
de son empire. Il fonda la fameuse
université de Sankore à Tombouctou.
Il établit des relations diplomatiques avec
la Tunisie et l’Égypte, et fit venir des
enseignants et des artisans. Sous le règne
de son fils qui lui succéda à sa mort,
commence le déclin de l’empire et les
touaregs envahissent Tombouctou.
Après 1400, l’empire s’écroula et le
royaume de Gao, fondé en 1464, par un
roi des Songhaï, émergea à son tour,
s’agrandit florissant et devint l’empire
Songhaï. A son apogée, l’Empire
Songhaï s’étendait de l’Atlantique au lac
Tchad sur 2500 km, et donna à
Tombouctou ses heures de gloire
commerciale. Mais Tombouctou fut
détruite par une expédition marocaine
équipée d’armes à feu (les premières à
être utilisées au sud du Sahara), envoyée
par le sultan Ahmad al-Mansur qui
voulait mettre la main sur le commerce
de l’or (1591).
À l’est de l’Empire songhaï, entre le
fleuve Niger et le lac Tchad, se
développèrent les cités-États des
Haoussa et l’empire de Kanem-Bornou.
Les États haoussa (Biram, Daura,
Katsina, Zaria, Kano, Rano et Gobir) se
formèrent vers le Xe siècle et tirèrent
profit de la chute de l’Empire songhaï. Le
commerce transsaharien se déplaça vers
l’est et passa sous le contrôle de Katsina
et de Kano, qui devinrent les centres d’un
commerce et d’une vie urbaine
florissants.
Le Kanem fut fondé au VIIIe siècle au
nord et à l’est du lac Tchad et formait un
État doté d’une structure assez lâche. À
la fin du XIVe siècle, au terme de
multiples invasions nomades, les sultans
du Kanem investirent la région du
Bornou pour former le Kanem-Bornou.
Le plus célèbre des dirigeants bornouans,
maï Idris Alooma (1580-1617) introduisit
les armes à feu achetées aux Turcs
ottomans. À son apogée, le Kanem-
Bornou contrôlait les routes du Sahara
oriental, mettant l’Afrique centrale en
liaison avec l’Égypte et la Libye ; il
amorça un long déclin à partir du XVIIe
siècle. Par la suite, des petits royaumes
(Macina, Gonja, Ségou, Kaarta) tentèrent
de dominer l’Ouest africain, mais ils ne
purent ranimer le commerce trans-
saharien en déclin par suite de
l’ouverture des comptoirs commerciaux
européens sur la côte de la Guinée à
partir du XVIe siècle.
L’ENTRÉE EN SCÈNE DES OCCIDENTAUX
Henri le Navigateur, prince de Portugal,
fut l’initiateur des premières expéditions
autour de l’Afrique, qui débutèrent en
1434 et aboutirent au doublement du cap
de Bonne-Espérance par Bartolomeu
Dias en 1488 et à la découverte de la
route des épices (l’océan Indien) par
Vasco de Gama (1497-1498). Les
Portugais établirent des comptoirs (fort
d’El Mina sur la Côte-de-l’Or en 1482) et
furent bientôt suivis par les Français, les
Hollandais et les Anglais. Les nouveaux
venus négociaient avec les peuples
côtiers les produits africains locaux (or,
ivoire, gomme, peaux d’animaux) et les
esclaves contre de la verroterie, des
gadgets et des fusils élémentaires.
Partout où ils accostèrent, les ensembles
commerciaux et politiques existants ou
en cours de formation furent perturbés
(disparition du grand commerce trans-
saharien et des grands empires), et, les
systèmes économiques et religieux furent
profondément modifiés (instauration du
commerce inégal et de la traite négrière ;
introduction du christianisme). Au cours
des quatre siècles du commerce des
esclaves, des millions d’Africains furent
victimes de ce trafic d’êtres humains. La
plupart furent capturés par d’autres
Africains et échangés contre différents
biens de consommation. Le premier
grand royaume à tirer profit du
commerce des esclaves fut le Bénin, dans
l’actuel Nigeria, fondé au XIIe siècle.
Vers la fin du XVIIe siècle, le Bénin fut
supplanté par les royaumes du Dahomey
et d’Oyo. Au milieu du XVIIIe siècle, les
Ashanti de l’actuel Ghana commencèrent
leur ascension. Sous l’asantehene (roi)
Osei Kojo (qui régna de 1764 à 1777), ils
s’approchèrent des comptoirs commer-
ciaux européens établis le long de la
Côte-de-l’Or. Plus à l’est, le royaume
yorouba d’Oyo déclina à la fin du XVIIIe
siècle, entraînant l’intervention des Peul
du nord. Vers 1835, Oyo fut abandonnée,
mais les Peul furent repoussés à la
bataille d’Oshogbo (vers 1840).
À la fin du XVIIIe siècle, les sociétés
philanthropiques britanniques s’oppo-
sèrent au commerce des esclaves. À la
suite de la décision Mansfield, qui avait
libéré les esclaves au Royaume-Uni en
1772, des projets furent établis pour la
création d’une colonie d’esclaves libérés
en Afrique occidentale. La première
tentative (1787-1790) dans la baie de
Saint-Georges (en Sierra Leone) fut un
échec. Une seconde tentative, lancée par
les abolitionnistes, aboutit à la fondation
de Freetown, dans la même région
(1792). L’exemple de la Sierra Leone
attisa l’intérêt des libéraux américains et,
au début de 1822, une société phi-
lanthropique américaine, l’American
Colonization Society, fonda sa propre
colonie du Liberia.
LA PÉRIODE COLONIALE
ET SON INCROYABLE DÉNOUEMENT
Avec le développement des intérêts
privés en Afrique, l’engagement
européen s’intensifia. Les Français
entamèrent la conquête de l’Algérie et du
Sénégal dans les années 1830.
L’occupation systématique de l’Afrique
tropicale commença au cours de la
seconde moitié du siècle dans le sillage
des explorations. Les premières missions
européennes qui pénétrèrent à l’intérieur
se heurtèrent aux États en voie de
constitution, mais le continent avait été
ravagé par la traite des Noirs et
l’importation de fusils. Les chefs
africains ne purent s’opposer à la
pénétration européenne, trop violente et
trop forte. En effet, outre leur puissance
des armes, les européens, en substituant à
l’économie de traite (échange des
produits de la cueillette, des défenses et
des peaux d’animaux contre des biens
manufacturés sans valeur) la recherche
de matières premières destinées à
alimenter leurs usines chez eux, ont
sérieusement consolidé leur puissance
économique. Ils étaient devenus seuls
maîtres à bord.
À la conférence de Berlin (1884-1885),
les puissances occidentales, auxquelles
s’était jointe la Turquie, au faîte d’une
arrogance méprisante, définirent leurs
sphères d’influence, laissant la déli-
mitation des frontières encore inconnues
à une date indéterminée. Aucun État
3FR
afrique de l’ouest