Sécurité des soignants en médecine d'urgence : analyse des dangers

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25-210-A-55
Sécurité
des
soignants
et
analyse
des
dangers
en
médecine
d’urgence
P.
Leveau
La
médecine
d’urgence
est
une
spécialité
à
risque
et
son
activité
peut
être
source
de
dangers.
Leurs
cibles
concernent
les
patients
mais
aussi
les
soignants,
avec
des
conséquences
médicolégales
ou
en
termes
de
santé.
À
l’instar
des
industries
dangereuses,
la
gestion
de
ces
risques
doit
faire
partie
intégrante
de
la
pratique
de
la
médecine
d’urgence.
Des
méthodes
systémiques
permettent
d’analyser
des
risques
préalablement
répertoriés,
et
les
cindyniques,
sciences
du
danger,
mettent
en
évidence
des
dangers
jusque-là
non
perc¸us.
Plusieurs
dangers
sont
connus
et
appréhendés,
et
l’analyse
de
la
pratique
de
la
médecine
d’urgence
sous
l’angle
des
cindyniques
devrait
permettre
la
mise
en
évidence
de
risques
avant
que
ne
surviennent
des
effets
indésirables.
Elle
peut
être
un
puissant
outil
d’amélioration
de
la
qualité
et
de
la
sécurité
des
soins.
©
2014
Elsevier
Masson
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droits
réservés.
Mots-clés
:
Sécurité
;
Dangers
;
Risques
;
Qualité
;
Cindyniques
;
Organisation
;
Médecine
d’urgence
;
Soignants
;
Patients
;
Travail
Plan
Introduction
1
Nature
et
typologie
des
risques
pour
les
soignants
1
Santé
au
travail
1
Risque
médicolégal
3
Temps
de
travail
3
Mesures
contre
les
risques
3
Mesures
organisationnelles
3
Mesures
techniques
4
Mesures
comportementales
4
Moyen
de
lutte
contre
les
risques
en
MU
4
Analyse
systémique
4
Cindyniques
en
MU
4
Conclusion
6
Introduction
Une
situation
urgente
se
définit
comme
entraînant
des
dom-
mages
en
l’absence
d’action
immédiate.
Autrement
dit,
le
lien
entre
urgences
et
danger
est
étroit.
La
médecine
d’urgence
(MU)
nécessite
des
mesures
thérapeutiques
sans
délai.
Pourtant,
si
les
risques
font
partie
de
son
activité,
la
littérature
sur
la
sécurité
des
soins
en
MU
est
pauvre [1].
La
cible
des
dangers
en
MU
concerne
à
la
fois
les
patients [2] et
les
soignants.
Le
personnel
des
urgences
peut
être
affecté
selon
plusieurs
angles,
comme
la
santé
au
travail
ou
l’aspect
médicolégal.
Après
avoir
exposé
la
problématique
de
la
sécurité
des
soignants,
nous
proposerons
une
méthode
prospec-
tive
d’approche
des
dangers
et
des
risques
en
MU.
Nature
et
typologie
des
risques
pour
les
soignants
Les
risques
professionnels
font
l’objet
de
nombreux
textes
de
loi
nationaux
et
européens.
Les
principes
fondamentaux
de
la
protec-
tion
des
travailleurs
sont
définis
dans
la
directive
CEE
no89-391
du
12
juin
1989.
L’article
L
230-2
du
Code
du
travail
impose
au
chef
d’établissement
de
prendre
les
mesures
nécessaires
pour
assurer
la
sécurité
des
travailleurs
et
l’article
R
230-1
prévoit
que
l’employeur
fasse
une
évaluation
des
risques
pour
la
santé
et
la
sécurité
des
tra-
vailleurs,
qui
comporte
un
inventaire
des
risques
identifiés
dans
chaque
unité
de
travail.
Santé
au
travail
Violence,
sentiment
d’insécurité
La
violence
est
une
atteinte
à
l’intégrité
physique
ou
morale
d’un
individu.
Les
services
d’urgence
(SU)
sont
particulière-
ment
exposés
au
risque
de
violence [3] du
fait
de
leur
position
d’interface
entre
l’extérieur
et
l’hôpital,
c’est-à-dire
entre
deux
mondes
aux
exigences
contradictoires
:
un
amont
consommateur
de
soins,
intolérant
à
la
maladie,
demandeur
de
technicité,
avec
des
contraintes
sociales
fortes,
et
un
aval
hyperspécialisé,
écono-
miquement
contraint
et
limité
en
ressources.
La
suroccupation
des
SU
et
la
cohue
apparente
qui
en
résulte
augmentent
le
risque
de
violence
dans
le
service [4].
La
violence
aux
urgences
peut
être
considérée
comme
un
symptôme
psychiatrique
lorsqu’elle
émane
d’un
malade
psychia-
trique
ou
d’un
patient
intoxiqué
ou
comme
un
symptôme
social
lorsqu’elle
apparaît
hors
intoxication
et
hors
psychiatrie.
Elle
trouve
sa
source
lorsqu’au
moins
un
des
différents
protagonistes
EMC
-
Médecine
d’urgence 1
Volume
9
>
n2
>
juin
2014
http://dx.doi.org/10.1016/S1959-5182(13)66135-8
25-210-A-55 Sécurité
des
soignants
et
analyse
des
dangers
en
médecine
d’urgence
Tableau
1.
Facteurs
de
violence
en
médecine
d’urgence.
