L`expérience combattante durant la Première guerre mondiale et le

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Thème 2. Chapitre 1.
L’expérience combattante durant la Première guerre
mondiale et le retour à la paix.
HISTOIRE, THEME 2, CHAP.1. l’expérience combattante durant la Première guerre
mondiale et le retour à la paix.
REPERES
CHRONOLOGIQUES
CONNAISSANCES
NOTIONS ET
VOCABULAIRE
CAPACITES
Lire le cours du manuel p. 64 et 70.
- 4 août 1914 : L’Allemagne déclare la guerre à la France, mobilisation générale.
- début 1915 – début 1918 : Guerre de position (tranchées).
- Février – décembre 1916 : Bataille de Verdun.
- Avril 1917 : Entrée en guerre des Etats-Unis.
- 11 novembre 1918 : Armistice, fin de la guerre.
- 28 juin 1919 : signature du Traité de Versailles.
- 1920 : entrée en fonction de la SDN
→ Raconter les grandes phases de la Grande Guerre et caractériser la guerre totale.
→ Décrire l’expérience combattante.
→ Caractériser la DSN et expliquer son échec.
Tranchée – guerre de mouvement / de position – guerre totale – propagande –
« bourrage de crâne » - le front / l’arrière – no man’s land – parapet – barbelés – guerre
industrielle – violence de guerre – déshumanisation – culture combattante – génocide
(des Arméniens) – endeuillement – monument aux morts – pacifisme – anciens
combattants – « brutalisation » – banalisation de la violence – SDN – droit des peuples à
disposer d’eux-mêmes.
► Etudier des gravures / des photographies de la Grande Guerre afin de décrire l’expérience
combattante.
► Faire des recherches sur Internet (hors wikipédia)
I. Vers une guerre totale. II. L’expérience combattante. III. Un retour à la paix ?
En quoi la Première Guerre mondiale est-elle une étape essentielle dans la mutation de la guerre au
XXe siècle et pourquoi n’aboutit-elle pas à une paix durable ?
I. Vers une guerre totale.
A. Une guerre d’une ampleur inédite.
Septembre, Bataille de la
Marne, l’armée allemande
menace Paris. Les Français
résistent.
1914
28 juin,
attentat de
Sarajevo.
Février - décembre, offensive
allemande sur Verdun. Les
Français résistent.
1915
4 août, l’Allemagne déclare
la guerre à la France.
Guerre de
mouvement
1916
Avril-mai, Offensive alliée du
Chemin des Dames. Les
Allemands résistent.
1917
Juillet - novembre, offensive
franco-britannique sur la Somme.
Les Allemands résistent.
11 novembre, Armistice
sur le front ouest, fin de
la guerre.
1918
Avril, entrée en guerre
des Etats-Unis
d’Amérique au côté
des Alliés.
Guerre de
position
→ Voir les cartes p. 62-63 pour comprendre l’étendue spatiale de la guerre.
Mars, traité de BrestLitovsk, fin de la guerre
entre l’Allemagne et la
Russie.
B. Une mobilisation totale...
•70 millions de combattants mobilisés au front
et 9-10 millions de morts.
•Mobilisation de soldats issus des colonies
•Guerre des tranchées de 1915 à 1917 pendant
laquelle les conditions de vie sont très difficiles et
les combats très violents.
•Le perfectionnement des armes (canons, chars,
avions…).
•Mobilisation des industries pour la fabrication
d’armes (ex : Renault fabrique des chars et des
obus).
•L’Etat doit emprunter de l’argent auprès des
particuliers mais aussi d’autres pays (surtout les
Etats-Unis).
•Mobilisation des femmes dans les usines
(munitionnettes) et dans les champs pour
remplacer les hommes partis au front.
Mobilisation des civils à l’arrière : une
économie de guerre
Mobilisation des soldats au front
Une guerre
totale
Mobilisation des esprits au
front et à l’arrière
Souffrance des civils
•Propagande pour entretenir le moral des soldats et
des civils (ex : dans les journaux, à l’école, sur des
affiches…). On parle de « bourrage de crâne ».
