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III - EXAMENS COMPLEMENTAIRES
a) Etude analytique
On peut distinguer les méthodes d'exploration en 2 groupes :
- méthode diagnostique directe objectivant le RGO lui-même (radiologie, scintigraphie, pH-métrie, échographie) ;
- méthode diagnostique indirecte objectivant la cause ou la conséquence du reflux (manométrie, endoscopie,
histologie).
1- Les méthodes diagnostiques directes
La pH-métrie est la méthode de référence consistant en un enregistrement prolongé du pH au moyen d’une électrode
oesophagienne.
Les données recueillies et l'expression des résultats sont les mêmes que chez l'adulte (pourcentage du temps passé
au-dessous de pH 4, durée moyenne des épisodes de RGO, durée du reflux le plus long, ). L'existence d'un RGO
pathologique est déterminée sur des données quantitatives en référence à des valeurs "normales" retrouvées sur des
témoins sains : pourcentage de pH < 4 = 5,2 % sur 24 H ;
Les enregistrements de longue durée permettent de rechercher le reflux dans toutes les circonstances physiologiques
(repas, sommeil, différentes positions).
La pH-métrie nocturne ou sur 24 heures revêt une importance majeure dans l'exploration des RGO à manifestations
respiratoires chroniques ou à l'origine des malaises.
Le transit baryté oesophagogastroduodénal
La radiologie a une sensibilité faible, de 40 à 50 %. Elle précise toutefois les anomalies anatomiques oesophagiennes :
malposition cardiotubérositaire, hernie hiatale, compression parc arc vasculaire anormal.
La scintigraphie oesophagienne au Technétium permet de visualiser une image scintigraphique de RGO et de
générer une courbe d'activité oesophagienne en fonction du temps.
L'examen peut être complète d'images pulmonaires à la recherche d'une activité traduisant un passage pulmonaire du
contenu gastrique. La sensibilité est toutefois médiocre (de 60 % à 70 %) et il s’agit d’un examen peu disponible en
routine.
L'échographie permet d'étudier la région cardiotubérositaire et de montrer un reflux du contenu gastrique dans
l'oesophage. Sa sensibilité reste toutefois à évaluer.
2 - Les méthodes diagnostiques indirectes
L'endoscopie
Un matériel adéquat permet de faire des endoscopies même en période néonatale.
Elle permet d'affirmer la présence d'une oesophagite (érosive voire ulcérée), d'une anomalie
cardio-tubérositaire ou d'une complication (sténose, endobrachy oesophage).
Il est important de rappeler que :
- la présence d'une oesophagite peptique macroscopique permet d'affirmer le RGO mais qu'une fibroscopie normale
n'élimine bien sûr pas un tel diagnostic ;
- la fibroscopie est le seul examen fiable pour juger de l'importance des lésions muqueuses ;
- l'absence de parallélisme entre l'importance clinique du RGO et la présence d'une oesophagite souligne l'intérêt
particulier de l'examen endoscopique.
L'histologie
Le recours à l'étude histologique est peu fréquent en pratique pédiatrique pour deux raisons :
- d'une part, la présence d'une oesophagite purement microscopique n'a sans doute pas la même valeur pronostique
qu'une oesophagite ulcérée ;
- d'autre part, les biopsies sont souvent difficiles, de taille exiguë et donc plus souvent ininterprétables.
La manométrie
Elle permet:
- étude de la pression du sphincter supérieur de l'oesophage ;
- étude de la motricité oesophagienne,
- enregistrement de la pression basale du SIO et d'éventuelles relaxations inappropriées.
La manométrie reste d'application limitée chez l'enfant du fait :
- des difficultés purement techniques de réalisation liées à l'âge des enfants explorés ;
- de sa faible sensibilité (50 % seulement des malades ont une pression basale du SIO basse)
b) Le choix des examens complémentaires
Une stratégie d'exploration du RGO doit être définie et peut se diviser en trois étapes :
- faire le diagnostic du RGO et lui attribuer la responsabilité des signes cliniques ;
- rechercher une oesophagite peptique ;
- surveiller l'évolution du RGO sous traitement et poser l'indication éventuelle d'un traitement chirurgical.
1 - Le diagnostic positif du RGO
L'indication des examens complémentaires est dépendante des différents tableaux cliniques.
Les tableaux "digestifs" typiques du nourrisson