L`amorçage n`a pas d`effet seulement individuel - Saint

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Psychologie de la créativité
Avant-propos
Ce syllabus n’est absolument pas complet. La participation au cours ainsi que la prise
de notes sont indispensables.
L’examen se fera par écrit et portera sur tout ce qui a été dit au cours. Les consignes
pour l’examen sont notamment celles-ci : les réponses doivent être correctes,
complètes et précises.
Introduction : Qu’est-ce que la psychologie1 ?
La psychologie est l’étude scientifique des comportements extravertis et introvertis
des hommes et des animaux.
La psychologie se distingue des autres sciences humaines: philosophie (étude des
idées), sociologie (étude des comportements sociaux), criminologie (étude des
comportements criminels), sémiologie.
Les multiples champs de la psychologie : psychologie de l’enfant, des groupes, du
sport, psychologie du travail, psychologie scolaire, psychothérapie, psychologie de la
créativité, psychologie du consommateur, psychologie de l’espace, etc.
Les objectifs de la psychologie sont : description, explication, prévision, modification
des comportements.
La recherche2 est de plusieurs types :
- fondamentale ou appliquée
- expérimentale : en laboratoire, pour déterminer les causes, avec une méthodologie
scientifique. Non expérimentale : observations, enquêtes, étude des cas. Pour prédire
uniquement.
Les grands courants : psychanalyse, humanisme, comportementalisme, cognitivisme,
psychobiologie, etc.
1
HUFFMAN, K.; VERNOY, J.; VERNOY, M., Psychologie en direct, Mont-Royal, Modulo, 2000,
pp. 6-37.
2
La recherche en psychologie est caractéristique de certaines branches scientifiques. La recherche en
art est d’un autre ordre car elle n’a pas pour vocation un but scientifique. Voir cours de méthodologie
de la recherche.
1
I.
DE LA CRÉATIVITÉ A L’INVENTIVITÉ
Ex. Cochez trois phrases avec lesquelles vous êtes d’accord.
1. La créativité, c’est penser toujours autrement que les autres
2. La créativité, c’est être original
3. La créativité, c’est faire tout ce que l’on veut, tout ce qui nous passe
par la tête.
4. La créativité, c’est la capacité d’anticiper les besoins de la société
5. La créativité, c’est la capacité de faire naître quelque chose qui
n’existait pas.
6. La créativité, c’est la capacité de penser un processus, un objet de
manière originale pour l’améliorer.
7. La créativité, c’est inné, ça ne s’apprend pas.
8. La créativité, c’est se défaire de ses habitudes… pour en prendre
d’autres.
9. La créativité, c’est une pensée qui envisage les choses dans leur
ensemble et non dans leur particularité.
10. La créativité est liée à la célébrité.
11. La créativité, c’est combiner, associer, des éléments entre eux.
Conclusion de l’exercice :
1. Les définitions (lacunaires) des dictionnaires
« La capacité d’imagination, d’invention, de création », pour le dire autrement, « créer
c’est faire apparaître quelque chose qui n’existait pas » (Le petit Robert, 2013).
2. Creativity, un terme bateau ?
« L’expression imaginaire, la création artistique, la création d’idées, l’innovation
(…) d’une certaine manière, sont proches et, à certains égards, n’ont aucun rapport
entre eux.3
C’est Guildford4 qui utilisa le premier le terme « creativity » pour nommer la capacité
à trouver des solutions qui sortent de l’ordinaire.
3
AZNAR, Réflexions sur la créativité (volume 1), mise à jour en 2007, consulté le 25-07-2015, on line
http://www.creativite-conseils.com. Ce point 2 relate l’analyse de Guy Aznar.
2
Ce qui est certain, c’est que le processus de création confronte deux fonctions
mentales : s’adapter aux contraintes et habitudes de la réalité (bien nécessaire pour
survivre) et ne pas s’adapter à la réalité. Ce n’est ni tout à fait l’une ni tout à fait
l’autre, mais à l’intersection de l’une et l’autre. Le fruit de l’originalité et de la
pertinence.
« La création du nouveau naît à mi-chemin de ces deux territoires : ce n’est ni ce qui
existe déjà ; ce n’est pas non plus un délire incommunicable (…).5
C’est la manière de rechercher (« explorer ») dans l’imaginaire et de confronter à la
réalité qui différencie
- la créativité en tant qu’expression imaginaire,
- la créativité en tant qu’expression artistique,
- la créativité en tant que prospective
- la créativité en tant qu’innovation6
- la créativité en tant que création d’idées.
2.1. Créativité en tant qu’expression imaginaire
L’imagination, faculté de produire des images yeux fermés, a longtemps été
critiquée : Platon, Descartes, etc. Source d’erreurs, de mensonges, elle s’apparente à
nos rêves et à cet inconscient que nous ne maîtrisons pas ni ne connaissons.
L’imagination est difficile à faire comprendre, à communiquer. Elle s’exprime
difficilement par les mots. Bien mieux par les sons, les images, etc.
Les éducateurs, encore aujourd’hui, se donnent la mission d’aider l’enfant à distinguer
ce qui relève de l’imagination de ce qui relève du réel, afin que l’enfant s’adapte au
mieux à son environnement, bien réel. En effet, jusqu’à un certain âge, l’enfant
s’imagine que le monde et les gens sont à son service.
Ce faisant, il y a une condamnation de l’imaginaire ou, au minimum, une mauvaise
exploitation. En condamnant ou canalisant l’imaginaire, ce sont les émotions qui sont
touchées: imagination et émotions sont liées car dans le cerveau, émotions et
imaginaire sont étroitement connectés (voir plus de précisions au cours). Et il est « de
bon ton » de canaliser voire maîtriser ses émotions, comme on canalise son
imaginaire.
Pourtant, les avantages de l’imaginaire sont multiples7 : mise à jour d’une richesse
personnelle, libération et développement personnel qui ont un effet thérapeutique,
pensées intéressantes, divergence.
4
GUILDFORD, « creativity » American Psychologist, 1950.
AZNAR, G., op. cit., p. 6.
6
Ibid., p. 7.
7
Guy Aznar en compte 15 !
5
3
