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LE CAS D’ÉCOLE
LA PERSONNE EN FIN DE VIE
UN QUESTIONNEMENT ENCADRÉ
Rappel de l’affaire initiale
En septembre 2000, Vincent Humbert, jeune
homme de vingt ans, est victime d’un très grave
accident de la circulation qui le laisse lucide,
mais aveugle, muet et tétraplégique. Hospita-
lisé, il manifeste deux ans plus tard son inten-
tion de mourir. Sa mère et le chef du service de
réanimation vont l’y aider. Ils sont mis l’une et
l’autre en examen. Une ordonnance de non-
lieu est délivrée à leur égard en février2006.
Interdiction formelle de donner la mort
La loi du 22avril 2005*, dite loi Leonetti, réaf-
firme que la vocation du soignant n’est jamais
de donner la mort et renforce les droits du
patient (voir encadré ci-contre). Mais, s’il est du
devoir du praticien de prendre en charge les
souffrances du patient en fin de vie, le texte
consacre le refus de l’obstination déraison-
nable. C’est dire que la loi autorise l’arrêt du
traitement lorsqu’il apparaît inutile, dispro-
portionné ou sans autre objet que le maintien
artificiel de la vie. La décision de limitation ou
d’arrêt du traitement ne peut toutefois être
prise sans qu’ait été préalablement mise en
œuvre une «procédure collégiale.»
L’accompagnement de fin de vie donne lieu
à débat dans la société française comme partout
ailleurs en Europe. C’est un sujet sensible,
d’une extraordinaire complexité, où se mêlent
droit et morale. Les professionnels de santé
confrontés à de telles situations se disent parfois
démunis. En France, la loi du 22 avril 2005
relative aux droits des malades et à la fin de vie
définit ce qui est licite et ce qui ne l’est pas.
Lorsqu’un patient n’est plus en état
de s’exprimer, mais qu’il a formulé des
instructions concernant la fin de sa vie,
ces directives l’emportent sur l’avis
de la personne de confiance, de la famille
et des proches. Pour cela, elles doivent
avoir été établies par écrit, de la main
de la personne concernée, et dater de moins
de trois ans. Elles sont bien sûr modifiables
ou révocables à tout instant par leur émetteur.
LES DIRECTIVES ANTICIPÉES
www.conseil-national.medecin.fr
www.sfap.org
Société française d’accompagnement
et de soins palliatifs (SFAP)
Accompagner les patients en fin de vie: une respon-
sabilité sensible et complexe, encadrée à la fois par la
loi et par le caractère collégial des décisions prises.
* Complétée par l’article 37 du code de déontologie médicale, modifié par décret du 29janvier 2010.