Facteurs
favorisants
(environnement)
Facteurs
prédisposants
Facteurs
aggravants
Temps
:
pic
d’affluence
-
relève
médicale
-
relève
soignante
Agresseurs
:
impulsivité
-
instabilité
émotive
-
excitabilité
-
intolérance
à
la
frustration
Agresseurs
:
antécédents
de
violence
-
alcoolisation
-
prise
de
toxiques
-
troubles
mentaux
Espace
:
confinement
-
attente
dans
un
couloir
Agressés
:
stress
-
surcharge
de
travail
-
encombrement
-
défaut
de
communication
-
manque
d’expérience
Agressés
:
antécédents
de
violence
-
alcoolisation
-
prise
de
toxiques
-
troubles
mentaux
de
la
scène
des
urgences
patients,
soignants
et
accompagnants
n’assume
pas
son
rôle
aux
yeux
des
autres.
De
plus,
le
fonctionne-
ment
des
urgences
règne
un
désordre
apparent
qui
s’oppose
à
la
rigueur
minutée
attendue
par
les
accompagnants
ou
les
patients
favorise
les
malentendus,
les
frustrations
et
génère
de
la
vio-
lence [5].
On
peut
distinguer
des
facteurs
favorisants,
des
facteurs
prédis-
posants
et
des
facteurs
aggravants
(Tableau
1).
La
violence
sur
le
lieu
de
travail
revêt
plusieurs
formes,
toutes
ayant
en
commun
de
maltraiter,
menacer
ou
intimider
la
vic-
time.
Ce
sont
les
comportements
menac¸ants,
éventuellement
avec
destruction
de
matériel,
les
menaces
orales
ou
écrites,
le
harcèle-
ment,
les
agressions
verbales
et
les
agressions
physiques.
Ces
actes
de
violence
se
classent
en
quatre
groupes
de
gravité
croissante
:
les
incivilités
(actes
ponctuels
comme
des
injures,
provocations,
insultes,
nuisances),
les
agressions
verbales
(menaces,
injures
répé-
tées,
etc.),
les
agressions
physiques
(gifles,
coups,
menaces
avec
port
d’arme,
etc.)
et
les
agressions
physiques
graves
(crimes,
infir-
mités
ou
mutilations
séquellaires).
L’Observatoire
national
des
violences
du
ministère
de
la
Santé
a
recensé
5760
signalements
de
violence
en
2011,
87
%
étant
des
atteintes
à
la
personne
(dont
55
%
d’agressions
physiques
et
1
%
qualifiées
de
crime)
et
82
%
concernant
le
personnel
hospitalier.
Vingt-cinq
pour-
cents
des
atteintes
à
la
personne
ont
eu
lieu
en
psychiatrie
et
15
%
dans
des
structures
d’urgences [6].
En
cas
de
violence
au
travail,
le
législateur
a
prévu
que
l’établissement
de
soins
sai-
sisse
lui-même
le
procureur
ou
se
constitue
partie
civile
devant
la
juridiction
pénale.
Pourtant,
selon
l’Observatoire
national
des
violences,
les
atteintes
aux
personnes
ne
génèrent
que
8,7
%
de
plaintes.
Surmenage,
burn-out
Le
burn-out
se
décline
en
trois
dimensions
fondamentales
:
une
dimension
affective
(épuisement
émotionnel
avec
manque
de
motivation
pour
son
travail
qui
devient
une
corvée),
une
dimension
psychique
(déshumanisation
des
patients,
distancia-
tion
avec
le
patient
pouvant
être
suivie
de
rejet,
de
cynisme
voire
de
maltraitance)
et
une
dimension
cognitive
(réduction
de
l’accomplissement
personnel
aussi
bien
professionnel
que
person-
nel).
Il
existe
plusieurs
outils
de
mesure,
le
plus
utilisé
et
validé
étant
le
Maslach
burn-out
inventory
(MBI) [7].
Les
causes
du
burn-out
se
situent
au
niveau
organisationnel
(contexte
du
travail,
organi-
sation
du
service,
type
de
management),
au
niveau
interindividuel
(relations
entre
les
personnes)
et
au
niveau
personnel
(personnali-
tés
vulnérables,
environnement
familial).
À
côté
de
ces
stresseurs
chroniques,
des
événements
aigus
traumatisants
par
leur
charge
émotionnelle
importante
(intervention
après
suicide,
homicide,
corps
mutilés,
échec
d’une
réanimation,
mort
d’enfants,
etc.)
peuvent
en
précipiter
la
survenue.
Le
stress
au
travail
dans
les
ser-
vices
de
soins
préhospitaliers
étasuniens,
chronique
comme
un
salaire
insuffisant
ou
des
relations
conflictuelles
avec
les
collègues
ou
la
hiérarchie,
ou
aigu
lié
à
une
intervention
particulière,
sont
des
facteurs
favorisant
l’apparition
d’un
stress
post-traumatique
symptomatique [8].
L’épuisement
professionnel
entraîne
des
manifestations
soma-
tiques
(troubles
neurovégétatifs,
digestifs,
cutanés,
neurolo-
giques,
oto-rhino-laryngologique,
urogénitaux
ou
musculosque-
lettiques),
émotionnelles
(irritabilité,
impatience,
négativisme,
culpabilité,
agressivité,
etc.),
des
manifestations
au
niveau
de
l’individu
(addictions,
mauvaise
hygiène
de
vie,
baisse
de
l’estime
de
soi,
etc.),
au
niveau
de
la
vie
privée
(tensions
familiales,
isole-
ment,
divorce)
et
au
niveau
du
travail
(insatisfaction,
diminution
de
l’engagement
professionnel,
détérioration
des
relations
profes-
sionnelles,
maltraitance
des
soignants,
perte
de
valeurs
éthiques,
volonté
de
quitter
son
emploi) [9].