•Censure de l’information.
•Les lettres de poilus sont contrôlées.
•Destructions et Réquisitions dans les régions
occupées (ex : Lille).
•Pénuries alimentaires et privations.
•Hausse des prix (inflation).
•Perte de proches partis au front (multiplication
des veuves et des orphelins).
Une guerre totale est une guerre qui mobilise à la fois
le front (les soldats) et l’arrière (les civils).
MAIS ce sont les soldats qui ont été les plus marqués par la
l’expérience des combats au front.
II. L’expérience combattante.
Documents d’étude : Les gravures d’Otto Dix, album d’eaux-fortes, La Guerre.
Assaut sous les gaz, 19,6 x 29,1 cm.
Près de Langemark (février 1918), détail, 24,7 x 29,3 cm.
2
1
Questions.
► Décrivez les 4 gravures afin de
relever les caractéristiques des combats
et de la vie des soldats au front durant la
Grande guerre.
► Quelles impressions vous procurent
ces gravures ?
Synthèse.
Rédigez un paragraphe sur l’expérience
combattante à partir des gravures d’Otto
DIX en respectant le plan suivant :
Le repas dans la sape (colline de Lorette), 19,6 x 29,1 cm.
Abri, 19,6 x 29,1 cm.
3
4
A. Combattre. Décrivez les combats des
tranchées de la Grande Guerre.
Expliquez pourquoi les soldats ont le
sentiment d’être de « la chair à canon ».
B. Vivre. Décrivez les conditions de vie
des combattants dans les tranchées
(manger, boire, dormir, hygiène) et leur
environnement.
C. Survivre. Montrez que les soldats au
front vivent dans l’angoisse et que la mort
est omniprésente.
La Grande guerre est souvent associée aux tranchées (guerre de position). Les « Poilus » français
comme les soldats allemands, anglais, italiens, etc, ont été profondément marqués par l’expérience des
tranchées.
A. Combattre.
Les soldats de la 1ère Guerre mondiale se battent à partir de tranchées dans lesquelles les armées
s’enterrent sur 700 km sur le front ouest : il prend la forme d'un réseau de tranchées et de boyaux de
communication d'une largeur de quelques km. Une tranchée est le plus souvent un ensemble de sillons de
2 mètres de profondeur, protégés par un parapet et des barbelés, et dont le tracé serpente. Entre les
tranchées adversaires s'étend le no man's land, plus ou moins large.
La guerre de tranchée consiste en attaques sur les lignes adverses afin de percer le front. Les
assauts sont excessivement meurtriers et révèlent la supériorité de la défense. La mort de masse est
provoquée par le développement d’un armement industriel. L’artillerie, dont la puissance ne cesse
d’augmenter, est l’arme la plus meurtrière : le bruit du canon est omniprésent sur le champ de bataille. La
mitrailleuse est également une arme redoutable qui fauche les soldats lors des assauts. Les gaz sont pour
la première fois employés par les Allemands en 1915, ce sont des armes très meurtrières mais les
combattants s’en protégeaient avec des maques à gaz. Les tanks font leur apparition en 1916 mais ne
deviennent efficaces qu’à partir de 1918. Les bombardements aériens se développent à la fin de la guerre.
Face à cette guerre industrielle les combattants se sentent impuissants et nus : ils ont souvent le
sentiment de n’être que de la « chair à canon ». L’historien spécialiste de la Grande Guerre S. AudoinRouzeau affirme qu’avec la 1ère guerre mondiale « on atteint un degré de brutalité jusque là inconnu », il
s'agit d'un « franchissement d'un seuil dans la violence de guerre ».
B. Vivre.
Les combattants vivent dans les tranchées pendant plusieurs jours en attendant la relève ; la
première ligne de front est séparée de l’arrière par plusieurs kilomètres que l’on rejoint par des boyaux
étroits. Les soldats font ainsi l’expérience de conditions de vie très précaires : ils doivent dormir, manger,
s’occuper dans des espaces très restreints (à même la tranchée ou dans des abris plus ou moins bien
construits) dans l’angoisse d’une offensive.
