REVUE FRANÇAISE DINFORMATIQUE ET DE RECHERCHE OPÉRATIONNELLE
IOAN TOMESCU
Sur l’algorithme matriciel de B. Roy
Revue française d’informatique et de recherche opérationnelle,
tome 2, noR1 (1968), p. 87-91
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R.I.R.O.
(2e
année, N°
7,
1968, p. 87-91)
SUR L'ALGORITHME MATRICIEL
DE B.
ROY
Ioan TOMESCU
0)
Résumé. Le but de cet article est celui de généraliser Valgorithme matriciel de
B. Roy,
proposé dans [1], [2] pour
la
détermination
de la
pi-fermeture
d'un
graphe fini
au
cas des
matrices aux éléments dans un semi-groupe
à
ordre semi-réticulaire.
Dans
ce qui
suit
l'on
considère
un
semi-groupe
à
ordre semi-réticulaire,
c'est-à-dire
un
ensemble
S
muni
de
deux lois
de
composition
o et A
qui satis-
font aux axiomes
:
l)aob = boa.
2)ao(boc) = (aob)oc.
4)
a A b = b A a.
5)
a A (& A c) = (a A b) A c.
6)
a A a = a.
7)
a o
(b
A c) =
(âioi)A
(Ö
o
c).
8)
ö A (aob)
a
quels que soient
a, è, c S et e
étant l'élément neutre
de semi-groupe.
Dans l'ensemble
S, on
introduit
une
relation d'ordre partiel
: a -< b si
a
A b = a, qui a les
propriétés suivantes :aAô<a;aA6-<6;siz-<a
et
z -< ô
alors
r
-< Û
A b; a = a A (aob) -<ao
b3
en
particulier
Théorème
i. Si a <, b et c <, d
alors
ah
c<èA
d et ao c
<>bo
d.
Démonstration.
On
obtient
a A b -<a -<c et a A b ^b ^d,
donc
A Z>
-<
c A rf.
(1) Université
de
Bucarest,
str.
Academiei,
14.
88 I. TOMESCU
Si
a -< c
alors
aob = boa = bo(aA c) = (boa) A (boc) = (aob) A (cob) -<cob
quel
que
soit
b
S*.
En utilisant
ce
résultat
on
obtient dans
les
hypothèses
du
théorème
que
boc<doc
= cod.
C.Q.F.D.
On définit
la
multiplication
des
matrices carrées
A
= {
aafi
}l
p et B = { b
}afial
p
avec aa0, bap
&
par la
relation
:
{AxB}aJt
= /\ (aay o
by/f)={aaX oblfi)
A
(aa2ob2fi)
A ... A
(aapobpfi).
y=l,...,p
Dans [3]
on
obtient que cette loi de composition est associative et,
si aaa = e
on
a la
relation
Ap~x = Ap = ...
On introduit une relation d'ordre partiel dans l'ensemble
des
matrices
aux
éléments de
S
de
la
façon suivante :
À
-<
B
si
aœ>?
-<
ba$ pour tout
a? p
1,..., /?.
Si
A -< C et 5 -< D
alors, conformément
au
théorème
1 :
aay
o
byfi
< cay o dyp et /\ (aay o
byfi)
< /\ (cay o
dy/f)9
7
=
1,~.,p
y=is...,p
donc
A X B < C X D.
{
^2
}a/? ==
«^ A /\ (aay o
ayp)
< a
y
=
l,...,P
d'où
on
déduit
:
A
> ^2 >- ... > ^~1 -- ^p - ...
On introduit
les
opérateurs
TfJp) où
jx,
v, p { 1,
2,...,;?
}
définis
sur
l'ensemble
des
matrices
A = { a^
}a^Œl(
p
avec
âfa^ S et
0^^ ==e
de la
manière suivante
:
^
- B si ^ = «^ A (a^ o a^) et b^ = öa^
pour tout
(a, P) ^
(JJL,
v).
On
en
déduit
que A >
TfJp)(A)
>- A2,
donc
et
par
conséquent ÇTiJp\A)y'1
- ^p~\
On vérifie aisément
que :
T
'
(pi)/']-'
(P2Ï(JY\
T
flWX
\Â
/12V2
K^/J l
/A
et
ALGORITHME MATRICIEL
DE
B.
ROY
89
p
On introduit les opérateurs Up
= TT
TjJp)
et
l'opérateur
Dans l'expression de l'opérateur
17
l'ordre des opérateurs Up n'importe pas
en vertu de
la
propriété suivante
:
UpiUp2(A)
=
Up2Upi(A).