Le
burn-out
touche
l’ensemble
des
soignants,
des
médecins
aux
aides-soignants,
et
est
très
fréquent.
Il
n’y
a
pas
de
relation
entre
les
scores
élevés
de
burn-out
et
le
travail
supplémentaire,
le
statut
matrimonial,
le
nombre
d’enfants,
le
métier,
le
salaire
ou
le
niveau
de
satisfaction
dans
la
vie
privée,
sauf
avec
le
degré
de
satisfac-
tion
professionnelle [10].
En
2009,
une
étude
auprès
d’urgentistes
étasuniens
a
trouvé
32
%
d’épuisement
émotionnel.
Le
principal
facteur
retrouvé
était
la
forte
anxiété
liée
au
risque
de
mauvaise
prise
en
charge [11].
En
France,
en
2007
et
2008,
l’étude
Santé
et
satisfaction
des
médecins
au
travail
(SESMAT)
a
montré
que
les
urgentistes
concentraient
les
facteurs
de
risque
et
qu’un
faible
score
de
qualité
du
travail
d’équipe
était
associé
à
quatre
fois
plus
d’intention
de
quitter
sa
profession [12].
Une
nouvelle
stratégie
pour
faire
face
au
stress
en
MU
est
son
appréhension
par
le
bien-être
au
travail.
Ce
changement
cultu-
rel
permet
une
approche
positive
avec
une
prise
de
conscience
du
burn-out
sans
stigmatiser
les
victimes
et
en
développant
des
stratégies
de
prévention [13].
Accidents
du
travail,
maladies
professionnelles
Les
accidents
avec
exposition
au
sang
ou
autres
liquides
biolo-
giques
(AES)
entraînent
le
risque
de
transmission
d’une
maladie
infectieuse
grave
comme
le
sida,
l’hépatite
B
ou
C.
Soixante-quatre
pourcents
du
personnel
soignant
du
nord
du
Portugal
a
déclaré
avoir
eu
un
AES
au
cours
des
cinq
années
précédentes,
dont
75
%
d’infirmières
diplômées
d’État
(IDE).
L’analyse
multivariée
a
retrouvé
une
ancienneté
de
plus
de
dix
ans
et
un
âge
de
plus
de
39
ans
comme
facteurs
de
risque
indépendants [14].
Un
temps
de
travail
hebdomadaire
supérieur
à
40
heures
et
les
heures
sup-
plémentaires
des
IDE
génèrent
davantage
d’AES,
d’événements
indésirables
et
d’erreurs [15].
En
France,
les
AES
sont
recensés
de
fac¸on
standardisée
depuis
2002.
Le
rapport
de
la
surveillance
des
AES
en
2009,
couvrant
51,6
%
des
lits
d’hospitalisation,
montre
une
incidence
égale
à
6,1
AES
pour
100
infirmièr(e)s,
1,65
AES
pour
100
aides-soignant(e)s,
2,4
AES
pour
100
médecins.
Quatre-vingts
pourcents
étaient
des
accidents
percutanés,
la
plupart
par
piqûres.
Il
n’y
a
pas
eu
respect
des
précautions
standards
dans
45,2
%
des
AES [16].
Les
pathologies
musculosquelettiques
liées
au
travail
des
infirmières
et
aides-soignantes
hospitalières
concernent
prin-
cipalement
la
tranche
d’âge
50–59
ans,
surviennent
surtout
en
matinée
et
sont
essentiellement
rachidiennes [17].
Elles
sur-
viennent
la
plupart
du
temps
à
la
suite
de
la
manutention
des
patients.
Elles
sont
prédominantes
chez
les
aides-soignantes
(8,8
pour
100
équivalents
temps
pleins
[ETP]),
aux
urgences
(10,3
%
ETP)
et
chez
les
ambulanciers
(3,1
%
ETP) [18].
Une
enquête
auprès
d’infirmières
de
CHU
franc¸ais
a
montré
que
les
accidents
du
tra-
vail
atteignant
les
membres
supérieurs
sont
favorisés
par
le
faible
niveau
de
partage
des
valeurs
de
travail
au
sein
de
l’unité
de
soins
et
le
manque
de
soutien
de
l’administration [19].
2EMC
-
Médecine
d’urgence
Sécurité
des
soignants
et
analyse
des
dangers
en
médecine
d’urgence 25-210-A-55
Les
paramédics
et
les
techniciens
des
secours
médicaux
préhos-
pitaliers
ont
un
taux
d’accident
du
travail
mortel
plus
élevé
que
les
autres
métiers
de
la
santé
:
6,3
accidents
de
transport
routier
ou
aérien
fatals
pour
100
000
équivalents
temps
pleins [20].
Le
travail
en
roulement
alternant
périodes
diurnes
et
nocturnes
entraîne
des
troubles
du
sommeil,
des
troubles
somatiques
comme
des
cycles
menstruels
irréguliers
ou
des
pathologies
digestives,
et
davantage
d’accidents
du
travail [21].
L’ancienneté,
le
manque
de
formation,
l’insatisfaction
au
travail,
le
stress
au
travail
et
une
mauvaise
orga-
nisation
du
travail
sont
autant
de
facteurs
prédictifs
d’accidents
du
travail [22].