La boue fait partie du quotidien des combattants et leur environnement proche n’est constitué que
de cette matière qui rend les conditions de vie difficiles. Les combattants ne peuvent se laver et vivent
avec la vermine (poux, rats, …). Les repas qui viennent de l’arrière n’arrivent que difficilement et les
soldats doivent souvent se contenter d’une nourriture de mauvaise qualité et en petite quantité. Dormir est
également difficile car nul lit dans les tranchées : les soldats doivent s’allonger à même le sol et
s’envelopper dans leur capote ou dans des abris sommaires.
Les combattants attendent avec impatience la relève et le retour vers l’arrière est un soulagement
et une véritable source d’espérance : les combattants redeviennent alors des hommes qui se lavent,
mangent et dorment.
C. Survivre.
La violence inouïe des combats donne aux combattants un sentiment de déshumanisation et plutôt
que de vivre les soldats pensent à survivre dans un monde où la mort est omniprésente.
Les combattants vivent tout d’abord dans la peur et l’angoisse de mourir. En première ligne la mort
peut arriver à tout moment lors d’assauts ou de canonnades. Si les soldats meurent ils font également
l’expérience de tuer : souvent à distance avec des armes à feu mais aussi parfois de leur propres mains
lors de combats au corps à corps dans les tranchées. Les combattants tuent pour ne pas être tués.
Mais pour les survivants c’est surtout la proximité de la mort qui a marqué les combattants : les
soldats voient leurs compagnons mourir sous leurs yeux lors des combats mais ils vivent également au
milieu des morts dont les corps en décomposition demeurent sur le champ de bataille faute de pouvoir les
enterrer. Les blessés gémissent parfois pendant des heures sans pouvoir être secourus et ceux qui le sont
sont parfois horriblement mutilés. Cette expérience fut traumatisante pour tous les soldats.
L’expérience des tranchées a entraîné un véritable sentiment de camaraderie entre les combattants
qui s’entraident et nouent de forts liens d’amitié entre eux. Le développement d’une culture combattante
au contact de l’expérience des tranchées entraîne le creusement d’un fossé d’incompréhension entre
soldats et civils et les combats nourrissent souvent de puissants ressentiments contre l’ « arrière ».
→ Projection d’une sélection de photographies illustrant l’expérience combattante.
(http://gallica.bnf.fr/html/und/images/la-premiere-guerre-mondiale-1914-1918.)
→ Présentation d’œuvres littéraires : E. M. Remarque, A l’Ouest rien de nouveau, 1929 et H.
Barbusse, Le Feu, 1916.
III. Un retour à la paix ?
A. Une société endeuillée marquée par l’expérience de la guerre.
Le bilan humain de la Première guerre mondiale est terrible : on compte 10 millions de morts en
Europe (1.4 million en France, 2 millions en Allemagne) et un nombre encore plus important de blessés et
de mutilés de guerre. Les familles sont donc très largement touchées et on compte ainsi de très nombreux
orphelins et veuves.
Les civils ont également été largement touchés par les combats et ont souffert dans les zones
d’occupation allemande dans le nord de la France et en Belgique. La 1ère guerre mondiale a été le théâtre
du génocide des Arméniens qui furent déportés et assassinés en masse par l’empire ottoman (1.2 million
de morts).
Les sociétés d’après-guerre sont donc très marquées par le conflit et les Etats commémorent les
morts de la guerre à travers des cérémonies (le 11 novembre en France avec la tombe du soldat inconnu).
En France chaque commune érige un monument aux morts qui témoigne du sacrifice d’une génération
(voir http://monuments.centenaire.org/cartographie/).
Le retour des combattants à la vie civile s’accompagne de changements dans les comportements
politico-sociaux.
