BâtImEnt - Les Éleveurs de porcs du Québec

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PORC QUÉBEC - JUIN 2013
COUVERTURE PORC QUEBEC Juin 2013_Layout 1 13-05-24 8:29 AM Page 1
Volume 24, N° 2, JUIN 2013
DOSSIER
BâtImEnt
LES BÂTIMENTS PORCINS DE NOUVELLE
GÉNÉRATION AU QUÉBEC
REPORtAGE
FERME AGR LABRECQUE, UNE
ENTREPRISE NOVATRICE QUI MISE
SUR LA SANTÉ ET LE BIEN-ÊTRE
P O S T E - P U B L I C AT I O N
N° d e la co n ve n t i o n
40010128
Le magazine de la
SOmmAIRE
Volume 24, Numéro 2, Juin 2013
DOSSIER
5
ÉDITORIAL
FIERS D’INNOVER
6
FPPQ
RENOUVELLEMENT DE LA CONVENTION
DE MISE EN MARCHÉ
ACCÈS AU MARCHÉ DE LA RUSSIE
TRAÇABILITÉ
SERVICE DE GESTION DU RISQUE DU
MARCHÉ (SGRM)
TOURNÉE DES SYNDICATS RÉGIONAUX
JOURNÉE D’INFORMATION SUR LES
BÂTIMENTS PORCINS DE NOUVELLE
GÉNÉRATION
PROMOTION PRINTANIÈRE AVEC
RICARDO
BÂTImEnT
19
LES BÂTIMENTS PORCINS DE NOUVELLE
GÉNÉRATION AU QUÉBEC
21
RENTABILITÉ DES NOUVEAUX
INVESTISSEMENTS
24
L’AMÉNAGEMENT DU BÂTIMENT POUR
FACILITER L’APPLICATION DES PRINCIPES
DE BIOSÉCURITÉ
10
26
PORC DU QUÉBEC AU CARAMEL
À LA JAPONAISE
FILTRATION D’AIR : RÉDUCTION DU
RISQUE DE CONTAMINATION ET
NOUVELLES APPLICATIONS
11
29
RECETTE
CDPQ
CONTRÔLE DU SRRP : DES PRODUCTEURS
PRENNENT LES GRANDS MOYENS
TRANSFERT TECHNOLOGIQUE
14
SURLEWEB
DE NOUVEAUX OUTILS WEB POUR LES
PRODUCTEURS
16
EnvIROnnEmEnT
LE LISIER DE PORC VAUT SON
PESANT D’OR
ASPECTS PRATIQUES ET NOUVEAUTÉS
EN VENTILATION
32
L’ALIMENTATION DE PRÉCISION
EN ENGRAISSEMENT
35
TRUIES EN GROUPE : IMPACT SUR
LE BÂTIMENT ET L’AMÉNAGEMENT
DES PARCS
41
REPORTAGE
FERME AGR LABRECQUE, UNE
ENTREPRISE NOVATRICE QUI MISE
SUR LA SANTÉ ET LE BIEN-ÊTRE
48
RECHERCHE
TRANSPORT À L’ABATTOIR : À 20 °C
ET PLUS, UNE DOUCHE EST BÉNÉFIQUE
50-52
ÉCOnOmIE
REPRENDRE SON AVENIR EN MAIN
HAUSSE DU RATIO PRIX DU PORC/PRIX
DE GROS
54
InDEXDES
PARUTIOnS
58
DEPORC
ETD'AUTRE
Porc Québec est publié quatre fois
par année par la Fédération des producteurs
de porcs du Québec.
Pour joindre la rédaction :
[email protected]
DIRECTRICE
Dominique Blanchard
RÉDACTRICE EN CHEF
Hélène Perrault
Agronome, M. Sc. A.
COLLABORATEURS RÉGULIERS
Martin Archambault, David Boissonneault,
Annie Champagne, Charles Gagné,
Élise Gauthier, Audrey Gendron,
Philippe Gougeon, Gaëlle Leruste,
Line Théroux, Marc Trudelle.
ONT AUSSI COLLABORÉ À CE NUMÉRO
Patrice Carl, Sylvain Pigeon,
Benoit Turgeon, Bruno Marquis,
Daniel Boyaud, Francis Pouliot,
Sébastien Turcotte, François Cardinal,
Louise Thériault.
RÉVISEURE
Johanne Ratté
ACTIvITÉRASSEmBLEUSEÀQUÉBEC
Le Syndicat des producteurs de porcs de la région de Québec a insufflé tout un
dynamisme à la vie associative lors de son activité sociale organisée dans le cadre de
son assemblée générale annuelle le 17 avril. Faisant preuve de leadership, le Syndicat a
réussi non seulement à rassembler les producteurs, les élus et les partenaires du secteur
porcin, mais surtout à mettre les enjeux de la production au cœur des discussions des
300 participants. Martin Latulipe, conférencier invité, a galvanisé les troupes par sa conférence « L’exceptionnel pouvoir de l’attitude » démontrant que l’attitude au quotidien
fait la différence dans nos performances et notre bonheur! Pour la Fédération des
producteurs de porcs du Québec, ce type de rencontre constructive et rassembleuse
témoigne d’une vie associative forte et active. Porc Québec en traitera plus longuement
dans le cadre d’un article de fond lors du prochain numéro.
Adresse :
Occupation :
4. Porc Québec Juin 2013
IMPRESSION
Solisco Imprimeurs
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DIRECTEUR DES VENTES
André Savard, poste 7221
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VENTES
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450 679-8483, poste 7579
VENTES NATIONALES
Daniel Lamoureux
1 877 237-9826
[email protected]
COUPON D’ABONNEMENT
4 parutions par année
FÉDÉRATION
DES PRODUCTEURS
DE PORCS DU QUÉBEC Code postal :
555, boul. Roland-Therrien,
bureau 120, Longueuil Téléphone :
(Québec) J4H 4E9
PRÉIMPRESSION
La Terre de chez nous
REPRÉSENTANTS
Christian Guinard, poste 7271
Sylvain Joubert, poste 7272
PROCHAInEPARUTIOn:
SEPTEmBRE2013
Faire parvenir un chèque Nom :
ou un mandat-poste Organisme :
de 15,28 $ à :
CONCEPTION GRAPHIQUE
ET RÉALISATION
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Abonnement : 15,28 $ par année au Canada
(taxes incluses)
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555, boulevard Roland-Therrien, bureau 120
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Téléphone : 450 679-0530
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permission écrite de l’éditeur.
Courrier poste-publication : Contrat no 40010128
Dépôts légaux :
BAnQ, BAC Deuxième trimestre 1990
ISSN 1182-1000
ÉDITO R IAL
FIERS
D’InnOvER
À la veille de notre assemblée générale,
il est temps de dresser un bilan de nos
actions. Le retour à la rentabilité se
fait attendre. Il est devenu impératif
de créer les conditions propices à la
rentabilité de notre secteur, grâce à une
vision stratégique sur le long terme. La
Fédération fait preuve d’un leadership
indéniable au sein de la filière, reconnu
par nos interlocuteurs gouvernementaux, et de plus en plus par les consommateurs. Notre résilience et notre
capacité d’innovation démontrent une
confiance inébranlable dans l’avenir et
se traduisent par des résultats positifs
et concrets.
La Fédération a travaillé sans relâche
pour trouver des solutions aux défis
vécus par les producteurs. Face au
manque de liquidités engendré par la
hausse du prix des grains, la Financière
a réagi rapidement pour alléger le
fardeau financier à court terme de nos
entreprises. S’appuyant sur les solutions
que nous avons proposées, nos partenaires gouvernementaux ont fait preuve
d’ouverture et de souplesse sur les
conditions de remboursement des
paiements anticipés spéciaux et des
programmes d’adaptation. Nous avons
fait de notre mieux pour atténuer le
contexte difficile.
Notre motivation première est
d’assurer un avenir durable à notre
production. Cette année, la Fédération
investit beaucoup d’énergie dans la
négociation d’une nouvelle convention
de mise en marché. Les enjeux sont
importants et nous partageons, avec les
acheteurs, la volonté de négocier la
convention dans un environnement
positif. C’est pourquoi nous avons fait
le choix d’une négociation raisonnée
en étant accompagnés dans nos discussions d’une personne dotée d’une
forte expérience et reconnue pour ses
compétences. Notre objectif est simple :
nous voulons un meilleur partage des
risques entre les partenaires de la
filière et de meilleurs revenus pour tous.
Le bien-être animal occupe une
place croissante dans les esprits des
producteurs, des partenaires de la filière
et des consommateurs. La révision du
code va engendrer une modification de
certaines pratiques en cours. Notre défi
est de répondre aux besoins des marchés
et aux exigences des consommateurs
tout en s’assurant que les producteurs
ont tous les outils en main pour s’y
conformer. Toutefois, le coût associé au
bien-être animal devrait être collectivement partagé. À cet effet, nous avons
assumé un leadership pour avertir les
médias et nos partenaires des sommes
évaluées et informer les producteurs des
choix existants afin qu’ils prennent des
décisions éclairées et adaptées à leur
situation.
Nos efforts de valorisation se
poursuivent grâce au succès de notre
campagne marketing. Notre collaboration avec les acheteurs pour l’identification de notre produit se développe
bien. Ce printemps, notre association avec
Ricardo a généré de belles retombées.
Le Porc du Québec jouit d’une véritable
notoriété, qui se traduit par une augmentation de la consommation de viande
de porc et une perception plus positive
de notre produit. Notre porc est
désormais reconnu et recherché.
La Fédération met tout en œuvre
pour représenter, rassembler et garantir
à ses membres un juste revenu de leur
travail. Nous, producteurs de porcs,
sommes des hommes et des femmes,
qui exerçons notre métier avec passion
et fierté. Nous sommes, plus que jamais,
déterminés à tout mettre en œuvre
pour répondre aux défis de demain et
assurer ainsi à nos familles un avenir
prospère.
David Boissonneault
Président, FPPQ
Porc Québec Juin 2013
.5
FPPQ
REnOUvELLEmEnTDELA
COnvEnTIOnDEmISEEn
mARCHÉ:LAFÉDÉRATIOnA
DESOBJECTIFSCLAIRS
C’est dans le cadre du renouvellement de la Convention de mise en
marché des porcs, qui expire en septembre 2013, que la Fédération
a présenté aux acheteurs, en décembre, les grands principes de la
proposition de modification de la convention en vigueur.
PARTAGERLES
RISQUES
TIRERPROFITDE
nOSAvAnTAGES
La FPPQ mettait ainsi de l’avant un
concept de partage des risques du
marché entre les différents maillons de
la filière dans l’objectif d’accroître le
revenu net des entreprises porcines.
La notion d’équité entre les différents
producteurs et acheteurs demeure au
cœur des discussions de même que
la mise en place d’un environnement
propice à l’investissement et au
développement du secteur.
Aux yeux de la FPPQ, les avantages
concurrentiels que confère la Convention de mise en marché des porcs, et
dont bénéficient les abattoirs, doivent
se traduire par une bonification du prix
de vente aux producteurs. L’augmentation du poids des porcs et la stabilité
d’approvisionnement des abattoirs que
procurent nos mécanismes de mise en
marché collective sont des avantages
devant être reconnus par les acheteurs.
Les notions d’assignation de producteur et d’attribution de volume à un
abattoir font également partie des
discussions. Les mécanismes proposés
veilleront à offrir la souplesse susceptible
de mieux répondre aux besoins respectifs des producteurs et des acheteurs.
6. Porc Québec Juin 2013
SAnSEnTEnTE,LA
COnvEnTIOnACTUELLE
S'APPLIQUE
La Fédération et les abattoirs ont convenu
d'une approche de négociation raisonnée
et ainsi de se faire accompagner par
une tierce personne, avocate de formation et experte dans le domaine.
Un échéancier de négociations a été
adopté d’ici l’expiration de la convention afin d’assurer la continuité des
travaux. Les conditions et règlements
liés à l’actuelle convention continueront
d’être appliqués si aucune entente
n’est entérinée d’ici septembre 2013.
ACCÈSAUmARCHÉDELARUSSIE
En décembre, la Russie a fermé ses frontières à la viande de porcs produits avec de la ractopamine. Dès cette
annonce, la Fédération a offert sa collaboration à tous les abattoirs afin de maintenir un accès à ce marché.
UnABATTOIR
SPÉCIFIQUEÀ
CEmARCHÉ
COmPEnSATIOn
CALCULÉECHAQUE
SEmAInE
recommande aux producteurs de
consulter leur conseiller quant au choix
de la grille.
Olymel a décidé de consacrer son usine
de Vallée-Jonction à l’abattage de porcs
sans ractopamine. L’entreprise a offert
le choix aux producteurs assignés à cet
abattoir de produire des porcs sans
l'utilisation de la ractopamine moyennant une compensation financière ou
de livrer leurs porcs à un autre abattoir.
Dans ce dernier cas, Olymel rembourse
les coûts de transport supplémentaires.
Jusqu’ici, environ 80 % des producteurs
de porcs des régions de Québec et de
la Beauce ont accepté de produire des
porcs sans ractopamine.
La compensation versée aux producteurs pour les porcs produits sans
ractopamine varie chaque semaine
selon le prix du porc et des grains.
La FPPQ assure une surveillance du
calcul de la compensation et la verse
aux producteurs.
ImPLICATIOnDES
SynDICATSDEQUÉBEC
ETDELABEAUCE
CHOIXDELAGRILLE
Les producteurs qui ont adhéré à
cette offre ont de plus le choix entre
conserver la grille Qualité Québec ou
adopter une grille distincte permettant
un poids plus léger. La Fédération
Afin d’informer les producteurs, les
syndicats régionaux de la Beauce et
de Québec, en collaboration avec
Olymel, ont tenu deux rencontres
d’information, en février, à Lévis et à
Sainte-Marie-de-Beauce, et auxquelles
a participé un représentant de la
Fédération. Les rencontres ont permis
à l’acheteur d’expliquer sa proposition
aux producteurs assignés à son usine de
Vallée-Jonction.
TRAÇABILITÉ
Plus de la moitié des producteurs ont enregistré leur site.
Le programme Porc Tracé Canada se met en place graduellement. À la fin d'avril, plus
de 50 % des producteurs ont enregistré leur site et mandaté la FPPQ à transmettre
les données sur les déplacements des animaux.
OUTILSETSÉAnCES
D’InFORmATIOn
Rappelons que :
• Début 2013 : tous les producteurs ont reçu de la Fédération un mandat aux
fins de l’enregistrement des sites de production et de la transmission des
renseignements sur les déplacements des porcs.
• Janvier 2014 : entrée en vigueur de la réglementation sur la traçabilité
des porcs.
• La Fédération est responsable de l’implantation de la traçabilité au Québec.
• L’enregistrement des sites auprès de la Fédération est obligatoire en vertu de
cette réglementation.
• Les producteurs auront le choix entre :
o Procéder eux-mêmes aux déclarations de déplacements des animaux
auprès de Porc Tracé Canada (ex : entrée de porcelets, livraison à
l’abattoir);
o Autoriser la Fédération à transmettre en leurs noms les informations dont
elle dispose déjà en vertu des règles de mise en marché (déclaration
d’entrée de porcelets, bon de livraison à l’abattage).
Pour de plus amples informations, les
producteurs peuvent communiquer
avec la Fédération des producteurs de
porcs du Québec en composant le
1 800 363-7672.
La FPPQ poursuit le développement de
sa base de données afin de simplifier
encore plus aux producteurs la gestion
de toutes les informations requises
pour rencontrer les exigences de la
traçabilité.
La FPPQ prévoit également des
sessions d’information aux producteurs
sur les modalités d’application de la
réglementation à l’automne 2013.
Porc Québec Juin 2013
.7
SERvICEDEGESTIOnDU
RISQUEDUmARCHÉ(SGRm)
AUGmEnTATIOn
DESPÉRIODESDECLD
La Fédération a augmenté à six, au lieu de
quatre, le nombre de périodes de prises
de contrats à livraison différée (CLD). La
FPPQ souhaite ainsi favoriser l’accès à ce
service offert aux producteurs. Une réévaluation sera effectuée ultérieurement
pour juger de la pertinence d’offrir deux
périodes supplémentaires.
InFORmATIOnETFORmATIOn
Les prix des CLD sont affichés tous les jours sur le site de la FPPQ. On trouve aussi
toutes les informations pour prendre un contrat. Selon la demande, la Fédération
organise également des formations à l’automne ou à l’hiver. Pour plus de renseignements, visitez le site Internet de la Fédération : www.leporcduquebec.com/lesproducteurs-fr/sgrm/comprendre-le-sgrm.php
Qu’est-ce qu’un CLD?
Un CLD est une entente entre un producteur de porcs et la FPPQ. Le producteur
s'engage à livrer une quantité déterminée
de porcs durant une période de livraison
à venir. En contrepartie, la FPPQ s'engage
à payer ces porcs au prix moyen ajusté de
la différence entre le prix offert du CLD
au moment de la transaction et celui au
moment du renversement.
Fixer les prix à l’avance
Les contrats à livraison différée (CLD)
permettent au producteur d'utiliser les
caractéristiques du marché à terme de
Chicago pour mettre en marché ses porcs.
Les CLD permettent de fixer à l'avance le
prix des porcs qui seront livrés plus tard.
Ils représentent ainsi une possibilité de se
prémunir contre les baisses de prix du
marché comptant québécois.
TOURnÉEDESSynDICATSRÉGIOnAUX
RÉvISIOnDELA
STRUCTUREDELA
FPPQ
La Fédération a terminé sa tournée
des assemblées générales annuelles
des syndicats régionaux le 18 avril. La
réflexion entreprise sur la révision de la
structure de l’organisation constituait un
volet important de la consultation des
syndicats. S’appuyant sur les changements proposés dans la foulée de
l’UPA du futur et de la modernisation
des structures de tous ses affiliés, la
Fédération suit un fil directeur dans
ce dossier : elle veut confirmer son
leadership au sein du secteur porcin et
être derrière tout changement qui visera
la prospérité des entreprises porcines.