Risque
médicolégal
En
dehors
des
risques
de
santé
liés
au
travail,
le
principal
dan-
ger
pour
les
soignants,
notamment
les
médecins,
est
d’être
l’objet
d’une
plainte
de
patient
ou
de
sa
famille.
La
responsabilité
du
médecin
est
triple
:
une
responsabilité
pénale
(l’acte
constitue
une
infraction
pénale),
une
responsabilité
civile
(l’acte
entraîne
un
préjudice
au
patient,
l’aléa
thérapeutique
en
fait
partie)
et
une
responsabilité
disciplinaire
(manquement
au
code
de
déontolo-
gie).
Ces
responsabilités
s’appliquent
à
tous
les
médecins,
quel
que
soit
leur
lieu
d’exercice,
de
la
régulation
du
Service
d’aide
médi-
cale
urgente
(SAMU)
au
déchoquage,
du
Service
mobile
d’urgence
et
de
réanimation
(SMUR)
à
l’Unité
d’hospitalisation
de
courte
durée
(UHCD).
La
responsabilité
médicale
ne
peut
être
engagée
que
si
trois
conditions
sont
réunies
:
l’existence
d’un
dommage,
l’existence
d’une
faute
et
l’existence
d’un
lien
de
causalité
entre
les
deux.
La
faute
et
le
lien
de
causalité
étant
parfois
très
difficiles
à
établir,
la
loi
no2002-303
dite
Kouchner
a
institué
une
responsabilité
sans
faute
en
cas
d’infection
nosocomiale
ou
de
dommages
causés
par
un
produit
de
santé
défectueux.
La
responsabilité
médicale
est
engagée
également
en
ce
qui
concerne
toutes
sortes
de
certificats
médicaux,
dès
lors
qu’il
y
a
non-respect
du
secret
professionnel,
certificat
de
complaisance,
certificat
faisant
état
de
faits
inexacts,
fausse
déclaration
d’accident
du
travail
ou
certificat
à
un
sportif
suspect
de
dopage [23].
Le
refus
de
soins
du
patient
est
une
situation
dangereuse.
Cette
situation
extrême
ne
doit
survenir
qu’en
cas
d’échec
d’une
information
claire,
loyale
et
explicative
n’ayant
pu
aboutir
à
une
relation
de
confiance
réciproque.
L’équipe
doit
entreprendre
une
discussion
empathique
avec
le
patient
opposant
afin
de
connaître
les
raisons
de
son
refus.
Le
respect
de
ce
refus
entre
en
contradiction
avec
l’obligation
d’assistance
et
de
soins
selon
les
dernières
données
de
la
science.
D’un
autre
côté,
il
est
la
conséquence
de
l’obligation
de
recueillir
le
consentement
du
patient.
En
matière
de
sécurité
routière,
les
véhicules
de
SMUR,
comme
les
ambulances
dépêchées
par
le
SAMU,
sont
des
véhi-
cules
d’intérêt
général
prioritaires
depuis
2001,
ce
qui
leur
permet
d’être
prioritaires
en
toutes
circonstances
si
et
seule-
ment
si
ils
sont
en
intervention
urgente
et
font
usage
des
dispositifs
spéciaux
dont
ils
sont
équipés
et
qu’ils
ne
mettent
pas
en
danger
les
autres
usagers
de
la
route.
Ce
statut
ne
dédouane
pas
le
conducteur
ambulancier
d’une
obligation
de
prudence
et
de
vigilance
qui
engage
sa
responsabilité
pénale
et
administrative.
L’analyse
des
plaintes
pour
faute
professionnelle
de
1991
à
2005
a
montré
7,4
%
de
réclamations
par
an,
78
%
n’aboutissant
pas
à
une
indemnisation.
Les
principaux
spécialistes
concernés
étaient
les
neurochirurgiens
(19,1
%),
les
chirurgiens
cardio-
vasculaires
(18,9
%),
les
chirurgiens
généraux
(15,3
%),
les
urgentistes
arrivant
en
15eposition
avec
environ
8
%
des
cas [24].
L’analyse
de
122
plaintes
jugées
en
MU
a
montré
que
65
%
étaient
liées
à
une
erreur
diagnostique
(dont
39
%
de
victimes
décédées)
à
la
suite
de
la
prescription
d’examens
inappro-
priés,
d’erreurs
dans
l’examen
clinique
ou
l’interrogatoire
ou
à
la
suite
d’une
interprétation
erronée
d’un
test
diagnos-
tique.
Les
principaux
facteurs
favorisants
étaient
des
facteurs
cognitifs,
des
facteurs
liés
au
patient,
un
manque
de
super-
vision,
de
mauvaises
transmissions
ou
une
charge
de
travail
excessive [25].
Temps
de
travail
La
durée
du
temps
de
travail
(TT)
et
l’alternance
jour/nuit
ont
un
impact
non
seulement
sur
la
sécurité
des
patients
mais
aussi
sur
la
sécurité
des
soignants.
Les
horaires
atypiques
ont
des
impacts
sur
la
santé
des
travailleurs
:
troubles
du
sommeil
et
de
la
vigilance,
risque
cancérogène
lié
au
travail
de
nuit,
risques
au
cours
de
la
gros-
sesse,
troubles
cardiovasculaires,
digestifs
et
neuropsychiques [26].
