Commentaire sur le livre L`ACTEUR ET LE SYSTÈME La liberté des

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Commentaire sur le livre L'ACTEUR ET LE SYSTÈME
La liberté des acteurs est un fait ; l'existence de systèmes organisés et cohérents en est un autre. Comment ces deux réalités s'articulent-elles ?
Michel Crozier, l'auteur du Phénomène bureaucratique, associé à Erhard Friedberg, montre, contre tous les mirages d'une rationalité totalitaire, le
caractère essentiellement " opportuniste " des stratégies humaines et la part irréductible de liberté qui existe dans toute relation de pouvoir. Ce
livre n'est pas un manuel de sociologie des organisations - discipline dont Michel Crozier est l'un des fondateurs en France - mais bien une sociologie
de l'action organisée. Il constitue une véritable critique de la raison collective. Caractéristiques du livre L'ACTEUR ET LE SYSTÈME
Auteur : Michel Crozier - Erhard Friedberg
Editeur : Le Seuil
Dimensions : 11X18 cm
Date de parution : 02/2000
Collection : POINTS ESSAIS
Poids : 292 g
ISBN : 9782020182201
Nombre de pages : 512
EAN : 9782020182201
Michel Crozier et Erhard Friedberg définissent ce livre comme un manuel, non pas de sociologie des organisations, mais de sociologie de l’action organisée. Cette
méthode, basée sur l’analyse stratégique, se positionne sur le plan des relations de pouvoir entre acteurs et des règles implicites qui gouvernent leurs interactions, et
qui sont appelées ici « jeux ». L’analyse stratégique utilise les attitudes comme « un outil de recherche commode et imparfait » pour découvrir ces jeux. (p. 471).
L’organisation est vue ici comme « le royaume des relations de pouvoir, de l’influence, du marchandage et du calcul » et comme « un construit humain qui n’a pas
de sens en dehors des rapports de ses membres ». (p. 50)
Le pouvoir est défini comme une relation structurante caractérisée par le déséquilibre d’une relation qui est réciproque, et par la possibilité de certains individus ou
groupes d’agir sur d’autres individus ou groupes. Dans ces relations de pouvoir les contraintes cohabitent avec une part de liberté qui est à défendre, à gagner, à
élargir au moyen de la négociation. La négociation comme stratégie de construction avec ce qu’elle contient de frustrations et de satisfactions. (p. 113)
Les actions individuelles construisent une capacité collective propre, c’est à dire irréductible à celle de ses membres, au moyen de l’apprentissage à domestiquer les
conflits et phénomènes de pouvoir au lieu de les étouffer, ce que Michel Crozier et Erhard Friedberg appellent un système d’action concret.« Un système d’action
concret est un ensemble humain structuré qui coordonne les actions de ses participants par des mécanismes de jeux relativement stables et qui maintien sa structure,
c’est à dire la stabilité de ses jeux et les rapports entre ceux-ci, par des mécanismes de régulation qui constituent d’autres jeux ». (p. 286)
Cette vision souligne l’importance des choix et de la décision et donc des outils de compréhension de ces mécanismes, en traitant notamment du rapport entre la
rationalité du décideur et la rationalité du système pour passer à la rationalité de l’acteur : la rationalité limitée, par opposition à une rationalité réductrice et en
tenant compte des rationalités conflictuelles. Il s’agit d’orienter les décisions par la définition du problème plus que par une lutte sur les coûts et avantages, et de
prendre conscience de l’importance de la pertinence de l’information sur laquelle repose les choix. (p. 402) Michel Crozier et Erhard Friedberg attirent notamment
l’attention sur la relativité des outils et concepts souvent utilisés pour faire un diagnostic, ceux-ci renvoyant trop souvent à la microculture du décideur (p. 361),
alors que tout repose justement sur un bon diagnostic, et sur la nécessité de connaissance des systèmes (p. 409).
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