Les principales modifications à
la structure proposées et qui seront
présentées pour adoption à l’assemblée
générale annuelle de la FPPQ, les
6 et 7 juin, concernent notamment la
composition du conseil d’administration
et les comités de mise en marché. Le
changement de nom est également un
élément faisant l’objet de la révision. En
fait, il a été proposé de changer le nom
de la Fédération en faveur des Éleveurs
de porcs du Québec.
RETOURSURLES
DOSSIERS
La tournée des syndicats a permis de
faire une mise à jour des différents
dossiers. On a fait le point sur les négociations de la Convention de mise
en marché des porcs, le renouvellement
du modèle du coût de production, la
ractopamine, la traçabilité et le bien-être
animal, incluant la révision en cours du
Code canadien de pratiques pour les
soins et la manipulation des porcs.
QUOIDEnEUFSUR
leporcduquebec.com?
ABOnnEz-vOUS
[email protected] FPPQ
Ce mois-ci, vous trouverez toute l'information
relative à l'assemblée générale annuelle de la
Fédération, qui se tiendra les 6 et 7 juin, sur la
page d'accueil de la section Producteurs.
Le [email protected] FPPQ c'est VOTRE bulletin
électronique pour être informé
sur les sujets qui vous concernent.
Consultez régulièrement les actualités et le calendrier des activités pour
connaître tous les événements et les formations à venir.
8. Porc Québec Juin 2013
Envoyez-nous votre adresse
courriel au [email protected]
JOURnÉED’InFORmATIOn
SURLESBÂTImEnTSPORCInS
DEnOUvELLEGÉnÉRATIOn
Pour aider les producteurs de porcs à
adapter leurs bâtiments aux nouveaux
défis, la Fédération, avec l’appui financier du Conseil Canadien en santé
porcine (CCSP), a organisé la Journée
d’information sur les bâtiments de
nouvelle génération. Cet événement
clôture une série d’activités en lien avec
le CCSP, telles que:
• le programme national de
formation en biosécurité en
production porcine;
• le projet de mise en place de
l’analyse financière stratégique
de stabilisation de la santé
porcine (analyse FiSSP), aussi
appelée analyse multidisciplinaire
santé économie.
BIOSÉCURITÉ,BIEn-êTRE
ETPRODUCTIvITÉ
Cette journée d'information s'est tenue
à Québec et à Drummondville. Avec
des conférences pratico pratiques de
haut niveau, elle a permis aux participants de prendre connaissance des
constats des experts en lien avec le
bâtiment, principalement en ce qui a
trait à l'amélioration de la biosécurité,
du bien-être animal et de la productivité en général.
selon l’entente avec le CCSP. En tenant
compte que plus de 300 personnes ont
assisté à ces journées, et que 64 %
d’entre elles étaient des producteurs
de porcs, nous pouvons affirmer que
la Journée d’information sur les bâtiments porcins de nouvelle génération
a été une grande réussite.
UnEGRAnDERÉUSSITE
Cette activité, gratuite pour les producteurs, a de plus permis de remettre
un montant résiduel aux producteurs
présents (par site de production AQCMD)
PROmOTIOnPRInTAnIÈRE
AvECRICARDO
Du 21 mars au 30 avril, le Porc du Québec a mis de l'avant une
promotion printanière d'envergure en collaboration avec Ricardo.
Cette opération séduction s'est déclinée en plusieurs facettes.
• Présence marquée du porc du Québec dans l'édition d'avril du magazine
Ricardo qui présentait un voyage gourmand au Japon.
• Commandite des émissions nipponnes de Ricardo à la SRC du 25 au 29 mars.
• Encarts thématiques Le porc à la japonaise dans les quotidiens La Presse et
Le Soleil du 23 mars.
• Déclinaisons des encarts sur le site Web de Ricardo et sur celui de la
Fédération.
• Étiquetage des barquettes de Porc du Québec en épicerie.
• Concours Cuisinez japonais avec Le Porc du Québec durant lequel les
consommateurs étaient invités à acheter une barquette de porc spécialement
identifiée chez leur marchand IGA et présenter leur carte Air Miles à la caisse.
Ils courraient ainsi la chance de gagner l'un des 50 woks Ricardo ou le grand
prix : un voyage pour deux au Japon.
Il va sans dire que cette promotion originale a suscité beaucoup d'intérêt et surtout
généré une augmentation des ventes des coupes de porc en vedette de l'ordre de
20 %. De plus, plusieurs centaines de consommateurs ont participé au concours.
Ces résultats remarquables nous permettent de qualifier l'opération de vif succès.
À vos baguettes!
Porc Québec Juin 2013
.9
R ECET TE
PORCDUQUÉBEC
AUCARAmELÀLA
JAPOnAISE
4 PORTIONS
PRÉPARATION ET
CUISSON : 4 HEURES
Ingrédients
méthode
• 750 gr (26 oz) flanc de porc du Québec,
découenné, dégraissé
• 45 ml (3 c. à table) huile végétale
• 1 litre (4 tasses) eau
• 10 ml (2 c. à thé) dashi en granulés
(dashi-no-moto)
• 75 ml (5 c. à table) gingembre frais, pelé, râpé
• 45 ml (3 c. à table) saké
• 45 ml (3 c. à table) sucre roux (cassonade)
• 1 petit piment oiseau, finement ciselé
• 125 ml (1/2 tasse) sauce soja japonaise
• 45 ml (3 c. à table) mirin
• 1 oignon jaune, épluché, émincé
• Coupez le flan de porc en cubes de
2,5 cm (1 po).
• Dans un bol, enrobez les cubes dans
l’huile.
• Dans une poêle chaude, sans gras,
faites-les revenir 2 à 3 minutes. Une
fois les cubes bien colorés, retirez-les
et réservez.
• Dans une casserole, portez à
ébullition l’eau, ajoutez le dashi et
le gingembre, les cubes de porc et
laissez cuire 2 heures 30 à feu doux.
• Ensuite, ajoutez le saké, le sucre, le
piment, la sauce soja, le mirin et
l’oignon. Laissez cuire encore 1 heure.
• Quand la sauce commence à épaissir
et devenir sirupeuse, retirez du feu,
laissez reposer 25 minutes à couvert.
Faites réchauffer au moment de
servir.
• Servez avec un riz nature ou des
nouilles Soba.
P o u r p l u s d e p l a i s i r : w w w. l e p o rc d u q u e b e c . c o m
10. Porc Québec Juin 2013
CDPQ
Élise Gauthier, B. Sc. A., responsable des communications, CDPQ
[email protected]
COnTRÔLEDUSRRP:
DESPRODUCTEURSPREnnEnT
LESGRAnDSmOyEnS
Depuis deux ans, dans les différents rangs de la Beauce,
de l’Estrie, de la Montérégie et du Centre du Québec,
les producteurs porcins, avec les intervenants qui les
entourent, ont entamé une petite révolution dans leur
façon de lutter contre le syndrome reproducteur et
respiratoire porcin (SRRP) en s’investissant dans des
projets de « Contrôle Local et Éradication du virus du
SRRP (CLÉ-SRRP) ». Un total de cinq zones et 250 sites
participent à cette stratégie innovatrice.
Le principe global à la base de cette
petite révolution, c’est que les producteurs de ces zones joignent leurs efforts
en concertation pour obtenir un meilleur
contrôle du SRRP. Ensemble, ils ont réalisé
un portrait de chaque zone et développé,
en collaboration avec divers consultants,
des programmes de contrôle du SRRP.
Le taux de participation des producteurs
à l’intérieur de la majorité des zones (4/5)
s’avère très élevé, soit plus de 90 %.
Ce projet a été initié par la Fédération
des producteurs de porcs du Québec
pour inciter les producteurs à prendre
des mesures visant à réduire les pertes
économiques liées à la circulation du
virus du SRRP. Depuis septembre 2012, la
majorité des producteurs des zones
participantes ont investi des sommes
substantielles dans diverses stratégies de
contrôle du SRRP :
• vaccination de masse;
• modifications de la gestion des
animaux morts;
• adaptation et modifications à la
logistique du transport;
• modification des modes de
production, etc.
Les effets bénéfiques de la mise en
œuvre de ces plans de contrôle sont
attendus vers la fin de la présente année,
voire au début de 2014.
De plus, les initiatives des cinq zones
ont incité les producteurs des syndicats
de la Beauce et de Québec à mettre en
œuvre un projet de monitorage du SRRP
à grande échelle (objectif de plus de
500 sites en 2014).
Ces différentes initiatives constituent
une innovation sociétale et organisationnelle des méthodes de production du
porc au Québec qui devraient nous
permettre de mieux contrôler le SRRP et
améliorer la rentabilité des entreprises.
Porc Québec Juin 2013
.11
TRAnSFERT TECHnOLOGIQUE
Journée d'information sur les bâtiments porcins
de nouvelle génération
Trois employés du Centre, Benoit Turgeon, Francis Pouliot
et Sébastien Turcotte ont présenté les quatre conférences
suivantes lors de cette journée d’Information :
• Comment positionner mon entreprise et ses bâtiments
porcins dans le Québec d'aujourd'hui?
• Aspects économiques liés aux bâtiments de nouvelle
génération.
• Filtration d’air : réduction du risque de contamination et
nouvelles applications.
• Truies en groupe : impacts sur les bâtiments et la régie
d’élevage.
Forum d’information sur les bases de données
et systèmes d’information
En collaboration avec le Réseau canadien de surveillance de la
santé porcine, le CDPQ a organisé cet événement qui s’est
déroulé le 14 mars 2013 à Longueuil. Ce forum a été réalisé
grâce au financement du Conseil canadien de la santé porcine.
Le Centre québécois de valorisation des biotechnologies (CQVB)
était partenaire dans la réalisation de l’événement.
Deux conférences ont été présentées par des employés
du CDPQ :
• Réseau canadien de surveillance de la santé porcine
(RCSSP/CSHIN).
Conférenciers : Chris Byra, directeur du RCSSP, ColombieBritannique et Andréanne Caron, chargée de projet pour
le Québec, CDPQ.
• Information sur la circulation du virus du SRRP : les outils
proposés dans le cadre des projets de contrôle du SRRP à
l'échelle locale.
Conférencière : Lilly Urizar, chargée de projet, CDPQ.
Sébastien Turcotte, agronome au CDPQ, a présenté une conférence
sur l'élevage en groupe des truies gestantes.
Autre activité
Michel Morin, agroéconomiste au CDPQ, a entretenu les
producteurs et les intervenants qui ont participé à la Réunion
annuelle du Réseau Shur-Gain le 21 mars 2013 sur le marché
international du porc.
Pour participer à cet événement d’information, il fallait y être invité :
une cinquantaine de personnes parmi celles impliquées dans les
initiatives locales, provinciales et nationales, ont répondu à l’appel.
ÉvÉnEmEnT
Assemblée générale d’information
La prochaine assemblée générale d’information du Centre se
tiendra le jeudi 20 juin 2013 à l’Hôtel Plaza Québec à Québec.
mAInTEnAnTDISPOnIBLESSUR
WWW.CDPQ.CA
• Mission technique et technologique visant à améliorer les
connaissances dans le domaine des truies gestantes en
groupe ainsi que sur les pratiques favorisant le bien-être
des porcs - rapport technique.
www.cdpq.ca/Recherche et développement/Projets de
recherche/Projet 199/En savoir plus
• Symposium sur les mycotoxines : vidéos et diaporamas des
conférences.
www.cdpq.ca/Conférences et événements
• Étude sur l’interaction entre schémas génétiques et types
d'aliments pour identifier des stratégies améliorant la
rentabilité des élevages porcins
www.cdpq.ca/Recherche et développement/Projets de
recherche/Projet 185/Rapport final-Volet économique
- Une équipe du CDPQ a cherché à identifier des
stratégies pour optimiser le revenu des producteurs en
fonction des coûts d’alimentation, du prix du porc, du
schéma génétique et de la grille de classement.
12. Porc Québec Juin 2013
• Cinq nouveaux outils
www.cdpq.ca/Outils d’aide à la décision ou dans la
section Outillez-vous pour mieux décider à la ferme
1. $imule-SRRP : utilitaire qui vise à donner un ordre de
grandeur quant aux impacts financiers du SRRP sur les
entreprises porcines situées dans une zone donnée.
Disponible aussi en anglais.
2. $imule-lysine : utilitaire s'adressant aux spécialistes
en alimentation porcine et permettant d'estimer
l'impact d'un changement d'apport en lysine sur les
performances zootechniques.
3. $imule-classement : permet de simuler l'impact
d’un changement des caractéristiques des données
d'abattage sur le revenu.
4. Boîte à outils pour démarrer un projet CLÉ-SRRP :
beaucoup de documents de base ont été créés dans le
cadre des phases 1 et 2 d’un projet CLÉ menées par le
CDPQ et ses partenaires. Nous mettons ces documents
à votre disposition.
5. Outil d’analyse de l’efficacité d’un quai de chargement :
outil de diagnostic des installations de chargement et
de la manipulation des porcs permettant d’évaluer tous
les paramètres pouvant influencer de près ou de loin le
déroulement du chargement.
SURLEWEB
Annie Champagne, conseillère au marketing, FPPQ
[email protected]
DEnOUvEAUXOUTILS WEB
POURLESPRODUCTEURS
InvEnTAIREDESAPPLICATIOnS
mOBILES
En début d’année, le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) a lancé un nouvel outil pratique destiné
aux agriculteurs : l’Inventaire des applications mobiles. Il s’agit d’un
service en ligne qui répertorie les différentes applications mobiles pour
téléphones intelligents et tablettes disponibles pour le secteur agricole
et agroalimentaire. Les applications sont classées par catégories et selon
la cote que les internautes leur ont décernée. Ainsi, il est facile de repérer
les applications les plus pertinentes, de les évaluer ou de les commenter.
Il est à noter que la liste actuelle est évolutive et que les internautes sont
invités à la bonifier en proposant de nouvelles applications d’intérêt.
Vous pouvez consulter l’inventaire en vous rendant à cette adresse :
www.craaq.qc.ca/inventaire-des-applications-mobiles
L’AGROGUIDE:
POURPRODUIREET
TRAnSFORmERÀ
LAFERmE
Un outil techno novateur vient de voir le jour
sous la gouverne de l’Agropôle de Laval :
l’AgroGuide. Ce tout premier guide interactif
virtuel a été élaboré afin de répondre aux
questions des producteurs qui souhaitent se
diversifier et tester de nouveaux marchés. Le
guide est en fait un outil de référence pour
ceux et celles qui transforment leurs produits
à la ferme ou qui veulent se lancer dans
l’aventure. Le guide aborde les sujets primordiaux du positionnement, de la promotion,
du financement et des permis.
Vous songez à explorer de nouvelles
avenues de production?
Rendez-vous au :
www.lavaltechnopole.com/agroguide
14. Porc Québec Juin 2013
EnvIROnnEmEnT
Marc Trudelle, agronome, coordonnateur – Recherche, développement durable et traçabilité, FPPQ
[email protected]
LELISIERDEPORC
vAUTSOnPESAnTD’OR
Choisir le lisier de porc pour fertiliser ses cultures,
c’est opter pour un engrais riche en nutriments, bien
équilibré, abordable et écologique. Le lisier de porc
contient des éléments nutritifs et en l’épandant, les
producteurs porcins répondent aux besoins des
cultures tout en respectant les quantités d’azote et
de phosphore prescrites dans le Plan agroenvironnemental de fertilisation (PAEF).
COnnAîTRELAvALEUR
FERTILISAnTE
En faisant la caractérisation du lisier, les
producteurs porcins connaissent la
composition en nutriments des engrais
organiques sur leur ferme et sont ainsi
en mesure d’établir les doses d’épandage
de leur lisier. La caractérisation assure
également aux receveurs une fertilisation optimale de leurs cultures. Le
Centre de référence en agriculture et
agroalimentaire du Québec (CRAAQ)
a publié en avril 2007 des valeurs
références pour les volumes et pour les
concentrations d’éléments fertilisants
du lisier de porc. La teneur moyenne
en éléments nutritifs d’un lisier de porc
en croissance (avec trémies-abreuvoirs)
est de 4,5 kg N/t, 2,3 kg P205/t et
2,9 kg K20/t.
APPLIQUERLA
BOnnEDOSEAUBOn
mOmEnT
Par ailleurs, la gestion des épandages
du lisier de porc peut être optimisée
en synchronisant la disponibilité des
éléments nutritifs avec les besoins des
plantes. Ainsi, un épandage durant la
période de croissance des cultures
évite des pertes importantes d’éléments fertilisants par volatilisation et
ruissellement.
.
TABLEAU1:LAvALEURÉCOnOmIQUEDULISIERSELOn
LAPÉRIODEETLEmODED’ÉPAnDAGE
Période
Saison de
croissance
Automne/
Post-récolte
(1)
(2)
16. Porc Québec Juin 2013
La valeur estimée du lisier de porc selon
la période et le mode d’épandage des
lisiers apparaît au tableau 1. On remarque
que la valeur économique du lisier varie
de 7,73 $/t lors d’un épandage avec une
incorporation immédiate durant la
saison de croissance des plantes à
4,79 $/t lors d’un épandage laissé en
surface plus de 24 heures en postrécolte des cultures (automne), ce qui
représente une perte de plus de 60 % de
la valeur économique du lisier.
