et profondes établies donc entre les voies noradrénergiques et les neurones
médullaires. Il semble exister également des synapses axo-axioniques entre
les terminaisons noradrénergiques et les fibres afférentes primaires, mais
elles sont très rares. Ces éléments anatomiques suggèrent que l’influence
des voies noradrénergiques descendantes est une influence essentiellement
de nature post-synaptique sur les neurones nociceptifs médullaires. Les
données sur les récepteurs noradrénergiques impliqués confirment cette
notion.
La majorité des récepteurs médullaires noradrénergiques sont de type alpha.
Il existe quelques récepteurs bêta, mais leur concentration est
essentiellement marquée autour des motoneurones ; ils ne semblent donc
pas impliqués dans les phénomènes de régulation de la nociception, comme
le confirment d’ailleurs un certain nombre d’études pharmacologiques
réalisées avec des agonistes ou des antagonistes bêta.
Parmi les récepteurs alpha, il semble que ce sont les récepteurs alpha2 qui
sont de façon prédominante impliqués dans la régulation de la nociception.
En effet ces récepteurs alpha2 sont présents et particulièrement concentrés
dans les parties superficielles de la corne postérieure. Ils sont localisés tant
au niveau thoracique cervical que lombaire, avec cependant une plus forte
concentration dans ce dernier site. Cette distribution se rencontre chez le rat,
chez le chat, chez la brebis et chez l’homme. Il semblerait que le sous-type
alpha2A soit prédominant au niveau de cette partie superficielle de la corne
postérieure. Ceci a particulièrement été vérifié chez le rat. La majorité des
récepteurs alpha2 ne serait pas localisée sur les fibres afférentes primaires ou
sur les terminaisons des voies bulbo-spinales. En effet une rhizotomie ne
diminue que de 20% la densité en récepteurs alpha2 médullaire.
L’administration de capsaïcine à des doses susceptibles de détruire les fibres
C, n’entraîne pas de variation de densité des récepteurs alpha2. La
destruction des neurones catécholaminergiques descendants ne réduit pas la
concentration en récepteurs alpha2, que ce soit au niveau de la corne dorsale
ou de la corne ventrale où l’on peut retrouver ces récepteurs. Ce rôle des
récepteurs alpha2 dans la régulation noradrénergique de la nociception est
confirmé par une série d’expériences : les effets inhibiteurs de la stimulation
du locus coeruleus sont inhibés par l’administration intrathécale
d’antagonistes alpha2, l’effet de la clonidine est inhibé par la même
administration d’antagoniste alpha2, de même que l’effet de l’administration
intrathécale de noradrénaline. A l’inverse des antagonsites alpha1, tels que la
prazosine ou que le WB4101 sont inefficaces dans ces différentes situations
expérimentales.
Si les récepteurs alpha1 sont également présents au niveau de la moelle
épinière, tant au niveau cervical, thoracique que lombaire, où leur
concentration est la plus importante, ils ne semblent pas impliqués dans la
régulation noradrénergique de la nociception. Il n’est d’ailleurs pas possible
de démontrer une localisation préférentielle des récepteurs alpha1 en fonction
des différentes couches médullaires. Par ailleurs, les récepteurs alpha1 sont
impliqués dans des régulations motrices ; cet effet moteur rend d’ailleurs
l’analyse de leur participation à la nociception difficile.
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