L’étude
de
177
576
travailleurs
étasuniens
montre
que
le
taux
d’accidents
du
travail
pour
100
personnes
est
égal
à
2,45
pour
un
TT
compris
entre
31
et
40
heures
par
semaine
et
augmentait
pro-
gressivement
jusqu’à
4,34
pour
plus
de
60
heures
par
semaine.
Il
est
égal
à
7,89
chez
les
personnes
ayant
dormi
moins
de
cinq
heures
par
nuit
et
diminue
progressivement
jusqu’à
2,29
pour
ceux
ayant
dormi
entre
sept
et
huit
heures [27].
Le
travail
de
nuit,
défini
par
une
période
de
travail
englobant
la
période
21
heures
à
6
heures
le
lendemain,
a
des
effets
néfastes
sur
la
santé
et
aggrave
des
problèmes
de
santé
préexistants.
Il
majore
le
risque
de
mala-
die
cardiovasculaire
et
ses
facteurs
de
risque,
le
risque
d’ulcères
peptiques
et
les
troubles
de
la
vigilance
qui
augmentent
le
risque
d’accidents
de
trajet [28].
Plusieurs
études
montrent
que
le
travail
de
nuit
favorise
la
survenue
de
cancers
du
sein,
notamment
chez
les
jeunes
femmes
avant
leur
première
grossesse [29],
sans
pour
autant
nécessiter
de
dépistage
spécifique [30].
D’autres
études
sug-
gèrent
une
majoration
des
cancers
de
la
prostate [31].
Le
travail
de
nuit
et
surtout
l’alternance
des
postes
de
travail
ont
un
impact
négatif
sur
le
sommeil
(plus
d’un
salarié
sur
deux)
et
sur
la
vigi-
lance
(un
salarié
sur
quatre) [32].
Les
risques
relatifs
d’avoir
un
accident
de
la
route
ou
de
causer
une
échappée
belle
sont
respec-
tivement
égaux
à
2,3
et
5,9
chez
les
internes
après
une
garde
de
plus
de
24
heures [33].
La
Société
franc¸aise
de
médecine
du
travail
recommande
d’éviter
le
travail
posté
et/ou
de
nuit
chez
la
femme
enceinte
à
partir
de
12
semaines
d’aménorrhée [30].
Il
y
a
davantage
d’erreurs
médicales
et
d’atteinte
à
la
sécurité
des
patients
avec
du
personnel
soignant
fatigué
ou
avec
des
troubles
du
sommeil [34].
Le
travail
de
nuit
est
défini
par
l’article
L
3122-29
du
Code
du
travail
comme
«
tout
travail
accompli
entre
21
heures
et
6
heures
»
et
le
travailleur
de
nuit
comme
«
celui
pour
qui
l’horaire
de
travail
habituel
comprend
au
minimum
trois
heures
dans
la
période
considérée
comme
travail
de
nuit
au
moins
deux
fois
par
semaine,
ou
celui
qui
réalise
un
nombre
minimal
d’heures
de
nuit
sur
une
période
de
référence,
établie
par
accord
ou
convention.
À
défaut
d’accord,
le
nombre
minimal
d’heures
à
accomplir
est
de
270
heures
pour
une
période
de
12
mois
consécu-
tifs
»(articles
L
3122-31
et
R
3122-8).
La
réglementation
prévoit
la
trac¸abilité
de
cette
pénibilité
du
travail
de
nuit
et
du
travail
posté.
Depuis
le
1er février
2012,
l’employeur
doit
consigner,
sur
des
fiches
de
prévention
des
expositions,
les
conditions
d’exposition
aux
facteurs
de
pénibilité,
dont
font
partie
le
travail
posté
et
le
travail
de
nuit
(articles
L
4121-3-1
à
L
4121-5
du
Code
du
travail)
:
mode
d’exposition,
période
d’exposition
et
mesures
de
préven-
tion
organisationnelles
(article
D
4121-6
du
Code
du
travail).
Ces
fiches
doivent
être
transmises
au
service
de
santé
au
travail.
Mesures
contre
les
risques
Mesures
organisationnelles
La
problématique
de
la
violence
sur
le
lieu
de
travail
doit
être
traitée
par
toutes
les
parties
prenantes
en
développant
des
moyens
d’intervention
spécifiques
de
la
MU [35].
Il
s’agit
d’améliorer
l’accueil
et
les
conditions
de
séjour
aux
urgences
(propreté
des
locaux,
accueil
courtois
et
empathique,
éviter
les
patients
dans
les
couloirs),
fournir
une
information
régulière
aux
patients
et
aux
accompagnants,
réduire
les
temps
d’attente,
former
les
soignants,
avoir
un
projet
fonctionnel
et
architectural
du
service,
rédiger
des
procédures
et
avoir
une
approche
sécuritaire
pluridisciplinaire
du
projet
de
service [36].
Il
doit
y
avoir
un
protocole
de
poursuites
judiciaires
de
l’établissement
en
cas
d’agression
et
de
violences.
Pour
éviter
les
plaintes
et
réclamations,
la
décision
de
l’urgentiste
doit
être
contractualisée
avec
le
patient.
Le
ministère
de
la
Santé
franc¸ais
a
publié
un
guide
d’exploitation
des
plaintes
EMC
-
Médecine
d’urgence 3
25-210-A-55 Sécurité
des
soignants
et
analyse
des
dangers
en
médecine
d’urgence
et
réclamations
pour
améliorer
la
qualité
des
soins
par
une
analyse
systémique.