Mode
d’épandage ( 1)
Incorporation
immédiate
Aspersion
basse (> 24 heures)
Incorporation
immédiate
Aspersion
basse (> 24 heures)
Équivalent engrais minéral
Par tonne
métrique (2) ($/t)
Par épandeur
($/3 000 gallons)
7,73
100,49
6,56
85,28
5,58
72,54
4,79
62,27
Selon les coefficients d’efficacité du CRAAQ (Guide de référence en fertilisation, 2ième Édition, 2010)
Prix des engrais minéraux 46-0-0 (354 $/t), 0-46-0 (435 $/t) et 0-0-60 (476 $/t)
DOSSIER
BÂTImEnT
Sylvain Pigeon, ing., M.Sc., chargé de projet, BPR Infrastructure inc.
[email protected]
Photo : gracieuseté du CIPQ
LESBÂTImEnTSPORCInS
DEnOUvELLEGÉnÉRATIOn
AUQUÉBEC
Un vaste projet a permis d'identifier et de documenter les
technologies et les pratiques
qui devront être intégrées dans
les bâtiments porcins afin
d’améliorer la rentabilité des
fermes québécoises. La contribution de diverses expertises a
favorisé une approche multidisciplinaire prenant en compte les
nouvelles exigences de biosécurité, de bien-être animal et de
protection de l'environnement
dans la caractérisation des
bâtiments porcins de nouvelle
génération.
DESInFRASTRUCTURES DÉSUÈTES
Depuis maintenant plus d’une décennie, le secteur de la production porcine
fait face à de nombreux événements
qui ont affecté à la baisse la rentabilité
de nos élevages. Ainsi, la Consultation
publique sur le développement durable
de la production porcine, la Commission
sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois, l’incidence des
maladies telles que le SRRP ou encore
l’augmentation de la valeur du dollar
canadien ont contribué de diverses
façons à cette situation. Ceci explique
le faible niveau d’investissement que
les entreprises porcines ont consacré
au cours de cette décennie aux infrastructures d’élevage, bâtiments et équipements, et le vieillissement conséquent
du parc de bâtiments porcins au Québec.
Compte tenu de ce vieillissement
des bâtiments, et malgré la situation
économique précaire du secteur, les
producteurs porcins devront investir
massivement dans ces infrastructures
au cours des prochaines années afin
de maintenir minimalement le niveau
de performance actuel. C’est dans
ce contexte que les dirigeants de la
Fédération des producteurs de porcs
du Québec (FPPQ) ont jugé le moment
propice pour réfléchir plus à fond sur ce
que devrait comprendre le bâtiment
porcin de nouvelle génération. La
nécessité de plus en plus persistante de
prendre en considération le bien-être
animal dans la conception des bâtiments
est venue confirmer cette orientation
de mettre à jour les connaissances dans
ce domaine.
Porc Québec Juin 2013
.19
UnEAPPROCHEmULTIDISCIPLInAIRE
La réalisation du projet s’est articulée autour d’un groupe d’experts œuvrant au sein de
diverses organisations privées ou publiques et d’expertises diverses : construction, biosécurité,
régie, alimentation, bien-être animal, environnement, intégration sociale, économie. Ces
experts ont mis à profit leur réseau de ressources professionnelles, ce qui représente une
contribution de plus de 40 autres spécialistes de ces différents domaines d’expertises. Cette
approche a permis de mieux cerner tous les enjeux liés à la mise en œuvre des technologies
et pratiques et d’identifier celles qui présentent le meilleur potentiel d’amélioration de la
rentabilité des entreprises porcines du Québec.
DESCOnSTATSET
RECOmmAnDATIOnS
UnELARGEDIFFUSIOn
DESRÉSULTATS
Les principaux constats liés à la faible rentabilité des
entreprises porcines en regard de la conception du
bâtiment et de ses équipements touchent :
• la biosécurité;
• les travaux de faible valeur ajoutée tels que le lavage
des salles et le déplacement des animaux;
• le contrôle des paramètres de production.
L’ensemble des travaux réalisés dans le cadre de ce
projet sont présentés dans un rapport remis à la FPPQ.
Les principaux constats et conclusions que les experts
tirent de l’état actuel de ces connaissances ont été exposés
lors de deux journées thématiques qui se sont tenues à
Québec et à Drummondville les 13 et 21 mars 2013. Compte
tenu de l’enjeu de la biosécurité dans la conception de
ces bâtiments de nouvelle génération, le Conseil canadien
de la santé porcine (CCSP) a jugé à propos de contribuer
financièrement à ces journées thématiques. Les présentations de ces conférenciers ainsi que le rapport sont
disponibles sur le site internet de la FPPQ à
l’adresse http://leporcduquebec.com/
les-producteurs-fr/les-producteurspublications/outils-pratiques.php. Porc
Québec profite également de cette
occasion pour présenter un dossier
spécial qui reprend les principaux
éléments qui ont fait l’objet de ces
conférences.
Par ailleurs, les entreprises porcines devront s’adapter
aux nouvelles réalités de la production porcines à l’égard
du bien-être animal et, dans une certaine mesure de
l’environnement.
Par conséquent, la conception du bâtiment porcin de
nouvelle génération devra impérativement faciliter la mise
en place et l’observance des principes de biosécurité. La
taille et la régie du troupeau sauront optimiser les coûts de
transport (livraison d’intrants et d’animaux). De la même
façon, les équipements devront autoriser une plus grande
efficacité alimentaire et permettre le suivi plus rigoureux
des différents paramètres de production, principalement
la consommation de moulée et d’eau ainsi que les
paramètres d’ambiance du bâtiment.
20. Porc Québec Juin 2013
DOSSIER
BÂTImEnT
Benoît Turgeon, agr., agroéconomiste, CDPQ
[email protected]
REnTABILITÉDESnOUvEAUX
InvESTISSEmEnTS
Les producteurs porcins du Québec auront des décisions
importantes à prendre au cours des prochaines années
touchant leurs infrastructures, bâtiments et équipements,
et, par conséquent, la rentabilité de leur exploitation.
Le recours à des conseils professionnels et l'élaboration
de budgets prévisionnels pour évaluer l'impact des
investissements envisagés permettent de s'assurer de
prendre les meilleures décisions.
UnmOnDEEnCHAnGEmEnT
Au cours des dernières années, principalement en raison de la
conjoncture économique, peu de rénovations et de nouvelles
constructions ont été réalisées au Québec. Cela nous mène à certains
constats :
• Parcs de bâtiments vieillissants;
• Perte d’expertise en construction de bâtiments porcins;
• Disparition de fournisseurs d’équipements et de fabricants
d’équipements, donc plus d’importations;
• Moins de recherches et d’améliorations sur les différents
équipements.
En plus de cette réalité, le monde porcin est en mouvance. On voit
déjà se pointer à l’horizon les nouvelles normes en matière de bien-être
animal (BEA) qui finiront tôt ou tard par s’appliquer au Québec, soit
par législation ou en raison des exigences du marché. En même temps,
on voit un repositionnement de la production au sein des réseaux de
production et un changement du mode de production : élevages plus
grands (troupeaux de maternité), multisites, réseau de production plus
ficelé, lien entre génétique, alimentation et produit final, etc. Tout
cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus d’avenir pour la ferme traditionnelle
naisseur-finisseur, cependant il est clair que le futur s’oriente vers des
entreprises spécialisées et probablement de dimensions différentes
obligeant une nouvelle façon de travailler et de construire, dans un
contexte où le coût de construction des structures est aussi à la hausse.
Même si, dans certains cas, l'adoption de nouvelles technologies permet
des économies, la plupart du temps, elle entraîne une augmentation des
coûts de construction par place/animal ou par pied carré de bâtiment,
tout en laissant cependant entrevoir certains gains au niveau des
performances.
Les avis professionnels des conseillers de l'entreprise
appuyés d'un budget prévisionnel sont essentiels pour
prendre les meilleures décisions d'investissement.
COnSEILSETBUDGETSPOUR
APPUyERLESDÉCISIOnS
Parmi tous les éléments sur lesquels un producteur
consciencieux doit s’appuyer afin de prendre une
bonne décision, deux sont essentiels :
• les avis des différents conseillers de l'entreprise;
conseiller technique, vétérinaire, nutritionniste,
conseiller en gestion, conseiller financier, etc.,
qu’ils lui auront livrés préférablement de façon
collégiale;
• le budget prévisionnel partiel ou global
d'exploitation dépendant de l'ampleur de
l'investissement.
Le budget partiel : mesure l’impact, en termes
de gain et de perte, sur l’entreprise d’un ajout ou
changement mineur.
Exemple : ajout d’une nouvelle technologie ou
agrandissement partiel, comme un ajout de
chambres pour faire plus de porcs ou des porcs
plus lourds.
Le budget global d'exploitation : mesure
l'impact sur l'entreprise d'un nouveau projet
majeur.
Exemple : construction d’une nouvelle bâtisse
ou d’un nouveau site d’exploitation.
Porc Québec Juin 2013
.21
LEBUDGETPARTIEL,UnOUTILDEDÉCISIOn
De nature assez simple, le budget partiel permet de valider la pertinence ou la rentabilité d'un projet mineur. Il se limite à
calculer l’impact final des gains et des pertes engendrés par le changement envisagé.
Si on se pose les bonnes questions sur les différents impacts du projet envisagé, on aura une réponse claire sur sa
rentabilité. Mais il est important de se poser toutes les questions sur les différentes facettes affectées par le projet. L'exemple suivant
présente une situation fictive qui permet de comprendre la démarche d'élaboration et d'analyse d'un budget partiel.
Exemple :
• Projet d'investissement : achat et installation
de 122 niches intelligentes dans une maternité
de 600 truies en bandes aux 4 semaines.
• Impacts (gains et pertes) envisagés du projet
selon les avis recueillis auprès d’experts et
d’autres producteurs :
Gains = Revenus en plus et charges en moins
- Diminution du coût en électricité de 35 %,
actuellement à 47 $/truie/an;
- Diminution du taux d’écrasement des
porcelets de 1 %, passant de 8 % à 7 %;
- Augmentation du poids des porcelets au
sevrage de 340 g;
- Augmentation de la survie de porcelet
de 0,15 porcelet/portée (autre que les
écrasements).
Pertes = Revenus en moins et charges en plus
- Augmentation de la consommation des
truies en mise bas de 4 kg/mise bas;
- Augmentation du temps de lavage de
15 heures/cycle de production.
Le tableau 1 présente le budget partiel de l'exemple de l'investissement retenu.
Il permet de voir les gains ou pertes envisageables par rapport à la situation
actuelle, à la suite de l'investissement. Ainsi, l'investissement brut est de 48 800 $
assorti d’un soutien d'Hydro Québec de 12 200 $, pour un investissement
net de 36 600 $ qui procure un bénéfice supplémentaire annuel de 15 254 $.
Cela permet de récupérer l'investissement sur 2,4 ans, pour un produit qui
devrait durer au moins une dizaine d’années. Le taux de rendement sur
l’investissement est de 43,9 % alors que le taux sur un prêt agricole pour cet
investissement risque d’être en moyenne de 4 à 5 % au cours des 10 prochaines
années. Ceci en fait un très bon investissement dans ce cas particulier.
Quand on exécute les calculs de rentabilité relatifs à un investissement
donné, il faut être relativement sûr des gains et des pertes calculés. Sinon, on
devra appliquer un % de probabilité à l’exercice. Par exemple, si on croit que le
tout a 80 % de chances de se produire tel que calculé, il faudra diminuer le
profit espéré de 20 %. Chaque ferme ayant ses propres particularités, un
résultat intéressant dans un cas ne garantit pas le même résultat chez le voisin,
puisqu’il n’est pas sûr de faire les mêmes gains.
Si, dans l’exemple, le seul gain espéré était l’économie d’énergie, soit
9 870 $, le profit annuel serait de 529 $ et le délai de récupération de 69 ans
pour un bien qui durera 10 ans, avec un taux de rendement de l’investissement
(TRI) de 3,6 %. L'investissement n'en vaudrait pas la peine, ou du moins il
faudrait le rémunérer avec d’autres profits et non pas ceux qu’il engendre.
TABLEAU1
ENTREPRISE:
Ferme de demain
DATE:
Installation de 122 niches intelligentes dans une maternité de 600 truies en bandes aux 4 semaines
SUJET À L'ÉTUDE:
01-Jun-13
Investissement de 122 niches à $ 400 / niches avec contrôle et installations
Subvention à l'investissement de $ 100 / niche, programme Hydro-Québec
BUDGET PARTIEL ANNUEL
GAINS
PERTES
REVENUS EN PLUS
ITEMS
QTÉ
$/UNITÉ
Poids des porcelets : si > 6.1 kg = 0.12 $ / 100 gr
600 tr X 25 pclt % 50 % X 340 gr X .12$ /100 gr
Écrasement de porcelet, taux initial à 8%, final à 7 % gain 1 %
600 tr X25 pclt X 1 % supp = 150 pclt à $39.30
Gain de productivité ( santé et vitalité des truies)
600 truie X 2.35 mise-bas/an X .15pclt / m-bas= 211 porcelets
211 porcelets à 39.30 $
Revenus ASRA, aucun changement
Gain sur Agri-inv + Agri-Québec
REVENUS EN MOINS
ITEMS
REVENUS EN PLUS
TOTAL
CHARGES EN MOINS
ITEMS
QTÉ
$/UNITÉ
Baisse de consommation énergie (Hydro)
600 truies X 35 % de 47 $
$
QTÉ
$/UNITÉ
5895
8292.3
424
17671.174
$
9870
REVENUS EN MOINS
TOTAL
CHARGES EN PLUS
ITEMS
QTÉ
Moulée supplémentaire / truie
600 truies x 2.35 mise-bas X 4 kg X 480 $ / tonne
Temps de lavage supplémentaire
15 heures X 13 cycles / an X $19/ heure (incl. bén.marg)
Moulée supplémentaire pour porcelet , .4 kg /porcelet en plus
(211 + 150 porcelets) X .4 kg X 1.65 $ kg
$/UNITÉ
AUGMENTE LE BÉNÉFICE
TOTAL
(A)
9870
27541
PROFIT NET (A-B) =
DÉLAI DE RÉCUPÉRATION
Investissement total net / bénéfice annuel engendré
TAUX DE RENDEMENT DE L'INVESTISSEMENT (TRI)
22.
Bénéfice annuel avant intérêt X 100
Capital investi
Le TRI doit idéalement être supérieur au taux des capitaux sur les marchés (taux d'emprunt)
$
3705
238
CHARGES EN PLUS
DIMINUE LE BÉNÉFICE
0
2707
Amortissement équipement, durée 10 ans, valeur résiduelle = 0$
(122 niches X 300$ = 36600$ - 0 = 36600$ sur 10 ans = 10 %
Intérêt sur investissement (moyenne 10 ans) à 4 %
:(36600+3660)/2 x 4%
Taxes et assurances équipements
7 $ / 1000$ valeur à neuf
Entretien équipement 2.5 % sur la valeur
CHARGES EN MOINS
$
3060
TOTAL
(B)
3660
805
256
915
12287
12287
15254
avant impôts
36,600 $
/
15,254 $
=15254+805
36,600
2.40
43.9
FInAnCEmEnT
D'UnnOUvEAU
PROJET
Une fois les budgets terminés et
avec l’aide des différents conseillers
de l'entreprise, un producteur est
en mesure de prendre une décision
éclairée et surtout garante de succès
avec une bonne probabilité. Maintenant que le projet s’avère rentable
et intéressant, il faut le financer. Ce
n’est pas parce que le projet est
rentable, qu'il trouvera facilement
du financement. Pour mettre un
projet de l’avant, il y a différentes
sources de financement, celles des
créanciers et celles des promoteurs
ou d’autres capitaux de risque.
De façon générale, les créanciers
accepteront de financer 75 % de
l’infrastructure du projet, soit les
bâtiments et les équipements. Pour
ce qui est du fonds de roulement
ou de la mise en activité, leur
participation risque d’être encore
plus restreinte et se limitera souvent
à 60 - 70 % de ce qu’ils peuvent
prendre en garantie. Le tableau 2
présente l'estimation des diverses
sources de financement d'un projet
de construction d'une maternité de
1 000 truies.
TABLEAU2:ESTImATIOnDESSOURCESDEFInAnCEmEnTD'Un
PROJETDECOnSTRUCTIOnD'UnEmATERnITÉDE1000TRUIES
Description
Coût total
Part des
créanciers
Part du
producteur
Construction des infrastructures
estimée à 2 400 $/truie
Mise en place du troupeau :
1 000 truies, 350 $/cochette à l’achat,
+ 300 $/cochette en production
(jusqu' à la 1re vente de ses porcelets)
2 400 000 $
1 800 000 $
600 000 $
650 000 $
Jusqu’à
400 000 $ (61 %)
250 000 $
Total
3 050 000 $
2 200 000 $
850 000 $
Ce projet nécessite une mise de fonds de l’ordre de 850 000 $, ou encore une équité du
même montant. Après les dernières années difficiles en production, cet investissement n’est
pas nécessairement à la portée de tous. Dans la majorité des projets d’amélioration, il y aura
des investissements rentables et d’autres moins rentables mais obligatoires, comme par
exemple la conformité à une loi ou règlement.
TABLEAU3:ESTImATIOnQUALITATIvEDUREnDEmEnTDECERTAInS
InvESTISSEmEnTSEnPRODUCTIOnPORCInE
Description
Aménagement lié à la santé et la biosécurité
• Quai de chargement adéquat
• Entrée danoise
• Quarantaine
• Accès séparé aux sites
Rentabilité Commentaires
Variable selon l'endroit et la
prévalence de maladie dans le
voisinage
Filtration d’air
Alimentation individualisée ou avec réserves
pour truies en lactation
Variable selon la taille du
troupeau
Alimentation par parité avec 2 aliments pour
truies en lactation
Variable selon le coût du système et
la taille de la ferme
Passage à 3 ou 4 phases alimentaires en engraissement
REnTABILITÉ
DECERTAInES
PRATIQUESET
TECHnOLOGIES
Sans être la vérité absolue, le
tableau 3 présente une liste de
certaines améliorations envisageables dans un bâtiment porcin
en fonction de leur niveau de
rentabilité, soit :
Fortement rentable
Moyennement
rentable
Peu ou pas rentable
Ce classement n'engage que l'auteur.