Pour favoriser l’expression imaginaire, il faut lever la censure (être permissif et abolir
le jugement), appliquer des techniques d’expression (en groupe par exemple) et
mobiliser l’énergie.
Attention, l’expression imaginaire n’a pas pour but d’être montrée, il n’y a pas
d’objectif artistique. « La créativité au sens d’expression imaginaire n’a pas de
rapport avec la création artistique et ce n’est pas son objet »8. Ce n’est que la première
étape de la production d’idées.
2.2. Créativité en tant que création artistique
Souvent individuelle, la création artistique démarre de l’imaginaire personnel de
l’artiste, son inconscient et ses pulsions, qui s’expriment sur un support quelconque
(papier, scène, instrument de musique, etc.). Sans contrainte, sans jugement d’autrui,
dans une liberté quasi totale.
« L’artiste se situe précisément entre l’artisan et le fou : c’est un genre de fou qui
maîtrise une technique d’expression lui permettant de véhiculer un contenu chargé
fortement d’émotion, c’est un fou qui maîtrise une forme. »9
2.3. Créativité en tant que prospective
La prospective est le métier des futurologues10. C’est la rencontre de l’imaginaire et
du « réel virtuel » (AZNAR, p. 27). « La prospective doit normalement conjuguer
deux types de prévisions : des prévisions basées sur des informations objectives,
factuelles, solides, (l’évolution démographique, des prévisions économiques,
technologiques, etc.) et d’autre part des prévisions basées sur une exploration des
tendances sociologiques et des évolutions psychologiques du public considéré »11.
Pour ce deuxième type, des centres spécialisés comme le CCA (Centre de
Communication Avancée) constituent la cartographie des sociostyles ou annoncent
des tendances12. En effet, comprendre les besoins du consommateur, c’est primordial
pour le monde de la publicité. Bernard Cathelat13 a mis au point dans les années 1970
une méthode appelée les « sociostyles » pour mieux toucher le public cible.
Ces recherches ont pour but d’aider les publicitaires, mais elles servent aussi à
d’autres secteurs.
8
AZNAR, G., op. cit., p. 11.
Idem, p. 10
10
Voir les ouvrages de Jacques Attali.
11
Idem, p. 27.
12
La suite du point 2.3. se fonde sur l’article de COLLARD, Y., DE THEUX, P., « Eduquer,
communiquer: dans quel sens ? Les socio-styles pour toucher le public cible » dans Media Animation
2006-2011, 10 mars 2007, off line, septembre 2014.
13
Bernard Cathelat, directeur du Centre de communication avancée (CCA), spécialiste de l’étude des
tendances de styles de vie.
9
4
Auparavant, les consommateurs étaient tranchés en fonction de leur revenu, leur sexe, leur âge
ou leur état civil. Ces catégories sont apparues peu pertinentes. Depuis Bernard Cathelat, les
individus sont distingués selon leurs comportements, leurs opinions ou leurs conditions de vie.
Après une analyse approfondie sur base d’enquêtes, le Centre de Communication Avancée
propose dans les années 1990 cette découpe du monde social en cinq groupes:
Les années 1990
« Les décalés (17,3% de la population observée) sont les plus ouverts au changement,
aventureux et dynamiques : ils consomment du neuf, du hors-norme. Du rigolo. Intelloindividualistes, ils ne sont pas narcissiques. Car certains cultivent le non-look ou le pseudoringard. Leurs aspirations sont spirituelles davantage que corporelles. Ils achètent difficilement
des biens classiques ou alors il faut que ceux-ci aient une approche décalée. La meilleure
stratégie pour les approcher repose sur la provocation. La communication ne joue pas le
concret. Ce qui compte ce n’est pas le produit, mais les étapes, les règles du jeu. Ce qui fait que
la prise en compte de l’environnement du produit, les moyens d’y accéder par des jeux de rôles,
est une stratégie possible. La communication doit dissimuler toute forme de standardisation.
Pas la peine de mettre en scène le sérieux, l’utile, la renommée de l’annonceur, la performance
du produit. Ça ne les intéresse pas.
Les rigoristes (20,1%) sont caractérisés par leur rigueur et leur conservatisme. La famille est
le pilier de leurs normes. Attachés aux valeurs morales, ils consomment « classique ». Ils
achètent des biens durables, fonctionnels, respectables. Les rigoristes ont un statut social élevé,
mais ils ne cherchent pas à le montrer. Le produit doit être au service d’un savoir-vivre. Une
voiture doit être solide, une barre chocolatée contenir du lait pour les enfants. Ils sont
économes, car plutôt rétifs au plaisir gratuit. Il s’agit donc de communiquer sur la nature
fonctionnelle des produits achetés. Pas la peine de recourir à la séduction, au spectacle, à
l’humour, ça ne marche pas. Le dispositif communicationnel doit argumenter. La publicité
grave pour eux des valeurs intemporelles, indémodables. Le cautionnement du produit par une
figure faisant autorité est des stratégies les plus efficaces. Toutefois, comme ils ne sont guère
sensibles à la publicité, une simple information à leur destination suffira. Très classiques, on
pourra toujours mettre en scène le mariage, la famille, le pouvoir patriarcal aux produits qu’on
essaie de leur vendre.
Les égocentrés (22,5%) sont les plus attachés à la jouissance matérielle. Très sensibles à leur
image, ils sacrifient beaucoup pour elle. Et parfois n’importe comment, dans les hypermarchés,
dans les magasins haut de gamme. Ils consomment aussi beaucoup de services, de loisirs
(restaurants, vacances, sports). Ce sont des serials consumers, Ils optent pour des produits
spectaculaires, à la mode, à la valeur frime ajoutée. Pour leur voiture, ils craquent pour les
enjoliveurs les carrosseries tape-à-l’œil. Ils affichent les marques. Leurs moyens sont limités ?
Peu importe. Ils sont tellement sensibles aux signes extérieurs, qu’il est difficile pour les
publicitaires de ne pas les satisfaire. La publicité est même pour eux une fin en soi. Son message