Les
décisions
de
justice
en
découlant
peuvent
être
uti-
lisées
prospectivement
en
incluant
leurs
dispositions
dans
la
mise
en
place
de
nouvelles
procédures
par
exemple,
ou
rétrospective-
ment
en
modifiant
les
fac¸ons
de
faire.
L’application
de
protocoles
de
soins
issus
de
l’analyse
des
plaintes
peut
en
diminuer
la
préva-
lence [37].
Mesures
techniques
Les
soignants
doivent
être
formés
au
repérage
des
personnes
sus-
ceptibles
de
devenir
violentes.
Quel
que
soit
le
métier,
médecin,
infirmier,
aide-soignant,
ambulancier,
cadre
ou
secrétaire,
chacun
doit
être
formé
à
comprendre
les
situations
de
violence,
les
dépis-
ter,
les
prévenir
et
savoir
agir
en
conséquence.
L’esprit
d’équipe
au
travail
permet
de
limiter
l’épuisement
pro-
fessionnel.
Le
«
défusing
»
et
la
mise
en
place
d’un
«
débriefing
»
après
une
intervention
à
forte
charge
émotionnelle,
avec
un
psychologue
ou
un
psychiatre,
voire
avec
la
cellule
d’urgences
médicopsychologiques,
permettent
d’en
diminuer
les
traces.
La
pratique
du
tai
chi
améliore
les
performances
au
travail
et
diminue
les
arrêts
de
travail
chez
des
infirmières
de
plus
de
50
ans [38].
Pour
limiter
les
risques
d’accident
de
la
route
en
retour
d’intervention,
la
plupart
des
transports
de
malades
ou
de
blessés
ne
justifient
pas
un
passage
prioritaire,
par
exemple
aux
feux
tri-
colores,
dans
la
mesure
ou
la
victime
est
médicalisée
et
stabilisée.
Le
statut
prioritaire
de
l’ambulance
devrait
être
une
«
prescription
médicale
»
(par
exemple
en
cas
de
syndrome
coronarien
aigu
avec
élévation
du
segment
ST).
Il
existe
des
formations
à
la
manutention
des
personnes
pour
éviter
les
accidents
musculosquelettiques
au
travail.
Les
mesures
d’isolement
des
malades
a
priori
contagieux
et
les
vaccinations
du
personnel
soignant
contre
l’hépatite
B
ou
la
grippe
limitent
le
risque
infectieux
au
travail.
Le
respect
des
précautions
standards
en
matière
de
gestes
infir-
miers
associé
à
l’usage
exclusif
de
matériels
sécurisés
limite
le
risque
d’AES
:
rinc¸age
et
désinfection
immédiats
de
tout
AES,
lavage
et
désinfection
des
mains
entre
chaque
patient
ou
entre
chaque
activité,
port
de
protections
adaptées
selon
le
geste
effectué
(gants,
lunettes,
masque,
surblouse,
etc.),
manipulation
adaptée
du
matériel
souillé
(recapuchonnage
interdit,
conteneurs
à
produits
souillés
à
proximité
immédiate
du
lieu
de
soins,
etc.),
nettoyage
des
surfaces
à
l’eau
de
Javel [39].
Mesures
comportementales
Il
s’agit
d’instaurer
un
climat
de
sécurité
pour
les
soignants
et,
par
ricochet,
pour
les
patients.
En
plus
de
l’esprit
d’équipe,
d’une
communication
de
qualité,
de
la
prise
en
charge
globale
des
patients
évoqués
plus
haut,
tous
les
soignants
doivent
faire
preuve
d’empathie,
de
respect
et
de
bienveillance
envers
les
patients.
En
même
temps,
leur
action
professionnelle
doit
être
ou
paraître
sûre
et
sans
ambiguïté.
Dans
des
situations
potentiellement
violentes,
il
est
conseillé
de
limiter
les
interlocuteurs
pendant
la
durée
du
passage
dans
le
service.
Outre
des
locaux
adaptés,
la
cohésion
de
l’équipe
et
des
effectifs
suffisants
et
formés,
la
prévention
de
la
vio-
lence
passe
par
le
fait
de
ne
pas
examiner
un
patient
menac¸ant
seul
et
de
respecter
une
distance
de
sécurité
sans
jamais
sous-estimer
le
danger
(rechercher
une
arme
par
exemple).
L’approche
relation-
nelle
du
patient
agité
vise
à
adopter
une
position
de
confiance
sans
prise
de
risque
héroïque
en
le
séparant
de
son
entourage,
en
médicalisant
la
relation
(prise
de
tension
artérielle,
fréquence
car-
diaque,
examen
somatique),
sans
tutoyer
ni
sembler
familier
avec
lui,
en
ne
posant
pas
de
questions
conflictuelles,
en
expliquant
ses
décisions,
en
étant
succinct
et
précis,
calme
et
déterminé [40].
L’urgence
n’exonère
pas
l’équipe
soignante
d’obtenir
le
consen-
tement
éclairé
des
patients
(tant
que
la
personne
est
en
mesure
de
donner
son
accord).
La
charge
de
la
preuve
que
cette
information
a
été
dispensée
incombe
à
l’urgentiste
qui
peut
la
faire
par
tout
moyen.
En
pratique,
l’information
devant
témoin
(l’infirmière
de
l’équipe
par
exemple)
et
une
note
dans
le
dossier
médical
et/ou
de
soins
permettent
d’en
apporter
la
preuve.