Cette évaluation est basée sur des
appréciations générales, puisque
comme déjà mentionné, chaque
ferme constitue un cas en soi et ce
qui s’avère vrai pour l’un ne l’est pas
nécessairement pour l’autre.
Amélioration de la distribution d’eau et de
médicaments (lignes doubles par chambre et par parc)
Variable selon l’utilisation réelle de
médicaments
Alimentation multiphase (blend feeding)
Variable selon le coût de revient des
installations par tête à nourrir
Confort des porcelets, niches ou niches intelligentes
Surtout avec le soutien
d’Hydro-Québec
Contrôle de l’éclairage en mise bas
Isolation du comble (entretoit) si ventilation par le grenier
Système de refroidissement des animaux (goutte-àgoutte, brumisation, arrosage et brassage d’air)
Si bien appliqué et constant pour les
périodes critiques
Ventilation à débit réduit
Surtout si jumelée avec la filtration d’air
Mise aux normes de BEA : pieds carrés et
enrichissement de l’environnement
Difficile à rentabiliser si appliquée
isolément
Truies en groupes
• DAC
Truies en groupes :
• Bat-flancs
• Réfectoire
Très difficile pour le réfectoire
Plus acceptable dans le cadre d’une
rénovation nécessaire
2 fosses à lisier ou 2 compartiments pour décantation
Selon la distance d’épandage :
> 10 km = très intéressant
Toiture sur fosses
Ergonomie du bâtiment :
• Aménagement optimum
• Parcs hôpitaux, salle d’expédition
• Structure plus large
Particulièrement si prévu au moment
de la construction
Porc Québec
Québec Juin
Juin 2013
2013
Porc
.19
.23
DOSSIER
BÂTImEnT
François Cardinal, DMV, M.Sc., Les Consultants Avi-Porc SENC
[email protected]
L’AmÉnAGEmEnTDU
BÂTImEnTPOURFACILITER
L’APPLICATIOnDES
PRInCIPESDEBIOSÉCURITÉ
Quel que soit le type de bâtiment ou de production, il est toujours possible d’appliquer les principes de
biosécurité et de gestion de la santé. Le principal défi en regard de la biosécurité sur la ferme est relié
à l’observance c'est-à-dire à l’application du protocole de biosécurité en tout temps et par toutes les
personnes. Il est possible d’aménager le site et le bâtiment de façon à faciliter l'observance. Il est judicieux
de considérer ces éléments d’amélioration lors de travaux de rénovation ou de la construction de
nouveaux bâtiments.
AmÉnAGEmEnTIDÉALD'UnSITEDEPRODUCTIOn
Le premier élément à réviser est l’aménagement du site. La figure suivante schématise
l’aménagement à souhaiter pour améliorer la biosécurité.
SORTIE DES CADAVRES
QUAI DE CHARGEMENT
ACCÈS GRENIER
ENTRÉE DU PERSONNEL
SALLE D’EAU
RÉCEPTION MATÉRIEL
SALLE ÉLECTRIQUE
BAC DE RÉCUPÉRATION
BARRIÈRE
Zones pour les
activités à risque
élevé
Zones pour les
activités à risque
modéré
24. Porc Québec Juin 2013
DESzOnESPOUR
LESACTIvITÉSÀ
HAUTRISQUE
Le concept est de limiter la circulation sur
le site par catégorie de risque d’activité.
Le site est aménagé pour que les activités
dites à hauts risques (équarissage, sortie
du lisier du site) soient limitées à un
secteur du site. La sortie des cadavres du
bâtiment doit se faire dans cette zone.
L’aménagement du site fait en sorte
que les personnes qui viennent sur le site
pour y pratiquer des activités à risques
modérés, c’est-à-dire qui impliquent des
personnes qui voyagent d’un site à l’autre
mais sans matériel contaminant (électricien, livreur, etc.) n’aient pas à circuler
dans la zone dite à haut risque.
DESACCÈSPAR
L'EXTÉRIEURPOURLA
mAInTEnAnCE
Dans l’aménagement du bâtiment, on
donne le plus possible d’accès par
l’extérieur aux personnes liées à la maintenance. Par exemple, la salle d’eau, la
salle électrique, la génératrice, l’entretoit
sont accessibles sans avoir à pénétrer
dans la zone réservée aux animaux. Il ne
faut pas oublier qu’on doit aussi faire un
affichage clair pour que les camionneurs
et les visiteurs occasionnels puissent
savoir ce qu’on attend d’eux.
UnEEnTRÉEDAnOISE
InCOnTOURnABLE
Il va sans dire qu’une entrée danoise
est un incontournable. Pour faire en sorte
que le principe soit toujours bien
appliqué, il faut que cette partie du
bâtiment soit propre, chaude et bien
aménagée. Dans ce type d’entrée, il y a
une zone dite contaminée où le visiteur
entre et y laisse ses vêtements et bottes
civiles. Il progresse ensuite dans une zone
intermédiaire pour se laver les mains.
Il arrive finalement dans la zone dite
propre où il enfile des vêtements et des
bottes de la ferme. Les démarcations
entre les zones doivent être extrêmement claires afin d’éviter les contaminations croisées.
UnEPIÈCE
POURRECEvOIR
LEmATÉRIEL
Pour l’introduction du matériel, la
recommandation est d’avoir une pièce
prévue à cet effet. Un principe d’entrée
danoise y est appliqué, c’est-à-dire
qu’il y a une zone réservée au livreur,
une zone intermédiaire pour y déposer
le matériel et une dernière zone pour
que le personnel de la ferme puisse
prendre le matériel. L’aménagement
d’un comptoir séparant complètement
la pièce en deux parties et destiné à
recevoir le matériel est une excellente
façon de séparer très clairement les
zones réservées au personnel et aux
livreurs.
UnQUAIDE
CHARGEmEnT
EFFICACE
Les critères de conception du quai
doivent prendre en compte les normes
de bien-être animal, prévoir que le
camion soit perpendiculaire au bâtiment,
prévoir une zone interne ainsi qu’un
zone externe. La démarcation entre les
zones doit être claire et le quai conçu
pour faire en sorte que les animaux ne
puissent pas rebrousser chemin vers la
ferme une fois dans la zone extérieure.
Une entrée pour le camionneur est
prévue pour qu’il ait accès à la zone
externe. On peut même mettre à la
disposition du camionneur une entrée
danoise dans le quai. Le quai doit être
lavable et ceci amène d’autres implications : isolation, chauffage, drainage et
matériaux facilement lavables. Finalement, il est recommandé de procéder à
la ventilation du quai en pression positive.
UnEQUARAnTAInE
ADÉQUATE
La quarantaine est une étape importante
peu importe l’âge d’introduction des
animaux de remplacement. La quarantaine idéale est un bâtiment distinct
et localisé à au moins 100 mètres du
bâtiment principal. Ce bâtiment dispose
des mêmes installations que le bâtiment
principal soit un quai, une entrée
danoise, un accès pour introduction
de matériel et un autre pour la sortie de
cadavres. La capacité minimale de la
quarantaine devrait être d’au minimum
1 mois de besoins en animaux de remplacement mais idéalement de 2 mois
ou plus.
TOUT-PLEIn,
TOUT-vIDE
Pour les sections de pouponnière et
d’engraissement, l’opération des sites en
tout-plein, tout-vide est à privilégier. Le
tout-plein, tout-vide par bâtiment est un
minimum.
FILTRATIOnDEL'AIR
Finalement, la filtration de l’air est une
technologie reconnue et de plus en plus
accessible. Même s’il était choisi pour un
site de ne pas appliquer cette technologie pour l’instant, tous les travaux de
rénovation ou de construction devraient
se faire en fonction qu’un jour, un
système de filtration d’air pourrait être
installé. De cette façon, on va réduire de
façon importante le coût d’installation
du système sans toutefois avoir augmenté
significativement le coût des travaux de
rénovation.
Porc Québec Juin 2013
.25
DOSSIER
BÂTImEnT
Francis Pouliot, ing., M.B.A., CDPQ
[email protected]
FILTRATIOnD’AIR:
RÉDUCTIOnDURISQUEDE
COnTAmInATIOnET
nOUvELLESAPPLICATIOnS
Pour lutter contre les problèmes
sanitaires coûteux et réduire les
coûts de production, le CDPQ,
le Prairie Swine Centre et des
collaborateurs de l’industrie ont
réalisé quatre projets liés à la
filtration d’air. Ces projets sont en
lien avec la stratégie du Conseil
canadien de la santé porcine
(CCSP) pour améliorer la protection des élevages porcins contre
les agents pathogènes transmissibles par l’air. Ils visaient, entre
autres, à développer des outils
utiles pour soutenir les projets de
Contrôle local et d'éradication du
virus du syndrome reproducteur
et respiratoire porcin (CLÉ-SRRP).
26. Porc Québec Juin 2013
AmÉLIORERL’EFFICACITÉDESBÂTImEnTS
PORCInSCAnADIEnSSOUSAIRFILTRÉ
Dans le cadre de ce projet piloté par le CDPQ, les installations de 16 bâtiments
porcins équipés de systèmes de filtration d'air au Québec, en Ontario et au Manitoba
ont été auditées dans le but :
• de réduire l’entrée d’air non filtré dans les élevages;
• d'évaluer le risque de contamination par le virus du SRRP à l’aide du PADRAP
(Production Animal Disease Risk Assessment Program), un programme
d’évaluation des risques de maladies en production animale.
Le PADRAP est un système expert comprenant des questionnaires, un logiciel
d’analyse et une base de données accessible par internet. Ces outils permettent
d’identifier à la ferme les facteurs les plus importants à contrôler pour diminuer les
risques d’introduction et de propagation du virus du SRRP.
Chaque producteur visité a reçu un rapport d’audit pour sa ferme et un
résumé des problèmes rencontrés sur l'ensemble des fermes visitées et des
solutions proposées.
Audits réalisés sur
les fermes canadiennes.
Principaux constats
• La fréquence moyenne des crises sanitaires passe
d'un ou deux ans à quatre ans après l’installation d’un
système de filtration d’air adéquat.
• À la suite de l’installation d'un système de filtration
d'air, la rigueur portée à l'observance des différentes
mesures de biosécurité se relâche.
• L’étanchéité et la biosécurité de la majorité
des fermes peuvent être améliorées de façon
significative : des solutions ont été suggérées
pour chaque ferme visitée.
• La formation du propriétaire et du personnel doit
être améliorée.
La conduite de ce projet confirme que la protection
sanitaire des troupeaux constitue une préoccupation pour
laquelle la rigueur est très importante.
Une innovation remarquée
Dans ce projet, l’équipe du CDPQ et les chercheures du
Centre de recherche de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec ont développé une
méthode de travail unique au monde et fort ingénieuse
adaptée à un banc d’essai pour tester les filtres et évaluer
les poussières.
Dans cette recherche impliquant un banc d'essai,
la méthode développée fait appel entre autres à l'utilisation
de phages, soit des virus de bactéries semblables aux virus
du SRRP et inoffensifs pour les animaux et les humains.
Porc Québec Juin 2013
.27
BIOCOnFInEmEnTEnQUARAnTAInE:
FILTRATIOnÀL’EnTRÉEETÀLASORTIED’AIR
Le CDPQ s’est intéressé au bioconfinement en quarantaine afin de réduire
les coûts par la construction d’une
quarantaine à l’extrémité du bâtiment de
maternité. Lorsque les cochettes entrent
en quarantaine, si elles devaient être
contaminées par un virus, le bioconfinement fera en sorte que le virus ne migre
pas vers l’extérieur de la quarantaine. On
protège ainsi les autres animaux logés
dans la maternité. Le bioconfinement
consiste à installer des filtres à l’entrée
et à la sortie de l’air. Le défi de ce concept
est de réduire le colmatage des filtres
par les poussières. Il faut éviter l'obstruction rapide des filtres par la poussière.
Pour répondre à ce défi, on a utilisé un
système d’ionisation : c’est un équipement qui crée des ions négatifs faisant
en sorte que les particules de poussière
se collent aux murs, aux plafonds et aux
autres parois comme un aimant. En
fixant la poussière sur les parois, on évite
ainsi le colmatage des filtres. Le système
d’ionisation correspond à une série
de pointes en acier inoxydable en forme
de V permettant de produire les ions
négatifs à l’aide d’une tension électrique de 30 000 V, mais de seulement
1,4 milliampère. Ce qui n’est pas dangereux
pour l’humain.
Les résultats de ce système s’avèrent
très intéressants : les poussières ont été
réduites à l'intérieur de la quarantaine de
47 % en été et de 73 % en automne, et
les bactéries totales, de 36 % et de 90 %
respectivement. L’efficacité de l’abattage
des poussières et des bactéries est
REmORQUESAvECFILTRATIOnD’AIR
Depuis plus de six ans, beaucoup d’énergie a été investie à améliorer la biosécurité
des bâtiments à partir de la filtration d’air. La suite logique à ces efforts consiste
à protéger les animaux reproducteurs au cours du transport, d’où l’idée de doter
les remorques d’un système de filtration d’air. Dans ce projet, le Prairie Swine Centre
travaille à mettre au point une remorque sous air filtré de grande taille qui pourra
parcourir de grandes distances. Bien sûr, on vise la conception d’un système pratique
à moindre coût. Ce projet est en cours et se terminera en décembre prochain.
Il existe déjà des modèles de remorques filtrées aux États-Unis et en Europe.
Au Québec, La Ferme Porc S.B. en Beauce a développé son propre modèle pour une
remorque plus petite, un système ingénieux et à moindre coût.
Un système d'ionisation permet de
fixer les particules de poussière sur
les murs, les plafonds et les parois.
meilleure en automne qu’en été en
raison du débit de ventilation qui est
moindre en automne.
BIOCOnFInEmEnT
D’URGEnCE:
mInImISERLA
SORTIEDEvIRUSDU
BÂTImEnTEnCAS
D’ÉPISODEDESRRP
Le but de ce projet, piloté par le
Prairie Swine Centre, est de chercher des
méthodes permettant de minimiser
l’émission de virus du SRRP dans l’air à la
sortie des bâtiments lors d’épisodes
d’excrétion de virus du SRRP. Les
méthodes et les stratégies possibles
pour isoler ces fermes ont été compilées
et le Centre travaille à développer des
pratiques de régie et des protocoles
de communication/coordination devant
être appliqués lors de périodes de
bioconfinement d’urgence. Ce projet est
en cours actuellement et se terminera
en décembre prochain. Des pistes
intéressantes sont en cours d’évaluation.
Photo : South West Ontario
Veterinary Services
La Ferme Porc S.B. en Beauce a installé un système de filtration d'air à sa remorque de
transport des animaux.
Références : Les résultats et l’information liés à ces projets seront disponibles éventuellement sur
les sites Web suivants: www.santeporcine.ca, www.prairieswine.com et www.cdpq.ca.
Les quatre projets présentés ont été financés à différents degrés par les conseils sectoriels du Québec (CDAQ),
de l’Ontario, du Manitoba, de l’Alberta et de la Saskatchewan qui gèrent le Programme canadien d’adaptation
agricole (PCAA) pour le compte d’Agriculture et Agroalimentaire Canada ainsi que par le Conseil canadien de la
santé porcine, R. Robitaille et fils, Ontario Pork, la Fédération des producteurs de porcs du Québec, Alberta Pork,
Sask Pork, Manitoba Pork, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, le Centre
de recherche de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec affilié à l’Université Laval,
JSR Genetics, Prairie Swine Centre et le Centre de développement du porc du Québec.
28. Porc Québec Juin 2013
Les filtres installés sur les ventilateurs.
DOSSIER
BÂTImEnT
M. Bruno Marquis, ing., CFM Système inc.
[email protected]
ASPECTSPRATIQUESET
nOUvEAUTÉSEnvEnTILATIOn
Le présent article traite des normes actuelles de ventilation
pour les bâtiments porcins. Il aborde aussi différentes techniques pour limiter les pertes de performance des troupeaux
en période estivale par temps de canicule. Finalement, les
technologies de l’information actuellement disponibles sur le
marché pour permettre d’améliorer la production sur les sites
d’élevage sont présentées.
LESnORmESDEvEnTILATIOn
Les normes pour le dimensionnement des systèmes de ventilation ont grandement évolué avec le temps. Le tableau 1 illustre les normes minimales actuelles
pour chaque type d’élevage.
TABLEAU1:nORmESDEDImEnSIOnnEmEnTDES
SySTÈmESDEvEnTILATIOnPARTyPED'ÉLEvAGE
Type d’élevage
Débit d’air / animal
Taux de changement d’air
(pied cube par minute) (changement d’air/minute)
Mise-Bas
400
0,85
Gestation / Bloc Saillie
225
1,25 - 1,30
Pouponnière (25kg)
30
0,9 – 1,25
90 - 100
1,4
Engraissement
(25-110 kg)
Il importe de mentionner que ces valeurs peuvent être grandement réduites
si un système à débit réduit avec circulateurs d’air est utilisé dans le bâtiment.
Bien que le bâtiment respecte ces critères de débit de ventilation, il est aussi
important que l’air frais admis dans le bâtiment par temps chaud soit disponible
au niveau des animaux (vitesse d’air au plancher).
ADOUCIR
LESCAnICULES
C’est bien connu, les canicules estivales, surtout
sur une période prolongée, entraînent des
effets néfastes importants sur la productivité
des troupeaux. Une hausse du taux de
mortalité des truies en mise-bas et en fin
de gestation, une diminution de la prise
alimentaire des truies en mise-bas, un état
de chair déficient des truies à la sortie
des mise-bas, une diminution du gain de poids
des porcs en engraissement sont tous
des conséquences négatives liées aux
canicules estivales. Différentes solutions sont
envisageables pour en limiter les effets.
