
D’après le cours, l’extension Q(ζ)/Qest de degré ϕ(n). Déterminons le degré de l’extension
Q(ζ)/Q(α).
Le polynôme P(X) = (X−ζ)(X−ζ−1) = X2−2αX + 1 est à coefficients dans Q(α)[X]. De plus,
il annule ζ. Enfin, il est irréductible dans Q(α): sinon, ses racines ζet ζ−1seraient dans Q(α)ce
qui est impossible car Q(α)⊂Ret ζ /∈R(n≥3). Donc Pest le polynôme minimal de ζsur Q(α).
Comme il est de degré 2, on en déduit [Q(ζ) : Q(α)] = 2. Par le théorème de multiplicativité du
degré, on a donc :
[Q(α) : Q] = ϕ(n)
2.
2) Soit x∈Qécrit sous forme irréductible a
bavec aet bentiers premiers entre eux et b > 0. On
suppose b≥3. Comme précédemment, on a les extensions de corps :
Q(e2πia/b)
|
Q(cos(2πa/b))
|
Q
et comme précédemment, on montre que [Q(e2πia/b) : Q(cos(2πa/b))] = 2 (l’extension n’est pas de
degré 1car b≥3). De plus, e2πi/b est une racine primitive b-ème de l’unité. Comme aet bsont
premiers entre eux, il en est de même de e2πia/b. Les corps Q(e2πi/b)et Q(e2πia/b)sont donc égaux.
Or, [Q(e2πi/b) : Q] = ϕ(b). Finalement, on obtient :
[Q(cos(2πa/b)) : Q] = ϕ(b)
2.
3) Supposons n≥5. Notons β= sin(2π
n). On commence par se ramener à la question précédente ! On
a l’identité trigonométrique sin(2π
n) = cos(π
2−2π
n) = cos(2πn−4
4n). Maintenant, écrivons n−4
4nsous
forme irréductible.
•Si pgcd(n, 8) = 1, alors nest impair et le pgcd de 4net n−4est 1. D’après la question 2), le
degré [Q(β) : Q]est ϕ(4n)/2. Comme 4et nsont premiers entre eux, d’après les propriétés de
l’indicatrice d’Euler1,ϕ(4n) = ϕ(4)ϕ(n) = 2ϕ(n). D’où [Q(β) : Q] = ϕ(n).
•Si pgcd(n, 8) = 2, alors n= 2kavec kimpair et on voit que le pgcd de 4net n−4est 2.
Donc comme n−4
4n=n/2−2
2n, le degré de l’extension est donc ϕ(2n)/2. On a ϕ(2n) = ϕ(4k) =
ϕ(4)ϕ(k) = 2ϕ(k). De plus, ϕ(n) = ϕ(2k) = ϕ(2)ϕ(k) = ϕ(k). Donc ϕ(2n) = 2ϕ(n)et le degré
est [Q(β) : Q] = ϕ(n).
•Si pgcd(n, 8) = 4, alors n= 4kavec kimpair et on voit que le pgcd de 4net n−4est 8.
Comme n−4
4n=(n−4)/8
n/2, le degré est donc ϕ(n/2)/2. On a ϕ(n) = ϕ(4k) = ϕ(4)ϕ(k)=2ϕ(k)et
ϕ(n/2) = ϕ(2k) = ϕ(k)d’où ϕ(n/2) = ϕ(n)/2. Finalement, le degré est [Q(β) : Q] = ϕ(n)/4.
•Si pgcd(n, 8) >4, alors n= 8kavec kquelconque et le pgcd de 4net n−4est 4. Comme
n−4
4n=(n−4)/4
n, le degré de l’extension est [Q(β) : Q] = ϕ(n)/2.
4) Notons β= sin(2π/5). Comme pgcd(5,4) = 1, d’après ce qui précède, l’extension Q(β)/Qest
de degré ϕ(5) = 4, donc le polynôme minimal de βsur Qest de degré 4. D’après la formule
sin(5x) = 16 sin(x)5−20 sin(x)3+ 5 sin(x)appliquée à x= 2π/5, on a 16β5−20β3+ 5β= 0, d’où
16β4−20β2+ 5 = 0.
Le polynôme P= 16X4−20X2+ 5 ∈Q[X]annule β; il divise le polynôme minimal et il est de
même degré que celui-ci. C’est donc le polynôme minimal de βsur Q.
Remarque. On pouvait également voir que Pest irréductible en appliquant le critère d’Eisenstein.
1Si net msont premiers entre eux, alors ϕ(nm) = ϕ(n)ϕ(m)
2