Autrement
dit,
cet
aspect
de
l’information
des
patients
rappelle
l’extrême
importance
médicolégale
du
dossier
du
patient,
en
particulier
du
dossier
médical
qui
est
le
support
de
la
trac¸abilité
des
soins
et
de
l’information
donnés
au
patient.
Moyen
de
lutte
contre
les
risques
en
MU
Analyse
systémique
Comme
nous
l’avons
vu
précédemment,
l’analyse
d’un
événe-
ment
indésirable
grave
(EIG)
a
pour
socle
le
modèle
de
Reason
qui
repose
sur
trois
principes
:
un
travailleur
fait
forcément
des
erreurs,
quelles
que
soient
ses
compétences
ou
sa
position
hiérarchique
(erreurs
patentes)
;
un
système
ou
une
organisation
comprend
des
défenses
en
pro-
fondeur
permettant
de
rattraper
des
erreurs
commises
;
l’organisation
globale
du
système
peut
être
à
l’origine
de
la
survenue
d’erreurs
(erreurs
latentes).
La
méthode
Association
of
Litigation
And
Risk
Management
(ALARM)
est
une
technique
d’analyse
à
la
recherche
de
causes
systémiques
après
un
EIG
ou
une
échappée
belle,
fondé
sur
le
modèle
de
Reason [41].
Il
s’agit
d’un
protocole
de
recherche
systé-
matique
de
facteurs
liés
aux
soins,
au
patient,
à
l’acteur
à
l’origine
de
l’événement
indésirable
et
au
système
(contexte
institutionnel,
facteurs
organisationnels
et
de
gestion,
liés
à
l’environnement
de
travail,
facteurs
d’équipe).
Cette
méthode
a
pour
principal
incon-
vénient
de
n’être
utile
qu’après
la
survenue
d’un
dommage.
Cindyniques
en
MU
Les
cindyniques,
sciences
du
danger,
apportent
une
approche
théorique
générale
des
dangers
dans
un
système.
Elles
permettent
de
repérer
des
sources
de
danger
avant
que
n’ait
eu
lieu
un
acci-
dent.
C’est
une
méthode
prospective
d’analyse
d’un
système
à
la
recherche
de
failles
dangereuses.
Ses
concepts
reposent
sur
une
représentation
à
cinq
dimensions
du
système
et
de
ses
composants
(groupes
d’éléments
ou
réseaux).
La
fabrication
du
danger
résulte,
dans
chacune
de
ces
dimensions,
de
déficits,
de
disjonctions
ou
de
contradiction
entre
dimensions,
ou
encore
de
dissonances
entre
réseaux.
L’étude
des
accidents
et
des
catastrophes
a
permis
d’identifier
une
liste
de
dix
causes
générales
(déficits
systémiques
cindyno-
gènes
[DSC])
classées
en
trois
groupes [42] :
les
déficits
culturels,
organisationnels
et
managériaux
(Tableau
2).
L’analyse
des
dangers
d’un
système
repose
d’abord
sur
sa
description
:
son
histo-
rique
qui
est
déterminant
pour
expliciter
sa
finalité
et
ses
valeurs,
son
environnement
et
ses
interactions,
son
organigramme,
sa
carte
décisionnelle
et
l’ensemble
des
processus
utilisés
qui
expli-
cite
les
dimensions
épistémique
et
statistique.
Cette
description
multidimensionnelle
permet
de
construire
l’hyperespace
du
dan-
ger
à
cinq
dimensions
(Fig.
1).
Appliquée
à
la
MU,
cette
méthode
en
permet
une
analyse
sous
un
angle
original
et
fournit
quelques
questions
de
fond.
Axes
de
l’hyperespace
du
danger
La
question
de
l’axe
téléologique
de
l’urgentologie,
autrement
dit
de
sa
finalité,
n’est
pas
aussi
simple
qu’il
n’y
paraît.
Quelles
sont
les
finalités
de
la
MU
?
Cette
question
complexe
se
confronte
aux
données
historiques
et
actuelles
du
développement
de
la
MU.
L’histoire
montre
que
le
système
d’urgences
préhospitalières
a
été
créé
par
une
dynamique
de
soins
alors
que
les
services
d’urgence
l’ont
été
par
une
dynamique
organisationnelle
(Tableau
3).
La
notion
d’urgence
et
le
système
d’urgences
préhospitalières
sont
nés
de
la
volonté
de
sauver
des
vies
en
agissant
au
plus
tôt
(donc
au
plus
près)
des
victimes
d’accident
civil
ou
de
guerre.
D’un
autre
côté,
il
semble
que
les
SU
hospitaliers
soient
nés
par
commodité
pour
les
spécialistes
pour
limiter
la
désorganisation
de
leur
ser-
vice
générée
par
cette
activité
non
programmée [43].
Autrement
dit,
il
existe
une
dissonance
téléologique
entre
les
systèmes
extra-
et
intrahospitaliers
qui
se
manifeste
notamment
par
l’absence
de
consensus
sur
la
définition
de
l’urgence
médicale [2].
4EMC
-
Médecine
d’urgence
Sécurité
des
soignants
et
analyse
des
dangers
en
médecine
d’urgence 25-210-A-55
Tableau
2.
Déficits
systémiques
cindynogènes
(DSC)
empiriques.
Définition
Exemple
Déficits
culturels
DSC1
Culture
d’infaillibilité
Nous
avons
tout
prévu,
rien
ne
peut
nous
arriver.