La guerre et ses horreurs sont rejetées et entraînant une vague de pacifisme sans précédent dans
tous les pays mais surtout dans les pays vainqueurs (France, Royaume-Uni). Même si peu de
combattants parlent de leur expérience au front, les témoignages artistiques de certains combattants
entretiennent ce rejet de la guerre et de ses atrocités (O. Dix, E. M. Remarque, H. Barbusse…). En
France, les associations d'anciens combattants entretiennent le souvenir des camarades morts et forment
un cercle de sociabilité et d'entraide. Les anciens combattants délivrent des messages tels : « Plus jamais
la guerre ! » ou « Guerre à la guerre ! ».
On assiste également à une forme de « brutalisation » des sociétés européennes et à une
banalisation de la violence qui se prolonge dans la vie civile. On constate par exemple en Allemagne une
augmentation des violences politiques et les partis fasciste italien, nazi allemand et les ligues d’extrême
droite en France qui se développent dans l’entre-deux-guerres sont des exemples de cette
« brutalisation ».
B. Le traité de Versailles, un traité de paix ?
En janvier 1919 s’ouvre à Paris « la conférence de la paix » qui réunit les 27 pays alliés vainqueurs
de la guerre. Les débats sont dominés par quatre pays : la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et
l’Italie. Chaque pays défend ses intérêts. La France, représentée par G. Clemenceau, souhaite un
affaiblissement durable de l’Allemagne afin de ne plus être menacée par elle ; les Américains défendent
les principes des quatorze points présentés par le Président Wilson (défense de la paix, droit des peuples
à disposer d’eux-mêmes, instauration d’une société des Nations…) ; l’Angleterre souhaite ne pas trop
affaiblir l’Allemagne et l’Italie réclame des territoires qui lui ont été promis lors de son entrée en guerre aux
côtés des Alliés. N’obtenant pas satisfaction de ses réclamations l’Italie quitte la conférence en avril.
Après 6 mois de débats les Alliés rédigent un texte qui est imposé aux Allemands. Le traité de paix
est très dur vis-à-vis de l’Allemagne même si toutes les revendications françaises n’ont pas été satisfaites.
Néanmoins l’Allemagne perd de nombreux territoires, l’armée allemande est réduite à 100 000 hommes et
ne peut posséder ni avion, ni char, ni artillerie lourde et enfin l’Allemagne est jugée responsable de la
guerre et se doit de « réparer les torts causés » en versant des indemnités aux Alliés et notamment à la
France.
Le traité est signé à Versailles le 28 juin 1919 mais il fait l’objet de nombreuses contestations. Les
Allemands considèrent que le traité leur est imposé (« le diktat ») et la population allemande le rejette
violemment. Le Sénat américain refuse de ratifier le traité ce qui compromet la bonne application de celuici et les Anglais considèrent qu’il est trop sévère pour l’Allemagne et ne permet pas la reprise économique
de l’Europe. En bref le traité de Versailles n’instaure en Europe qu’une paix précaire.
C. La volonté de paix : la SDN
Travail de recherche : la SDN
Conclusion.
La Première Guerre mondiale est une étape essentielle dans la mutation de la guerre au XXe s. On
constate en effet un changement de degré et de nature dans la violence : on parle ainsi de guerre
totale qui se définit par la mobilisation de toutes les ressources des Etats durant une longue période et à
un degré jamais atteint, et une extension de l’affrontement à toutes les régions du globe dans un but
d’anéantissement de l’adversaire ; ce type de guerre pousse à la radicalisation qui amène les belligérants
à consacrer toujours plus de moyens à l’accomplissement de cet objectif. Ce sont surtout les soldats à
travers leur expérience combattante qui ont été les témoins de cette guerre totale.
La Première guerre mondiale endeuille le continent européen et malgré la vague de pacifisme qui
traverse l’Europe la paix semble précaire. Le traité de Versailles est contesté et la SDN qui doit garantir la
paix s’avère impuissante face aux graves tensions qui naissent dans les années 30 et qui entraînent la
Seconde guerre mondiale qui marque un degré supplémentaire dans la guerre totale.
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