En effet
:
=
aafi
A
(aap2
o ap^)
A (aapi
A
(aap2
o
ap2fil))
o
(apifi
A
(apip2
o ap2^)
=
aap A
(aapi
o
a,1/?)
A
(aap2
o
^2^)
A
(aai01
o
apip2
o
ap2fi)
A (aap2
o
apQpi
o
apifi)
= aap A
(aa/îl
o
api/s)
A
(aap2
A
(aa>C)1
o
apip2))
o {ap2fi
A
(ap,pi
o
a^^)) ==
{
Up2Upx(A)
}a/f
Compte tenu
de la
relation (T^XÂ))*'1
=Ap~l
on
obtient
par
l'itéra-
tion que (UpiA))?-1
= A?'1 et
(UiA))^1
= A*'1.
Théorème
2.
U(A)
= Ap~x
quelle que soit
la
matrice
A = {
aap,
}et,0=xt...,p
avec aaj}
S et aaa = e.
Démonstration.
En utilisant
la
commutativité
et
l'idempotence
du
produit
des opérateurs Upy induites par
la
commutativité
et
Tidempotence
du
produit
des opérateurs
r/,p(/>),
on
obtient U2(A)
=
U(A)
et
par conséquent
U(A)
-
U\A)
= ...
On démontre par induction par rapport
à s
que
:
{
UksUkt^
...
Ukl(A)
}aA
<
aafi
A
/\
(aay
o
aYfi)
y€{kiM k}\{aJ3}
et, par conséquent, U(A)
< A2
d'où
on
déduit
U\A) <
A4;
...;
U»{A)
<
A2"
pour tout
n
[
|
| +1
alors
on a
yr^j
^ Ar <
AP-I mais
[ log 2
j
Ur(A)>(Ur(A)y-1=^(U(A)y-l=-A^1
et
donc Ur(A)
=
A*-1, c'est-à-
dire C/(^)
= U\A) = ... -
C/r(^)
=
AP'K C.Q.F.D.
Le problème du calcul de
la
matrice Ap~x est associé
à
quelques problèmes
de
la
théorie des graphes
et
des réseaux électriques.
90 I. TOMESCU
Soit S l'algèbre booléenne des fonctions booléennes définies sur { 0, 1 }n
avec les valeurs dans { 0, 1 }; les opérations (o, A) sont respectivement (•, U),
la relation d'ordre partiel -< est la relation ^ définie par ƒ > g si
f(xu ..., xn) ^ g(xu ..., xn)
et l'élément neutre est la fonction e(xu ..., xn) = 1.
Dans [4] on démontre que, si A est la matrice des conductibilités directes
entre les nœuds d'un circuit électrique, alors la matrice Ap~x représente la
matrice des conductibilités totales entre les nœuds de ce circuit.
Dans [5] on définit la fermeture transitive G = (X, F) d'un graphe fini
G = (X, F) où l'application F est définie par
TX = { x } U r* U FJC2 U ... U F^"1
A
pour tout x X, Dans [6] on démontre que la matrice d'incidence du graphe G
est Ap~l, où A est la matrice unitaire d'incidence associée au graphe G. S est
l'algèbre booléenne { 0, 1 } et (o, A, -<, é) sont respectivement (•, U, >s 1).
Dans [7], [5], [8], [3] pour un réseau de transport on définit une applica-
tion l(u) et une application c(u) sur l'ensemble U des arcs du réseau avec les
valeurs dans l'ensemble { x \ x ^ 0 }.
On introduit la matrice A = {aa^
}a,£=i,...,p
où l'on a : aaa = 0;
aap = î(xa, xp) s'il y a un arc qui va de xa à x# et aap = oo en cas contraire.
En considérant le semi-groupe à ordre semi-réticulaire {xjx> 0}U{oo}
avec (o, A, <, e) donnés par (+, min, ^, 0), la matrice Ap~l représente la
matrice des plus petites distances entre les sommets du réseau :
{Ap-l}afi= min
On introduit la matrice A ~ { aa^
}a,=i)...)P
avec aaa = °o; a*fi = c(xa,
si (xa, Xfù e U et aafi = 0 si (xa, x^) $ U.
Le semi-groupe à ordre semi-réticulaire est l'ensemble {x|x^ 0}U{oo}
et (o, A,< e) sont (min, max, ^, oo). La matrice Ap~x représente la matrice
des capacités maximales de transport :
{Ap-x}K/f= max {mïn{c(u)}}
On définit une application p(u) sur l'ensemble U des arcs du réseau avec
les valeurs dans l'intervalle [0, 1],
Si on définit la matrice A par les relations :
a*a = 1 ; aajs = P(xa, xfi) si (xa, xfi) €Uetaa/} = Q si (xa9
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