
4
NEURONES MIROIRS
Les Neurones miroirs sont une catégorie de neurones du cerveau qui s’activent non seulement lorsqu'un
individu exécute lui-même une action mais également lorsqu'il observe un autre individu exécuter la
même action, d'où le terme "miroir".
On peut dire, en quelque sorte, que les neurones dans le cerveau de celui qui observe imitent les neurones
de la personne observée, de là le qualitatif "miroir".
L'imitation est importante pour l'apprentissage, le langage, la transmission culturelle, mais aussi pour
l'empathie.
Les neurones miroirs interviennent non seulement dans l'imitation des actions mais également dans la
compréhension de l'intention des actions.
En neurosciences cognitives, ces neurones miroirs sont supposés jouer un rôle dans des capacités
cognitives liées à la vie sociale (notamment dans l'apprentissage par imitation), mais aussi dans les
processus affectifs (tel que l'empathie).
Les neurones miroirs joueraient donc un rôle important dans l'empathie, notamment sur la base du fait qu'un
système miroir semble exister pour les émotions. Par exemple, la partie antérieure du lobe de l'insula est
active aussi bien lorsque l’individu éprouve du dégoût que lorsqu'il voit quelqu'un exprimant du dégoût.
Les neurones miroirs expliqueraient pourquoi les émotions (tant le rire que la peine) sont « contagieuses ».
En voyant une personne rire ou pleurer, nous ressentons automatiquement la même émotion.
Chez les autistes, il existe une dysfonction du système des neurones miroirs : les neurones miroirs ne
répondent seulement qu'à ce qu'ils font eux et pas à ce que font les autres.
Vilayanur Ramachandran (neuroscientifique) déclare :
« Je prédis que les neurones miroirs feront pour la psychologie ce que l’ADN a fait pour la biologie.
Ils vont aider à expliquer une quantité de dispositions mentales qui, jusqu'à maintenant, restaient mystérieuses
et inaccessibles à l’empirisme. »
Mais cette théorie des neurones miroirs ne peut pas, à elle seule, être à l'origine de l'empathie.
Pour certains chercheurs, les neurones miroirs constituent un élément central de la cognition sociale (depuis
le langage jusqu'à l'art, en passant par les émotions et la compréhension d'autrui).
Pour d'autres chercheurs, ces conclusions restent très hypothétiques étant donnée l'absence de preuves
directes concernant le rôle de ces neurones miroirs dans ces processus psychologiques.
AVERSION
De nombreux travaux en psychologie sociale ont démontré que lorsque l’on demande à un sujet de prendre la
perspective subjective d’une autre personne, des modifications relativement subtiles dans le choix des
mots utilisés peuvent modifier les émotions ressenties, en affectant le mélange entre sentiments de
détresse personnelle et sympathie.
Cela est important car la détresse et l’anxiété n‘engendrent pas nécessairement le ressenti de ce
qu’éprouve l’autre et conduisent parfois à des ressentis d’aversion associés à des motivations égoïstes
(éviter la source de cette détresse).
On peut donc avoir une aversion pour des comportements égoïstes. Il ne faut pas être égoïste.
L’anxiété d’une personne égoïstement exprimée peut déclencher une réaction de rejet au lieu d’une réaction
d’identification.
Pour ne pas provoquer une réaction de rejet, il ne faut pas s'exprimer égoïstement : il ne faut pas hurler son
angoisse, il faut s'exprimer avec finesse, utiliser des mots subtils. Sinon, on s'exprime égoïstement (hurler
son angoisse), sans penser à l'interlocuteur, qui reçoit brutalement nos plaintes, ce n'est pas respecter
l’interlocuteur, et ça provoque une réaction de rejet de la part de l’interlocuteur.
Citations
Revue de neuropsychologie n°2 - Juin 2010 (Mécanismes neurophysiologiques impliqués dans l’empathie et la
sympathie p 135)