globe, les muscles droits sont plaqués sur la paroi osseuse de l’orbite, réduisant l’espace
extra-conique à un espace virtuel.
La gaine du bulbe (capsule de Tenon) est une membrane breuse qui entoure la portion
sclérale du bulbe depuis le nerf optique en arrière jusqu’au limbe scléro-cornéen. Elle
délimite un espace virtuel de glissement, libre de toute adhérence, et injectable, l’espace
épiscléral (de Tenon), qui participe aux mouvements du globe. A proximité de l’équateur,
elle est perforée par les tendons des muscles extra-oculaires (droits et obliques) et elle
est en continuité avec les gaines de ces muscles.
2. TECHNIQUES CLASSIQUES RÉALISÉES À L’AIGUILLE ET PROCU-
RANT UNE AKINÉSIE
2.1. ANESTHÉSIE RÉTROBULBAIRE OU INTRACONIQUE (ARB)
L’ARB a longtemps été la technique de référence pour l’ensemble de la chirurgie
oculaire. Du fait de l’absence de bloc de l’orbiculaire, elle requiert classiquement un bloc
facial de complément. Surtout, l’introduction d’une aiguille dans le cône comporte le
risque de lésion des éléments qui y sont situés : nerf optique avec sa gaine de dure-mère,
vascularisation artérielle de l’orbite, nerfs moteurs et sensitifs. Ces complications sont
détaillées plus bas. Elles sont la cause d’un quasi-abandon de l’ARB.
2.2. ANESTHÉSIE PÉRIBULBAIRE OU EXTRA-CONIQUE (APB)
Pour réaliser une APB, l’aiguille est introduite dans l’espace extra-conique, qui est
dénué d’élément à risque nerveux ou vasculaire. De ce fait, le risque d’accident est
théoriquement moins élevé que l’ARB [2]. La seule complication propre à l’APB est
théoriquement l’hématome péribulbaire, veineux, non compressif, et donc parfaitement
bénin, quoique inesthétique (hématome des paupières). La survenue d’autre complications
après APB répond généralement à un mauvais positionnement de l’aiguille : perforation
du globe, strabisme, ou position intra-conique involontaire de l’aiguille (lésion du nerf
optique, extension centrale).
Parmi les sites de ponctions pour APB, trois sont classiques :
1- L'introduction inférolatérale de l’aiguille est le plus couramment pratiquée.
2- L’injection supéronasale ne semble plus devoir être conseillée. En effet, la poulie de
réexion du muscle oblique supérieur est située à ce niveau. Surtout, l’espace entre le
globe et le rebord osseux de l’orbite est parfois très étroit avec un risque théoriquement
plus élevé de perforation accidentelle du globe dans ce quadrant supéronasal.
3- L’injection péribulbaire au canthus médial est plus récemment utilisée [3]. A ce niveau,
l’espace extra-conique est avasculaire et relativement large, ce qui limite les risques
d’accidents de ponction. Il n’y a, aujourd’hui, pas d’argument net pour préférer une
injection inféro latérale ou au canthus médial, si ce n’est les variations anatomiques
qui rendent l’un des deux sites malaisés : staphylome myopique dans le quadrant
considéré par exemple.
Il est classique d’utiliser deux injections pour réaliser une APB, an d’obtenir une
meilleure diffusion de l’anesthésique local, et donc d’améliorer son efcacité. En fait,
pourvu que le volume injecté soit sufsant (généralement 8 à 12 mL), il n’est pas prouvé
que deux injections soient systématiquement plus efcaces qu’une seule. Par contre,
multiplier systématiquement le nombre d’injection multiplie également le risque de
complication. En conséquence, il paraît logique de ne réaliser qu’une injection avec un
fort volume, et de ne pratiquer une deuxième injection de complément que si la première
s’avère insufsante.