L`intervention de l`Etat sur le marché

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Brevet de Technicien supérieur Commerce international 1ère année
L’intervention de l’Etat sur le marché
------------------------------------------------------------------------Donc, une intervention publique se justifie pour assurer un bien-être au plus grand nombre
(Cf. la notion d’estado de bien estar en Amérique latine). La puissance publique intervient donc
pour pallier ces défaillances mais aussi pour assurer la croissance économique (Cf. le thème 2)
et établir une justice sociale en contribuant à la redistribution des richesses (Cf. le thème 3).
Quelles réflexions proposer sur l’imperfection des marchés et sur le rôle économique de
l’Etat ?
I – IMPERFECTIONS et DEFAILLANCES du MARCHE
A – Les défaillances du marché qui justifient l’intervention publique
1 – Trois défaillances
a – Les biens publics présentent deux caractéristiques qui mettent en échec le marché :
- Leur consommation est non rivale : la consommation d’un bien par un individu n’empêche pas la
consommation de ce bien par une autre personne.
- Leur consommation est non-exclusive : personne ne peut exclu qu’il y ait paiement ou pas de l’échange
NB : Certains biens possèdent une seule de ces propriétés :
- Les biens de club sont non rivaux mais exclusifs : autoroutes à péages…
- Les biens communs sont non-exclusifs mais non rivaux : les ressources naturelles
- Le coût marginal de la consommation reste nul, donc la facturation sera égale à zéro.
- Un bien public ne sera pas produit même si un grand nombre de personnes le souhaite pour éviter le
comportement de passager clandestin.
b – Les externalités :
- Une entreprise qui pollue l’environnement génère une externalité négative. Le coût de cette pollution n’affecte
pas le niveau de son prix de revient, donc elle peut polluer davantage, sans tenir compte de la maximisation de
l’utilité collective.
- Une personne qui accepte la vaccination contre une pathologie contagieuse génère une externalité positive,
sans qu’elle soit rémunérée. Les vaccins ne seront produits qu’à une quantité inférieure à la maximisation de
l’utilité collective.
c – Le monopole naturel : Les activités de réseau, par exemple les transports ou la distribution
d’énergie, conduisent « naturellement » au monopole qui offre des quantités moindres à des prix élevés qui ne sont
pas fixés selon le coût marginal (la dernière unité produite coûte moins cher que le coût moyen). Cf. Dossier
Bernard Maris pour une « discussion » de cette approche
2 – Quelle intervention ?
a – Une taxe sur les activités produisant des externalités négatives, permet de l’intégrer aux coûts de
production. Un pollueur devra donc payer le coût privé (de revient) + le coût social (Cf. le marché des droits de
pollution).
b – Les subventions, a contrario, encouragent les activités produisant des externalités positives.
c – L’Etat produit des biens publics grâce à l’impôt et régule les monopoles naturels.
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B – Le marché défaillant : la règle plutôt que l’exception
1 – Les marchés oligopolistiques dominent la réalité contemporaine :
a - Les quantités offertes restent inférieures à la demande potentielle, donc les prix demeurent trop
élevés. Le prix de marché se fixera à un niveau supérieur au coût marginal.
b – Cependant la théorie des marchés contestables stipule que si les entrées et les sorties de marché
restent libres, les entreprises doivent s’adapter au niveau de leur coût marginal.
2 – L’information imparfaite constitue la défaillance principale du marché
a – L’effet de « sélection adverse ». L’asymétrie de l’information sur le marché des voitures
d’occasion. Cf. TD « Questionnement ».
b – Le principe de l’aléa moral met en évidence l’ignorance du comportement des agents
économiques. Cf. TD « Questionnement ».
II – L’INTERVENTION PUBLIQUE et ses LIMITES
A – L’Etat et les politiques contracycliques
Les taux de croissance du PIB ou le taux de chômage restent les seuls indicateurs qui requièrent l’’attention des
pouvoirs publics. L’Etat peut-il mener des politiques contracycliques efficaces ?
1 – Les classiques et les keynésiens
- Pour les penseurs de l’Ecole Classique, le marché coordonne l’ensemble des intérêts privés vers un équilibre
optimal ; JB Say considère que le simple fait de produire offre un débouché aux autres productions pour le
montant de sa valeur. Donc une intervention publique s’avère inutile puisque l’équilibre de l’offre et de la
demande se réalise « naturellement ».
- Keynes énonce que la production dépend de l’anticipation de la demande que perturbent la thésaurisation
(« fuite » de la monnaie hors du circuit) et la situation d’incertitude du marché. L’équilibre de l’économie se réalise
à un niveau de sous-emploi. L’intervention de l’Etat modifie les anticipations des agents économiques : politiques
budgétaire et monétaire.
2 – L’abandon des politiques keynésiennes
Cf. Travaux dirigés sur la contestation des politiques dites « keynésiennes »
B – L’Etat doit-il modifier l’allocation des ressources ?
1 – « Internaliser » les externalités
L’Etat peut intervenir pour modifier « l’allocation des ressources » :
- Les théoriciens de la croissance endogène considèrent l’importance du progrès technique dans le
développement. D’où l’importance de la R & D qui doit profiter à l’ensemble des entreprises sous l’impulsion des
pouvoirs publics (districts industriels, partenariats de recherche...).
- L’accumulation du capital humain génère également des externalités positives en développant l’éducation et
la formation grâce au développement de structures publiques.
2 – Prendre en charge les biens collectifs. Cf. la première partie.
3 – Réguler la concurrence imparfaite. Cf. travaux dirigés.
C – Redistribuer les richesses dans un souci de justice sociale.
Quel seuil d’injustice une société ne peut tolérer sans intervenir ? Le thème 3 développera cette question. Un
bref récapitulatif des concepts montre que l’Etat risque d’intervenir de moins en moins afin de rechercher une plus
grande efficacité économique, indépendamment de toute considération philosophique ou politique.
1 – L’utilité collective (Jeremy Bentham). Elle constitue la somme des utilités de chaque individu.
Une politique de redistribution s’avère efficace si la satisfaction collective se révèle supérieure au coût collectif
(l’impôt par exemple). Comment comparer utilité et désutilité ?
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2 – L’utilité collective doit considérer la situation des plus défavorisés (John Rawls). Chaque
individu doit disposer de droits égaux qui ne nuisent pas à la collectivité. Les inégalités doivent profiter aux plus
défavorisés.
3 – La liberté reste plus efficace que l’égalité pour certains libéraux (Friedrich Hayek).
4 – Une « conciliation équité efficacité » impossible ?
- Trop d’impôt tue l’impôt (Cf. la courbe de Laffer).
- Les trappes d’inactivité : travailler revient plus cher que de bénéficier d’aides sociales.
- L’Union européenne tend vers une privatisation de grande ampleur des services publics et reste impuissante à
mettre en œuvre une véritable politique économique commune.
Quel avenir pour l’Etat providence à la française ? Pour le modèle social français ?
Cf. le thème 3, notamment.
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