est bâti sur le mode de la séduction et l’incitation : les produits sont des symboles de réussite.
Sociale ou personnelle (amour, forme, sport). La publicité cherche à les protéger de la réalité,
retarde l’échéance de l’évidence du quotidien. Construits selon la logique du vidéo-clip (images
fortes, couleurs vives, montages nerveux, violence des contrastes, rapide enchaînement des
séquences), les spots publicitaires ne leur laissent pas le temps de réfléchir. Superficiels, ils se
nourrissent des images du bonheur hollywoodien.
Les matérialistes (26,8%) n’aiment pas le changement. Ils consomment modérément et
fonctionnel (la lessive ça sert à faire disparaître les taches). Tout ce qui est bon pour la santé,
l’auto, les enfants est bon pour eux. Ils font des économies, ne prennent pas de risques, ils
épargnent tranquillement. Ils préfèrent acheter dans les commerces où ils ont leurs habitudes et
de plus en plus dans les supermarchés bon marché. La pub doit les sécuriser, leur présenter un
produit de façon banale. La création publicitaire, ce n’est pas pour eux. Pas de provoc’ ni de
pris e de tête. Ou alors il faut être inspiré par le quotidien. Leur idole ménagère est ce macho
rassurant de monsieur Propre. Le produit doit faire ses preuves, des scientifiques en blouse
5
blanche lui auront fait subir les pires tests, et bien évidemment les résultats sont visibles. Quand
ce ne sont pas des scientifiques, ce sont des personnages proches d’eux Une grand-mère, ça fait
du bon café, un travailleur, ça a des pellicules. L’humour peut être utilisé, mais au premier
degré.
Les activistes (13,3%) ce sont des adultes d’âge moyen, des cadres qui vivent si possible dans
le centre-ville (là où ça bouge). Ils aiment le travail, prendre des risques. Ils apprécient le haut
de gamme, le standing, les vacances exceptionnelles, récusent la consommation de masse.
Consommer leur permet de se distinguer de ce qui est médiocre (Loréal, parce que tu le vaux
bien). Les objets consommés sont pour eux des objets de reconnaissance, le moyen
incontournable pour faire partie des vainqueurs (bel appart’, basket dernier cri pour se
promener au parc, voitures de société). Il faut donc mettre le paquet sur l’emballage, la
représentation, le décorum, tout ce qui survalorisera un produit déjà survalorisé par la marque,
la technique, l’utilité, le prestige : ils font partie des rares élus, ils ont une info en avantpremière, ce sont des clients privilégiés. Pas de discours trop longs, ils aiment l’efficacité (le
temps c’est de l’argent), l’esthétique fonctionnelle et valorisante. »14
Les sociostyles n’étant pas rigides, le CCA propose plus tard, en 2008, d’autres catégories.
Cartographie de 2008
« Être soi, ou l’électron libre : 28 % des Français insaisissables, ils jouent les caméléons en
découpant leur vie en tranches et en cachant leur vraie personnalité. Dans certains cas, ils
prendront le produit minimum, dans d’autres, où ils se sentent motivés, ils opteront pour le haut
de gamme.
Profiter, ou la résistance matérialiste : 23 % Ils ne souhaitent pas s’adapter, mais
s’enferment pour se défendre et veulent profiter de chaque plaisir quotidien, de façon
matérialiste. C’est un groupe porteur pour la consommation, en particulier pour ce qui
concerne le foyer.
Exister, ou la « médiamorphose » : 21 % Face à une vie qui n’a pas de sens, il faut être star
ou rien, dans la lignée de la téléréalité. Pas très riches, ce sont des jeunes, mais ils vont vieillir.
Impulsifs et infidèles, ils aiment les produits qui se voient et ont une consommation ostentatoire.
Etre juste, ou le réarmement dogmatique : 16 % Ces conservateurs représentaient autrefois
plutôt 5 à 6 % de la population. Ils ont un fort pouvoir financier, sont attirés par les marques
qui ont certes un savoir-faire historique, mais surtout une éthique, et savent raconter leur
philosophie.
Baliser, ou le formatage : 12 % Face à un monde compliqué, ils se montrent calculateurs.
Très exigeants, ils comparent, lisent les textes techniques et les informations sur les emballages.
Ils apprécient les produits qui ont fait leurs preuves, demandent des garanties et de
l’assistance. »15
Les tendances 2012-2015
14
COLLARD, Y., DE THEUX, P., « Eduquer, communiquer: dans quel sens ? Les socio-styles pour
toucher le public cible » dans Media Animation 2006-2011, 10 mars 2007, consulté en septembre 2014,
on line http://www.creativite-conseils.com.
15
COLLARD, Y., DE THEUX, P., loc. cit.
6
« Le bonheur n'est plus garanti par la Société
L’Etat Providence disparaît progressivement et on voit apparaître une société de défiance…
contre la Finance, la Politique, l'État, les Institutions, les Groupes Multinationaux, les Médias,
etc.
On ne fait plus confiance aux macrostructures sociales ; le microcosme apparaît désormais
comme l'organisation sociale la plus attractive.
Le quartier, le village, deviennent plus crédibles, plus rassurants. Ils mobilisent plus que toute
structure appartenant à la sphère inquiétante de la Mondialisation.
De nouvelles Communautés, non géographiques (éventuellement même virtuelles sur Internet),
réunies par cooptation, fortement identitaires, font partie de ces microcosmes mobilisateurs.
Un courant de Slow Life, en recherche d’une vie plus calme, qui prend le temps de déguster les
petites gorgées de bière, des plaisirs simples, un tempo maîtrisé qui s’oppose à la civilisation de
la vitesse, de la réactivité réflexe, des ruptures instantanées Moins de quête de statut et de
réussite matérialiste spectaculaire, au profit d'un équilibre de vie : estime de soi et stabilité
enracinée.
Un bonheur plus psychologique ?
Depuis une dizaine d'années, la réussite n'avait cessé de s'identifier de plus en plus à l’argent,
aux signes extérieurs de standing, à une consommation ostentatoire. On observe aujourd’hui à
une régression de cette boulimie de consommation.
Nous arrivons à la fin d'un cycle : celui du Marketing de l’Influence.
