
4
2) La directive proposée vise à assurer que les autorités nationales échangent
des informations et coopèrent beaucoup plus étroitement, en remplaçant
l'actuelle duplication des règlements et contrôles nationaux par un système
beaucoup plus cohérent et convivial. Cette nouvelle approche contribuerait à
rendre opérationnel le principe du pays d'origine, notamment en renforçant la
confiance des États membres que les prestataires de services extérieurs sont
adéquatement supervisés dans leur pays d'origine. Pour améliorer l'application
et la réparation par-delà les frontières, il y aurait une répartition plus claire des
rôles de supervision entre l'État membre d'origine et l'État membre d'accueil,
ainsi qu'un accès plus aisé pour les autorités nationales aux informations des
autres pays sur les services et les prestataires.
Cette coopération administrative améliorée contribuerait également à éliminer la
paperasserie liée au «détachement» de travailleurs – en d'autres termes,
lorsqu'une entreprise d'un État membre envoie des travailleurs temporairement
dans un autre État membre pour y fournir un service. Les prestataires de
services devraient toutefois continuer à respecter la législation du pays de
destination en matière de salaire minimum et autres conditions de travail,
conformément à la directive 96/71/CE.
3) La proposition établirait certaines règles communes de base applicables dans
toute l'UE, afin d'accroître la confiance dans les services transfrontaliers. En
particulier, elle exigerait une assurance responsabilité civile professionnelle
appropriée pour les services présentant des risques particuliers. La directive
proposée tient compte de la nature spécifique de certaines activités de
services, en particulier les professions réglementées qui exigent le respect
d'une certaine éthique professionnelle. Par exemple, elle lève les interdictions
désuètes et disproportionnées de la publicité pour ces professions, tout en
stipulant que cette publicité doit respecter certaines règles et limites et en
appelant les associations professionnelles à rédiger des codes de conduite
européens.
4) Pour certains domaines sensibles – transferts de fonds, services de paris et
accès à l'activité de recouvrement judiciaire de créances, la directive proposée
prévoirait l'élaboration éventuelle de règles spécifiques, pour 2010 (voire plus
tard dans le cas des services de paris).
Droits des utilisateurs de services
Les consommateurs et les entreprises utilisatrices de services ont, dans le marché
intérieur, le droit d'utiliser les services offerts dans des États membres autres que le
leur. La directive proposée préciserait donc clairement que ces droits empêchent les
États membres d'imposer des restrictions telles que l'obtention d'une autorisation
pour utiliser des services (par exemple d'architectes ou d'entrepreneurs) dans
d'autres États membres, ou des règles fiscales discriminatoires rendant plus coûteux
les services offerts dans d'autres pays de l'UE.
La directive proposée clarifierait également les droits des patients en fixant, sur la
base de la jurisprudence de la Cour européenne de justice, les conditions dans
lesquelles les systèmes nationaux de sécurité sociale doivent rembourser les coûts
des soins médicaux reçus dans d'autres États membres. Pour les services non
hospitaliers, les patients doivent être remboursés par leur État membre d'origine
pour les soins de santé reçus ailleurs dans l'UE, à concurrence des plafonds et taux
de remboursement normalement pratiqués dans l'État membre d'origine pour les
services concernés.