Système Goutte-à-Goutte
Le système Goutte-à-Goutte est de plus en
plus utilisé au Québec. Il consiste à faire
tomber une goutte d’eau dans le cou des
truies en mise-bas et truies gestantes à un
certain intervalle. Très utilisé aux ÉtatsUnis en mise-bas, ce système permet lors
des canicules de :
• maximiser la prise alimentaire des truies;
• maintenir un meilleur état de chair
des truies au sevrage;
• diminuer significativement la mortalité
des truies.
Bien que peu coûteux, ce système nécessite un
minimum d’entretien (blocage des buses) et
peut mouiller les porcelets. La sélection de la
buse est importante de façon à bien contrôler
la quantité d’eau utilisée par le système (idéalement, une goutte d’eau tombant dans le cou
de la truie aux 10 secondes). Des essais ont démontré qu’il est possible de réduire le rythme
cardiaque des truies gestantes de l’ordre de
50 % en utilisant un système Goutte-à-Goutte
en combinaison avec des circulateurs d’air en
temps de canicule (Pouliot et al., 2012).
Porc Québec Juin 2013
.29
Système de brumisation
Un système de brumisation consiste à pulvériser de l’eau froide à haute pression
(1000 lbs) dans une tubulure en acier inoxydable à proximité des entrées d’air.
Bien que son niveau d’efficacité soit sujet aux conditions climatiques
extérieures, cette technologie permet d’abaisser la température intérieure de
3,5 à 6oC. Puisque de l’eau est pulvérisée dans l’air, le taux d’humidité intérieur
augmente quant à lui de 15 à 25 %. Il importe de mentionner qu’un minimum
d’entretien est aussi requis pour l’utilisation de ce système, surtout pour les
sites utilisant de l’eau avec présence de calcaire (eau dure).
Circulateur/Brasseur d’air
Il est bien documenté dans la littérature qu’un porc exposé à une vitesse
d’air de 200 pieds par minute ressent une température de 18oC même si la
température ambiante est de 24oC. Le fait de générer une grande vitesse d’air
au niveau des animaux par temps de canicule améliore grandement leur
confort, mais jusqu’à une certaine limite. Puisque les porcs ne transpirent pas
et que leur température cutanée oscille normalement autour de 32-33oC, le
fait d’augmenter la vitesse d’air en périphérie des animaux a quand même ses
limites. Le porc ne peut plus dissiper son surplus de chaleur lorsque la température de l’air qui l’entoure est au-dessus de cette température.
Des circulateurs/brasseurs d'air
augmentent grandement la vitesse de l’air au
niveau des animaux, améliorant ainsi
leur confort en période de canicule.
Une étude combinant l’utilisation de circulateurs d’air et d’un système de détrempage sur minuterie en engraissement a permis
de valider l’efficacité de mouiller les porcs pendant un certain temps et de les assécher par la suite avec l’usage de circulateurs
d’air. Malgré le fait que le système de détrempage utilise de l’eau, l’étude a révélé qu’il est possible de réduire la consommation
d’eau totale de 2 litres/porc/jour et d’augmenter le gain de poids de 45 grammes/jour par temps de canicule en engraissement.
Le débit de ventilation pendant les tests était aussi bas que 45 pieds cubes par minute (Pouliot et al., 2012).
Isolant de sous-toit
Pour les bâtiments larges, l’utilisation d’un isolant de sous-toit est un
autre excellent moyen de limiter les inconvénients liés aux chaleurs
intenses estivales. La plupart des bâtiments larges puisent l’air frais
dans le grenier. Par temps chaud, les rayons du soleil surchauffent le
revêtement de la toiture et par le fait même l’air de l’entretoit. L’ajout
d’une membrane avec un espace d’air entre la dite membrane et la
toiture permet de limiter la surchauffe de l’air du grenier. L’utilisation
de cette technique permet de diminuer la température admise dans
les salles d’élevage de 4 à 5oC par temps de canicule.
En isolant le sous-toit avec une membrane, on diminue
la température dans les salles d'élevage de 4 à 5oC par
temps de canicule si l’air frais est puisé dans le grenier.
30. Porc Québec Juin 2013
Arrosage des truies et arrêt des lampes chauffantes
Plusieurs producteurs arrosent les truies en difficulté et éteignent les
lampes chauffantes en mise-bas pour soulager les animaux par temps
de canicule. Ces deux méthodes sont valables et efficaces. Par contre,
on remarque souvent que les lampes chauffantes sont ré-allumées et
que l’arrosage des truies cesse au départ du personnel sur la ferme
(vers 16h00). C’est pourtant le pire moment de la journée pour les
animaux, période où l’on note le plus grand nombre de mortalité
des truies. Il importe d’établir un plan d’intervention d’urgence
spécifique à chaque ferme de façon à ce que chaque intervenant
ou employé sache et comprenne bien son rôle lorsqu’une période
de canicule frappe pour en limiter les effets néfastes.
TECHnOLOGIESDEL'InFORmATIOn
Les technologies de l’information sont vouées à être de plus en plus utilisées sur les
fermes. Elles permettent de transmettre quotidiennement de façon électronique
et automatique au producteur les données de production de base et les points
de régie : la To consigne, les To min/max, la consommation d’eau, de moulée et de
combustible (propane). Ainsi, des actions correctives peuvent être rapidement
entreprises advenant un problème sur la ferme, décelé à temps grâce à l'analyse
de ces informations. Bien qu’encore peu répandues dans l’industrie porcine, ces
technologies sont actuellement utilisées dans d’autres types de production animale
depuis quelques années au Québec et permettent de gérer efficacement à distance
les problèmes rencontrés sur les sites de production. Le tableau 2 présente
l'information typique transmise par ces systèmes d'informations électroniques.
TABLEAU2:EXEmPLESDESInFORmATIOnSPOUvAnTêTRETRAnSmISES
PARLESSySTÈmESD’InFORmATIOnSÉLECTROnIQUES
Date
To Consigne
To Min
To Max
Humidité
Consommation
Relative
Eau
Moulée
Propane
(oF)
(oF)
(oF)
(%)
(litres)
(kg)
(heure)
12 mars
70,0
68,3
71,5
62
2560
1035
1h35
13 mars
70,0
68,9
71,2
64
2568
1056
2h15
14 mars
70,0
69,5
70,9
68
2621
1101
1h22
15 mars
69,5
69,2
70,4
61
2635
1095
0h34
16 mars
69,5
68,1
70,2
58
1835*
735*
1h50
17 mars
69,5
68,4
73,2
59
2625
1132
0h00
18 mars
69,5
68,2
72,5
62
2635
1158
0h00
19 mars
69,0
67,9
72,1
67
2701
1235
0h34
20 mars
69,0
67,7
71,1
63
2695
1201
1h12
21 mars
69,0
61,3*
71,4
60
2735
1256
8h55*
* Les chiffres en gras sont des anomalies rapidement détectables par l'analyse
de l'information et qui demandent une attention.
Référence : Pouliot, F. et al. Nouveautés dans les domaines de la ventilation et
de la filtration d’air. Conférence présentée dans le cadre du Rendez-vous porcin
de l'AQINAc, novembre 2012.
Porc Québec Juin 2013
.31
DOSSIER
BÂTImEnT
Daniel Boyaud, agr., M. Sc., Groupe Cérès Inc.
[email protected]
L’ALImEnTATIOn
DEPRÉCISIOnEn
EnGRAISSEmEnT
Plus de phases alimentaires économisent sur les aliments et réduisent les rejets. Avec l'alimentation
multiphase par bâtisse ou par parc, le mélange de deux moulées offre un peu plus. Mais les réelles
économies de nutriments viendront avec le « robot nourricier », un système individuel d'alimentation
multiphase qui révolutionne la nutrition des porcs.
BEAUCOUPDEJEUDAnSnOSnORmESETSySTÈmESALImEnTAIRES
Les normes de besoins nutritifs des porcs proviennent d’essais de croissance de type empirique. Réalisés sur des porcs gardés
en groupe, ils comparent la performance de groupes identiques de porcs recevant des doses de plus en plus hautes d’éléments
nutritifs, en commençant par un niveau de carence.
Chaque dose supplémentaire améliore de moins en moins la croissance et l’efficacité alimentaire. Il est difficile de tirer ensuite
la ligne pour définir où se situe le besoin pratique, à savoir au niveau qui maximise les performances ou en deçà. La figure 1 montre,
en outre, que le dosage en lysine qui maximise la vitesse de croissance diffère de celui qui minimise le taux de conversion
alimentaire.
FIGURE1:EFFETDESnIvEAUXDELySInESUR
LESPERFORmAnCESD’EnGRAISSEmEnT
(b)
0,80
950
4,0
3,5
850
3,1
750
2,6
650
0,75
2,2
550
0,36 0,41 0,46 0,52 0,57 0,62 0,67 0,73 0,78 0,83 0,88 0,94 0,99 1,04
Lys/EN, g/MJ
Gain moyen quotidien
Conversion alimentaire
Source : Hauschild, L. et coll., 2010.
32. Porc Québec Juin 2013
Conversion alimentaire
Gain moyen quotidien (g/j)
1 050
Des essais empiriques, les essais et erreurs et
l’observation des performances permettent
de retenir des normes de besoins. En pratique,
les moulées sont généralement bien pourvues
en nutriments. Toutefois, les programmes
d’alimentation et la composition des moulées
sont souvent peu adaptés à chaque ferme.
On observe souvent des excès de protéines
dans les fermes de moins bonne efficacité
alimentaire. Sans précision sur la conversion
alimentaire, il est difficile de choisir une courbe
de besoins nutritifs pour un groupe de porcs. En
effet, la concentration de la moulée en acides
aminés et en minéraux dépend en bonne partie
de la consommation et de la conversion alimentaires anticipées.
Nos systèmes d’alimentation ne permettent
généralement pas de contrôler la quantité
distribuée à chaque enclos, et encore moins
à chaque porc. L’imprécision est la règle, contrairement à ce qu’on voit pour les pondeuses
par exemple, dont on connaît au jour le jour la
consommation moyenne par tête. De plus, le
gaspillage est inévitable et nuit au calcul précis
de ce que les porcs ingèrent.
ALImEnTATIOnDEPRÉCISIOn,AvAnTAGESETEXIGEnCES
FIGURE2:nOmBREDEPHASESETEXCÉDEnTS
DEnUTRImEnTSPOURLESPORCSEnCROISSAnCE
Besoins en nutriments
(ex. g-MJ)
Augmenter le nombre de phases alimentaires améliore la précision et procure
des économies. En passant de trois à
dix phases, on se rapproche des besoins
du groupe comme indiqué à la figure 2.
Moins d’excédents de protéines et de
phosphore sont en outre distribués.
continue
3 phases
10 phases
Poids des porcs
Source : Pomar, C. et coll., 2009.
Avantages
L’idéal est le système d'alimentation
multiphase quotidien où la concentration en nutriments change chaque jour
et coïncide avec la courbe des besoins
quotidiens.
Avec davantage de phases, on
diminue les rejets d’azote, la quantité
d’eau consommée par les porcs pour
éliminer l’azote par l’urine, ainsi que la
quantité de lisier. On abaisse aussi le
dégagement d’ammoniac, les rejets de
phosphore, la teneur en P du lisier et
donc les coûts totaux d’épandage. Pour
les porcs ou pour les truies allaitantes,
moins de protéines à décomposer entraîne moins de dégagement de chaleur
interne et atténue le stress thermique
en été. Plus d’énergie est disponible pour
la croissance, l’appétit diminue moins, le
gain moyen quotidien est amélioré et, en
lactation, les truies perdent moins de
poids et de condition.
Exigences
Pour une alimentation de précision, il
faut colliger plus de données précises.
Des systèmes d’alimentation plus
élaborés exigent plus de compétences
du personnel de la ferme et des
conseillers. Il faut être à l’aise avec l’informatique, partager des informations
avec les fournisseurs sur les spécifications d’aliments et comprendre les
logiciels intégrés aux machines. Celles-ci
se doivent en outre d’être fiables et
assorties d’un soutien technique
pour remédier aux bris et aux pannes
possibles.
vERSL'ALImEnTATIOnmULTIPHASE:
PLUSIEURSSOLUTIOnSDISPOnIBLES
FIGURE3:EXEmPLEDEPROPORTIOnSD’ALImEnTSEXTRêmES
AETBCOnSTITUAnTUnERATIOnmULTIPHASEQUOTIDIEnnE
100
Taux d’incorporation des
prémélanges (%)
Le principe d’ajuster la composition (%)
des moulées aux besoins quotidiens
est un concept prometteur. Grâce à
l'alimentation multiphase de groupe, des
économies de protéines de 7 % et une
baisse de rejets azotés de 11 % ont été
mesurées à la Station d’Agriculture et
Agroalimentaire Canada de Lennoxville.
L'alimentation multiphase (blend
feeding) consiste à distribuer automatiquement deux moulées A et B
mélangées en proportions variables en
vue de combler exactement les besoins
du groupe (figure 3).
80
60
40
Proportion aliment A
Proportion aliment B
20
0
Poids des porcs
Source : Pomar, C., 2009.
Porc Québec Juin 2013
.33
FIGURE4:SySTÉmED'ALImEnTATIOn
mULTIPHASEPARPARC
Source : Anonyme, 2012.
fabrication et la reprise du stock de
moulée après le vide de la bâtisse.
Une variante consiste à adapter les
proportions des aliments A et B à
chaque parc, notamment aux sexes
qui y seraient séparés par parc. Les
finitions en rotation en bénéficieraient.
vERSUnROBOTnOURRICIER
mULTIPHASEIDÉAL
Le principe révolutionnaire imaginé par C. Pomar, chercheur au
Centre de R-D sur le bovin laitier et le porc (CRDBLP), consiste
à adapter les proportions des aliments extrêmes A et B aux besoins
individuels de chaque porc d’un enclos selon les données
historiques individuelles de poids et de consommation. Le système
élimine la composition uniforme pour tous les porcs de l’enclos et
les marges de sécurité qui l’accompagnent inévitablement.
La méthode factorielle établie par les scientifiques est appliquée
par l’ordinateur du robot pour calculer le besoin individuel quotidien
de chaque porc comme suit :
Besoin g/jour = Besoin net d’entretien + Besoin net de croissance
% d’utilisation du nutriment
Ce système disponible commercialement comporte un soigneur à deux
circuits, et deux silos ou plus si une
gamme de mélanges est recherchée
(figure 4).
FIGURE5.vARIABILITÉDESBESOInS
InDIvIDUELSEnLySInECOmPARATIvEmEnT
AUXAPPORTSDETROISmOULÉES
COnvEnTIOnnELLES
1,60
Besoin en lysine, g/MJ EN
Dans les engraissements en tout-plein,
tout-vide, avec une ligne de soigneur,
il suffit d’ajouter un mélangeur et de
l’alimenter par deux silos. Les proportions des moulées A et B varient à
mesure que les porcs grossissent. Ce
système simplifie les inventaires, la
1,40
1,20
1,00
0,80
0,60
0,40
0,20
0
10
20
30
40
50
60
70
80
Jour de l’expérience
Identifié individuellement à chaque repas grâce à la puce
électronique, chaque porc se pèse en accédant à l’auge et l’ordinateur
enregistre les consommations de chaque composant de la ration
individuelle. Il calcule GMQ, conversion, coût de production
journalier et conserve les données des lots, permettant ensuite
l’analyse et l’optimisation des choix de poids d’abattage.
Deux expériences conduites au CRDBLP ont obtenu une aussi
bonne croissance, des conversions alimentaires comparables avec
seulement 76 % des apports habituels en lysine, ramené les rejets
azotés à 75 % et phosphorés à 86 % et les coûts d’aliments à 92 % de
ceux du programme témoin classique à trois moulées (figure 5).
.
34. Porc Québec Juin 2013
Source : Pomar, C. et coll., 2009.
Collaborateurs : C. Pomar, Ph. D., Centre de R-D sur le bovin laitier
et le porc d'Agriculture et Agroalimentaire Canada à Sherbrooke.
Références :
Anonyme. 2012. Big Dutchman Dry Exact Pro. National Hog Farmer,
July 15, p. 8 et 10.
Hauschild, L., C. Pomar and P. A. Lovatto. 2010. Systematic
comparison of the empirical and factorial methods used to
estimate growing pigs’ nutrient requirements of growing pigs.
Animal 4, no. 5: 714-723.
Pomar, C., L. Hauschild, G. H. Zhang, J. Pomar, and P. A.
Lovatto. 2009. Applying precision feeding techniques in growingfinishing pig operations. Rev. Bras. Zool. 38 226-237 (Supl. special).
Pomar, C. 2012. (Agriculture et AgroAlimentaire Canada).
Communication personnelle.
DOSSIER
BÂTImEnT
Sébastien Turcotte, agronome, chargé de projets, CDPQ
[email protected]
TRUIESEnGROUPE:
ImPACTSURLEBÂTImEnTET
L’AmÉnAGEmEnTDESPARCS
Le Québec exporte plus de 60 % de sa production. Pour répondre aux nouvelles exigences de bien-être
animal de nos exportateurs, les éleveurs devront penser au logement des truies gestantes en groupe lors
des rénovations de leur maternité. Le passage à la conduite en groupe aura un énorme impact sur
le bâtiment et sur la façon de travailler des éleveurs. Les bat-flancs, les réfectoires et les distributeurs
automatiques de concentrés (DAC) sont trois systèmes de logement des truies en groupe susceptibles
de convenir aux conditions du Québec.
nORmESEUROPÉEnnES:GRAnDEURDE
BÂTImEnTETSUPERFICIEPARAnImAL
Au moment de choisir un système de conduite en groupe, l’analyse et la
planification de l’aménagement du bâtiment s’avèrent fondamentales, car elles
auront un impact sur le travail quotidien de l’éleveur pendant les 15 ou 20
prochaines années. Il est donc essentiel que cette transition s’appuie sur des
normes de bien-être acceptées partout dans le monde. En attendant que le code
canadien des bonnes pratiques soit disponible, les normes européennes
constituent la référence à intégrer.