La révolution Internet est en train de remettre en cause le fonctionnement classique des modes
de communication publicitaires et promotionnelles.
Les nouveaux consommateurs deviennent des « Wiki-Consommateurs » qui expriment leur
opinion et créent un nouvel espace d'échange et d'information comme d’achat en dehors des
structures traditionnelles. Ainsi le marketing devra-t-il apprendre les nouveaux impératifs de la
communication que seront : le dialogue, l’interactivité, la négociation, la personnalisation...
L'alternative sera donc de réinventer un marketing collaboratif de co-conception, co-test, coargumentaire, co-vente, co-communication, dans lequel le client se fidélisera et deviendra
prosélyte, en tant que coproducteur »16.
Les analyses des besoins, désirs et peurs sont aussi indispensables pour la prospective.
2.4. Créativité et innovation
Ces deux mots sont souvent utilisés l’un pour l’autre ou ensemble. Or, il y a lieu de
les distinguer : « l’innovation, c’est changer la réalité ; la créativité c’est changer sa
perception de la réalité »17.
MEDIA-ANIMATION, L’actualité, site de l’association, juillet 2015, http://www.creativiteconseils.com.
17
DE BRABANDERE, L., Le plaisir des idées, Paris, Dunod, 1994, p. 15.
16
7
Ces deux notions ont en commun de renvoyer au changement. La créativité peut
mener à l’innovation, mais l’innovation n’a pas nécessairement besoin de créativité.
Exemple : une idée qui ne se réalise pas.
En général, quand on parle d’innovation, l’on vise un produit fini, réalisé, qui a fait
évoluer un secteur d’activité. C’est un aboutissement. Mais c’est par exemple le Xème
GSM qui photographie et calcule. Dans le même cadre (téléphonie mobile), on
propose des variantes.
On parlera de créativité dans le cas de Bic, qui passe du stylo au rasoir.
2.5. Créativité en tant que création d’idées ou inventivité
« Le mot « créativité » dans l’expression « créativité d’idées » désigne à la fois
l’aptitude à inventer des solutions nouvelles, appelées « idées », en réponse à un
problème posé »18.
Les idées doivent être originales et adaptées, à savoir pertinentes.
Le processus de créativité, la démarche de créativité, se fait donc, non pas en deux
phases comme pour l’expression artistique ou l’expression imaginaire, mais en trois
étapes : s’immerger dans la réalité (réalité, contraintes du problème à résoudre,
recherche), diverger (prendre distance par rapport à cette réalité, imaginer, recherche)
puis enfin, combiner réalité et imaginaire dans une solution originale et pertinente.
Nous retrouvons les trois étapes du processus de créativité (voir plus loin) :
imprégnation/préparation - divergence- convergence.
On appelle « détour » cette démarche : au lieu d’aller droit au but en proposant une
solution pertinente, il s’agit de faire un détour dans les rues de l’imaginaire pour
aboutir à une autre solution.
Cela demande de se faire violence, de faire de gros efforts pour briser les définitions
du problème, les solutions habituelles et toutes les données liées au problème. Voir
plus loin.
3. L’originalité : faire apparaître quelque chose qui n’existait
pas.
La créativité est liée à l'originalité. Bien sûr, ce qui n’est pas nouveau (répétition)
n’est pas considéré comme créatif.
18
Ibid., p. 11
8
4. Le plagiat
Le plagiat consiste à prétendre être l’auteur d’une œuvre en réalité copiée. C’est le fait
de copier le texte, l’image, l’idée, la pensée originale, la création d’un autre sans en
mentionner la source.
Le plagiat peut être volontaire ou le fruit de négligence.
Le plagiat (prétendre être l’auteur d’une œuvre en réalité copiée) se distingue de la
contrefaçon (prétendre qu’un produit copié est l’œuvre d’un auteur original).
Le plagiat, c’est du recopiage, le démarquage, c’est faire de légères modifications
pour brouiller les pistes, en cachant l’auteur.
Dans un travail personnel, quel qu’il soit, toutes les sources d’information doivent être
mentionnées. Pour un travail rédigé, les notes de bas de page doivent être
suffisamment présentes: trop peu de notes de bas de page est signe de plagiat …ou
d’un cruel manque de recherche. Pour les images et photos, de même, leur auteur doit
être mentionné.
Toutes les informations collectées, les idées qui ne sont pas de vous doivent être
suivies d'un numéro (appel de note) renvoyant à une note de bas de page citant la
référence de l'ouvrage, de l'article, de la source électronique, de la personne
interviewée, de l’image, que vous avez utilisées.
Il est donc requis, dans un document ou un dossier de recherches, d'avoir plusieurs
notes en bas de chaque page.
De plus, les citations proprement dites (copié-collé) doivent être entourées de
guillemets et renvoyer à une note de bas de page qui renseigne la source.
Au sujet de la signalétique, ce sont les normes ISO de la bibliographie qui doivent être
respectées (voir cours de méthodologie de la recherche 1 et 2).
En gros, doivent se trouver dans la note de bas de page : l’identité de l’auteur, le nom
de la source (livre, article, photo, etc.), la maison d’édition ou le magazine ou
l’adresse url, ainsi que la date de parution.
5. La pertinence et le rôle crucial du « succès »
Créer, c’est faire apparaître quelque chose qui n’existait pas (originalité)… mais pas
n’importe quoi ! 19
La créativité est aussi liée à un certain « succès », une sorte de « reconnaissance »,
d’« utilité » bref utilisons le terme plus englobant de « pertinence ». C'est le critère de
pertinence qui fait la différence entre créativité et imagination.
Csikszentmihalyi, M., La créativité : Psychologie de la découverte et de l’invention, Paris, Laffont,
1996, pp 27-54.
19
9
Car quand je crée un désordre, même s’il n’existait pas, je ne peux pas dire que c’est
« créatif ».
Exemples
Débat ? Notamment sur l’art contemporain.
Cela veut dire aussi qu’il y a des créations incomprises : « La créativité ne naît pas
