de la technique et jouent un rôle important dans l’obtention de
l’hémostase.
Parmi les malades traités endoscopiquement, 10 % à 30 % vont pré-
senter une récidive hémorragique. La réalisation préventive d’une
seconde endoscopie réduit le risque de récidive de 6 %, mais sans
influencer le taux de recours chirurgical ni la mortalité (18). En
cas de récidive, une seconde hémostase endoscopique peut être
obtenue dans environ 70 % des cas. La présence de signes de choc
et l’existence d’un volumineux ulcère de plus de 2 cm sont considé-
rés comme des facteurs prédictifs d’échec de ce second traitement
endoscopique (19).
–Traitement chirurgical : en cas de saignement actif non contrôlé
par le traitement endoscopique, une sanction chirurgicale s’impose.
Chez les malades à très haut risque opératoire, l’embolisation est
une alternative thérapeutique dont les résultats sont équivalents à
ceux de la chirurgie et dont les complications ont été largement
réduites ces dernières années grâce à l’amélioration des techniques
de radiologie interventionnelle (minicoils,etc.) (20).
–Traitements médicamenteux : les traitements médicamenteux
jouent un rôle essentiellement adjuvant dans la prise en charge ini-
tiale des ulcères hémorragiques. En effet, la plupart des hémorra-
gies ulcéreuses vont s’arrêter spontanément. Le but du traitement
médical sera donc, à court terme, de limiter les récidives et, à long
terme, de cicatriser l’ulcère. Afin de limiter les récidives, l’objec-
tif initial est d’obtenir la stabilité du caillot. En effet, lorsque le pH
est inférieur à 5,4, l’agrégation plaquettaire et la coagulation sont
abolies, alors que, si le pH est maintenu constamment au-dessus
de 6, le pepsinogène est inactivé de façon irréversible, permettant
la mise en place des différentes phases de la coagulation.
L’oméprazole per os, par rapport au placebo, permet de diminuer
le nombre des transfusions, le taux de récidive, de recours à la
chirurgie et la durée d’hospitalisation (21). En raison de la régé-
nération régulière des pompes à protons et de la demi-vie courte
des IPP (50 à 60 minutes), l’administration en perfusion continue
des IPP pourrait être un schéma plus adapté aux HDH. Ainsi,
en 2000, Lau et al. mettaient en évidence une diminution significa-
tive des récidives hémorragiques chez les patients présentant un
ulcère à haut risque de récidive traités par IPP à fortes doses par
voie intraveineuse (80 mg suivis de 8 mg/h pendant 72 heures) après
obtention de l’hémostase par voie endoscopique (22). D’autres
études ont été réalisées depuis, apportant des résultats généralement
concordants vis-à-vis de l’efficacité de ce type de protocole sur la
récidive et le recours à la chirurgie, mais avec des divergences quant
à son impact sur la mortalité. Ainsi, dans une méta-analyse récente
incluant 2 915 patients, les IPP, quelle que soit leur voie d’adminis-
tration, ont permis de réduire les récidives et le recours à la chirur-
gie, mais sans effet sur la mortalité par rapport au placebo ou aux
anti-H2 (23) ; la restriction de l’analyse aux études ayant utilisé
de fortes doses d’IPP par voie intraveineuse ne modifiait pas ces
résultats. En revanche, dans une autre méta-analyse, les IPP à fortes
doses par voie intraveineuse réduisaient significativement la réci-
dive, le recours à la chirurgie, mais aussi la mortalité (24). Ces
divergences peuvent éventuellement trouver une explication dans
une analyse comparative qui a montré que l’efficacité des IPP est
plus importante sur la récidive, sur le recours à la chirurgie et sur
la mortalité dans les études réalisées en Asie que dans celles
conduites en Europe ou aux États-Unis, probablement en raison
de caractéristiques génétiques modifiant la pharmacodynamique
des IPP dans cette population (25).
Le traitement par IPP n’est pas une alternative au traitement endo-
scopique, puisque comparé, dans une étude asiatique, à l’associa-
tion avec un traitement endoscopique, le traitement par de fortes
doses d’IPP par voie intraveineuse utilisé seul augmente les réci-
dives et la durée d’hospitalisation (26).
La recherche et l’éradication de Helicobacter pylori est justifiée
en cas d’ulcère hémorragique afin de diminuer les récidives qui
surviendraient chez un tiers des malades infectés et non traités dans
les 1 à 2 ans suivant l’épisode initial. Il existe peu de données
concernant l’influence de l’infection à Helicobacter pylori sur la
récidive à la phase aiguë de l’ulcère hémorragique.
Parmi les autres causes d’hémorragies digestives hautes non
liées à l’hypertension portale, on retient essentiellement : les
gastrites liées ou non au stress, le syndrome de Mallory-Weiss,
l’œsophagite peptique, les ulcérations sur hernie hiatale, l’ulcé-
ration simplex de Dieulafoy et les ectasies vasculaires antrales.
La prise en charge de ces différentes pathologies ne diffère pas
en phase hémorragique de celle des ulcères. Les lésions de Dieu-
lafoy ont la particularité d’entraîner des saignements abondants
pouvant mettre rapidement en jeu le pronostic vital. L’endoscopie
peut se révéler peu contributive, soit en raison de l’importance du
saignement, soit, si elle est réalisée après l’arrêt de l’hémorragie,
en ne mettant en évidence aucune lésion, ce qui contraste avec
l’importance du saignement et doit faire évoquer le diagnostic. Si
la lésion est identifiée, le traitement endoscopique, essentiellement
par méthode mécanique ou par l’association de deux méthodes
(injection suivie d’une pose de clips), peut alors être efficace. Dans
le cas contraire, un recours rapide à la chirurgie est alors nécessaire.
Les ectasies vasculaires antrales relèvent en premier lieu d’un
traitement endoscopique par coagulation par plasma argon.
Les hémorragies liées à l’hypertension portale
Elles représentent la deuxième grande cause d’hémorragie diges-
tive haute (20 %). Elles peuvent être liées soit à la rupture de
varices œsocardiales ou fundiques, soit à une forme sévère de gastro-
pathie hypertensive. Les deux tiers des hémorragies s’arrêtent spon-
tanément, mais 60 % vont présenter une récidive précoce. En l’ab-
sence de traitement, la mortalité liée à l’épisode hémorragique varie
de 30 % à 50 %. Les facteurs prédictifs de la mortalité sont surtout
représentés par les facteurs reflétant la gravité de la cirrhose (score
de Child). La fonction rénale, un état de choc initial, une transfu-
sion massive (> 5 culots globulaires) et une intubation trachéale sont
également des facteurs pronostiques indépendants. En revanche,
le décès est rarement lié à la perte sanguine initiale.
–Traitements vaso-actifs : le mécanisme de la rupture de varice
est de type explosif par augmentation de la pression intravariqueuse.
Si le gradient de pression portale est inférieur à 12 mmHg, le risque
de saignement est pratiquement nul. Les traitements vaso-actifs,
en diminuant la pression portale et la pression intravariqueuse,
La lettre de l’hépato-gastroentérologue - n° 4 - vol. VIII - juillet-août 2005 159