éditorial
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CHRONIQUE DUNE NOUVELLE NAISSANCE
L’Afrique a été colonisée : elle a subi une
exploitation matérielle à grande échelle,
elle s’est vu imposer un découpage
territorial non conforme aux lignes de
légitimité traditionnelle, des idéologies
politiques et religieuses importées, des
virus et des endémies jusqu’alors
inconnus sur son territoire.
Après les indépendances formelles, fut
inaugurée l’ère dite de la néoco-
lonisation. Le plus illustre des agents de
mise en œuvre de ce nouveau système a
pour nom le FMI (Fonds Monétaire Inter-
national). En effet, ce dernier s’avère être
un bourreau encore plus efficace et plus
dévastateur : il provoque, dans le Tiers-
Monde, des guerres et leur cortège de
misères (famine, épidémies…) en
octroyant à des dirigeants sans scrupules
les moyens de s’armer jusqu’aux dents. Il
prête à certains autres dirigeants des
devises que ces derniers mettent à l’abri
dans des paradis fiscaux occidentaux tels
que la Suisse ou le Luxembourg. Par la
suite, il accroît la pauvreté, dans cette
partie du monde, en imposant des plans
de réajustement structurel néfastes et des
taux de remboursement inacceptables
aux populations et à leurs petites
entreprises locales qui n’ont aucunement
bénéficié de l’argent prêté à la poignée de
dirigeants. Puis, avec cynisme, on
stigmatise le marasme et l’agonie de
l’économie de l’Afrique et aussi, au
passage, la décrépitude de ses institutions
bancaires.
Mais une telle prophétie ne tient pas
compte de quelques initiatives persé-
vérantes qui, même de petite taille, ont un
grand avenir : c’est le cas de ce qu’on
appelle les tontines, des véritables oasis
bancaires bien organisées et qui s’oxy-
gènent dans les “tripes” et les valves
économiques de quelques collectivités
africaines et auxquelles un des
intervenants consacre quelques lignes
dans ce numéro. Le lecteur parcourra,
dans cette même livraison, tant d’autres
textes ancrés sur le rôle moteur de la
femme et de l’artiste dans l’essor
possible de l’économie africaine.
Emmanuel NDE FEUKAM
Vice-Président du CCAE/B-RVDAGE/B
La lecture des stratégies adoptées par les
populations d’Afrique de l’Ouest pour
améliorer la qualité de leurs vies dévoile
la prévalence de deux mécanismes :
l’accès au crédit et aux moyens de
communication. Ces deux processus
étant particulièrement développés dans
les pays du Nord Ouest de l’Afrique, une
petite incursion dans leur passé peu
connu du grand public pourrait éclairer
certaines de leurs difficultés actuelles.
LAFRIQUE OCCIDENTALE PRÉCOLONIALE
Selon Hérodote, en 600 avant J-C, le
pharaon Mecho II ordonna à un amiral
phénicien de parcourir le continent
africain, appelé “Libya”, en ces temps-là.
Le mot “Africa” fut usité plus
tardivement. Après un périple de trois
ans, les navires partis du Golfe de Suez
en Mer rouge revinrent via Gibraltar. Le
second voyage connu fut entrepris par le
carthaginois Hanno qui parcourut les
côtes nord et nord-est de l’Afrique. Entre
400 et 300 avant. J-C, Eutiminio visita
l’Afrique de l’ouest et vers 200, un autre
grec, Plibius qui voyagera là, décrivit le
fleuve Gambia, plein de crocodiles.
En 200, un troisième grec Eudoxus de
Cyzicos navigua à travers l’Afrique.
Le désert du Sahara ne favorisa pas
tellement les voyages plus au coeur du
continent. C’est seulement entre 146 et
12 avant J-C, lorsque les pays de
l’Afrique du nord, Egypte, Libye,
Tunisie, Algérie et Maroc furent sous la
domination romaine que certains
explorateurs pénétrèrent le Sahara et
s’aventurèrent vers le Sud. Les récits de
ces voyageurs décrivent des Etats bien
structurés.