d’un cerveau, mais d’une interaction entre des idées et un contexte culturel »20.
Ex. Original, pertinent, créatif ?
Notez les éléments seulement originaux (O), seulement pertinents (P), créatifs (C), ni
l’un ni l’autre (N).
-
Un GSM qui permet de mesurer le taux d’alcoolémie
Un pampers qui change de couleur quand il est sale (à l’extérieur !)
Un déboucheur ventouse (caoutchouc rouge) vert à petits poids bleus
Un cactus classeur de courrier urgent (Lagaffe)
Des affiches publicitaires pour des produits bio sur les arbres d’une forêt
Un GSM/porte-clés
Un GSM miroir
Un GSM couteau suisse
Un parapluie solarium pour avoir toujours du soleil (Lagaffe)
Un bureau à hauteur variable pour pouvoir travailler sur son ordi, debout
Un écran pour le pare-brise arrière, qui permette d’afficher des messages
adressés aux conducteurs qui sont derrière vous.
Une publicité musicale dans un magazine (support papier)
Des glaces aux goûts de légumes (tomates, carottes, etc.) ou de viandes.
Des cornets de fruits frais en forme de frites
Une table avec pieds à dimensions variables pour en faire tantôt une table pour
manger tantôt une table de salon tantôt un plan de travail pour la cuisine
Conclusion de l’exercice :
5.1. La pyramide des besoins de Maslow
La théorie de Maslow repose sur l'idée que nous éprouvons tous de nombreux
besoins. Ils sont en concurrence et certains sont plus forts que d’autres. On cherche
d'abord à satisfaire les besoins les plus forts.
20
Csikszentmihalyi, M., op.cit., p. 27.
10
Selon Maslow, les besoins sont satisfaits les uns après les autres, en suivant l’ordre de
cette pyramide.
La hiérarchie des besoins21
Besoins liés à l'actualisation de soi :
s'accomplir, réaliser son plein potentiel,
s’entourer de beau, créer
Besoins liés à l'estime de soi: se réaliser, acquérir de
la compétence, obtenir l'approbation des autres et exceller.
Besoins liés à l'appartenance et à l'amour: se lier aux autres, être
accepté, donner et recevoir de l'attention.
Besoins de sécurité: se sentir en sûreté, chercher le plaisir et éviter la souffrance.
Besoins strictement physiologiques: la faim, la soif, se protéger du froid et entretenir
son organisme.
5.2. Sensation et créativité
Les différents sens
Un commentaire sur les sens (+ sens internes)
La préférence pour la vue et l’ouïe
Les sens négligés
Un commentaire sur ces sens et sur leur nécessité.
L’odorat
Une grande mémoire
21
HUFFMAN, K.; VERNOY, J.; VERNOY, M., Psychologie en direct, Mont-Royal, Modulo, 2000,
p.308.
11
Le plus primitif des modes de communication
-
Différencie les individus
Déchiffre leur état affectif
Contribue au repérage de la nourriture
Aide à retrouver la trace du groupe, de la maison
Établit le territoire
Contribue à la séduction
Le toucher
Expérience sur les singes. Quatre groupes de bébés singes :
1.
2.
3.
4.
Groupe témoin
Isolement total
Isolement partiel (alimentation et fourrure séparées)
Regroupés par quatre
Conclusion
Le toucher est nécessaire à la santé (physique et mentale) et au développement
intellectuel. Voir texte.
La privation sensorielle
Expérience démontrant leur nécessité.
Le design sensoriel
Emergence dans les années 1990 dans le but de sophistiquer les marques
(concurrencées par les supermarchés). Le design sensoriel étudie et traite
1. Les qualités visuelles (couleurs, matières, formes, etc.)
L’importance du choix de la couleur:
-
Le consommateur perçoit la couleur en premier (puis forme puis mots et chiffres)
Chaque couleur évoque qqch qui va faire aimer ou pas le produit.
Tenir compte de la mode et des symboles
Ex: les emballages
L’importance du choix des formes
-
Élément essentiel au design, la forme induit des émotions, des comportements
d’achat (voir plus loin symbolique de la forme)
Expérience étiquettes Perrier / Badoit
2. Les qualités tactiles et odorantes
12
-
Le toucher peut être sec, caoutchouteux, grainé, froid, glissant, gras, rugueux,
doux, etc.
Chaque matériau a une signification, induit une qualité perçue et ce, en fonction
de l’objet.
L’importance du toucher (voir plus haut)
Exemples:
Remarque sur l’innovation technique.
3. Les qualités acoustiques
-
Le son est la signature, l’identité de certains produits.
Exemples
4. Les qualités olfactives
-
L’odeur comme signature des marques car sens à plus forte mémoire
Exemples:
5. Les qualités gustatives
En voie de développement. Le design culinaire explore de nouvelles
sensations: propose le jeu, le plaisir, la surprise, l’imaginaire etc. dans
l’alimentation…
6. Les qualités kinesthésiques et cinématiques
Exemples :
5.3. Autres sources
6. La créativité comme questionnement
Les cinq premières « formes » de créativité ont en commun d’être une réponse
originale et pertinente à un type de problème.
Mais la créativité s’exprime aussi dans le questionnement : poser des questions
nouvelles et pertinentes.
13
7. L’indispensable expertise et la sérendipité
La sérendipité est la découverte par accident. Cela vise aussi la disposition à accueillir
l’accident en tant que possible découverte.
Exemples22
8. La créativité, entre célébrité 23 et confidentialité
Le terme « créativité » vise d’une part les individus qui ont contribué à changer la
société et sont reconnus comme tels (ou ont fini par l’être). Ils sont célèbres: Léonard
de Vinci, Mozart, Picasso, Einstein, etc.
Aussi, ce terme vise des gens qui font des découvertes et des innovations qui restent
confidentielles (non célèbres). On dit aussi de ces personnes qu’elles ont une
personnalité créative, qu’elles sont « personnellement créatives ». Leur personnalité
est créative, mais cela n’aboutit pas nécessairement à une reconnaissance
internationale ni à la reconnaissance d’un grand groupe.
Exemples :
Réflexion sur la pertinence/reconnaissance
9. Les facettes de la personnalité créative
Exercice sur les 16 carrés
Exercice sur les allumettes ou sur les mots
Conclusion des exercices :
22
23