D’abord, en matière de surface, il faut prévoir une superficie minimum utilisable
par truie selon la taille du groupe de truies (tableau 1).
TABLEAU1:nORmESEUROPÉEnnESEnmATIÈRE
DESUPERFICIE/TRUIEOUCOCHETTE
Superficie/cochette
Superficie/truie
Taille du groupe
m2
pi2
m2
pi2
Moins de 6 truies
1,81
19,5
2,48
26,7
6 à 39 truies
1,64
17,7
2,25
24,2
40 truies et plus
1,48
15,9
2,03
21,8
Actuellement, dans les gestations types
du Québec, les producteurs disposent d’une
superficie maximale d’environ 19 pi2/truie,
en récupérant les superficies des passages à
l’avant et à l’arrière des truies. Pour garder
le même nombre de truies dans un système
de truies en groupe et respecter les normes
européennes présentées au tableau 1, les
producteurs devront donc agrandir leurs
bâtiments. Pour diminuer de 10 % la superficie
nécessaire par truie, les normes européennes
favorisent les groupes de plus de 40 truies.
Pour y arriver, les petits élevages pourraient
changer la conduite du troupeau (bandes
aux deux, trois ou quatre semaines) ou gérer
le troupeau en groupe dynamique, ce qui
consiste à mettre des truies de plusieurs bandes dans le même groupe.
Les autres paramètres des nouvelles
normes européennes de bien-être animal
ayant une influence sur le bâtiment sont les
suivants :
• les truies doivent être obligatoirement
en groupe au maximum 28 jours après
la saillie;
• les truies problématiques doivent être
retirées du groupe et placées dans un
parc où elles peuvent se retourner;
• les truies doivent avoir un accès permanent à des matières manipulables;
• les lattes de béton doivent respecter
certaines spécifications.
Porc Québec Juin 2013
.35
BAT-FLAnC
Principe de fonctionnement
Dans ce système très simple, les truies
sont alimentées dans une auge séparée
par des panneaux (bat-flancs) permettant de diminuer les agressions et le vol
de moulée pendant les repas.
Aménagement des parcs
Selon les normes européennes, la largeur du parc doit être minimalement
de :
• 2,4 m (7′10″) pour un groupe de moins de 6 truies;
• 2,8 m (9′2″) pour des groupes de plus grande taille.
De plus, les superficies de l’auge n’étant pas utilisables par l’animal, il faut
prévoir une superficie supplémentaire de bâtiment de 2,2 pi2/truie.
Pour que ce système fonctionne bien et pour éviter que l’état de chair
des truies soit très hétérogène, les bandes de truies doivent être divisées
en au moins trois groupes différents (cochettes, truies maigres et truies
en bon état de chair). Ainsi la taille des groupes varie souvent de 6 à
39 truies, ne permettant pas de diminuer la superficie requise par truie.
De plus, pour maximiser l’utilisation de la surface et ainsi éviter d’avoir des
parcs avec deux ou trois truies de moins que prévu, il est primordial d’avoir
des parcs de grandeurs différentes. Donc, pour garder le même nombre
d’animaux que dans le système en cage, ce système requiert une surface
totale de plancher plus élevée de 18 %.
22″
12″ à 20″
Pour un même nombre de truies,
le système avec les bat-flancs
nécessite une surface totale de
plancher 18 % plus grande que le
système avec les cages.
36. Porc Québec Juin 2013
6″ à 8″
RÉFECTOIREAUTOBLOQUAnT
Principe de fonctionnement
Ce système est constitué de réfectoires permettant aux truies
d’entrer et de sortir à leur guise. Lorsqu’elles sont dans le réfectoire, les truies sont réellement protégées des autres truies et
le vol de moulée est impossible. Les truies sont alimentées dans
une auge par un système de soigneur automatique conventionnel
distribuant la même quantité de moulée à chaque place. Contrairement au système de cages de gestation, on retrouve un espace de
vie commun derrière les réfectoires.
Largeur : 6′ 5″
Aménagement des parcs
Le système de réfectoires est celui
qui nécessite la plus grande superficie
de bâtiment, car selon les normes
européennes, des distances minimales
doivent être respectées derrière les
réfectoires. Cette disposition exige une
plus grande surface (27 à 39 % de plus)
que celle d’un système de cages
conventionnel. De plus, pour faciliter la
gestion du troupeau, il est recommandé
de prévoir un passage devant les truies,
ce qui augmente encore la superficie
par truie.
Les deux types d’aménagement
présentés dans les photos sont très
peu attrayants pour les truies et moins
de 25 % d’entre elles utilisent l’aire
commune. Pour rendre cette aire plus
attrayante, une zone de repos peut être
aménagée, mais ceci augmente encore
plus la superficie de bâtiment nécessaire.
L’aménagement des réfectoires
dans une rangée requiert
une superficie minimale de
bâtiment de 28,4 pi2/truie.
Lorsque les réfectoires sont
positionnés sur deux rangées,
la superficie est de
26,2 pi2/truie.
Largeur : 10′ 8″
Porc Québec Juin 2013
.37
DISTRIBUTEURAUTOmATIQUEDECOnCEnTRÉS(DAC)
Principe de fonctionnement
Chaque truie est identifiée à l’aide d’une
puce électronique. Pour s’alimenter, la
truie doit se rendre dans une station
d’alimentation (DAC). Lorsqu’elle entre,
un détecteur de présence déclenche la
fermeture de la porte derrière elle. Ensuite,
la truie est identifiée et alimentée par
le système. L’alimentation se fait par
petites quantités d’environ 100 grammes
de moulée toutes les 30 secondes. La truie
est libre de consommer la totalité de sa
ration en un seul passage ou bien de la
fractionner et revenir manger plus tard.
Lorsqu’une truie ayant déjà mangé sa
ration est identifiée par le système, la
trémie demeure inaccessible et la porte
d’entrée s’ouvre, ce qui permet à la truie
suivante de chasser la truie de la station
d’alimentation.
Aménagement des parcs
Les DAC permettent de diminuer la superficie du bâtiment nécessaire, car
100 % du parc est utilisable par les truies. Dans certains cas, c’est le seul
système qui permet d’accueillir le même nombre de truies sans nécessité
d’agrandissement. Pour optimiser l’utilisation et le coût des stations, il faut
compter de 50 à 65 truies par DAC, ce qui, selon les normes européennes,
exige moins de superficie par truie.
L’aménagement du parc est extrêmement important et doit comporter
trois zones distinctes :
• Zone d’alimentation : l’emplacement des DAC doit être exempt de
tout obstacle dans un rayon de 10 pieds devant les entrées et les
sorties des DAC.
• Zone de circulation : une zone d’une largeur minimale de 10 pieds
facilite la circulation des truies dans le parc. Le plancher de cette
zone doit être entièrement latté et c’est à cet endroit que doivent
se retrouver les points d’eau.
• Zone de repos : le nombre de couchettes pour les truies doit être
suffisant pour que toutes les truies du groupe puissent s’y coucher.
Les recommandations françaises et danoises des dimensions de
parcs de couchage sont présentées dans les photos ci-dessous.
Zone
d’alimentation
Zone de
circulation
Zone de repos
Le parc comprend trois zones :
alimentation, circulation et repos.
Largeur : 10′
Profondeur : 11,5′
Largeur
minimale : 20′
Profondeur : 6,5′
Couchette Danoise
38. Porc Québec Juin 2013
Couchette Française
REPORTAGE
Hubert Brochard, agronome et journaliste
Photo : Hubert Brochard
FERmEAGRLABRECQUE,
UnEEnTREPRISEnOvATRICE
QUImISESURLASAnTÉET
LEBIEn-êTRE
Germain et Robert Labrecque dirigent la Ferme
AGR Labrecque à Saint-Bernard, dans la MRC de
la Nouvelle-Beauce.
Le goût d'innover pour améliorer l'efficacité
de leurs bâtiments et le souci d'aider leurs
collègues producteurs font de Germain et
Robert Labrecque des éleveurs de porcs
inventifs et dynamiques. Coup d'œil sur la
créativité de la Ferme AGR Labrecque,
située à Saint-Bernard, dans la MRC de la
Nouvelle-Beauce.
Porc Québec Juin 2013 .41
LABIOSÉCURITÉ,UnEPRÉOCCUPATIOnCOnSTAnTE
Photo : Hubert Brochard
« Nous avons toujours visé l'efficacité, mais avec les resserrements du programme de l'assurance-stabilisation, nous avons
cherché des moyens d'abaisser davantage nos coûts de production », explique Robert Labrecque. « Et la santé de nos animaux
est l'un des secteurs de l'élevage qui nous a toujours coûté le
plus cher, c'est pourquoi nous avons accentué nos mesures de
biosécurité », enchaîne son frère Germain.
L'une de ces mesures fut l'adoption de l'élevage en bandes,
et cela, aux quatre semaines. De cette manière, ils peuvent
faire un tout-plein, tout-vide complet sur tous les bâtiments de
leurs deux sites de maternité, situés à Saint-Bernard et dans la
municipalité voisine de Saint-Elzéar, ainsi que dans leurs
pouponnières. Ils se débarrassent ainsi plus sûrement des
germes de maladies, comme le SRRP, qui pourraient persister
dans l'un des bâtiments de ces deux maternités, qui comptent
chacune 1 600 truies productives.
« Nous répartissons les tâches également entre nos deux
maternités, mais avec un décalage de deux semaines, pour
optimiser le travail des employés, explique Germain. Car c'est
pendant les deux premières semaines qu'a lieu le gros du travail,
c'est-à-dire le sevrage la première semaine, et les mises bas et
les saillies lors de la deuxième semaine. Une de nos priorités est
de couper le moins possible dans notre personnel. » Les
pouponnières sont également occupées en bandes, un gros
atout dans cette ferme qui sèvre 3 800 porcelets par bande.
Les deux frères ont par ailleurs noté que la conduite en
bandes a amélioré sensiblement la synchronisation des chaleurs,
et qu'elle facilite la répartition des moulées dans les silos.
Toujours du point de vue biosécurité, on effectue un test
sérologique sur les cochettes avant leur arrivée sur place et à la
sortie de la quarantaine.
Les porcelets naissants
sont bien au chaud, à l'abri
des courants d'air, dans la
niche mise au point par
Robert et Germain
Labrecque.
UnABRIPOURLESPORCELETS
Robert, le bricoleur, avec les suggestions
de Germain, a mis au point une niche
qui réchauffe et protège les porcelets
des courants d'air. Ouvert sur presque
toute la longueur du côté de la truie, cet
abri est fermé à l'arrière et sur les côtés
par des panneaux, et sur le dessus par
une tôle coulissante et amovible où se
fixe la lampe chauffante. Un capteur
de chaleur à infrarouges détecte
la présence des porcelets dès leur
naissance et déclenche automatiquement la lampe chauffante. Ce capteur
ajuste la température de la lampe
selon la température de la niche et
suivant la courbe de températures
42. Porc Québec Juin 2013
programmée. « Les porcelets ont besoin
à la naissance d'une température de
34°C et c'est pourquoi ils se réfugient
près de la mère, au risque de se faire
écraser, explique Germain Labrecque.
Mais la truie préfère une température
ambiante d'environ 18°C. Grâce à la
niche, on peut maintenir les salles
de mises bas aux températures plus
fraîches recherchées par la truie. » Ce
système ingénieux fait baisser de jusqu'à
75 % la note d'électricité des salles de
mises bas. Il est homologué par HydroQuébec qui accorde une subvention
pour son achat.
« La niche réduit de moitié l'écrasement des porcelets au cours de la
période critique des deux à trois
premiers jours, mentionne Robert
Labrecque. De plus, la truie consomme
de une à deux livres de plus de moulée
par jour car elle n'est plus gênée par
la chaleur, et les porcelets ont une
meilleure tétée : ils pèsent de 200 à
400 grammes de plus au sevrage! La
mortalité des porcelets est réduite de
2 à 3 pour cent, ce qui correspond à un
porc de plus par truie par an. »
L'installation de filtres sur les entrées
d'air des bâtiments est une autre mesure
de biosécurité qui a eu un impact très
positif à la Ferme AGR Labrecque. « Les
gains observés en pouponnière et en
engraissement sont incroyables », dit
Germain. Deux types de filtres ont été
installés. Dans les bâtiments ventilés
avec l'air extérieur passant par les
combles, on a recouvert les modules
d'entrée d'air avec des filtres et leurs
pré-filtres. Quant aux bâtisses munies
d'entrées d'air murales, des panneaux
de filtres longent leurs murs extérieurs.
Rappelons que les recherches menées entre autres par l'Université de
Montréal, l'Université du Minnesota et
le Centre de développement du porc
du Québec (CDPQ) - ont confirmé
l'efficacité de ces filtres pour diminuer la
contamination des élevages par le virus
du Syndrome reproducteur et respiratoire porcin (SRRP). « Les filtres n'écartent
pas tout risque de contamination, car il
y a d'autres voies d'entrées possibles du
virus, prévient Robert Labrecque. Mais
ils allongent sans contredit l'intervalle
entre deux épisodes de SRRP d'au moins
quatre ans ». Les deux frères équiperont
aussi de filtres le camion qui transporte
les animaux d'un site à l'autre.
Dans les bâtiments ventilés par l'air passant
par les combles, on a installé des filtres et des
pré-filtres anti-microbes sur les entrées d'air.
Ces filtres protègent les bâtiments d'élevage à entrées
d'air murales contre les microbes véhiculés par l'air,
comme le SRRP.
D'autre part, Robert a mis au point
un complément des plus efficaces
aux filtres : un volet circulaire anti-retour
d'air posé devant les ventilateurs, du
côté extérieur. Un jour, pour vérifier
l'étanchéité des volets des ventilateurs
extracteurs d'air, Robert avait placé
un couvercle de poubelle en plastique
devant l'un d'eux - flambant neuf mais
à l'arrêt. « Le couvercle tenait tout
seul! », a-t-il noté. Cela l'a convaincu. Ce
mécanicien-carrossier de formation a
développé un volet astucieux constitué
d'une simple plaque de plastique ronde
qui se referme hermétiquement au-dessus
des ventilateurs en cas d'appel d'air. Il n'y
a aucune composante électrique ou
électronique, simplement un jeu de
ressorts.
Ce volet anti-retour empêche tout retour d'air
dans les ventilateurs. C'est un complément
quasi-indispensable aux filtres antimicrobiens.
Photos : Hubert Brochard
BLOQUERLES
mICROBESvOyAGEURS
Porc Québec Juin 2013 .43
DESCLÉSCOnTRELESmALADIES
Photo : Hubert Brochard
« La biosécurité est essentielle, mais c'est un combat sans
fin! », lance Germain. Comme autres mesures, ils ont doté leurs
bâtisses de portes supplémentaires, d'entrées avec sas danois
pour les visiteurs et employés, ainsi que de quais de chargement et de déchargement des animaux. « Les animaux morts
sont acheminés par une camionnette réservée à cet usage,
précise Robert. Et nous installerons des ventilateurs à pression
positive pour chasser l'air hors des quais. »
Robert se félicite que leur entreprise fasse maintenant partie
d'un projet de " contrôle local d'éradication ", pour la lutte
contre le SRRP. Rappelons que ces regroupements volontaires,
surnommés « CLÉ-SRRP », demandent aux éleveurs participants de partager leurs informations sur la contamination par
ce virus dans leur ferme, s'il y a lieu. Les producteurs membres
d'un CLÉ s'engagent aussi à se concerter et à collaborer pour
contrôler la propagation du virus, non pas strictement sur leur
entreprise, mais au niveau de toute la zone retenue.
Un quai de déchargement fut ajouté à
la maternité. Il sera ventilé par de l'air
propulsé vers l'extérieur.
En septembre 2012, le duo innovateur
a installé dans les trois quarts de ses
pouponnières un système d'ionisation
électrostatique des particules de poussières.
Ce dispositif produit des ions négatifs qui
attirent les particules de l'air et les font se
coller aux parois du local d'élevage. Les porcs
en respirent donc moins, y compris des
poussières parfois porteuses de bactéries et
de virus.
L'essai de ce système en pouponnière
chez un important intégrateur américain
montre des améliorations significatives au
chapitre du gain moyen quotidien, de la
mortalité, des émissions de sulfure d'hydrogène et d'ammoniac, et de la
quantité de poussières. « Dans nos pouponnières, la conversion alimentaire
s'est accrue de 5 à 10 pour cent, permettant un gain de poids de 2 kilos
par porcelet », note Germain Labrecque. Bien entendu, il est clair que cet
assainissement de l'air profite également aux deux propriétaires et à leurs
employés, ce qui les réjouit. Ce dispositif peut causer l'accumulation d'une
couche épaisse de poussière dans un local d'élevage, mais celle-ci s'éliminera
facilement par lavage sous pression à la fin du lot, après l'interruption du
système.
Photo : gracieuseté de la Ferme AGR Labrecque
COURAnTnÉGATIFÀ
EFFETTRÈSPOSITIF
Ce tuyau suspendu produit des ions négatifs
attirant les poussières et les faisant adhérer
aux parois intérieures du local d'élevage.
Porc Québec Juin 2013 .45
RAFRAîCHIR,UnE
GOUTTEÀLAFOIS
Photo : Hubert Brochard
Dans les salles de gestation et de saillies
de la Ferme AGR Labrecque, un tuyau
portant des petits gicleurs est
suspendu environ 2 m au-dessus des
rangées de truies. « C'est un système
d'irrigation pour les serres, explique
Robert. On l'utilise lors des températures très chaudes, en l'ajustant pour
que l'eau tombe goutte à goutte sur la
nuque des truies. » Ce rafraîchisseur
maison fonctionne ici depuis 25 ans.
