SNP – Physiologie du langage
II. Théorie de la production
Lorsque l'on regarde une image d'abeille, par exemple, différents processus aboutissent à la production
du mot « abeille », du système visuel jusqu'à l'appareil vocal. L'analyse de l'image va permettre sa
reconnaissance et la récupération de l'ensemble d'un savoir, d'informations conceptuelles, sur cet insecte.
Lorsque l'on a « un mot sur le bout de la langue », en réalité, nous détenons le concept, mais nous
n'avons pas le mot. C'est pour cette raison que les psycholinguistes ont décidé de distinguer deux étapes, à
savoir une étape « sémantique » (concept) et une étape « lexique ». Une fois la récupération lexicale effectuée,
on va récupérer l'information phonologique avec l'assemblage des phonèmes nécessaires pour arriver à une
syllabification et produire, grâce à l'appareil articulatoire le mot « abeille ».
III. Théorie motrice de la perception de la parole
Deux psycholinguistes, Liberman et Mattingly, ont proposé, en 1985, une autre théorie considérant le
langage comme une seule et même fonction. Selon cette théorie, le langage est un modèle unique centré sur le
geste articulatoire, qui, lorsqu'il est mis en jeu pour la production d'un phonème, est le processus initial à la fois
de la production et de la perception.La perception d'un phonème n'est possible qu'en raison de
l'intégration somato-motrice, nécessaire à sa production.
Autrement dit, je ne peux percevoir des phonèmes que si j'arrive moi-même à les prononcer.
Un exemple permet de conforter cette théorie, celui des bébés. En effet, à un mois, ils sont capables de
discriminer des indices acoustiques provenant de langues du monde entier (ce qui est impossible pour un
adulte). Aux alentours de six mois, ils commencent à perdre cet aspect universel du traitement des indices
acoustiques pour se centrer sur la phonologie de leur langue maternelle, et cette période correspond aux débuts
de babillages chez l'enfant. Il existe donc une concordance entre la possibilité d'articulations dans la langue
maternelle et la propre perception des éléments phonologiques.
Par ailleurs, des travaux ont été réalisés par un des élèves de Rizollatti (qui a travaillé sur les neurones
miroirs). Une stimulation magnétique transcrânienne a permis d'inactiver la région du cortex moteur nécessaire
à la production du son [ba]. En comparant la perception des syllabes, il s'est avéré que les sujets participant à
l'expérience percevaient moins bien le [ba] que le [fa], le [pa] etc. Donc l'inactivation du cortex moteur modifie
la perception, ce qui confirme cette théorie.
La théorie dite « perceptive » et cette théorie motrice de la perception sont en fait l'une et l'autre justes,
fonctionnant au travers de deux systèmes que nous allons voir par la suite.
C. Rappels anatomiques
Cerveau gauche de profil
Il y a deux sillons importants : le sillon de Sylvius (latéral) et le
sillon de Rolando ( central). En avant du sillon central se trouvent
les aires permettant l'action (aire motrice, aire prémotrice, lobe
préfrontal) , alors qu'en arrière ce sont celles de la réception (cortex
auditif, somato-sensoriel, visuel).
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