
Du point de vue de la sécurité, les dangers concernant l’oreille externe sont très faibles
Au niveau de l'oreille moyenne contenant la cavité tympanique de fréquence de résonance située
vers 1300 à 1500 Hz, les risques de déchirure du tympan ou de lésions de la chaîne des
osselets sont réels sous contraintes sonores élevées et prolongées.
Il existe au niveau de l’oreille moyenne des muscles commandés par le cerveau qui, par tension,
permettent d’atténuer l’intensité du bruit reçu sur certaines fréquences. Ce réflexe stapédien
d'autoprotection fait partie de cette “crispation” qui est créée lorsque l'on est, par exemple, devant
une presse à emboutir en action.
Lors de l'exposition à des bruits intenses transitoires, on observe une destruction
irréversible d’une partie des cellules ciliées sensorielles de l’oreille interne.
A cette destruction correspond une diminution progressive de l’acuité auditive. Plus il y a de cellules
détruites, moins le cerveau est capable de compenser cette perte d’information. Cette perte est
normalement plus importante aux fréquences voisines de 4 à 6 kHz auxquelles l’oreille est plus
sensible.
Les bruits impulsionnels ou transitoires et de chocs sont à cet égard les plus dangereux, de
par leur brièveté tels que tir, choc d’un marteau-pilon sur la pièce, qui occulte l'efficacité du réflexe
stapédien. On conçoit aisément qu'en l'absence d'information “d'avertissement” le réflexe stapédien
n'étant pas mis en œuvre, le risque de traumatisme et de surdité soit beaucoup plus grand.