
Ce terme général regroupe l'ensemble des cultes et Eglises chrétiennes issus de la Réforme, par opposition aux
Eglises catholique et orthodoxe. Les principales confessions sont le luthéranisme (Allemagne, Scandinavie et
Amérique du Nord), et le calvinisme (Suisse, France, Ecosse, Hollande, Allemagne, Pologne, Hongrie et
Amérique du Nord). Il existe aussi de nombreuses Eglises libres et diverses communautés religieuses qui en sont
dérivés. Les principes du protestantisme sont basés sur l'autorité exclusive des Ecritures (rejet de l'autorité du
pape) qui seules donnent la Parole de Dieu, le salut par la grâce, la justification par la seule foi, le caractère
personnel de la foi, l'engagement "sacerdotal" de tous les baptisés en gardant pour seule ligne de conduite :
l'Evangile.
Luthéranisme
Principale composante du protestantisme en Allemagne et en Scandinavie. Elle est issue de l'enseignement et des
doctrines du réformateur allemand Martin Luther (1483-1546). Celui-ci, choqué par la cour pontificale et le
système des "Indulgences" vendues à des naïfs pensant obtenir le pardon de leurs péchés, se révolta ouvertement
contre le pape qui l'excommunia. Luther valida alors la "confession d'Augsbourg", écrite par Melanchthon, qui
est le fondement de la constitution des Eglises luthériennes. La croyance de base est la justification par la foi
dans le Christ et l'autorité unique de l'Ecriture Sainte, conduisant à rejeter, entre autres, le célibat des prêtres.
Bien que conservateur en matière de liturgie, le luthéranisme donne une place importante à la prédication.
Il y a environ 80 millions de luthériens dans le monde, dont 300 000 en France. Certaines Eglises Luthérienne
disposent d'évêques et d'autres de conseils, de synodes (assemblée régionale ou nationale constituant le
gouvernement des Églises protestantes) et d'inspecteurs ecclésiastiques élus.
Calvinisme
Doctrine chrétienne réformée dont les principes initiaux ont été élaborés par Jean Calvin (1509-1564) dans
l'Institution de la religion chrétienne, pour lequel seul Dieu peut accorder la Grâce.
Il se différentie du catholicisme par le rôle majeur des Ecritures Saintes comme seule source de vérité et du
luthéranisme par la prédestination de l'homme au Bien ou au Mal : le salut éternel est réservé à quelques élus et
la damnation inexorable aux autres.
L'Eglise calviniste est presbytérienne (presbytérianisme = doctrine calviniste selon laquelle l'autorité dans
l'Église doit être exercée par des assemblées élues, composées de pasteurs et de laïcs plutôt que par un évêque;
organisation ecclésiale correspondante, en particulier dans les pays de langue anglaise.)
L'ornement des temples et les cérémonies de culte sont d'une grande simplicité.
Le calvinisme se développa principalement en Suisse, en Hollande et en France où il fut freiné dans sa
progression par les guerres de religion. Il est à l'origine de nombreuses sectes américaines et notamment la secte
des Puritains du fait de sa sévérité.
Le Jansénisme, les jésuites et la question de la grâce
D’après la doctrine chrétienne, l’homme, déchu depuis le péché originel, ne peut être sauvé que par le don gratuit
(la grâce) accordé par la venue sur terre et le sacrifice du Christ. Mais, d’un autre côté, l’homme est libre (le libre
arbitre) et cette liberté risque d’entrer en conflit avec le choix des élus par Dieu. Depuis Saint Augustin (IVe
siècle), l’Église tente de concilier ces deux notions apparemment contradictoires : Dieu accorde à tous les
hommes une grâce gratuite à la naissance qu'il revient à chacun, par ses mérites de rendre agissante.
Selon les hommes et les époques, l’Église devra condamner deux tendances très différentes, selon que l’on met
l’accent sur le libre arbitre de l’homme ou sur la nécessité absolue de la grâce divine :
Libre arbitre de l’homme : Pélage (V siècle). Puis, au XVIe siècle, Ignace de Loyola qui fonda l’ordre
des jésuites et Molina. Pour ces derniers, la grâce est donnée à tous, mais c’est chacun des hommes qui
la rend ensuite efficace par son choix personnel. Cet ordre, proche de l’humanisme, veut ainsi concilier
la possibilité du salut de l’homme avec la morale stoïcienne et la sagesse antique encore païenne.
Prédestination de l’homme : les choix de Dieu sont incompréhensibles pour la raison humaine car il
n’accorde sa grâce qu’à un petit nombre d’élus : la grâce efficace n’est donc pas toujours donnée à tous
les justes, car Jésus n’est pas venu sauver tous les hommes. C’est la position de Calvin au XVIe, puis
des jansénistes au XVIIe siècle (développé par Cornélius Jansen dit Jansénius selon son interprétation
de Saint Augustin). Cette doctrine de la prédestination pousse l'idée de la grâce toute puissante jusqu'au
fatalisme, ne laisse plus subsister en nous aucune liberté et détruit par conséquent la condition même de
notre responsabilité morale. Exaltante pour des âmes d'élite, tel Pascal (Les Provinciales), cette
doctrine, qui a marqué profondément la pensée française pendant la seconde moitié du XVIIème siècle,
risquait de réduire à l'indifférence et au désespoir la masse des fidèles. Le jansénisme se développa
d'abord au couvent de Port-Royal. Il se répandit ensuite dans d'autres milieux ecclésiastiques et gagna
les villes de province.