
Mettre l’accent sur les impôts équitables et progressifs. S’il veut générer plus de
revenus pour les investir dans les services publics et mettre de l’ordre dans les finances
de la province, le gouvernement devrait mettre l’accent sur les impôts progressifs parce
qu’ils permettront aussi de réduire les inégalités, plutôt que mettre l’accent sur les
impôts régressifs et les frais d’utilisation.
Quelques impôts progressifs pourraient facilement éliminer le déficit résiduel.
Réinstaurer à 16 % le taux d’imposition des sociétés : 60 millions de dollars. Ce taux
est le même que celui de l’Î.-P.-É. et de la Nouvelle-Écosse. Le taux général
d’imposition des sociétés au Nouveau-Brunswick se chiffrait à 17 % jusqu’en 2000.
Éliminer les échappatoires fiscales qui avantagent principalement les personnes à
revenu élevé : 20 millions de dollars +. La déduction fiscale pour achat de titres qui
permet aux PDG et autres cadres supérieurs de payer des impôts à un taux deux fois
moins élevé que celui que doivent payer les gens ordinaires sur leur revenu de travail,
coûte déjà 20 millions de dollars par année à la province.
Réinstaurer la taxe sur le capital des grandes sociétés à un taux de 0,3 % : 50
millions de dollars. Jusqu’en 2005, le Nouveau-Brunswick avait un impôt sur le capital
des grandes sociétés et le taux était de 0,3 %. À cette époque, cela lui permettait de
recueillir plus de 40 millions de dollars par année.
Augmenter les redevances sur les ressources naturelles, y compris le bois d’œuvre
et la potasse afin de permettre à la province de générer davantage de revenus, et pour
permettre la concurrence entre les plus petits exploitants privés de terres à bois lorsque
vient le temps de vendre aux usines.
Taxe progressive sur le carbone à un taux de 30 $/tonne de CO2 : 430 millions de
dollars (brut), 200 millions de dollars (net) après avoir compensé la majorité des
ménages du Nouveau-Brunswick pour l’augmentation des coûts. Les cinq plus grandes
provinces du Canada, qui représentent plus de 90 % de la population, ont annoncé la
mise en place d’une taxe ou prix sur le carbone. Le Nouveau-Brunswick devrait en
mettre une en place qui soit efficace et progressive. À 30 $/tonne, la province pourrait
générer 430 millions de dollars. Un chèque de remboursement « vert » annuel de 300 $
pour chaque personne du Nouveau-Brunswick devrait compenser la grande majorité
pour l’augmentation des coûts, ce qui laisserait, à la province, 200 millions de dollars
nets pouvant être investis pour améliorer l’environnement et les services publics,
réduire la pauvreté, et améliorer d’autres secteurs.
Front commun pour la justice sociale du Nouveau-
Brunswick inc.
www.frontnb.ca
(les informations proviennent d’un document produit par Toby Sanger, économiste au S.C.F.P.)