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I)
1914 – 1918 : LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE :
SENTIMENT NATIONALISTE À UNE MORT DE MASSE
DU
A) 2°) la naissance du soldat moderne
 cf ens doc travaillés par groupe
Paradoxalement, La 1GM a à la fois entraîné la mobilisation de tranches d’âge entières (à
partir de 17 ans pour les volontaires jusqu’à 48 ans) avec 70 millions de soldats européens + des
troupes coloniales (500000 hommes pour la France) mais elle prend rapidement un visage
déshumanisé avec le nouveau type d’armement. Aucun conflit n’a auparavant tué autant en si peu
de temps (20000 Britanniques morts le premier jour de la bataille de la Somme, 150000 victimes
brit) et jamais le soldat n’a été autant exposé auparavant à la violence des combats. Ceci
s’explique par l’évolution de l’armement né de la Révolution Industrielle qui entraîne des
destructions en masse. D’importantes innovations militaires voient le jour : les chars, les obus,
les gaz, les mitrailleuses (grosse Bertha) et vers la fin de la guerre l’aviation.
Les stratégies militaires sont donc nouvelles : la guerre avait toujours été pensée offensive et
de mouvement, elle devient majoritairement défensive et de position (tranchées, no man’s
land…), étirement du champ de bataille sur plusieurs centaines de kms et plusieurs fronts. De
plus l’efficacité des armes amène le commandement à disperser les soldats et aboutit souvent à
désorganiser les liens tactiques => isolement du soldat sur le champ de bataille.
Enfin de nouvelles blessures apparaissent : déchirement des corps, gueules cassées,
neurasthénie (dépression), mutisme, tremblements et cauchemar…
A ces souffrances s’ajoutent la vue insoutenable des morts et des blessés, mais aussi, la chaleur,
le froid, la boue, les rats, les poux, l’épuisement, l’éloignement des êtres chers (c’est la première
fois depuis plusieurs générations que les Français quittent leur famille)
 Monstruosité de la guerre, le soldat devient une machine à tuer afin de ne pas être tué. Il n’y
a pas d’autres alternatives. Les Etats Majors élaborent des stratégies pour les machines
(artillerie devient plus importante que l’infanterie), les soldats ne sont plus pris en compte.
La souffrance de guerre est fondamentale dans la compréhension du fait historique de la 1GM.
Mutinerie : dès 1915 durement réprimée
3°) la mort de masse
Plus de 10 millions de soldats sont morts et 17 autres millions ont été blessés pendant le conflit.
Ce sont surtout des hommes jeunes (18 – 25 ans).
La mort est omniprésente chez les soldats => banalisation de la mort
Tous les belligérants ne paient pas le même tribut, mais les conséquences démographiques sont
partout de même nature : chute de la natalité, recul de la population active et augmentation du
nombre de veuves (3 millions) et d’orphelins (6 millions).
4°) la naissance de l’Ancien Combattant
Cette expérience combattante inédite crée un lien social extrêmement fort particulier et qui
perdure longtemps après la guerre.
Les conditions de vie au front très difficile, la mise en place de petits groupes de combattants
et l’obligation de s’inventer des « loisirs » sur le champ de bataille créent une solidarité entre
les hommes d’autant plus que les rapports avec l’arrière sont rares et censurés.
Un fossé se creuse aussi entre les « planqués » de l’arrière et de manière inédite, les officiers
d’Etat Major qui les envoient au combat comme à l’abattoir. C’est en effet la première fois que
les généraux ne participent pas directement aux côtés des troupes. Ils restent à l’arrière des
tranchées à élaborer des stratégies.
Les soldats du front forment « une génération du feu » (cf Henri Barbusse, le Feu) unie par
l’expérience de la violence guerrière.
Cette fraternité devient une amitié forte après la guerre car les « Anciens Combattants » ont le
sentiment de ne plus être compris par les civils, d’autant plus qu’ils portent pour la plupart les
stigmates psychologiques ou physiques de la 1GM. Leur réinsertion dans les familles et dans leur
ancienne vie est difficile car le choc traumatique est trop fort. Sentiment de ne plus être
compris.
Les AC créent des associations afin de faire valoir leurs droits.
De plus leur réinsertion dans la société civile diffère en fonction des pays vainqueurs ou
vaincus : en France on leur donne une place économique et surtout politique importante => fer de
lance du pacifisme, tandis qu’en Allemagne ou en Italie, ils ne sont pas reconnus => fer de lance
du fascisme.
A) Des civils de plus en plus impliqués dans la guerre
 ens doc pp. 92 – 93 (manuel)
1°) Une cible inédite : les civils
Lieux de combat et les espaces civils sont de moins en moins distincts.