L’histoire officielle écrite considère le
royaume du Ghana comme le premier de
ces États. Ce royaume émergea à partir
du Ve siècle après J.-C., dans le sud-est
de l’actuelle Mauritanie, sur le site de
Koumbi Saleh qui devint la capitale du
royaume du Ghana. Ce royaume avait
établi sa notoriété sur l’exploitation des
mines d’or du Haut-Sénégal-Niger.
C’est le géographe arabe Ibn Howgal qui
mentionna le premier l’existence de ce
royaume du Ghana qui prospéra libre et
indépendant durant plus de 700 ans. En
700 des voyageurs arabes décrivent la
cour du Roi du Ghana comme un
splendide palace rutilant d’or et de
cristal.
Vers le début du XIe siècle, la cour du
Ghana comptait des conseillers musul-
mans. Les marchands musulmans
vivaient dans des grands quartiers
réservés, d’où ils dirigeaient un
commerce lucratif à grande échelle.
À la fin du XIe siècle, le royaume de
Ghana fut détruit par les Almoravides, un
mouvement fondé par les Berbères
sanhadja dénommés aussi Maures. Ils
imposèrent la religion musulmane et
esclavagisèrent de nombreuses popu-
lations. Les fugitifs se réfugièrent dans la
forêt Ashanti au sud; ils furent
dénommés Ashantis.
Au siècle suivant, les Soussous du Fouta-
Djalon, anciens vassaux du Ghana,
prirent le contrôle de la région, mais
durent se soumettre à l’empire du Mali
dont la capitale se trouvait à Niani, dans
le nord-est de la Guinée actuelle (vers
1240).
L’empire du Mali s’est développé vers le
début du XIe siècle, dans le cours
supérieur des fleuves Sénégal et Niger, à
partir d’un ensemble de peuples de
langue mandé. Au milieu du XIIIe siècle,
l’État commença son expansion sous la
direction de Soundiata Keita. L’empire
connut son apogée sous le règne du
mansa (roi) Moussa, qui conquit la
célébrité lors d’un fastueux pèlerinage à
La Mecque (1324-1325) au cours duquel
il distribua des pièces d’or en telle
quantité que le cours du métal s’effondra
sur les marchés du Caire.
Il s’investit essentiellement dans le
développement économique et culturel
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afrique de l’ouest
HISTORIQUE DE L’AFRIQUE OCCIDENTALE
de son empire. Il fonda la fameuse
université de Sankore à Tombouctou.
Il établit des relations diplomatiques avec
la Tunisie et l’Égypte, et fit venir des
enseignants et des artisans. Sous le règne
de son fils qui lui succéda à sa mort,
commence le déclin de l’empire et les
touaregs envahissent Tombouctou.
Après 1400, l’empire s’écroula et le
royaume de Gao, fondé en 1464, par un
roi des Songhaï, émergea à son tour,
s’agrandit florissant et devint l’empire
Songhaï. A son apogée, l’Empire
Songhaï s’étendait de l’Atlantique au lac
Tchad sur 2500 km, et donna à
Tombouctou ses heures de gloire
commerciale. Mais Tombouctou fut
détruite par une expédition marocaine
équipée d’armes à feu (les premières à
être utilisées au sud du Sahara), envoyée
par le sultan Ahmad al-Mansur qui
voulait mettre la main sur le commerce
de l’or (1591).
À l’est de l’Empire songhaï, entre le
fleuve Niger et le lac Tchad, se
développèrent les cités-États des
Haoussa et l’empire de Kanem-Bornou.
Les États haoussa (Biram, Daura,
Katsina, Zaria, Kano, Rano et Gobir) se
formèrent vers le Xe siècle et tirèrent
profit de la chute de l’Empire songhaï. Le
commerce transsaharien se déplaça vers
l’est et passa sous le contrôle de Katsina
et de Kano, qui devinrent les centres d’un
commerce et d’une vie urbaine
florissants.
Le Kanem fut fondé au VIIIe siècle au
nord et à l’est du lac Tchad et formait un
État doté d’une structure assez lâche. À
la fin du XIVe siècle, au terme de
multiples invasions nomades, les sultans
du Kanem investirent la région du
Bornou pour former le Kanem-Bornou.
