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c) Ne pas opposer le secret au patient : droit à l'information
On doit informer le patient car il a le droit d'être informé sur son état de santé. Attention, si le patient nous
demande « C'est grave docteur ? », on ne répond pas « C'est grave madame. » mais « Je vais vous expliquer.
C'est délicat. La situation va être difficile pour vous parce qu'il y aura beaucoup de traitements. ». Le mot
« grave » est à bannir.
Il est important d'expliquer et donner une information claire, intelligible et compréhensible. Car, le patient,
qui « boit les paroles du médecin », ne nous dira pas qu'il n'a pas compris.
d) Prendre en compte l'intérêt du patient
Dans l'intérêt du patient, on ne doit pas tout lui dire. Si la famille dit « Ne lui dîtes pas si c'est un cancer
docteur, il nous a dit qu'il se suiciderait. », alors il faudra l'entendre.
Prenons l'exemple du mot « chimiothérapie » qui signifie un traitement médicamenteux, plusieurs
traitements d'origine chimique. Mais dans le langage populaire, « chimiothérapie » renvoie au cancer, au
traitement d'oncologie. Alors il ne faudra pas employer ce mot face au patient si ce n'est pas un cancer.
Donc il faut : informer le patient avec un langage adapté, ne pas lui donner forcément toutes les
informations, donner les informations suffisantes.
On ne peut pas opposer le secret médical au patient : on a l'obligation d'informer le patient.
e) Attention aux réponses données par le patient
Attention aux mots employés : dans le langage populaire, tumeur = cancer. Dans ces cas-là on doit expliquer
si c'est malin ou bénin, si cela se soigne, …
Attention aussi aux interrogations statistiques type « Il me reste combien de temps ? ». La réponse en
statistique n'est pas bonne, car les patients vont forcément se mettre du côté où ils vont mourir.
Exemple 1 : Dans l'éducation nationale, les gens vont tout lire et questionner sur tout pour voir si
l'on est bien calé sur l'affaire. Dans certains cas, si on ne sait pas, il ne faut pas avoir peur de le
dire.
Exemple 2 : Dans le cas où un patient a un cancer foudroyant et qu'on sait qu'il va bientôt mourir :
on doit la vérité à la famille, afin qu'ils puissent se préparer. Ce n'est pas facile pour le médecin
d'annoncer de pareilles nouvelles mais cela s'acquiert avec l'expérience.
II. Qui est informé ?
On doit informer bien sûr le patient. A la demande de celui-ci, on informe l'entourage le plus possible et en
sa présence.
On informe : - le patient s'il a plus de 18 ans.
- les parents, si le patient est mineur.
1. Cas particulier
a) Le mineur
Loi du 4 mars 2002 : Selon la maturité du mineur, il peut ne pas être accompagné de ses parents. Il pourra
donc être informé sans la présence des parents.
- A partir de 13 ans, le patient a le droit de choisir le majeur de son choix comme accompagnant.
- A partir de 16 ans, le patient peut être seul s'il est émancipé devant un juge des tutelles. Le patient est
jugé comme autonome et responsable.
Pour avoir accès au soin, il faut recueillir l'accord du patient par écrit pour : certaines interventions
chirurgicales, hospitalisations. Le consentement du mineur doit être recherché toujours en la présence des
parents ou d'un majeur (sauf s'il est émancipé).
Si le patient est mineur, dans certains cas, le médecin peut faire le choix de ne pas dire.