LYCÉE CHAPTAL – PT* – 2016/2017 COMPLÉMENTS D’ALGÈBRE LINÉAIRE
Compléments d’algèbre linéaire
ENTRAÎNEMENT 1
♣Exercice 1 —
Résoudre, en fonction du para-
mètre
m∈C
, le système d’équations linéaires sui-
vant :
x−y+z=m
x+m y −z=1
x−y−z=1
Indication — Du pivot, rien que du pivot !
Correction —
Notons
S
l’ensemble des solutions. On dis-
tingue deux cas :
• si m6=−1, S=m+1
2,0, m−1
2;
• si m=−1, S={(y,y,−1)|y∈R}.
♣Exercice 2 — Résoudre dans M2(R):
X2+X=Aavec A=1 1
1 1
Indication —
On pourra poser
X
=
a b
c d
et résoudre un
système d’équations
non
linéaires. Soustraire la première
équation et la dernière puis factoriser.
Correction —
En factorisant l’équation obtenue par
d−a
,
on trouve
d
=
a
. En réinjectant, on trouve alors quatre solu-
tions : −A/2−I2,−A,A−I2et A/2.
♣Exercice 3 — Soit A=
1 1 1
0 1 1
0 0 1
.
Calculer Anpour n∈N.
Indication —
La formule du binôme peut-elle s’appliquer ?
Correction — ∀n∈N,An= 1nn(n+1)
2
0 1 n
0 0 1 !.
♣Exercice 4 —
1.
Déterminer la dimension et les équations carté-
siennes du sous-espace
F
de
R4
engendré par
(0,2,1,−1)et (2,−1,1,0).
2. Trouver un supplémentaire de F.
Indication —
2. Choisir deux vecteurs non colinéaires dans
R4\Fpuis montrer que les espaces sont supplémentaires.
Correction — On a clairement dim(F) = 2. De plus,
u= (x,y,z,t)∈F⇐⇒ x+2y+4t=0
x−2z−2t=0
Enfin, on peut poser
G
=
Vect
((1
,
0
,
0
,
0)
,
(0
,
1
,
0
,
0)) et mon-
trer à l’aide du déterminant que R4=F⊕G.
♣Exercice 5 — Soit H={P∈Rn[X]|P(1) = 0}.
1.
Montrer que
H
est un espace vectoriel et en déter-
miner une base.
2.
Montrer que
H
est un hyperplan de
Rn
[
X
]de trois
façons différentes.
Indications —
1.
On peut revenir à la définition d’un sev (à savoir faire)
ou déterminer directement une famille génératrice de
H
.
On trouve dim(H) = n.
2.
On peut déterminer la dimension de
H
, ou montrer que
Vect
(1)est supplémentaire à
H
ou enfin voir que
H
est le
noyau d’une certaine forme linéaire (hors programme).
♣Exercice 6 —
Soient
E
un
K
-espace vectoriel de di-
mension finie et f∈ L (E).
1. On suppose que E=Ker f⊕Im f.
Démontrer que Im f=Im f2.
2. La réciproque est-elle vraie ?
Correction —
1. On a toujours Im f2⊂Im f.
Si
y∈Im f
,
y
=
f
(
x
)avec
x∈E
. Il existe par ailleurs
(x1,x2)∈Ker(f)×Im(f)tel que x=x1+x2. D’où :
f(x) = f(x1+x2) = f(x2)et x2=f(z2)
=f(f(z2)) ∈Im f2
Ainsi Im f⊂Im f2.
2. Im f
=
Im f2⇐⇒ E
=
Ker f
+
Im f
et en dimension finie,
la somme est directe (théorème du rang).
♣Exercice 7 —
Soit
E
un
K
-espace vectoriel de dimen-
sion finie et f∈ L (E)vérifiant f3=idE.
1. Montrer que Im(f−idE)⊂Ker(f2+f+idE).
2.
En déduire que
Im
(
f−idE
)et
Ker
(
f−idE
)sont
supplémentaires dans E.
Indication — 2. On travaille en dimension finie...
Correction —
1.
Soit
y∈Im
(
f−idE
). Comme
y
=
f
(
x
)
−x
avec
x∈E
,
on a f2(y) + f(y) + y=f3(x)−x=0E.
2.
En appliquant le théorème du rang à
g
=
f−idE
,ona:
dim(Im(f−idE)) + dim(Ker(f−idE)) = dim(E)
De plus, si x∈Im(f−idE)∩Ker(f−idE):
f2(x) + f(x) + x=0Eet f(x)−x=0E
Ainsi, il vient 3x=0Epuis x=0E.
–1–
MICKAËL PROST http://www.mickaelprost.fr
♣♣ Exercice 8 —
Soit
φ
l’application définie sur
R
[
X
]
par φ(P) = (X2+1)P00 +4P0−2P.
1. Montrer que φ∈ L (R[X]).
2.
Exprimer
deg
(
φ
(
P
)) en fonction de
φ
(
P
)puis en dé-
duire que, pour tout
n∈N
,
φ
induit par restriction
un endomorphisme de Rn[X].
3. Déterminer le noyau de φ.
4.
Trouver l’ensemble des polynômes
P
vérifiant
φ(P) = X.
Indications —
2.
On pourra distinguer les cas
n6
=2 et
n
=2 en posant
P=aX 2+bX +c.
4.
Sauriez-vous trouver une solution particulière ? les
solutions de l’équation homogène ?
