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UE6-Marmion
Prescriptions des examens complémentaires
I. Généralités
Para-clinique = examens complémentaires = viennent en complément de l'examen
clinique, ne le remplace pas, ils servent à confirmer/approfondir le diagnostic. Ne pas
hésiter à demander l'avis de spécialistes pour la prescription d’examens
complémentaires. Ne pas enfermer les gens dans un diagnostic immuable.
L’examen complémentaire est prescrit par le médecin : le premier principe est de ne jamais
prescrire d’examens complémentaires en première intention, sauf dans le cas de dépistage
d’une pathologie dans une population donnée, où là effectivement le biologiste ou le
radiologue peut effectuer un examen sans que cela n’ait été prescrit par un médecin, sans que
le médecin n’ait vu le malade.
Exemple : dans le cas du cancer du sein, les femmes de 50 ans et plus reçoivent un courrier du
conseil général pour effectuer une mammographie chez un radiologue sans prescription d’un
médecin.
Exemple : L’hypothyroïdie chez le nouveau-né peut être détectée par le dépôt d’une
gouttelette de sang sur une bandelette permettant de doser la TSH sanguine (hormone régulant
la thyroïde). Ce test peut être effectué par la sage-femme, l’interne, ou le médecin.
Exemple : Le dépistage du cancer du côlon est aussi organisé par les institutions comme le
conseil général. Les hommes et les femmes de plus de 60 ans reçoivent chez eux un petit pot
dans lequel ils mettent des selles et qu’ils envoient au laboratoire afin d’y rechercher la
présence de sang (test hémocult).
En dehors du dépistage il ne faut JAMAIS prescrire un examen complémentaire en première
intention. Avant toute prescription d’examens complémentaires, il faut effectuer l’entretien du
patient dans lequel on recueillera ses antécédents personnels et familiaux ainsi que l’histoire
de la maladie (l’anamnèse). Ce n’est qu’à partir de ces informations que l’on peut échafauder
des hypothèses qui nous conduiront à l’examen complémentaire. On rappelle que pour
l’instant nous n’avons pas encore touché au malade.
On procède ensuite à l’examen clinique complet du malade dans lequel on recueille les signes
généraux : aspect global du malade (fatigue, température…) puis à l’examen organe par
organe (système pulmonaire, cardiovasculaire, digestif etc...).
L’idée est que l’examen clinique soit complet pour éviter que le patient fasse des allers-
retours en radiologie si l’on se rend compte trop tard qu’il y avait plusieurs radios à faire, ou
pour éviter que l’infirmière ne pique plusieurs fois le malade par exemple.
On peut ensuite formuler des hypothèses diagnostiques, mais on n’aura pas forcément la
réponse à la fin de l’examen clinique. Il est possible d’avoir des signes pathognomoniques
(caractéristiques d’une pathologie, dont on est sûr qu’ils correspondent à une maladie donnée)
: dans ce cas, on peut se dispenser d’examens complémentaires pour faire le diagnostic. Il est
important de faire de bonnes hypothèses diagnostiques car c’est ce qui va orienter le choix des
meilleurs examens complémentaires qui permettront de confirmer ou d’infirmer le diagnostic.
Il est important de ne pas prescrire d’examen complémentaire sans le début d’un examen
médical ni formulation d’hypothèses.