La fluidité

La flexibilité

L’élaboration

La rareté
WATIN-AUGOUARD, Histoires de marques, Editions d’Organisation & TM.Ride, Paris, 2001.
HUFFMAN, K.; VERNOY, J.; VERNOY, M., op. cit., pp. 27-30.
14
II.
LES RESISTANCES :
CONSTATS ET EXPLICATIONS
Exercice sur un entête24
Conclusion du 1er essai
Quid d’un 2ème essai ?
1. Nécessité relative
Dans tous les domaines, la créativité semble bénéfique. Exemples
Mais la créativité est-elle toujours nécessaire ? Exemples :
2. Certaines attitudes et raisons psychologiques
La paresse intellectuelle, la peur de la différence, le stress, le manque de confiance en
soi, le manque de motivation pour être original, le besoin d’être pertinent (éducation),
l’angoisse de ne pas être créatif.
Manque de patience, conformisme, peur de l’incongru, méfiance par rapport à
l’irrationnel, etc. (Gordon, voir plus loin).
3. La culture du rationnel

Évolution historique

Actualité
24
Cette partie 2 est notamment issue de formations à la créativité intellectuelle données au CDGAI de
Liège en 2013.
15

Constat à travers les expressions linguistiques et usages, expressions de
l’inconscient collectif méprisant l’imagination.
Exercice :
Par deux, trouvez des expressions langagières ou des habitudes qui témoignent du
privilège de l’hémisphère gauche dans notre culture.
4. Le fonctionnement cérébral
4.1. Le point sur les hémisphères gauche et droit25
"L'hémisphère gauche analyse, abstrait, compte, programme, verbalise et rationalise.
Il s'agit d'un mode analytique, verbal, déductif, séquentiel, symbolique, linéaire et
objectif. Le droit nous permet d'imaginer ou de voir en image, de comprendre les
métaphores. Tout cela relève de l'intuition. Intuitif, subjectif, relationnel, global et
intemporel. " (Edwards, B., 1979)
Notre éducation est conçue pour valoriser l'hémisphère gauche. Évidemment, le CD
est impossible à raisonner, "il n'a pas la notion du temps, il n'est pas fait pour les
définitions ni pour l'analyse et l'abstraction".
Cette distinction des hémisphères gauche et droit n’est plus entièrement juste. Il a été
prouvé il y a peu que les fonctions cognitives ne sont pas attachées à un hémisphère
mais se « déplacent » de l’un à l’autre.
4.2. Pensée convergente et pensée divergente: nous convergeons trop
vite !
Dans la pensée divergente, il y a une grande dispersion, une recherche élargie. Dans la
pensée convergente, il y a une seule réponse valable26.
25
Des chercheurs avaient prouvé que les deux hémisphères du cerveau humain ont des fonctions
cognitives supérieures et emploient des modes ou processus différents pour traiter l'information. Selon
eux, il existait deux modes de traitement d'information, le mode gauche et le mode droit. Le CG est
verbal et analytique et le CD est spatial et global. Toutes les tâches cognitives sont effectuées de façon
bilatérale et les deux hémisphères travaillent bien ensemble. (GAUSSEL, M.; REVERDY, C.,
« Neurosciences et éducation, la bataille des cerveaux » IPDFI, ds Institut Français de l’Éducation,
septembre 2013, n°86, mis en ligne en septembre 2013, consulté le 31 juillet 2015, http://ife.enslyon.fr/vst/DA-Veille/86-septembre-2013
26
JAOUI, H., La créativité, mode d’emploi, connaissance du problème, Paris, E.S.F., 1990.
EDWARDS, B., Dessiner grâce au cerveau droit, Bruxelles, Pierre Mardala, 1979.
16
Nous convergeons en général beaucoup trop vite.
Exemples
Pour diverger, sortir de l’autoroute pour prendre des sentiers inconnus, il faut briser
les habitudes neuronales (voir point suivant) et se faire aider par des méthodes comme
l’association forcée, la bissociation, l’analogie (voir dernière partie).
4.4. Le fonctionnement de la pensée. Comment pensons-nous ?
Ce qu’on appelle communément la « pensée », c’est l’utilisation et le traitement des
connaissances dans des buts divers comme résoudre un problème, prendre une
décision, apprendre, etc27.
Même si le débat continue, selon les spécialistes, l’information est traitée de deux
manières différentes : image (pour le concret) et abstrait/verbal pour l’abstrait. Les
deux systèmes sont plus ou moins indépendants.
Exemples.
Comment apprenons-nous ? En gros, en rattachant le nouveau à l’ancien. Nous
regroupons le nouveau dans une catégorie mentale préexistante selon les
caractéristiques communes. Nous comparons le nouvel élément avec les éléments que
dont nous disposons et l’assimilons à ceux à qui il ressemble le plus. En l’assimilant,
nous le réduisons à ce que nous savons déjà.
Exemples
Pour résoudre des problèmes, c’est le même processus : nous appliquons les méthodes
précédemment utilisées.
Or, les concepts sont déjà des réductions de la réalité. Exemples.
4.3. Le principe d’investissement / la mémoire des traces
C’est le principe suivi par notre cerveau selon lequel nos anciennes idées l’emportent
très fort sur les nouvelles28. Il se creuse comme un sillage, un chemin facile, dans
lequel nous nous engouffrons et nous faisons comme nous avons toujours fait, nous
pensons comme nous avons toujours pensé ! Le cerveau garde la trace des anciennes
27
HUFFMAN, K.; VERNOY, J.; VERNOY, M., Psychologie en direct, Mont-Royal, Modulo, 2000, p.
306-330.
DE BRABANDERE, L., Le plaisir des idées, Paris, Dunod, 1994, pp. 99-115.
28
MINSKY, M., La société de l’esprit, Paris, InterEditions, 1988, p. 272-273
17
pensées, idées, expériences, connaissances, et c’est celles-là qui viennent à l’esprit.
C’est ce qu’on appelle la mémoire des traces.
Exemples : trouver bon ce qu’on a toujours mangé ; juger beau ce qu’on a souvent
vu ; etc.
De la même manière, nous faisons de nouvelles choses avec des anciennes méthodes.
Les anciennes idées et méthodes se renforcent et les nouvelles sont de plus en plus
difficiles à apprendre.
4.4. Mémoire des traces : les goûts, préférences et choix
En psychologie du consommateur, un grand nombre de constats scientifiques
prouvent que, naturellement, l’homme préfère ce qu’il connait à ce qu’il ne connait
pas29.
4.4.1. Le besoin de positivité
Le besoin de positivité en général
Tous nous avons un « besoin de positivité », besoin de nous représenter les choses
et nous-mêmes positivement
Ce besoin de positivité a pour effet un optimisme irréaliste. De manière générale,
nous avons tendance à nous évaluer supérieurs à la moyenne.
Entretenir une image positive de soi est un besoin qui engendre des distorsions de
jugements, sur soi et sur autrui. Il y a surestimation de nous-mêmes.
Expérience scientifique -> l’incompétence d’un individu est proportionnelle à son
incapacité à reconnaître son incompétence.
Pourquoi ?
La relation unitaire
Nous ressentons de l’intérêt et de la sympathie pour les personnes qui ont des points
communs avec nous.
-
29
Ce point 4.4. est principalement issu de CORNEILLE, O., Nos préférences sous influences, Wavre,
Mardaga, 2010. Et de
BOHLER, S., 150 petites expériences de psychologie des médias pour mieux comprendre comment on
vous manipule, Paris, DUNOD, 2008.
18
Expérience scientifique : répéter ce que dit une personne ou imiter ses gestes et son
attitude peut aussi renforcer la sympathie de cette personne.
Applications
Effet de dotation
Cela consiste à accorder plus de valeur à un objet que l’on détient qu’à un objet que
l’on ne possède pas.
Expérience : Un vendeur, un acheteur, un intermédiaire
Les objets sont des prolongements de nous-mêmes. L’effet de dotation augmente avec
le temps passé avec l’objet et augmente au contact de l’objet.
Application marketing
- + exemple des étudiants :
4.4.2. Les jugements raccourcis
Les heuristiques de jugement
L’exemple de Mme X qui va faire ses courses.
Mme X a été piégée par ses propres heuristiques de jugements (ici règles et croyances
pour faciliter le jugement en gardant sa qualité).
Ces habitudes de fonctionnement sont très pratiques parce que faciles et simples
d’utilisation… mais c’est la porte ouverte à de mauvaises décisions.
