La cause n'est pas recherchée si c'est une première
Si la fausse couche est en cours et le col utérin ouvert, le processus va se poursuivre jusqu'à
l'expulsion. Le plus souvent spontanée et totale, celle-ci peut prendre plusieurs jours ou être
incomplète. «Un traitement par le misoprostol (Cytotec) permet d'accélérer l'expulsion. Ce
médicament, très utilisé, induit des contractions utérines. S'il est insuffisant (20 % des cas), ou si la
femme souhaite une issue rapide, une aspiration-curetage chirurgicale est réalisée au bloc, sous
anesthésie, avec un petit risque ensuite d'adhérences utérines, les synéchies.» Le choix du traitement
doit être laissé à la femme, sauf en cas d'hémorragie importante et de fortes douleurs, où l'acte
chirurgical s'impose.
«Presque toujours, la fausse couche précoce met fin à une grossesse qui de toute façon n'aurait pas
évolué normalement, principalement en raison d'altérations chromosomiques sévères», indique le Dr
Huchon. La reproduction humaine s'accompagne naturellement d'un grand «gâchis», avec 70 % des
œufs fécondés qui avortent avant la 6e semaine. «On ne recherche pas la cause d'une fausse couche
précoce unique, car cela n'aurait aucune utilité pour l'avenir. Cette fausse couche isolée, qu'on ne
peut pas prévenir, ne change rien aux chances de la mère pour les grossesses ultérieures.»
Les fausses couches tardives traitées différemment
Bien plus rares (0,5 à 1 % des grossesses), les fausses couches tardives du deuxième trimestre
posent un problème différent. Comme le fait remarquer le Pr François Goffinet (CHU Cochin- Port-
Royal, Paris), même si avant 22 semaines le fœtus n'est pas viable, «pour l'obstétricien, il y a une
continuité entre la fausse couche tardive et l'accouchement très prématuré». Certains facteurs
favorisant, grossesses multiples, grande précarité, infections maternelles graves ou conditions de
travail difficiles sont d'ail!leurs les mêmes.
«Ces fausses couches tardives peuvent avoir pour cause une anomalie génétique comme une
trisomie, une poly-malformation, responsables de mort fœtale in utero, ou encore une pré-éclampsie,
hypertension gravidique responsable d'une souffrance précoce du fœtus qui finit par décéder,
explique le Dr Antoine Torre (CHU Poissy). Ces morts fœtales in utero sont analysées pour voir s'il est
possible de prévenir une récidive.» Mais la cause la plus fréquente de ces fausses couches tardives
est l'incompétence du col qui ne joue pas bien son rôle de bouchon. Elle est très difficile à prévoir car
l'examen gynécologique est normal les jours précédents. «La mesure échographique de la longueur
du col permet d'évaluer le risque de fausse couche. Autre signe avant-coureur, une rupture
prématurée de la poche des eaux, situation à très haut risque pour le fœtus, même si, rarement, la
grossesse se poursuit un peu au-delà.»
Restent des inconnues, comme le lien entre vieillissement ovarien, fausses couches récurrentes et
ménopause précoce, ou encore le rôle de la trophicité, la qualité de l'endomètre, qui justifieraient une
recherche plus active dans ce domaine.
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