fins d’analyse dans les 12 heures suivant la mort.
Résultats
Après avoir étudié l’activité de plus de 12 000 gènes présents dans les tissus cérébraux, les chercheurs ont
découvert que l’infection au VIH activait certains gènes alors qu’elle supprimait l’activité d’autres.
Lorsque l’équipe a comparé les gènes dont l’activité était supprimée dans les tissus cérébraux des personnes
atteintes de dépression grave ou chronique, elle a trouvé que le gène responsable de la production du composé
somatostatine était le plus gravement touché. La somatostatine est une petite molécule produite par le cerveau et
d’autres parties du corps qui a plusieurs fonctions différentes. À l’intérieur du cerveau, la somatostatine peut
favoriser la transmission de signaux entre les neurones.
L’équipe de San Diego a également observé que le VIH avait tendance à désactiver des gènes qui contribuent à la
production des composés dont les neurones se servent pour envoyer des signaux les uns aux autres, c’est-à-dire
les neurotransmetteurs.
On a également découvert que le VIH supprimait l’activité des gènes responsables de maintenir la structure physique
des cellules cérébrales.
Résumé
Les théories qui cherchent à expliquer l’origine biologique de la dépression grave ou chronique suggèrent que soit
les neurones ne produisent pas assez de neurotransmetteurs soit ils ne parviennent pas à s’approvisionner
suffisamment en ces derniers. Au fil du temps, cette situation aboutit à la dépression.
L’augmentation des taux de neurotransmetteurs dans le cerveau est l’élément qui sous-tend les théories
préconisant le recours aux antidépresseurs. Les observations de l’équipe de San Diego ont soulevé une possibilité
—que le VIH soit capable de supprimer l’activité des gènes responsables de la production de neurotransmetteurs. Si
elles subissent une réduction de leurs taux de neurotransmetteurs, il se peut que les PVVIH soient plus vulnérables à
la dépression.
L’affaiblissement de la structure des neurones pourrait, quant à lui, expliquer pourquoi l’infection au VIH provoque
l’endommagement et la perte de tissus cérébraux.
La prochaine étape?
Ces résultats originaux pourraient ouvrir la voie à d’autres recherches sur la biologie de la dépression liée au VIH. Il
faut se rappeler que, même si l’étude de San Diego était complexe et portait sur des milliers de gènes, le nombre de
sujets était relativement petit, sans doute en raison des problèmes associés à l’obtention de tissus cérébraux.
Le Dr Ian Everall, professeur de psychiatrie à l’Université de la Californie à San Diego, a joué un rôle clé dans la
présente étude en tant que chercheur. À l’avenir, en collaboration avec son équipe, il prévoit effectuer d’autres
recherches auprès des PVVIH, notamment celles souffrant de dépression grave ou chronique. Son objectif
consistera d’abord à confirmer et à étoffer ces résultats préliminaires. En deuxième lieu, il espère réaliser des études
de laboratoire sur des cellules cérébrales et le VIH dans le but de trouver un moyen d’empêcher le VIH de provoquer
des cas de dépression graves.
Pour leur part, les compagnies pharmaceutiques essaient de mettre au point une nouvelle famille d’antidépresseurs
qui agiront partiellement en stimulant l’effet de la somatostatine sur les cellules du cerveau.
Si les résultats obtenus par cette équipe de San Diego étaient confirmés et étoffés, cela pourrait expliquer la forte
prévalence des problèmes de santé mentale chez certaines PVVIH. Cela pourrait également renforcer l’argument en
faveur d’un soutien psychosocial aux PVVIH, en plus d’inciter les médecins à la vigilance en ce qui concerne le
dépistage des maladies dépressives chez leurs patients ayant le VIH/sida.
—Sean R. Hosein
RÉFÉRENCES :
1. Cruess DG, Evans DL, Repetto MJ, et al. Prevalence, diagnosis and pharmacological treatment of mood disorders