Ce que les pays en développement peuvent

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de Taïwan
Ce que les pays en développement peuvent
apprendre de Taïwan
samedi 30 mars 2013, par Burkinapmepmi.com
Les pays en développement pourraient tirer de nombreuses leçons de la belle histoire de Taïwan. Cette île
est passée de la condition de pays pauvre dépendant de l’aide à une puissance économique développée.
Le voyageur est surpris par l’infrastructure et l’ordre qui caractérisent cette île - qui ont été réalisés en un
temps relativement court. Aujourd’hui, des villes de classe mondiale s’étalent le long de rivages
magnifiques et sous la brume verte de montagnes époustouflantes. Les tunnels qui traversent les
montagnes rocheuses et le Taipei 101, le deuxième plus haut bâtiment au monde, témoignent de la
réussite économique de Taïwan et de ses capacités en ingénierie.
Il n’en a pas toujours été ainsi.
En 1962, Taïwan était un pays beaucoup plus pauvre avec un revenu moyen annuel par habitant de
seulement 170 USD (à l’époque, ce revenu était à égalité avec le Congo, pays le plus pauvre aujourd’hui
mais, paradoxalement, l’un des plus riches du monde en ressources naturelles).
L’économie taïwanaise se classe aujourd’hui au 19ème rang mondial (en parité de pouvoir d’achat) avec
seulement 23 millions de personnes. Le revenu par habitant y est légèrement supérieur à 37.000 dollars
américains en 2011, un chiffre comparable à des pays comme l’Allemagne, le Danemark et le RoyaumeUni.
La croissance économique spectaculaire de l’île, le « miracle taïwanais », a permis au pays d’intégrer le
groupe des « tigres asiatiques », avec la Corée du Sud, Singapour et Hong Kong. Entre les années 1960
et1990 ces quatre pays ont atteint une industrialisation rapide et sont désormais des pays avancés à
revenu élevé.
En fait, Taïwan a prouvé que brûler les étapes dans le développement économique est possible. Le pays a
fait un bond, passant d’une économie basée sur l’agriculture, dans laquelle la terre était une ressource clé
dans les années 1950, à une économie industrielle dans laquelle les machines sont des ressources
importantes dans les années 1980, vers une économie de la connaissance aujourd’hui.
Comment Taïwan a-t-il pu atteindre le succès si vite et quelles leçons peuvent en tirer d’autres pays en
développement ?
Bien qu’il n’y ait pas de formule simple, de recette « taille unique » pour le développement économique, il
existe de grandes orientations politiques qui peuvent faire une différence dans la transformation
économique d’un pays. Ces politiques se concentrent sur l’essence du développement économique : créer
de la richesse et valoriser les ressources. Les terres de Taïwan ne renferment pas de grandes quantités de
pétrole, de diamants, d’or ou d’autres ressources naturelles pour justifier le grand saut dans son
développement économique au cours des quatre dernières décennies. C’est parce qu’il n’est plus
important qu’un pays dispose ou pas de ressources naturelles. Ce qui importe dans le monde de plus en
plus globalisé et concurrentiel d’aujourd’hui, c’est un autre type de ressource, en fait la plus grande
ressource au monde : le capital humain.
Et Taïwan ne s’y est pas trompé : il a fait des investissements en capital humain une priorité absolue et
développé une main-d’œuvre qualifiée et talentueuse qui a transformé le pays en une économie moderne
et sophistiquée à la croissance relativement équitable et inclusive. Taïwan a reconnu très tôt que son
peuple était sa ressource la plus précieuse et investi dans l’éducation, la santé et les compétences de
formation. Avec un leadership fort connu pour sa compétence et, par conséquent, des institutions fortes,
Taïwan a canalisé ses maigres ressources de l’époque dans l’exploitation du potentiel de ses habitants.
À la suite de cet investissement, Taïwan s’est spécialisée dans la production de haute valeur, fabrique
actuellement un grand nombre de produits électroniques grand public dans le monde tels que les
ordinateurs personnels et les téléphones. Foxconn, le plus grand sous-traitant mondial selon The
Economist et la 43ème plus grande entreprise au monde avec 117,5 milliards de dollars de recettes selon
le classement mondial du Fortune 500, est originaire de Taïwan. Il fabrique des produits pour des sociétés
telles qu’Apple, Cisco, Nokia, Toshiba, Dell, et d’innombrables autres.
Les étudiants taïwanais se classent parmi les meilleurs au monde en sciences et mathématiques, comme le
montre le dernier rapport publié TIMSS en Décembre 2012. Les politiques du pays ont contribué à
propulser l’esprit d’entreprise, stimulant la créativité de ses habitants. Sans surprise, Taïwan dispose d’un
nombre croissant de parcs d’entreprises hi-tech tels que le Hsinchu Science & Industrial Park, le Neihu
Science Park et le Nankang Software Park, créant de nouveaux secteurs et orientant l’économie moderne
toujours davantage vers une économie de la connaissance.
À côté de sa réussite, Taïwan offre une autre leçon. Ou plutôt un avertissement. Le défi principal de l’île
n’est pas une Chine toujours plus puissante mais le déclin démographique. Ce qui a fait de Taïwan une
puissance économique est malheureusement actuellement en train de se réduire comme peau de chagrin.
En 2011, Taïwan faisait les manchettes avec son taux de fécondité le plus bas au monde, bien en-dessous
d’un enfant par femme (à 0,9), en dépit de nombreuses politiques pour stimuler la natalité. Si Taïwan
parvient à renverser son hiver démographique ce sera la naissance d’une autre « miracle taïwanais ».
Taïwan a construit un incroyable système de santé universel : un taïwanais va en moyenne 50 fois à
l’hôpital par an, un chiffre à la fois réjouissant et inquiétant. Taïwan a parcouru un long chemin pour
arriver à une société moderne, de style européen, avec un système de couverture universelle de soins de
santé. Toutefois, l’inquiétude est là : en effet, qui va bientôt payer pour ces dépenses de santé ?
Les pays en développement devraient prendre bonne note.
Obadias Ndaba est président du World Youth Alliance, une organisation internationale ayant un statut
consultatif auprès de l’Organisation des Nations Unies et de l’Union européenne. Il a récemment visité
Taïwan. Le 18 mars 2013. Une version de cet article a été publiée originellement en anglais sur
www.AfricanLiberty.org.
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