Les heuristiques influencent nos jugements, comme vu ci-dessus, mais aussi les
décisions (préférences).
1. L’heuristique de représentativité : présumer des liens particuliers (de causalité par
exemple) entre des choses qui apparaissent semblables.
-En politique :
-Dans la consommation :
-Dans la santé :
19
2. L’heuristique de disponibilité : penser que ce qui nous vient facilement à l’esprit est
important et probable. La facilité d’évocation d’une information détermine parfois
nos préférences.
-La construction de faux souvenirs
-L’effet « hindsight bias »
-Le fait d’imaginer consommer quelque chose en augmente l’attrait, si l’imaginer est
facile.
4.4.3. Fluidité perceptive : préférence pour les stimuli familiers
Expérience : les rats mélomanes
L’effet de simple exposition
Le simple fait d’être exposé un certain temps à quelque chose augmente nos
préférences.
Quand on voit dix fois la photo d’une personne inconnue, on commence à l’apprécier.
Autre exemple
Fluidité perceptive : la facilité de traiter l’information (car connue) engendre des états
affectifs positifs.
Ainsi nous jugeons vrais des discours auxquels nous avons déjà été exposés et ceux
qui sont « faciles « (format perceptif fluide), en tout cas pour les décisions de
moyenne importance.
Exemple des étudiants :
Cet effet est relativement inconscient.
4.4.4. L’amorçage comportemental
Amorçage comportemental et comportement individuel30
30
CORNEILLE, O., Nos préférences sous influences, Wavre, Mardaga, 2010.
BOHLER, S., 150 petites expériences de psychologie des médias pour mieux comprendre comment on
vous manipule, Paris, DUNOD, 2008.
20
Nous arrive-t-il parfois d’agir sans vraiment en être conscient, sans le vouloir, juste à
cause des effets d’amorçage ? Bien sûr.
Exemples
Expérience scientifique sur l’odeur de citron
-Musique classique dans restos, etc.
-image d’une carte de crédit
-concept de la personne âgée
Amorçage comportemental et comportement collectif ou social
L’amorçage n’a pas d’effet seulement individuel mais aussi collectif ou social.
-
Expérience sur l’association pureté morale et propreté et donc immoralité et
saleté
-
Exemple du concept de super-héros
-
Expérience sur la prise de rôle
Amorçage sémantique et comportement
Parler poliment garantit que l’interlocuteur parle aussi sur le même ton. Pourquoi ?
La modulation des effets d’amorçage comportemental
Les effets d’amorçage ne s’imposent pas toujours à nous tous.
Exemple
Les associations ancrées ou non : exemple des images de personnes âgées.
4.4.5. Comportement, changements évaluatifs et dissonance
Festinger, Mme Keech et les extraterrestres
La théorie de Festinger sur la dissonance cognitive
Les gens ont dans leur mémoire des cognitions (pensées). Elles visent des valeurs, des
idées, des comportements ou autre sujet de pensée. Ces cognitions sont pertinentes
21
quand elles ont entre elles un lien logique, de cohérence. Elles sont non pertinentes
quand elles ne sont pas cohérentes.
Dès qu’il y a une menace de lien illogique, il y a un inconfort psychologique que les
individus cherchent à diminuer. Un mécanisme se met en place pour une stratégie
pour reconstituer une cohérence entre les idées. Soit en niant, en fuyant, en zappant ou
en changeant de position.
Exemple du fumeur qui ressent un inconfort car une valeur (préserver la santé) est en
contradiction avec un comportement, celui de fumer.
Exemple des américains obèses : comparaison pour éviter le changement.
La réévaluation avant et après la décision
Une période propice à la dissonance est le moment du choix… ses études, une paire
de chaussures, une sortie, un conjoint… l’alternative angoisse car on sait que
renoncer, c’est difficile.
Des expériences ont démontré que nous procédons à une réévaluation des attributs de
l’option choisie et de l’option rejetée. Les caractéristiques de l’option choisie sont
réévaluées à la hausse et ceux de l’option rejetée à la baisse.
Cela semble inconscient et automatique.
Bien sûr, quand nous n’avons pas le choix que de constater que nous nous sommes
trompés et que le choix n’a que des inconvénients, nous réalisons que notre démarche
a été hypocrite… et ce peut être difficile.
Application dans le commerce : le client génère de lui-même des pensées qui
soutiennent sa décision, pour s’auto-persuader de la pertinence de sa décision. Le
désavantage passe inaperçu…
Notons aussi que la peur de ressentir de la dissonance peut dissuader de s’engager
(reporter des travaux, un achat important etc.).
De manière générale, les gens recherchent des infos qui soutiennent leurs décisions et
fuient les infos qui remettent en cause leur décision ou comportement.
Exemples.
Les comportements et convictions acquis jeunes sont tenaces et se consolident avec
des infos consonantes.
Le sentiment de liberté et la théorie de la réactance psychologique
La liberté de choisir est une condition de la dissonance car quand on est obligé,
l’obligation est une raison suffisante pour rééquilibrer la situation dissonante (voir
expérience de Milgram). La dissonance cognitive suppose donc qu’un individu
22
considère qu’il a décidé de lui-même de se comporter en opposition avec ses
préférences.
Lorsqu’il y a clairement eu influence sociale, on parle alors de « soumission librement
consentie ».
La théorie de la réactance psychologique établit que personne n’aime être privé de
liberté, surtout explicitement.
Quand la pression devient plus forte, les effets de dissonance font place aux effets de
la réactance, avec des conséquences inverses : les individus vivent alors un état de
tension désagréable surtout si la privation est injustifiée et nourrissent alors de
l’agressivité à l’égard de la source de la privation de liberté ou encore elles apprécient
à la hausse ce qui leur est « interdit ».
Exemple de l’enfant.
Exemple du journal Charlie Hebdo.
C’est aussi une stratégie publicitaire de provoquer la cible dans son sentiment de
liberté. Exemples
L’inconfort physiologique
L’idée principale de la théorie de la dissonance cognitive est que les gens ressentent
un inconfort psychologique qu’ils doivent réduire au maximum.
D’où vient cet inconfort ? Certains pensent que c’est d’une menace de l’identité ou de
l’intégrité morale des individus. D’autres pensent que c’est vis-à-vis d’autrui que
l’incohérence gène l’individu.
4.5. La formulation de la question/ du problème
Exemples
Ex. Trouvez l’intrus parmi les deux séries :
1. Mosquée – prière – basilique – Tour Eiffel
2. Mosquée – Tour Eiffel – basilique – prière
Conclusion : la question restreint souvent la réponse.
4.6. La première vue qui occulte la deuxième vue
23
« Le premier regard est souvent maladroit, distrait : on voit mal; pauvre, limité : on
voit peu ; rapide, immédiat : on voit ce qui est le plus probable (…) sélectif : on voit
ce que l'on a envie ou souhaite de voir ; « vertical » : on voit d’abord « à l’endroit »,
dans le sens de la position debout… »31
La deuxième vue est plus acérée, demande un effort, de la concentration, de la
volonté, de l’imagination et du temps.
Les images ambigües… pour s’entraîner : les images ambigües peuvent nous aider à
voir les choses autrement que d’habitude. Elles sont conçues pour que la deuxième
vue soit facile, surprenante et agréable. C’est un effort perceptif à répéter avec des
images qui ne se veulent pas ambigües.
4.7. La déformation « professionnelle »
4.8. Habitudes et conditionnement
4.8.1. Qu’est-ce que le conditionnement ?
Un conditionnement est une forme d'apprentissage qui repose sur l'association d'un
stimulus et d'une réponse. Les deux principaux types de conditionnement sont le
conditionnement répondant et le conditionnement opérant. L’un provoque des
comportements réflexes, l’autre provoque des comportements qui se sont développés
à partir des réactions de l’entourage.
4.8.2. Le conditionnement répondant: l'apprentissage par association
de stimulus32

