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Traitement systémique des métastases osseuses
RACHIS - Vol. 14, n°4, Octobre 2002.
re (19). Une recalcification des localisations osseuses
apparaît dans 10% à 20% des cas en cas d'efficacité du
traitement. La durée moyenne des réponses à l’hormo-
nothérapie est de l’ordre de 12 mois, et varie de 8 à 14
mois pour le tamoxifène. La survie médiane varie de 24
mois quand il existe une atteinte extra-osseuse à 36
mois en cas de localisation osseuse pure ; la survie à 5
ans varie de 10 à 20% (20).
En cas d’échappement à une première hormonothéra-
pie, mais lorsqu’une réponse thérapeutique a été aupa-
ravant obtenue, une nouvelle réponse par l’introduc-
tion d’un autre agent est possible dans chez environ
30% des patientes. En revanche, l’échec primaire
d’une première hormonothérapie est prédictif de l’i-
nefficacité d’une autre modalité de traitement hormo-
nal, avec un espoir de réponse inférieur à 10%.
L’hormonothérapie s’est enrichie ces dernières années
de nouvelles molécules actives et plusieurs “lignes” de
traitement sont successivement réalisables : anti-oes-
trogènes type tamoxifène, anti-aromatases stéroïdiens
et non stéroïdiens, progestatifs de synthèse.
●Les anti-oestrogènes : avec en chef de file le tamoxi-
fène qui représente le traitement de choix, bien que
cette place lui soit désormais disputée depuis peu par
les anti-aromatases de nouvelle génération. En cas de
réponse, le traitement sera poursuivi jusqu’à progres-
sion tumorale. La tolérance est bonne et les effets
secondaires limités : nausées, épigastralgies, accidents
vasculaires rares (phlébites, thromboses artérielles),
leucorrhées, hyperplasie vaginale. La stimulation de la
muqueuse utérine peut induire dans un faible nombre
de cas des cancers de l’endomètre dont le risque sem-
ble croître avec la durée du traitement. Cet effet indé-
sirable grave est d’un faible impact sur le traitement
dont la durée au stade métastatique excède rarement 2
ans.
●Les anti-aromatases étaient initialement limités à
l’aminogluthétimide et au formestane, deux composés
de maniement difficile. Ils sont maintenant enrichis de
composés de nouvelle génération dont 3 sont désor-
mais sur le marché : letrozole, anastrozole, et exemes-
tane dont l’efficacité thérapeutique et la tolérance sont
meilleures (21). Le mécanisme d’action de cette nou-
velle classe thérapeutique est le blocage de l’aromata-
se, enzyme clé dont la fonction est la conversion du
cholestérol et des androgènes en oestrogènes, au
niveau surrénalien ainsi qu’au niveau des tissus mous
périphériques. L’intérêt des molécules de nouvelle
génération réside dans leur absence d’effets secondai-
res surrénaliens et leur absence d’effets hormonal de
type agoniste. Ils n’ont pas les effets neurologiques et
allergiques observés avec l’aminogluthétimide. Ils
induisent en 2nde ligne thérapeutique après échec du
tamoxifène, des taux de réponses de l'ordre de 20% et
des durées de réponses de 6 à 8 mois (22,23). Comparé
àl’acétate de mégestrol, l’exemestane démontre une
supériorité en terme de survie sans progression (24).
Leur tolérance est bonne hormis la possibilité d'asthé-
nie, de bouffées de chaleur, et de prise de poids. En
revanche, on n'observe pas d'effet oestrogénique, et il
n’existe aucun risque pour la muqueuse utérine (25).
Cependant, l'effet agoniste du tamoxifène est béné-
fique sur la minéralisation osseuse et la suppression
oestrogénique totale pourrait en théorie aggraver l'os-
téoporose chez les patientes ménopausées chez les-
quelles les anti-aromatases sont volontiers prescrits.Ce
risque est néanmoins probablement négligeable en cas
de maladie métastatique en raison de la courte durée
du traitement.
●Les progestatifs de synthèse : ce groupe de molécu-
les est d’efficacité proche du tamoxifène. Les effets
secondaires ont fait cependant reculer les progestatifs
de la 2ème à la 3ème ligne thérapeutique après les
anti-aromatases de nouvelle génération. L’acétate de
medroxyprogestérone, chef de file, a donné des taux
de réponses similaires à ceux du tamoxifène, avec un
délai d’obtention de la réponse un peu moindre et une
meilleure efficacité dans les localisations osseuses.
Les effets secondaires sont marqués par : une prise de
poids, une hypertension artérielle, des accidents
thrombo-emboliques ; mais restent cependant modé-
rés. Le taux de réponses est de 10 à 20% avec une
durée de réponse de 6 mois (24,25). L’acétate de
mégestrol, a une efficacité au mieux égale à celle de
l’acétate de medroxyprogestérone et ses effets secon-
daires sont comparables (25).
La Chimiothérapie : Les métastases osseuses répon-
dent dans 30% à 50% des cas à la chimiothérapie. Ces
taux de réponses semblent supérieurs à ceux observés
dans le cas des métastases viscérales, et comparables à
ceux observés dans le cas des métastases cutanées ou
ganglionnaires. Il n’existe pas de chimiothérapie spé-
cifique des métastases osseuses et le traitement fait
appel généralement aux protocoles classiques (F
ACou
FEC ou taxanes, vinorelbine, ….). L’importance de
l’atteinte métastatique osseuse est à prendre en comp-