« Nos truies n'ont plus jamais de
difficulté à revenir en chaleur pendant
l'été », signale Germain.
Jean-Louis Jean et Gilbert Rhéaume procèdent aux saillies, avec l'aide de deux verrats,
chacun dans sa cage mobile.
Photo : Hubert Brochard
DÉTECTIOnDESCHALEURSPLUSPRÉCISE
Une autre innovation dans l'entreprise : un système de détection de l'œstrus des truies.
Des capteurs de comportement (fonctionnant aux infrarouges) fixés sur une barre
placée au-dessus des truies recueillent les données de comportement de chacune
d'elles et les acheminent à un ordinateur central. Selon le comportement observé
et la phase d'œstrus correspondante - les truies en chaleur se tiennent plus souvent
et plus longtemps debout - l'ordinateur détermine avec une précision étonnante le
moment idéal pour la saillie.
Ce procédé, baptisé PigWatch, peut ainsi remplacer les employés expérimentés
en tout temps, et nécessite moins de doses d'insémination pour garantir la fécondation.
« Le prototype a été conçu en Italie, mais nous avons fait les ajustements qui
s'imposaient, dit Robert. En 2013, une agence en fera la validation scientifique. »
Photo : Hubert Brochard
Photo : Hubert Brochard
Normand Thériault, autre travailleur
expérimenté dans la salle des saillies.
Denise Arsenault travaille avec un
doigté et une efficacité incroyables
dans la maternité
46. Porc Québec Juin 2013
Ce système détecte avec une précision étonnante le
comportement des truies en chaleur et le meilleur
moment pour la saillie.
PETITSDÉTAILS,AvAnTAGESImPORTAnTS
Mentionnons une autre petite mesure qui a eu un grand impact dans leur ferme : l'addition d'une membrane isolante à bulles d'air
du côté intérieur des toits de tôle, dans les bâtiments où l'air extérieur de ventilation passe par le comble. Bien sûr, les producteurs
avaient apposé sur le plancher du comble la couche d'isolant réglementaire. « Mais la tôle du toit chauffe beaucoup en été et l'ajout
d'une couche de 1/4 de pouce d'isolant à bulles sur les lattes supportant la toiture nous a permis de réduire la chaleur d'environ
4 degrés dans certains bâtiments », dit Germain.
Photo : Hubert Brochard
Photo : Hubert Brochard
Autre petit détail qui a son importance, les allées de circulation en béton
des salles d'élevage sont légèrement surélevées par rapport aux stalles des
animaux, ce qui élimine presque les salissures par le lisier. L'espace serré
entre ces allées et les barreaux des cages empêche les animaux de s'y
coincer les pattes.
Un petit truc économiquement très utile : cet isolant à
bulles apposé sur le côté intérieur de la toiture.
DEL'œUFÀLATRUIE
Robert et Germain Labrecque ont
œuvré au départ dans l'élevage des
poules pondeuses. Leurs parents,
Augustin Labrecque et Adrienne Gagné
exploitaient un poulailler de 13 000
pondeuses. En 1979, les deux frères
ont ajouté à cela une ferme porcine
comptant 250 truies, une pouponnière
construite en conséquence et un
engraissement de 2 000 porcs, avec le
partenariat de leur père pendant les
premières années. Le volet porcin a
ensuite pris beaucoup d'ampleur, tandis
que le poulailler fut vendu en 1996.
Dès le début, Guylaine Beaumont,
épouse de Robert, et Julie Lefebvre,
Les allées en béton, les grilles et les portes des locaux d'élevage, plus
élevées que les stalles, sont rarement salies par le lisier.
Dans chacun des silos de la ferme, un capteur à ultrasons logé à leur
sommet y détermine le volume de moulée et envoie cette information
à l'ordinateur de la ferme, à la tablette électronique ou au téléphone
intelligent. « Notre camionneur peut consulter les stocks des silos à
distance et mieux planifier ses commandes, ce qui nous est très utile,
avec les 600 tonnes de moulées que nos animaux consomment chaque
semaine! », décrit Robert.
épouse de Germain, ont apporté leur
aide précieuse aux diverses opérations
de la ferme : administration, achats, etc.
Aujourd'hui, avec une trentaine d'employés, l'entreprise gère deux sites de
maternité et leur réseau respectif de
production. Avec un volume de vente
aux abattoirs de 100 000 porcs par
année, elle est également partenaire de
la Meunerie Saint-Patrice. Les frères
éleveurs cultivent plus de 650 hectares
de grandes cultures (maïs, soya et blé à
l'occasion) en semis direct ou avec travail
minimum du sol.
Germain et Robert Labrecque ont
fondé l'entreprise Conception Ro-Main,
dont leur frère Serge est aujourd'hui
président. Ce sont eux les créateurs
derrière la cage mobile Concept-O-Max
et le Bras Hercule, entre autres trouvailles des plus innovatrices. Pourtant, les
deux frères sont d'une simplicité et
d'une amabilité remarquables. Heureusement pour nous, Robert et Germain
Labrecque n'ont pas fini d'innover dans
leurs bâtiments, car ils sont avant tout
des producteurs, et des producteurs très
solidaires de leur milieu.
Porc Québec Juin 2013
.47
RECHERCHE
Louise Thériault, agronome, consultante en communication
TRANSPORT À L’ABATTOIR
À 20°CETPLUS,UnE
DOUCHEESTBÉnÉFIQUE
Une recherche récente vient préciser qu'à partir de 20°C, le
confort des porcs et la qualité de leur viande s’améliorent
quand on les arrose dans le camion de transport, avant leur
départ de la ferme et à leur déchargement à l’abattoir. Les
résultats ont démontré que la brumisation soulage le stress
thermique lié au transport, et ce, sans effets néfastes sur le
déchargement puisque l’aspersion n'a pas influencé la glisse ou
la chute lors du déchargement.
DÉFInIRUnEPROCÉDUREEFFICACE
Jusqu’à récemment, la recherche
avait montré qu’arroser les porcs
durant le transport, juste après le
chargement et à tous les arrêts,
réduit leur température corporelle
de 3 à 4°C et abaisse le taux de mortalité de 25 %. Mais, en l’absence de
données précises, les camionneurs
48. Porc Québec Juin 2013
arrosent les porcs quand ils jugent
qu'il fait « chaud ». Une recherche,
la première du genre en Amérique
du Nord, a donc été menée afin
de fournir une procédure claire à
suivre pour le transport des porcs
à l’abattoir sous nos conditions
estivales. Pour y arriver, on a évalué
l'efficacité de l'aspersion de l'eau
dans un véhicule immobilisé sous
de chaudes conditions sur le bienêtre des porcs et la qualité de
la viande. On a aussi identifié
la température ambiante la plus
appropriée pour obtenir le maximum d'efficacité de la brumisation.
ÉvALUERLESTRESSTHERmIQUE
Photo : CRDBLP d'AAC
De juin à la mi-septembre 2011, on a transporté à l’abattoir près de 5 000 porcs
commerciaux, pendant deux heures avec deux camions équipés de semi-remorque
PB (pot-belly trailer), d’une capacité de 208 porcs chacune. Une des deux remorques
était équipée d'un système d'arrosage fait sur mesure qui vaporisait les porcs
d’environ 125 litres d’eau pendant cinq minutes, à deux moments :
1. juste avant le départ de la ferme, soit après les efforts et le stress du
chargement;
2. immédiatement avant le déchargement à l'abattoir.
Pendant l'expérimentation, les températures extérieures ont varié de 14,1 à 25,8°C.
Les chercheurs ont collecté diverses données telles les variations de température,
d’humidité relative et du niveau d’ammoniac dans les remorques, la variation de
la température corporelle des porcs, le stress et le comportement des animaux.
La température des porcs a été
enregistrée à l'aide de thermomètres
iButton administrés par voie orale.
Plusieurs observations ont été
effectuées à l’aide de caméras vidéo.
À l'abattoir, le taux de lactate dans
le sang à la saignée ainsi que le pH
dans le muscle de la longe une heure
après la saignée ont été mesurés.
Le iButton, thermomètre numérique
couplé à une puce d'ordinateur, est
administré par voie orale. Il enregistre
les températures corporelles des porcs
pendant la durée de manutention et
de transport.
ARROSERLESAnImAUXÀPARTIRDE20°C
L'étude révèle que l'efficacité maximale de l'aspersion de l'eau dans le camion à l’état
stationnaire, sur la diminution du stress du transport et l'amélioration de la qualité de
la viande de porc, est atteinte à partir d’une température externe ambiante de 20°C.
La limite supérieure de la zone de thermoneutralité des porcs se situe à 30°C.
Au-dessus de cette température, le porc devra utiliser divers mécanismes comportementaux et physiologiques pour maintenir sa température corporelle constante.
Toutefois, lorsque les conditions sont extrêmes, ces capacités régulatrices peuvent
être insuffisantes pour dissiper la chaleur et c’est à ce moment que la mort par
hyperthermie peut survenir. Or, durant l’été, les températures internes d'une semiremorque PB qui ne circule pas peuvent être plus chaudes que la température externe
ambiante, jusqu'à 6°C de plus, surtout dans les compartiments du bas et dans ceux
situés à l’avant du pont du milieu. D'où l'importance, dans ces conditions (remorque
stationnaire + chaleur) d'asperger d'eau les porcs pour les refroidir. La vaporisation, en
diminuant la température corporelle du porc lors de grandes chaleurs, améliore son
bien-être.
RÉDUIRELESTRESSPARUnESImPLEDOUCHE
À l’abattoir, lors de la saignée, les porcs transportés dans la semi-remorque équipée
d’un système de brumisation ont affiché un taux de lactate dans le sang inférieur à
ceux n’ayant pas bénéficié d’une douche. Ce résultat indique une amélioration de leur
condition physique, causée par une fatigue réduite, lors de l’abattage. Une heure après
la saignée, le taux d'acidification de la viande est moins élevé chez les porcs douchés,
indiquant un porc moins stressé et une meilleure qualité de la viande.
UnIFORmISER
LESPRATIQUESDE
BRUmISATIOn
Très peu de camions canadiens
sont équipés d’un système de
brumisation en raison de l'incertitude quant à son efficacité et de
l'absence de directives pour son
utilisation. Actuellement, les lignes
directrices sur l'utilisation des
systèmes d'aspersion basées sur
les pratiques de l'industrie sont
sources de confusion. Certaines
recommandent d’arroser les porcs
dans un véhicule stationnaire à des
températures ambiantes de 15°C,
d’autres recommandent de le faire
à partir de 27°C.
Mais, les recommandations
issues de ce projet de recherche
devraient faire changer les choses
puisqu’elles sont maintenant
incluses dans le programme de
formation du « Canadian Livestock Transport ».
Recherche réalisée par Luigi Faucitano du Centre de recherche et de développement sur le bovin
laitier et le porc d’AAC et financée par Innovation Porc, ses partenaires privés et Agriculture et
Agroalimentaire Canada.
Porc Québec Juin 2013
.49
ÉCOnOmIE
Patrice Carle, agronome, directeur général, Centre d'expertise en gestion agricole
[email protected]
REPREnDRE
SOnAvEnIR
EnmAIn
Les dernières années n’ont pas été de tout repos pour les producteurs de porcs du Québec. Malgré
l’environnement d’affaire défavorable, certaines entreprises porcines parviennent encore à tirer
leur épingle du jeu et à demeurer rentables. Le Centre d’expertise en gestion agricole (CEGA) a
rencontré certains de ces producteurs afin de comprendre ce qu’ils font de différent pour réussir
dans un secteur en crise.
2006:LETOURnAnT
Au début des années 2000, le secteur
porcin traversait de bonnes années.
Le cycle de prix du porc était prévisible,
le prix des grains était peu élevé et
le taux de change était avantageux.
La rentabilité et la croissance étaient au
rendez-vous.
À partir de 2006, l’environnement
des producteurs commence à changer.
Le dollar canadien atteint la parité avec
le dollar américain en 2007, le cycle
du prix du porc se dérègle et le secteur
est frappé de plein fouet par la hausse
du prix des grains. Les producteurs
voient leur marge bénéficiaire fondre
comme neige au soleil et plusieurs
entreprises entrent dans une spirale de
consolidation-endettement. Force est
de constater que l’environnement
d’affaire du secteur porcin s’est radicalement modifié en l’espace de
quelques années. Mais une question
demeure, comment certains producteurs se sont-ils pris pour préserver leur
rentabilité ?
DESPISTESDESOLUTIOn
En discutant avec ces producteurs,
nous avons voulu savoir ce qu’ils avaient
changé au cours des dernières années
pour s’adapter à la nouvelle conjoncture. À notre surprise, nous avons
constaté qu’ils ont tout simplement
peaufiné des stratégies de gestion
développées bien avant la crise. Voici
en rafale les principales stratégies
appliquées par ces producteurs :
1. Avoir un bon statut sanitaire
Même les entreprises rentables ont eu des épisodes de maladie, mais brefs et
contrôlés. Les installations, la médication et l’alimentation sont des atouts
importants, mais pour en tirer le maximum, il faut passer le plus de temps possible
à observer les animaux et leur comportement afin de détecter les signes
avant-coureurs de maladie.
2. Avoir le souci du détail au quotidien
Puisque chaque dollar compte, il faut porter attention aux gestes posés au quotidien.
Une entreprise efficace doit pouvoir compter sur des dirigeants et des employés
bien formés, motivés et qui ont le souci du travail bien fait pour atteindre ses
objectifs de rentabilité.
50. Porc Québec Juin 2013
3. Établir une stratégie d’achat et de vente
selon les prix des grains et du porc
Pour ces entreprises, le réel enjeu de l’alimentation est d’avoir le meilleur rapport
qualité/prix, peu importe la provenance de la moulée. L’important est de pouvoir
comparer ses coûts et d’utiliser tous les outils disponibles pour profiter des fluctuations du prix des grains et du porc (booking, fermeture de la prime, contrepartie).
4. Choisir les projets et contrôler la dette
Ces producteurs mettent sur papier leurs projets afin d’en vérifier la rentabilité avant
de les réaliser. Les projets offrant un meilleur retour sur l’investissement sont alors
priorisés. Il faut aussi être discipliné et s’assurer que les liquidités dégagées sont
utilisées afin de rembourser le plus rapidement possible les emprunts.
5. Faire des budgets
Tous les producteurs rencontrés font des budgets qu’ils mettent à jour en
cours d’année pour tenir compte des variations du prix des grains, du porc et des
compensations de l’ASRA. Ils peuvent ainsi savoir où en est leur entreprise et prévoir
leurs besoins en liquidités. Actuellement, seulement 23 % des producteurs porcins
non-utilisateurs de services-conseils en gestion font des budgets sur papier.
(Source : sondage Agéco 2012)
6. Connaître sa situation
Dans un contexte de prix très volatils, il est essentiel d’avoir une vision en temps réel
de la situation financière de l’entreprise. Ces producteurs font un suivi constant et
serré de leur marge de crédit, de la comptabilité et de leur coût de production. Ils
peuvent ainsi se comparer rapidement et corriger le tir en cours d’année.
7. Gérer rationnellement l’avoir propre
7STRATÉGIESDE
GESTIOnGAGnAnTES
1. Avoir un bon statut sanitaire
2. Avoir le souci du détail
au quotidien
3. Établir une stratégie d’achat et
de vente selon les prix des grains
et du porc
4. Choisir les projets et contrôler
la dette
5. Faire des budgets
6. Connaître sa situation
7. Gérer rationnellement l’avoir
propre
Les producteurs rencontrés ont mis beaucoup d’emphase sur l’importance de se
fixer une limite d’endettement afin de créer une sorte de détachement avec
l’entreprise. Cette limite permet au producteur de protéger son avoir propre et de
lui éviter de prendre des décisions sur le coup de l’émotion.
COmmEnTREPREnDRESOnAvEnIREnmAIn?
• Se donner une limite personnelle
avant d’atteindre un point de
non-retour. Cette limite peut
refléter notre capacité de résistance au stress et/ou la capacité
de l’entreprise à absorber une
perte. Une telle limite est essentielle afin de demeurer rationnel
dans ses décisions d’affaires et
pour protéger son avoir propre.
La respecter fait toute la différence entre prendre la décision de
poursuivre ou de quitter la production ou de se la faire imposer.
• Un changement favorable des
conditions économiques peut
contribuer à améliorer la situation
de l’entreprise à court terme, mais
cela n’est pas suffisant pour en
assurer la pérennité. Les producteurs doivent cibler les éléments
sur lesquels ils ont un certain
contrôle et utiliser tous les outils
de gestion qui permettent de
mieux faire face à une conjoncture difficile.
• Avoir recours à toute l’expertise
des différents conseillers afin de
connaître les points forts et les
points faibles de l’entreprise. Il
sera alors possible d’établir un
plan d’action et de suivi pour
améliorer la rentabilité.
En résumé, les défis auxquels sont confrontées les entreprises porcines sont
de plus en plus complexes. Les producteurs qui s’en sortent se sont entourés
de personnes compétentes afin
d’utiliser toute l’expertise et tous les
outils disponibles pour augmenter leurs
chances de réussite. Il est clair que la clé
du succès pour le secteur porcin passe
par une collaboration accrue entre
les producteurs et les professionnels
afin de viser un objectif commun, la
rentabilité des entreprises !