Correction —
2. Soit P=
n
X
k=0
akXkavec an6=0. Le terme « dominant »
de
φ
(
P
)est
[n(n−1)−2]anXn
si celui-ci est non nul.
• si n6=2 alors n(n−1)6=2 et deg(P) = deg(φ(P)).
•
si
deg
(
P
) = 2 alors
P
=
aX 2
+
bX
+
c
conduit à
φ(P) = 2(4a−b)X+2(a+2b−c).
En conclusion, pour tout P∈Rn[X],φ(P)∈Rn[X].
3.
D’après ce qui précède, si
deg
(
P
)
6
=2,
φ
(
P
) =
˜
0
im-
plique
P
=
˜
0
. Dans le cas où
n
=2, on obtient
b
=4
a
et c=9a, soit P=a(X2+4X+9).
Ainsi, Ker(φ) = Vect(X2+4X+9).
4.
En cherchant une solution de degré 1, on trouve
P=−X/2−1.
On a alors S=−X/2−1+a(X2+4X+9),a∈R.
♣♣ Exercice 9 — ENSAM
Soit
f
un endomorphisme d’un
K
-ev de dimension finie.
On pose, pour tout
k∈N
,
Nk
=
Ker
(
fk
)et
Ik
=
Im
(
fk
).
1.
Montrer que, pour tout
k∈N
,
Nk⊂Nk+1
et que si
Nk=Nk+1, alors Nk+1=Nk+2.
2.
Montrer qu’il existe un entier naturel
i
tel que
Ni=Ni+1, puis que E=Ni⊕Ii.
3. Montrer que frestreinte à Ker(fi)est nilpotente.
4.
Montrer que
f
restreinte à
Im
(
fi
)est un automor-
phisme de Im(fi).
Indication —
2. Étudier la monotonie de la suite de terme
général un=dim(Ker(fn)). Comparer alors N2iet Ni.
Correction —
2.
D’après ce qui précède,
(un)n∈N
est une suite d’en-
tiers naturels décroissante, elle est donc stationnaire.
Il existe ainsi
i∈N
tel que pour tout
j¾i
,
dim
(
Ker
(
fj
)) =
dim
(
Ker
(
fi
)). Comme par ailleurs,
Nj⊂Ni, on a bien Nj=Nipour tout j¾i.
Soit
y∈Ni∩Ii
. Alors
fi
(
y
) = 0
E
et
y
=
fi
(
x
)
pour un certain
x∈E
. Ainsi,
x∈N2i
=
Ni
, donc
y
=
fi
(
x
) = 0
E
. Ainsi,
Ni∩Ii
=
{
0
E}
. Le théorème du
rang permet alors de conclure.
♣♣♣ Exercice 10 — GROUPE CACHAN
On pose
E
=
C
(
R+,R
)et on considère l’application
ψ
qui à toute fonction
f
de
E
associe la fonction
g
définie
par :
∀x∈R+,g(x) = Zx
0
2t f (t)dt
1.
Montrer que
E
est un espace vectoriel de dimension
infinie.
2. Prouver que ψest un endomorphisme de E.
3. Étudier l’injectivité et la surjectivité de ψ.
Conclure.
4.
Déterminer pour tout
λ∈R
le sous-espace vectoriel
Ker(ψ−λidE).
Indications —
1. Exhiber la bonne famille !
2. Toute fonction dérivable est continue...
3. Dériver et bien réfléchir.
4. On résoudra une certaine équation différentielle.
Correction —
1. E
est clairement un espace vectoriel et (
x7→ xn
)
n∈N
est
une famille libre de
E
qui contient une infinité de vec-
teurs, c’est donc un espace de dimension infinie.
2.
La linéarité découle de celle de l’intégrale ;
ψ
est par
ailleurs à valeurs dans
E
car
g
est bien continue sur
R+
en tant que primitive de x7→ 2x f (x).
3. •
Soit
f∈Ker
(
ψ
).
g
étant l’application nulle,
g0
l’est
également, ce qui s’écrit :
∀x∈R+, 2x f (x) = 0
Cela conduit à
f
(
x
) = 0 pour
x>
0 et par
continuité
de f,fest bien nulle sur R+. Bref, ψest injective.
•
L’application
ψ
ne peut être surjective : si elle l’était,
pour toute fonction continue
g∈E
, il existerait
f∈E
telle que
g
=
ψ
(
f
). Mais donc
g
serait dérivable. Or
certaines fonctions continues ne sont pas dérivables
(la racine carrée par exemple). Absurde !
•ψ
est donc un exemple d’application linéaire qui est
injective sans être surjective.
4.
Soit
f∈Ker
(
ψ−λidE
). Cela implique 2
x f
(
x
) =
λf0
(
x
).
Pour
λ6
=0, on obtient
f
(
x
) =
Aexpx2/λ
où
A
est un
réel quelconque.
Réciproquement, toute fonction de cette forme vérifie
bien Zx
0
2t f (t)dt=λf(x)(à vérifier). Ainsi,
• pour λ6=0, Ker(ψ−λidE) = Vect x7→ exp x2/λ;
• par ailleurs, comme déjà vu, Ker(ψ) = {0E}.
–2–
1 / 2 100%
La catégorie de ce document est-elle correcte?
Merci pour votre participation!

Faire une suggestion

Avez-vous trouvé des erreurs dans l'interface ou les textes ? Ou savez-vous comment améliorer l'interface utilisateur de StudyLib ? N'hésitez pas à envoyer vos suggestions. C'est très important pour nous!