En effet, dès 1914 des massacres, des viols, l’utilisation de travaux forcés et des déportations
de populations civiles accompagnent l’invasion de la Belgique, du Luxembourg et dans le Nord de
la France (occupation All).
Des milliers de civils meurent dans les premiers bombardements urbains dus aux progrès de
l’aviation : les bombardements allemands qui pilonnent les quartiers industriels de Londres font
près de 1500 morts au printemps 1917.
 Ainsi les civils deviennent aussi des cibles à partir de la 1GM avec l’industrialisation et la
radicalisation croissante (due à la longueur et au nationalisme déchaîné) les canons qui
bombardent Paris de mars à août 1918 font 256 morts et 625 blessés
Dès le début du conflit certaines communautés sont désignées comme « suspectes » et sont
brutalement expulsées : les Juifs en Russie et les Allemands en Ukraine.
2°) L’arrière de plus en plus sollicité
La guerre devait être courte mais elle dure : elle prend un caractère total.
-
Une éco tournée vers la guerre : pour faire la guerre, les Etats ont besoin d’armes
(nécessité de produire des obus, canons, avions…). Ils demandent aux industriels de
participer.
Interventionnisme de l’Etat : 1ère GM est la 1ère guerre industrialisée
(Clémenceau : « En pol int, je fais la guerre ; en pol étrangère je fais la guerre ; je fais
tjrs la guerre »).
Etat achète dc des armes et entretient ses troupes : besoin d’argent (augmente les
impôts et recours à l’emprunt auprès de la pop, appel au sentiment patriotique, et des EU.
-
La place des femmes dans la guerre
 Les femmes investissent les métiers dans l’industrie, les transports, emploi salarié
dans les champs (les colonies fournissent aussi des travailleurs)
apprennent à vivre seule et elles se rendent compte qu’elle peuvent cumuler les tâches
 augmentation des revendications d’émancipation (politique et sociale)
mais beaucoup de déçues + « veuves blanches »
-
La mobilisation des esprits
Pour que les civils gardent le moral, les Etats font de la propagande : la presse est
censurée, le courrier en provenance du front contrôlé. Les civils subissent un véritable
« bourrage de crâne ».
3°) La question du génocide arménien
L’Empire Ottoman entre en guerre aux côtés de l’All en novembre 1914 et les premières
opérations lui sont défavorables. Les Arméniens, déjà victimes de violences au XIX sont
considérés comme des traîtres par le gouvernement turc. Une mécanique de violence de masse se
met alors en place :
- les régiments arméniens sont désarmés
- les autorités turques procèdent à l’arrestation et à l’élimination des élites arméniennes
dans plusieurs grandes villes début 1915
- Face aux tentatives de fuite vers la Russie et au soulèvement de la ville de Van, l’armée
turque procède alors à un massacre de masse entre mai et août 1915.
- En juin 1915 le ministre de l’intérieur Talaat Pacha ordonne la déportation vers le Sud de
tous les Arméniens d’Anatolie sans exception (femmes et enfants).
Des centaines de milliers de familles sont dirigées vers les régions désertiques de
Mésopotamie (Syrie et Iraq). Les marches sont particulièrement éprouvantes et les convois sont
vulnérables et fréquemment attaqués. Les survivants sont parqués dans des camps ou
abandonnés dans le désert. On peut estimer le nombre de victimes entre 600000 et 1 million
(problème de décompte).
B) Des sociétés brutalisées : une culture de guerre ?
La 1GM demeure un champ de recherche historique très actif entraînant des débats virulents
entre les historiens.
Certains historiens (Becker) expliquent la violence des combats par l’existence d’une culture de
guerre, soit une culture de violence et de haine produite avant la 1GM par le nationalisme
européen et qui explique entre 1914 et 1918 le « consentement » des hommes. Mais d’autres
historiens (Rousseau) contestent ce consentement et parlent de contrainte exercée sur les
soldats => culture de guerre pour l’arrière mais pas pour le front.
Par ailleurs, pour l’historien George L. Mosse, initiateur du concept de « trivialization »
(brutalisation) qui a étudié les sociétés allemandes et italiennes, la 1GM constitue une rupture
dans la perception de la guerre car en banalisant la destruction de masse elle modifie le rapport
des hommes à la mort. Selon lui les sociétés s’accoutumeraient aux violences physiques et
psychologiques de la guerre, elles seraient ainsi « brutalisées » => cette théorie explique bien
l’après-guerre en All et en Italie avec la montée des groupes para-militaires et du fascisme (le
politique comme continuation du militaire) mais ne peut s’appliquer sur les sociétés vainqueurs où
le pacifisme l’emporte rapidement.
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