
4
INTRODUCTION
Depuis la dernière crise financière de 2008, un climat d’incertitude au niveau macro-économique
s’est installé sur le marché des capitaux. Si la crise de liquidité semble s’être résorbée, on
constate que l’incertitude au niveau budgétaire de plusieurs puissances mondiales encourage les
investisseurs à la prudence, et à faire une collecte d’information plus importante afin de prendre
de meilleures décisions d’investissement.
D’autre part, la reprise économique n’a pas progressé aussi rapidement que ce que les principaux
observateurs avaient prévu. Plusieurs mesures ont été prises au niveau gouvernemental afin
d’encourager la relance. Parmi celles-ci, on retrouve des crédits d’impôt pour les grandes
entreprises, afin de stimuler l’investissement privé, ou alors des mesures « d’assouplissement
monétaire » (Quantitative Easing) aux États-Unis. Cependant, les résultats de ces programmes
semblent mitigés, les firmes privées préférant augmenter leurs réserves de liquidité et l’épargne
de précaution dans la conjoncture actuelle.
Le cas du Canada retient particulièrement notre attention, du fait de sa proximité avec le marché
américain des capitaux. En effet, une grande majorité du commerce canadien se fait avec son
voisin du sud, ce qui fait en sorte que son économie est exposée aux aléas de la conjoncture des
États-Unis. Il sera intéressant d’étudier l’impact de l’incertitude économique canadienne sur les
investissements corporatifs.
Nous pouvons également voir à la lumière de ces constats qu’une meilleure compréhension du
comportement des investisseurs en situation d’incertitude économique permettrait aux acteurs de
trouver des solutions plus adaptées aux politiques économiques visant à stimuler l’investissement
des entreprises.
Nous proposons dans cette étude un ajustement à une mesure d’incertitude existante afin de
quantifier l’incertitude économique générale avec moins de contraintes. De plus, nous présentons
des modèles plus simples, qui ont cependant une certaine robustesse. Les résultats de notre étude
montrent que l’incertitude économique générale canadienne a un impact négatif et significatif sur
le rendement excédentaire canadien, ainsi que sur le taux d’investissement dans l’économie