Porc Québec Juin 2013
.51
ÉCOnOmIE
Charles Gagné, économiste agricole, FPPQ
[email protected]
HAUSSEDURATIOPRIX
DUPORC/PRIXDEGROS
Indicateurs du marché porcin québécois
MAPAQ - FPPQ - T1 2013
Intrants Québec
Maïs
Tourteau
Moulée fabriquée 16 %
Porcelet (25 kg)
Extrants Québec
Abattages (type A)
Prix moyen
Classement
Poids moyen des porcs
Prix de gros
IPC porc frais congelé
(Canada)
IPC jambon et bacon
(Canada)
Unités
2007-2011
$/tm
$/tm
$/tm
$/tête
têtes/semaine
$/100 kg indice 100
indice
kg carcasse
$/100 kg carcasse
base 2002
base 2002
Ratio pour le Québec
Maïs/porc
($/tm)/($/100 kg à l'indice)
Porcelet/porc
$/$
Porc/prix de gros
$/$
Prix de gros/
$/(indice 100=2002)
IPC porc frais congelé
Concurrence
Prix Québec
Prix Ontario
Prix Manitoba
Prix US
Prix US
$ Can/100 kg à l'indice
$ Can/100 kg à l'indice
$ Can/100 kg indice 100
$ US/100 lb US
$ Can/100 kg indice 100
Unités
Perspectives
Prix CME (2013-01-30)
$ US/100 lb US
Prix CLD (2013-01-30)
$ Can/100 kg indice
Maïs/porc (2013-01-30) ($/TM)/($/100 kg à l'indice)
52. Porc Québec Juin 2013
2012
T1 2012
T1 2013
218,86 $
396,59 $
318,47 $
55,74 $
296,38 $
515,73 $
402,14 $
63,15 $
277,35 $
400,87 $
364,18 $
65,63 $
280,34 $
516,20 $
389,95 $
62,07 $
144 507
134,39 $
109,62
95,4
169,81 $
106,2
137 538
158,61 $
109,46
99,9
193,37 $
118,4
145 245
161,43 $
109,35
100,28
197,76 $
116,50
138 908
156,17 $
109,42
101,27
184,64 $
118,60
106,4
114,6
114,03
113,06
1,49
0,38
0,87
1,60
1,71
0,36
0,90
1,63
1,57
0,37
0,89
1,70
1,64
0,36
0,93
1,56
147,32 $
147,21 $
134,56 $
65,37 $
134,39 $
173,61 $
183,67 $
155,92 $
85,42 $
158,61 $
176,52 $
179,47 $
157,12 $
86,25 $
161,43 $
170,88 $
174,66 $
151,38 $
83,10 $
156,17 $
T3 2013
T4 2013
89,94 $
184,05 $
1,34
79,91 $
163,05 $
1,32
La troisième section du tableau des
indicateurs de marché porcin québécois
regroupe quelques ratios pertinents
au suivi dans le temps de la performance de la filière porcine québécoise.
À titre d’exemple, le troisième item
de la section (Porc/Prix de gros)
présente le rapport entre le prix du
porc et le prix des coupes. Examinons
ensemble les constituantes de ce ratio,
son utilité pour ensuite interpréter son
évolution dans les espaces temporels présentés
dans le tableau des indicateurs.
2012/(2007-2011)
35,4 %
30,0 %
26,3 %
13,3 %
T1 2013/(2007-2011)
T1 2013/T1 2012
28,1 %
30,2 %
22,4 %
11,4 %
1,1 %
28,8 %
7,1 %
-5,4 %
LEnUmÉRATEURDU
RATIO:PRIXDUPORC
Il représente le revenu brut de vente
des producteurs pour leurs porcs
durant la période, soit le prix
moyen incluant l’indice moyen
de classement. Ce prix de vente
correspond aussi au coût d’approvisionnement des abattoirs pour la
matière première.
LEDÉnOmInATEURDU
RATIO:PRIXDEGROS
Quant au dénominateur du ratio, ce dernier présente
une évaluation de la valeur de la carcasse reconstituée
à la sortie de l’abattoir. Pour évaluer le prix de la
carcasse reconstituée, le prix de ventes des coupes de
gros (longe, fesses, épaule, etc.) est pondéré par leur
proportion respective de poids dans la carcasse. Le
prix de la carcasse reconstituée présente donc une
estimation du revenu brut des abattoirs.
LERATIOEnUnCOUPD'œIL
-4,8 %
18,0 %
-0,1 %
4,7 %
13,9 %
11,5 %
-3,9 %
16,2 %
-0,2 %
6,1 %
8,7 %
11,7 %
-4,4 %
-3,3 %
0,1 %
1,0 %
-6,6 %
1,8 %
7,7 %
6,3 %
-0,9 %
D’un seul coup d’œil, le ratio expose donc une
évaluation de la matière première (prix de la carcasse
de porc) dans le produit vendu par les abattoirs (prix
de la carcasse reconstituée).
• Un ratio à la hausse révèle que les producteurs
améliorent leur part de revenu du marché.
• Un ratio à la baisse démontre que ce sont les
abattoirs qui accroissent leur part de revenu
du marché.
LERATIOPORC/PRIXDEGROS
AU1E TRImESTRE2013
14,9 %
-3,9 %
3,5 %
2,1 %
10,4 %
-4,0 %
6,7 %
3,9 %
4,4 %
-2,3 %
3,7 %
-8,3 %
17,8 %
24,8 %
15,9 %
30,7 %
18,0 %
16,0 %
18,6 %
12,5 %
27,1 %
16,2 %
-3,2 %
-2,7 %
-3,7 %
-3,7 %
-3,3 %
On peut observer l’évolution de ce ratio sur plusieurs
horizons temporels dans le tableau des indicateurs de
marché du porc. Au premier trimestre de 2013, le ratio
Porc/Prix de gros se situait à 0,93. On peut donc
estimer que 93 % du revenu de vente des coupes de
gros était composé du prix d’achat des animaux. Au
cours de cette période, les producteurs ont donc pu
bénéficier d’une plus large part de revenu disponible
du marché qu’à la même période de l’année dernière
(ratio de 0,89) de même que durant la période des cinq
dernières années (ratio de 0,87). Le ratio Porc/Prix de
gros, un autre indicateur à suivre.
Sources et références méthodologiques disponibles sur demande
Porc Québec Juin2013
.53
InDEXDES
PARUTIOnS
LESARTICLESTECHnIQUES
PARUSDEPUIS2011
Le présent index recense les articles
techniques de Porc Québec parus
depuis 2011. Certaines chroniques ont
été groupées afin de faciliter la
présentation. L'index des parutions
2008 2009 et 2010 est publié dans
Porc Québec de mars 2011.
BIEn-êTREAnImAL
La coupe des dents des porcelets,
est-ce vraiment nécessaire?
Mars 2011
DOSSIER SPÉCIAL
Mars 2012
• Un tour d’horizon international.
• Le bien-être animal, l’atout
des éleveurs kiwis.
• Chez l’Oncle Sam, le bien-être
animal fait tranquillement son nid.
• Bien-être animal : parlez-en en
bien, mais n’en parlez pas en mal.
• Ferme Vi-Ber – Des truies en
groupe au Québec.
Temple Grandin en conférence
au Québec.
Septembre 2012
Bien-être animal :
où en sommes-nous?
Décembre 2012
Mission en Europe sur les systèmes
de conduite des truies gestantes
en groupe.
Avril 2013
COÛTDE
PRODUCTIOn
Coût de production – Caractérisation
des entreprises dans le groupe
de tête.
Mars 2011
Résultats techniques et économiques
des naisseurs en 2009 – Quel type
d’entreprise a le mieux réussi?
Juin 2011
Évolution des résultats 2004-2011
Partie 1 : Les ateliers naisseurs.
Juin 2012
Évolution des résultats 2004-2011
Partie 2 : Les ateliers finisseurs.
Septembre 2012
Évolution des résultats 2004-2011
Partie 3 : Les naisseurs-finisseurs.
Décembre 2012
Évolution des résultats 2004-2011
Partie 4 : Les naisseurs en vente au
sevrage.
Avril 2013
ÉCOnOmIE
La demande extérieure pousse les
prix à la hausse.
Mars 2011
Perspectives économiques du secteur
porcin – Un avenir prometteur.
Septembre 2011
La mise à jour 2011 de la grille de prix
du porcelet.
Septembre 2011
Les indicateurs du marché porcin
québécois – Un nouvel outil pour
suivre les marchés.
Décembre 2011
Portrait des marchés d’exportation du
porc québécois – Des opportunités à
saisir.
Mars 2012
Production d'éthanol : des impacts
majeurs pour les agriculteurs.
Juin 2012
Analyse de la situation du marché
du porc en Chine.
Septembre 2012
Étude coût de production –
Économies d'échelle dans le secteur
porcin : mythe ou réalité?
Décembre 2012
54. Porc Québec Juin 2013
Prix du porc : un avenir plus
prometteur.
Avril 2013
Petit tour guidé d'Info. Prix.
Avril 2013
EnvIROnnEmEnT
L’empreinte carbone de la production
porcine au Québec (Partie 2)
Mars 2011
Vers l’affichage environnemental des
produits du porc.
Septembre 2011
Un bilan eau positif.
Juin 2012
Réduire les odeurs et les gaz avec un
biofiltre.
Septembre 2012
Des entreprises porcines responsables :
bilans carbone, eau et socioéconomiques.
Avril 2013
GESTIOn
Est-ce vraiment rentable de diminuer
la température ambiante en
engraissement?
Mars 2011
QUALITÉ
Biosécurité et salubrité dans le
transport – En route vers la
certification.
Mars 2011
La viande plus grasse est-elle
plus savoureuse?
Mars 2011
Des lignées pour l’Asie – Mais à
quel coût?
Juin 2011
Transport – Pour arriver à bon porc!
Juin 2011
Coup d’œil sur l’assurance qualité
et le bien-être animal.
Septembre 2011
Développement de standards
canadiens de qualité pour la carcasse
et la viande.
Décembre 2011
Les aiguilles : mode d'emploi.
Juin 2012
Jeûne préabattage : le seuil passe de
1,7 à 1,4 kg.
Décembre 2012
Le porc à l'heure de la traçabilité.
Avril 2013
STRATÉGIE DE SOUTIEN À L’ADAPTATION DES ENTREPRISES AGRICOLES.
Décembre 2011
• Un outil d’intervention profitable
pour le secteur porcin.
• Ce programme sauve des
entreprises.
Mars 2012
• Ferme Porc-Saint – La rentabilité
en vue.
Porc Québec Juin 2013
.55
RECHERCHE
Système de filtration d’air : suivi
d’un an sur trois fermes.
Juin 2011
Pénicilline – Inutile d’augmenter
la dose.
Juin 2011
Gain compensatoire chez le porc…
ou comment en faire plus avec moins.
Juin 2011
Pour en finir avec les aiguilles brisées.
Septembre 2011
Gagner 1 $ par porc avec la stratégie
de gain compensatoire.
Septembre 2011
Vaccination à l’échelle régionale : Une
approche collective pour trouver des
solutions à la circulation du virus du
SRRP en Beauce.
Mars 2012
Création du Guide de conception et
d’aménagement de stations de lavage de
camions de transport de porcs vivants.
Mars 2012
Le projet CLÉ-SRRP : une approche
collective pour combattre la maladie
porcine la plus coûteuse.
Juin 2012
Quelle est la valeur agronomique de la
fraction solide conditionnée du lisier
de porc centrifugé?
Juin 2012
L'étiquetage : bon pour la demande?
Juin 2012
56. Porc Québec Juin 2013
Des pratiques de maturation
optimale.
Juin 2012
Réduire les débits d'air par temps
chaud, c'est possible.
Juin 2012
Gain compensatoire : des
résultats prometteurs.
Décembre 2012
Des moyens efficaces pour réduire
les infiltrations d'air par les
ventilateurs en arrêt.
Décembre 2012
Une tétine utilisée en première
parité donnera plus de lait en
deuxième parité.
Décembre 2012
DOSSIER SPÉCIAL
Avril 2013
• Conseil canadien de la santé porcine : des recherches ciblées sur la santé.
• Production porcine et maladies émergentes : le Canada se dote
d'un outil de calibre mondial.
• Innovation Porc : La Grappe porcine canadienne de recherche.
• Une méthode d'euthanasie basée sur la science
• Une balance pour mesurer la boiterie.
• Truies en gestation : vers l'alimentation en deux phases.
• L'alimentation de précision à nos portes.
• Diminuer les nuisances en traitant l'air à la sortie des bâtiments.
• Contrer les effets des mycotoxines.
• Une alimentation sans antibiotique, voie de l'avenir.
• Les porcelets ont-ils tout ce dont ils ont besoin?
• Gain compensatoire : résultats en pouponnière.
• Repenser votre quai de chargement en engraissement,
une question d'argent.
• Jongler avec les schémas génétiques, les prix des aliments,
les prix du porc... et choisir la bonne stratégie alimentaire.
• Évaluer le bien-être avec quel outil?
REPORTAGEÀLAFERmE
DOSSIER RELÈVE
Mars 2011
• F. Porcine Audesse inc. –
De producteur à gestionnaire.
• Ferme Dinelle et Fils Limitée –
Revenir à la terre.
• Ferme Pic Rouge – Être au cœur
des décisions.
• Ferme C. et A. Duquette – Avoir
une ferme performante.
Fermes porcines de l’année 2011 Finalistes et gagnant.
Juin 2011
• Gagnant : Ferme À-Porc-Ça senc.
• Finaliste : Porc S. B. inc.
DOSSIER PRODUIRE AUTREMENT
Décembre 2011
• Les Viandes Rheintal –
En affaires avec le bio.
• Ferme Moporc – Du porc
oméga.
• Porcherie Ardennes –
Du porc naturel renommé.
Des producteurs du Brésil
nous accueillent.
Décembre 2011
Une étoile guide les producteurs
du Brésil.
Mars 2012
Ferme Damilie-Porcs inc. – Utiliser
l'extrusion du soya pour chauffer
et nourrir les porcs.
Décembre 2012
Ferme Aldo – Une ferme familiale
qui cherche et qui trouve.
Avril 2013
Porc Québec Juin 2013
.57
DEPORCETD’AUTRE
Audrey Gendron, rédactrice à la pige
[email protected]
JEUDEPOURSUITEEnTRE
COCHOnETPOLICIERS
Un cochon a fait rire toute la Pologne et donné du fil à retordre aux policiers
lorsqu’il s’est enfui de son enclos pour se balader sur les routes enneigées de
Sokolka, dans l’est du pays.
Attraper un cochon qui court sur la neige n’est pas chose facile. Ce n’est
qu’après deux heures de poursuite et de glissades que les policiers ont réussi à
capturer l’animal dans un filet. La scène a été filmée et diffusée sur YouTube. Elle
a été vue plus de 600 000 fois.
Source : 20minutes.fr, 16 février 2013.
UnEREInEETSOnCOCHOn
Une des reines du Carnaval de Rio a un animal domestique plutôt
particulier : un porc de 250 kilos nommé Bébé. Alice Alves abrite
25 animaux chez elle en banlieue de Rio de Janeiro, mais son préféré,
c’est Bébé qu’elle appelle aussi gordinho (petit gros).
Cette vétérinaire de profession a mentionné au site G1 de Globo
que son cochon a besoin de soins particuliers, notamment d’un bain
hebdomadaire et de l’imperméabilisation de ses sabots.
Avoir un cochon était, pour elle, un rêve d’enfance. Elle a adopté
l’animal lorsqu’il était tout petit et maintenant il a cinq ans. Elle affirme
que s’occuper de Bébé lui prend du temps, mais « si on le fait avec
amour, tout est plus facile ». Pour elle, ce n’est pas différent de
Portela, l’école de samba pour laquelle elle défile depuis 14 ans et
se battait cette année
pour remporter le titre
convoité de championne
du carnaval.
DESLOISFRAnÇAISES
InSOLITES
Saviez-vous qu’en France, il est interdit à
tout propriétaire d’appeler son cochon
Napoléon et que tous les citoyens
doivent avoir chez eux une botte de foin,
au cas où le roi passerait avec son cheval? Aussi
désuètes qu’elles puissent paraître, ces lois sont encore en
vigueur sur le territoire français. Au total, 10 500 lois, 127 000
décrets, 7 400 traités, 17 000 textes communautaires datant,
entre autres, du Moyen Âge, de la Révolution française,
ou encore du régime de Vichy sont parfaitement légaux
aux yeux de la loi française, et ce malgré la volonté de la
Commission nationale consultative des droits de l’homme
(CNCDH) d’épurer ces lois plus insolites les unes que les autres.
Source : topito.com, 22 août 2012.
Source :
tempsreel.nouvelobs.com,
7 février 2013.
ALCOOTESTSOBLIGATOIRES
DAnSLESTRACTEURS
En France, tous les véhicules
terrestres à moteur, sauf les
cyclomoteurs, doivent maintenant posséder un alcootest
disponible et fonctionnel en
tout temps. Cette loi est de
trop pour les propriétaires
des 1 200 000 tracteurs qu’on
dénombre en France. Dans
une lettre envoyée aux ministres de l’Agriculture et de l’Intérieur,
un syndicat nommé Coordination rurale, a demandé une exemption
face à cette mesure qu’il qualifie de « stupide et totalement
inadaptée pour les véhicules agricoles ».
Source : lepoint.fr, 4 juillet 2012.
UnCOCHOn
nAInÀLA
mAISOn
Hormis le chat et le chien,
le 13 e Salon national des
animaux de compagnie de
Montréal, a mis en vedette des
animaux domestiques moins
connus comme le hérisson
africain, le cheval miniature, le
chinchilla et le cochon nain.
« Alliant le tempérament du chien à la
propreté du chat, les mini-cochons sont de plus en plus
populaires. Les avantages qu'ils offrent conviennent
parfaitement aux gens qui ont un espace restreint »,
a commenté Michel Beausoleil, le promoteur de
l’événement.
Ne restez donc pas surpris si vous croisez un
cochon nain dans les bras de son maître ou se baladant
au bout d’une laisse.
Source : tvanouvelles.ca, 4 novembre 2012.
58. Porc Québec Juin 2013
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