Rien
ne
vous
autorise
à
douter
de
nos
compétences
DSC2 Culture
de
simplisme
Il
y
a
les
urgences
vitales
et
la
bobologie
DSC3
Culture
de
non-communication
Qualité
des
transmissions
médicales
en
salle
d’urgence,
barrières
linguistiques
avec
le
patient
DSC4
Culture
nombriliste
Liée
au
DSC1,
défauts
d’ouverture
d’un
réseau
vers
d’autres
réseaux
(MU,
MG,
etc.)
Déficits
organisationnels
DSC5
Subordination
des
fonctions
de
gestion
du
risque
aux
fonctions
de
production
ou
d’autres
fonctions
génératrices
de
risque
Prévalence
des
critères
productivistes
sur
les
critères
de
santé
et
de
sécurité
:
fermetures
de
lits
d’hospitalisation,
réduction
d’effectifs
soignants,
etc.
Les
restrictions
budgétaires
dans
les
hôpitaux
mettent
en
péril
la
qualité
des
soins.
DSC6
Dilution
des
responsabilités
Problématique
des
médecins
non
inscrits
à
l’ordre
des
médecins
Déficits
managériaux
DSC7
Absence
d’un
système
de
retour
d’expérience
Absence
de
suivi
des
patients
externes
des
urgences,
insuffisance
de
RMM,
etc.
DSC8 Absence
d’une
méthode
cindynique
dans
l’organisation
Défaut
de
prise
en
compte
de
la
sécurité
des
patients
et
des
soignants
dans
les
restructurations,
etc.
DSC9 Absence
d’un
programme
de
formation
aux
cindyniques
Déficit
pédagogique
de
la
question
des
risques
dans
les
formations
des
soignants,
etc.
DSC10
Absence
de
préparation
aux
situations
de
crise
Manque
d’exercices
«
plan
blanc
»,
etc.
MU
:
médecine
d’urgence
;
MG
:
médecine
générale
;
RMM
:
revue
de
morbidité
mortalité.
Axe téléologique (finalités)
Axe statistique (faits, données)
Axe épistémique (modèles) Axe déontologique (règles)
Axe axiologique (valeurs)
Figure
1.
Hyperespace
générique
du
danger.
Tableau
3.
Résumé
historique
de
la
médecine
d’urgence
en
France.
Urgences
préhospitalières
Urgences
intrahospitalières
Nées
de
la
volonté
de
sauver
des
vies
en
agissant
au
plus
tôt
des
victimes
d’accident
civil
ou
de
guerre
(F.
Percy
et
D.
Larrey
pendant
les
guerres
du
premier
empire,
H.
Nachtel
à
Paris
de
1884
à
1907)
Création
à
la
fin
des
années
1950
des
services
mobiles
d’urgence
et
de
réanimation
(SMUR)
pour
faire
face
à
une
épidémie
de
poliomyélite
et
à
l’hécatombe
des
blessés
de
la
route
en
médicalisant
la
«
golden
hour
»
Nées
par
commodité
pour
les
spécialistes
en
limitant
la
désorganisation
de
leur
service
par
cette
activité
non
programmée
Création
d’une
unité
de
lieu
pour
soulager
les
services
d’hospitalisation
de
cette
activité
aléatoire
L’accueil
hospitalier
s’est
progressivement
individualisé
à
l’interface
ville–hôpital
Logique
de
soins
Logique
d’organisation
De
nombreuses
questions
se
posent
pour
les
autres
dimen-
sions.
Par
exemple,
les
valeurs
de
travail
en
médecine
d’urgence
sont-elles
partagées
entre
les
différents
acteurs
?
Existe-t-il
des
divergences
de
valeurs
entre
certains
métiers
?
Certaines
valeurs
de
l’administration
hospitalière
et
celles
des
urgentistes
sont-elles
compatibles
?
Les
mêmes
questions
se
posent
pour
les
règles
uti-
lisées
par
les
différents
acteurs
de
la
MU
(axe
déontologique)
ou
les
modèles
(axe
épistémique).
Les
données
d’activité
sont-elles
fiables
et
disponibles
(axe
statistique)
?
Réseaux
d’acteurs
En
pratique,
la
première
étape
de
l’étude
d’un
système
sous
l’angle
cindynique
est
de
déterminer
les
réseaux
d’acteurs
aux-
quels
on
s’intéresse.
En
MU,
on
peut
considérer
chaque
secteur
d’activité
(régulation,
SMUR,
service
d’urgence,
UHCD),
chaque
métier
(urgentistes,
IDE,
aides-soignants,
ambulanciers,
auxi-
liaires
de
régulation
médicale,
etc.)
ou
chaque
acteur
de
la
MU
(professionnels,
usagers,
administration).
Ensuite,
chacun
de
ces
groupes
peut
être
projeté
dans
les
cinq
dimensions
de
l’espace
du
danger.
Dans
l’exemple
du
Tableau
4,
en
s’intéressant
aux
urgentistes,
aux
usagers
et
à
l’administration
de
la
santé,
l’énoncé
synthétique
de
chacune
de
leurs
dimensions
soulève
quelques
questions.
Par
exemple,
si
la
satisfaction
des
usagers
est
un
objec-
tif
partagé
par
tous
les
acteurs
de
santé,
la
définition
des
urgences
est-elle
partagée
entre
tous
les
urgentistes
?
En
dehors
des
plaintes
et
réclamations
déposées
par
les
usagers
ou
leur
représentant,
il
n’y
a
pas
de
système
de
recueil
routinier
des
erreurs
ou
des
effets
EMC
-
Médecine
d’urgence 5
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