Le plus célèbre des dirigeants bornouans,
maï Idris Alooma (1580-1617) introduisit
les armes à feu achees aux Turcs
ottomans. À son apogée, le Kanem-
Bornou contrôlait les routes du Sahara
oriental, mettant l’Afrique centrale en
liaison avec l’Égypte et la Libye ; il
amorça un long déclin à partir du XVIIe
siècle. Par la suite, des petits royaumes
(Macina, Gonja, Ségou, Kaarta) tentèrent
de dominer l’Ouest africain, mais ils ne
purent ranimer le commerce trans-
saharien en déclin par suite de
l’ouverture des comptoirs commerciaux
européens sur la côte de la Guinée à
partir du XVIe siècle.
LENTRÉE EN SCÈNE DES OCCIDENTAUX
Henri le Navigateur, prince de Portugal,
fut l’initiateur des premières expéditions
autour de l’Afrique, qui débutèrent en
1434 et aboutirent au doublement du cap
de Bonne-Espérance par Bartolomeu
Dias en 1488 et à la découverte de la
route des épices (l’océan Indien) par
Vasco de Gama (1497-1498). Les
Portugais établirent des comptoirs (fort
d’El Mina sur la Côte-de-l’Or en 1482) et
furent bientôt suivis par les Français, les
Hollandais et les Anglais. Les nouveaux
venus négociaient avec les peuples
côtiers les produits africains locaux (or,
ivoire, gomme, peaux d’animaux) et les
esclaves contre de la verroterie, des
gadgets et des fusils élémentaires.
Partout où ils accostèrent, les ensembles
commerciaux et politiques existants ou
en cours de formation furent perturbés
(disparition du grand commerce trans-
saharien et des grands empires), et, les
systèmes économiques et religieux furent
profondément modifiés (instauration du
commerce inégal et de la traite négrière ;
introduction du christianisme). Au cours
des quatre siècles du commerce des
esclaves, des millions d’Africains furent
victimes de ce trafic d’êtres humains. La
plupart furent capturés par d’autres
Africains et échangés contre différents
biens de consommation. Le premier
grand royaume à tirer profit du
commerce des esclaves fut le Bénin, dans
l’actuel Nigeria, fondé au XIIe siècle.
Vers la fin du XVIIe siècle, le Bénin fut
supplanté par les royaumes du Dahomey
et d’Oyo. Au milieu du XVIIIe siècle, les
Ashanti de l’actuel Ghana commencèrent
leur ascension. Sous l’asantehene (roi)
Osei Kojo (qui régna de 1764 à 1777), ils
s’approchèrent des comptoirs commer-
ciaux européens établis le long de la
Côte-de-l’Or. Plus à l’est, le royaume
yorouba d’Oyo déclina à la fin du XVIIIe
siècle, entraînant l’intervention des Peul
du nord. Vers 1835, Oyo fut abandonnée,
mais les Peul furent repoussés à la
bataille d’Oshogbo (vers 1840).
À la fin du XVIIIe siècle, les sociétés
philanthropiques britanniques s’oppo-
sèrent au commerce des esclaves. À la
suite de la décision Mansfield, qui avait
libéré les esclaves au Royaume-Uni en
1772, des projets furent établis pour la
création d’une colonie d’esclaves libérés
en Afrique occidentale. La première
tentative (1787-1790) dans la baie de
Saint-Georges (en Sierra Leone) fut un
échec. Une seconde tentative, lancée par
les abolitionnistes, aboutit à la fondation
de Freetown, dans la même région
(1792). L’exemple de la Sierra Leone
attisa l’intérêt des libéraux américains et,
au début de 1822, une société phi-
lanthropique américaine, l’American
Colonization Society, fonda sa propre
colonie du Liberia.
LA PÉRIODE COLONIALE
ET SON INCROYABLE DÉNOUEMENT
Avec le développement des intérêts
privés en Afrique, l’engagement
européen s’intensifia. Les Français
entamèrent la conquête de l’Algérie et du
Sénégal dans les années 1830.
