EPFL Automne 2015
Geometrie, MATH-120
Solutions s´erie 2
Exercice 1. Soit (G, ?) un groupe.
— (Unicite de l’element neutre) Montrer que si e0
G∈Gest tel que pour au moins
un element g∈Gon a g ? e0
G=galors e0
G=eG.
— (Unicite de l’inverse) Montrer que si hverifie g ? h =eGalors h=g−1.
— Que vaut (g−1)−1?
— Calculer (g ? h)−1en fonction de g−1et h−1.
Solution 1. — Soit g∈Gtel que g=g ? e0
G. En multipliant l’´equation `a la
gauche avec g−1on obtient
g−1? g =g−1?(g ? e0
G).
Par l’associativit´e du group Get la d´efinition de g−1on a donc
eG= (g−1? g)? e0
G,
qui nous donne finalement
eG=eG? e0
G=e0
G
par d´efinition de l’´el´ement neutre.
— Comme avant on multiplie les deux cˆot´es de l’´equation `a la gauche avec g−1
et on obtient
h=eG? h = (g−1? g)? h =g−1?(g ? h) = g−1? eG=g−1.
— Comme on a g ? g−1=g−1? g =eG, on sait que gest un inverse pour g−1.
Comme l’inverse est unique par l’exercise d’avant on a donc (g−1)−1=g.
— On a
(g ? h)?(h−1? g−1) = g ? (h?h−1)? g−1=g ? g−1=eG
et de la mˆeme mani`ere aussi (h−1? g−1)?(g ? h) = eG. De nouveau, comme
l’inverse est unique on obtient (g ? h)−1=h−1? g−1.
Exercice 4. Soit Snle groupe des permutations de l’ensemble
En={1,2,· · · , n}.
On note Id l’identite de En. Pour decrire les elements de Snon utilise la notation
suivante : (1,2) designe la permutation
(1,2) : 1 7→ 2,27→ 1,37→ 3
(1,2,3) designe la permutation
(1,2,3) : 1 7→ 2,27→ 3,37→ 1.
et on defini de meme (1,3), (2,1,3), (1, n, 2,5) ... Bien entendu pour que la notation
soit bien definie il faut que tous les entiers apparaissant dans les parentheses soient
distincts. Une telle permutation s’appelle un cycle ; soit (m1,· · · , mk) un cycle (les
m1,· · · , mksont distincts) ; l’entier k>2 est la longueur du cycle et le sous-ensemble
{m1,· · · , mk} ⊂ Ens’appelle le support du cycle. On peut montrer que toute permu-
tation s’ecrit comme produit de cycles a supports disjoints et que cette decomposition
est essentiellement unique.
— On considere le cas n= 3. Montrer que
S3={Id3,(1,2),(1,3),(2,3),(1,2,3),(1,3,2)}
— Ecrire la table de multiplication de ce groupe.
— Ce groupe est-t-il commutatif ?
— Montrer que pour n>4, le groupe Snn’est pas commutatif (trouver deux
permutations qui ne commutent pas).
Solution 4. — On sait qu’il existe 3! = 6 permutations de l’ensemble E3et
comme {Id3,(1,2),(1,3),(2,3),(1,2,3),(1,3,2)}sont 6 permutations
diff´erentes on sait que la liste est compl`ete.
Table 1 – table de multiplication de S3
?Id3(1,2) (1,3) (2,3) (1,2,3) (1,3,2)
Id3Id3(1,2) (1,3) (2,3) (1,2,3) (1,3,2)
(1,2) (1,2) Id3(1,3,2) (1,2,3) (2,3) (1,3)
(1,3) (1,3) (1,2,3) Id3(1,3,2) (1,2) (2,3)
(2,3) (2,3) (1,3,2) (1,2,3) Id3(1,3) (1,2)
(1,2,3) (1,2,3) (1,3) (2,3) (1,2) (1,3,2) Id3
(1,3,2) (1,3,2) (2,3) (1,2) (1,3) Id3(1,2,3)
— On voit que S3n’est pas commutatif comme la table de multiplication n’est
symetrique. Par exemple on a (1,3)?(1,2) = (1,2,3) 6= (1,3,2) = (1,2)?(1,3).
— soit n>4, il suffit de considerer les permutations precedentes dans Sn(vuent
comme permutations qui fixent tous les k∈ {4,· · · , n})
Exercice 6. On considere le groupe additif des entiers relatifs (Z,+).
1. Montrer que pour N∈Z,
NZ={Nn, n ∈Z}
l’ensemble des multiples de Nest un sous-groupe de Z(que vaut ce sous-groupe
pour N= 0 ?).
2. On va montrer la reciproque : tout sous-groupe de Zest de la forme NZ. Soit
H⊂Zun sous-groupe ; on considere 0 < N ∈Hle plus petit entier strictement
positif contenu dans H. Que ce passe-t-il si Nn’existe pas ?
3. On suppose que Nexiste. Soit m∈H, montrer que r>0 le reste de la division
euclidienne de mpar Nappartient a H.
4. En deduire que r= 0 et conclure.
Solution 6. 1. Soient m, n ∈NZalors m=N m0, n =N n0et
m−n=N(m0−n0)∈NZ
donc (NZ,+) est un sous-groupe. Si N= 0, NZ={0}est le groupe trivial.
2. Supposons que H6= 0 alors il existe n∈H− {0}. Quitte a remplacer npar −N
on peut supposer n > 0. Soit N > 0 et appartenant a Het de plus minimal
pour ces proprietes, alors Hcontient tous les multiples de Net donc H⊃NZ.
montrons l’inclusion inverse.
3. Soit m∈Het realisons la division euclidienne de mpar N: il existe k∈Zet
r∈ {0,· · · , N −1}tel que
m=kN +r.
comme kN et msont dans H,r=m−kN est egalement dans H(car Hest
un sous-groupe).
4. L’entier rest positif ou nul et strictement plus petit que N: par minimalite de
N,rne peut etre que nul et donc m=kN ∈NZ.
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