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échanges financiers sur les États et les
entreprises. Selon une certaine vision de
la globalisation financière, la libéralisa-
tion des capitaux a permis à certains in-
vestisseurs institutionnels (Fonds mu-
tuels, compagnies d'assurances), lesquels
détiennent un grand nombre d'obliga-
tions qui financent la dette publique des
États, de créer une certaine dépendance
des pays à leur égard.
« Plus les États sont dépendants
du bon vouloir des investisseurs,
plus les gouvernements doivent
favoriser une minorité de toute
façon privilégiée : celle des dé-
tenteurs de fortunes monétaires.
Leurs préoccupations sont tou-
jours les mêmes : inflation basse,
valeur extérieure de leur monnaie
stable et fiscalisation aussi basse
que possible de leurs intérêts »
(Martin et Schumann, 1997 : 85).
Ainsi, pour favoriser l'investis-
sement dans les titres publics, l'État doit
favoriser et offrir aux investisseurs des
taux d'intérêt réels positifs. Les États
peuvent également jouer sur le niveau du
taux de change de leur monnaie. Ils doi-
vent donc se rendre attrayants pour les
investisseurs étrangers en garantissant la
sécurité de leurs placements et en offrant
les meilleures conditions de rendement.
Bref, selon l'idéologie néolibérale, l'État
doit de plus en plus sacrifier sa souverai-
neté sur ses leviers financiers au profit
de la compétitivité sur la scène mondiale
de ses instruments monétaires et finan-
ciers.
En ce qui concerne les effets de
la globalisation financière sur les entre-
prises, ils furent sensiblement du même
ordre : dépendance des dirigeants envers
les investisseurs et concurrence interna-
tionale. Les entreprises se doivent de
faire fructifier au maximum les investis-
sements. « Le but demeure plus que ja-
mais le profit, (...) En effet, dans le cadre
de la mondialisation, le rendement fi-
nancier des actifs est surveillé par les
détenteurs de portefeuilles d'actions »
(Chesnais, 1997 : 98). Pour ce faire, la
mesure qui semble la plus susceptible
d'être utilisée est la mise à pied du per-
sonnel, la réduction des effectifs et la
diminution des coûts. À cet égard, les
entreprises chercheront à s'implanter
dans des pays qui leurs offrent les meil-
leures conditions d'implantation, c'est-à-
dire des pays où les coûts sociaux de
l'entreprise seront minimaux et où la
main-d’œuvre est qualifiée et abondante
(Veltz, 1996 : 140-143). Dans ces pays,
l'État a donc un rôle important à jouer
face aux entreprises, particulièrement à
l'égard des firmes multinationales
(FMN). Les politiques étatiques doivent
dès lors être attrayantes aux yeux des
entreprises, car la production de la ri-
chesse « ne dépend plus du seul rende-
ment des entreprises, de la technologie,
de la main-d’œuvre et du capital local,
mais également de la présence en terri-
toire national d'entreprises intégrées à
des réseaux mondiaux » (Groupe de Lis-
bonne, 1995 : 64). Les entreprises s'at-
tendent également à ce que les gouver-
nements puissent les aider à différents
niveaux : prise en charge des infrastruc-
tures, création de conditions favorables à
l'investissement en recherche et déve-
loppement, et surtout, mettre en œuvre
des politiques et des lois du travail qui
laissent aux entreprises une grande liber-
té d'action (idem : 129). Petrella (1997 :
Selon l’idéologie néolibérale, l’État doit
de plus en plus sacrifier sa souveraineté
sur les leviers financiers aux profits de
la compétitivité sur la scène mondiale de
ses instruments monétaires et financiers.