L’occupation systématique de l’Afrique
tropicale commença au cours de la
seconde moitié du siècle dans le sillage
des explorations. Les premières missions
européennes qui pénétrèrent à l’intérieur
se heurtèrent aux États en voie de
constitution, mais le continent avait été
ravagé par la traite des Noirs et
l’importation de fusils. Les chefs
africains ne purent s’opposer à la
pénétration européenne, trop violente et
trop forte. En effet, outre leur puissance
des armes, les européens, en substituant à
l’économie de traite (échange des
produits de la cueillette, des défenses et
des peaux d’animaux contre des biens
manufacturés sans valeur) la recherche
de matières premières destinées à
alimenter leurs usines chez eux, ont
sérieusement consolidé leur puissance
économique. Ils étaient devenus seuls
maîtres à bord.
À la conférence de Berlin (1884-1885),
les puissances occidentales, auxquelles
s’était jointe la Turquie, au faîte d’une
arrogance méprisante, définirent leurs
sphères dinfluence, laissant la déli-
mitation des frontières encore inconnues
à une date indéterminée. Aucun État
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afrique de l’ouest
africain n’avait été invité à cette
conférence qui divisa le continent et
scella son devenir.
Les décisions prises se heurtèrent à une
résistance lors de leur application partout
où la situation le permettait. Les Français
firent face à une révolte en Algérie
(1870) et mirent longtemps à contrôler le
Sahara (1881-1905; 1920 en Mauritanie).
Dans l’ouest du Soudan, Samory Touré et
Ahmadou, fils et successeur d’El-Hadj
Omar, tentèrent, en vain, de garder leur
indépendance. Le Dahomey fut occupé
par les forces françaises en 1892 et le
Ouaddaï, au Tchad, fut la dernière région
à tomber aux mains des Français (bataille
de Kousséri contre Rabah, 1900).
Une fois les territoires pacifiés, les
Européens construisirent des routes et
des chemins de fer afin de faciliter
l’acheminement des matières premières
vers les ports. Ils firent entrer les
populations dans leur système écono-
mique en instaurant un système d’impôts
payables en numéraire grâce à l’intro-
duction de cultures industrielles, dites de
“rente” (arachide, coton, huile de palme,
sisal), ou sous la forme de travail non
rémunéré (le “travail forcé”) pour la
construction des infrastructures (routes,
barrages).
Au cours de la Première Guerre
mondiale, les territoires africains
allemands furent conquis et la Société
des Nations en fit des territoires sous
mandat des puissances alliées. Des
dizaines de milliers d’Africains furent
réquisitionnés pour combattre dans les
armées alliées sur les champs de bataille
européens.
En 1895, la France fédéra les territoires
de la Guinée, de la Côte d'Ivoire, du
Soudan, du Dahomey, de la Haute-Volta,
de la Mauritanie, du Niger et du Sénégal
en Afrique-Occidentale française (AOF).
La circonscription de Dakar en était la
capitale administrative. A la fin de la
seconde guerre mondiale, conformément
à la constitution française de 1946, qui
stipulait l’Union française des territoires
d’outre mer, l’AOF acquit le statut de
territoire français.
En 1958, la France commença à céder
aux aspirations à l’indépendance de ses
colonies. La nouvelle constitution
française préparée par De Gaule établit la
Communauté française, remplaçant
l’ancienne Union française. Cette
constitution laissait la faculté de choisir
entre l’indépendance complète et l’appar-
tenance à la Communauté française.
Seule la république de Guinée opta pour
l’indépendance totale. Les pays ayant
choisi d’entrer dans la communauté
acquirent l’autonomie intérieure. Mais
l’administration des finances, de la
défense nationale, de la justice, de
l’enseignement de degré supérieur, des
affaires étrangères, des transports à
l’extérieur des pays, des télécom-
munications et le contrôle des matières
premières stratégiques furent confiés à
l’organisation centrale de la communauté
française noyautée par la France. Ils
accédèrent à l’indépendance deux ans
plus tard.
Surgirent ainsi les républiques de
Soudan, du Niger, de la Mauritanie, de la
Côte d’Ivoire, de la Haute-Volta (Burkina
Faso), du Sénégal et du Dahomey (actuel
Bénin). Celles de Tchad (ancien
Oubangui-Chari), du Congo, du Gabon,
de la République Centre-Africaine se
formèrent en Afrique équatoriale
française. La Guinée a formé une union
provisoire avec le Ghana (ancienne Côte
d’Or britannique). L’ancien Cameroun et
le Togo français qui étaient placés sous la
tutelle des Nations Unies devinrent
indépendants en 1960. La Côte d’Ivoire,
le Niger, le Dahomey et la Haute Volta
formèrent un groupe, le Conseil de
l’Entente, relativement semblable au
Commonwealth britannique.
Ces nouveaux états devaient faire face à
d’écrasants problèmes. A part une
poignée de dirigeants, le reste des
populations était illettré. Il n’existait pas
de langue commune ; 400 langues étaient
parlées par 60 millions d’habitants alors
que la langue de travail dans l’admi-
nistration, l’enseignement et tous les
services publics demeurait le français.
C’est du tréfonds de cet entropie
indicible, que des populations bafouées
se battent pour retrouver leurs identités et
leur dignité, et vivre décemment.
Hélène MADINDA
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afrique de l’ouest
HISTORIQUE,TENDANCES,RAPPORTS
AVECLESFLUXFINANCIERSISSUSDE
LIMMIGRATION
Par Yéra NDEMBELE
Président de la FAFRAD
Constitués de réseaux d’épargne-crédit
de proximité souvent déconnectés des
systèmes centralisés, les micro-finan-
cements font l’objet d’une diversité
d’approches, reflet de leur origine, et des
dynamiques sous-jacentes.
Venant suppléer l’inadaptation du
système bancaire classique aux réalités
socio-économiques locales, les actions
de micro épargne-crédit sont souvent
menées dans le cadre des programmes
financés par les institutions bilatérales et
multilatérales dont elles sont de plus en
plus dépendantes. Ce qui pose le
problème de leur pérennisation en
l’absence des appuis extérieurs. Aussi
commence-t-on à s’interroger sur la
nécessité de les connecter aux réseaux
centralisés et aux flux financiers issus de
l’émigration. Le développement auto-
nome de ces systèmes suppose un cadre
institutionnel et juridique approprié
répondant à la fois à une nécessité
d’équilibre financier et à des contraintes
d’ordre socio-culturel. Le système ban-
caire classique des pays africains peut-il
intégrer ces nouvelles dimensions ?
Cet article tente de présenter un
historique des systèmes de micro-
finances en Afrique de l’Ouest et
d’esquisser une analyse explicative de
leur genèse et évolution en vue
d’explorer des pistes pouvant déboucher
sur une pérennisation endogène.
DE LINADAPTATION
DES MODÈLES IMPORTÉS
Le dualisme post-colonial des sociétés
africaines concerne tant la sphère
financière que la sphère sociale. D’un
côté, nous avons des institutions héritées
de la colonisation, de l’autre, nous avons
des systèmes traditionnels enracinés dans
ce qu’on appelle le pays réel. Les
premières sont d’autant moins capables à
couvrir les besoins de la majorité de la
population qu’elles sont initialement
conçues pour une couche relativement
restreinte de la population : celle qui est
susceptible d’assimiler la culture
occidentale et qui peut apporter des
garanties formelles au crédit et
indépendamment de la confiance.
Ainsi l’inadaptation des modèles
importés peut se situer à deux niveaux :
AU NIVEAU DE LA DISTANCE SOCIOLOGIQUE
ET CULTURELLE ENTRE SOCIÉTÉ DORIGINE
DU MODÈLE ET SOCIÉTÉ DACCUEIL
Il se trouve que la culture est comme “ la
paire de lunettes que l’on porte sur ses
propres yeux ”(1) la chose la plus difficile
à voir. L’erreur souvent commise en
Afrique est la croyance aveugle au
caractère universel des méthodes de
gestion et des règles permettant
d’instaurer des relations de confiance
entre organismes d’épargne-crédit et la
clientèle. On sait maintenant que tout en
gardant une même base scientifique, les
outils de gestion varient dans leur
application d’une société à l’autre :
différence entre méthodes japonaises,
méthodes françaises et méthodes amé-
ricaines. Pourquoi ces différentes
pratiques seraient-elles transposables
sans adaptation aux sociétés africaines ?
(1) Alain HENRY, Caisse Française de
Développement dans “Techniques Finan-cières &
Développement” N°38-39 Mars/Juin 1995 P.39
Epargne Sans Frontière
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dossier microcrédits
SYSMES DES MICRO-FINANCES EN AFRIQUE DE LOUEST
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