Schéma
Avant le conditionnement
SN (cloche)
particulière
SI (viande)
provoque
aucune
provoque
RI (salivation)
provoquent
RI (salivation)
réponse
Pendant le conditionnement
SN (cloche)
plus
SI
31
DE BRABANDERE, L., op. cit., p. 45.
Ce point sur le conditionnement est issu notamment de HUFFMAN, K.; VERNOY, J.; VERNOY,
M., Psychologie en direct, Mont-Royal, Modulo, 2000, pp. 189-208.
32
24
Après le conditionnement
SN

devient SC (cloche)
provoque
RC (salivation)
Les réponses émotionnelles conditionnées (Watson)
Exemples de réponses-réflexes nuisant à la créativité
4.8.3. Le conditionnement opérant : l’apprentissage par la
constatation des conséquences

Le renforcement et la punition
Un renforcement est un procédé qui augmente la probabilité d'une réponse.
Une punition est un procédé qui diminue la probabilité d'une réponse.

Les effets secondaires de la punition
Procrastination :
Fuir le punisseur :
Agressivité envers le punisseur :
Soumission apprise :
Exemples de comportements :
4.8.4. De la difficulté et de la richesse du déconditionnement
Réflexion :
Comment se déconditionner ?
Le faut-il vraiment?
4.8.5. Le conditionnement évaluatif
Débat sur la manipulation mentale : explication
Le conditionnement évaluatif : associer un stimulus neutre avec un autre stimulus (ici
négatif) peut-il influencer inconsciemment le jugement33.
33
Ce point 4.8.5. est issu notamment de :
CORNEILLE, O., Nos préférences sous influences, Wavre, Mardaga, 2010.
25
Conditionnement évaluatif et effets de fluidité perceptive
Dans les effets de la fluidité, c’est la fluidité (facilité) du traitement qui donne une
réaction positive qui est transférée au stimulus. Il s’agit d’un transfert affectif d’un
traitement à un stimulus.
Dans le conditionnement évaluatif, un transfert affectif a lieu entre deux stimuli. « La
valence d’un stimulus positif peut être communiquée à un stimulus neutre qui lui est
associé. Le stimulus neutre deviendra positif (ou négatif) du fait de cette
association ».
Expériences scientifiques : les gens traitent moins favorablement une personne quand
elle a été associée avec une autre qui est jugée négative (très sale, très embêtante, très
radine etc.)
Applications :
Donc il y a un transfert évaluatif qui se fait d’un stimulus valencé à un stimulus
neutre.
Condition limitative
Ceci dit, le conditionnement évaluatif ne modifiera pas une préférence ou un
jugement déjà bien ancré.
Mais il peut être très efficace chez qqun qui n’a pas de jugement très marqué, même si
le stimulus est familier. Donc le conditionnement est parfait pour créer de nouvelles
préférences.
De plus, lorsqu’on est fatigué, peu motivé ou distrait, (voir plus loin), le
conditionnement évaluatif est plus efficace et influence la décision de consommation.
Exemples des publicités adressées aux enfants.
Plus encore, le conditionnement évaluatif émotionnel existe aussi : associer une
émotion positive d’un acteur ou d’une personne (sourire, rire, joie, cris de bonheur ou
autre) avec un stimulus neutre.
Exemples de pub en général.
La propagation et la réévaluation, deux caractéristiques du conditionnement
évaluatif
BOHLER, S., 150 petites expériences de psychologie des médias pour mieux comprendre comment on
vous manipule, Paris, DUNOD, 2008.
26
Le CE tend à se propager à d’autres stimuli (dits de second ordre).
Exemple du client suivant celui qui utilise des bons. Donc si on associe X à Y, quand
on associe X à quelque chose de négatif, Y est aussi réévalué négativement.
Ceci explique le phénomène de rejet de la brebis galeuse. Pour ne pas être contaminé
par un jugement négatif, on exclut régulièrement celui qui a triché, volé, outrepassé
ses droits etc.
Exemple.
Le conditionnement évaluatif est-il automatique ?
Les études montrent qu’il est possible d’opérer un transfert affectif sans aucune
réflexion chez le destinataire sur le lien entre le stimulus neutre et le stimulus valencé.
Cela peut-il se faire inconsciemment, sans l’attention, de manière subliminale par
exemple ?
Apparemment non (pas d’accord de la communauté scientifique). Il faut qu’il y ait
conscience de l’association pour qu’il y ait effet de conditionnement.
Par exemple la distraction qui diminue la mémorisation diminue le conditionnement.
Les scientifiques se posent encore beaucoup de questions…
Cas d’Al Gore :
-
5.
La soumission à l’autorité
5.1. L’expérience de Milgram/ le jeu de la mort
1. Qui est Stanley Milgram (nationalité, religion, profession)?
2. Quel est l’événement qui a suscité son expérience ?
3. Combien d’expériences ont-elles été menées ?
4. Comment expliquer le comportement des sujets ?
-
27
5. Expliquez les phases par lesquelles les sujets obéissants passent.
6. Qu’est-ce qui influence la soumission des sujets ?
7. Pourquoi obéit-on ?
8. Quels sont les résultats (en pourcentage) et pour quel pays ? Pourquoi les
résultats sont-ils différents en Allemagne ?
9. « As-tu pu poser une bonne question à ton maître ? » : qui prononce cette
phrase et quel en est le sens ?
10. Quel est le lien de cette expérience de Milgram avec la créativité ?
11. Le jeu de la mort : quelles conclusions différentes de l’expérience de Milgram
pouvons-nous en tirer ?
5.2. Réflexion sur l’actualité de la soumission à l’autorité
7. La soumission et les médias
8. Réflexion sur l’évolution de l’attitude de soumission
6. Pensée et culture : la perception visuelle et les illusions
d’optique34
6.1. Qu’est-ce que la réalité ?
34
Faire le lien avec « première et deuxième vues » et aussi avec la formation de la pensée (en images).
28
Si la baleine, la chauve-souris, le taureau et les autres animaux pouvaient nous décrire
le monde, il est clair que leur description ne correspondrait pas du tout à la nôtre.
Donc, nous les êtres humains ne sommes pas capables de connaître la réalité puisque
celle-ci est diverse. Mais pourtant, nous sommes convaincus que nous pouvons faire
confiance à notre vue. Nous allons apprendre que cette confiance n’est pas toujours
bien placée…35
6.2. Préliminaires : sensation et perception

Explication
Les données brutes de l’information (lumière, son, etc.) viennent frapper les
récepteurs de la sensation (yeux, oreilles, nez, peau, langue) et, presque en
même temps, les données sont organisées et interprétées (perception).

Différence entre sensation et perception
6.3. Le processus de la perception : sélection, organisation et
interprétation


Sélection, Organisation et interprétation
Les reportages sur les surdoués de la créativité
6.3.1. La perception des formes
La psychologie de la forme (Gestalt)
Les gestaltistes, psychologues d’une école fondée en 1910 à Berlin (Max Wertheimer,
W.Kölher, K. Koffka, K.Lewin) ont prouvé que
- c’est l’activité de l’esprit humain qui structure et organise notre environnement (voir
images).
- Le tout est différent de la somme des parties et lorsqu’un élément change,
l’ensemble change.
35
Ce chapitre 6 est notamment issu de
GREGORY, R. L., L’oeil et le cerveau, Bruxelles, DeBoeckUniversité, 2000.
ROCK, I., La perception, Bruxelles, DeboeckUniversité, 2001.
EDWARDS, B., Dessiner grâce au cerveau droit, Bruxelles, Pierre Mardaga, 1979.
EDWARDS, B., Vision, dessin, créativité, Bruxelles, Pierre Mardaga, 1986.
29
Les trois lois de l’organisation perceptive
1. La loi de la structuration spontanée
Les éléments isolés sont perçus comme appartenant à la même forme
(regroupés) s’ils présentent certaines caractéristiques telles la continuité, la
proximité, la similitude, la symétrie, l’unité, la ressemblance, le mouvement, la
clôture. -> l’utilisation des mêmes couleurs, formats favorise l’impression
d’unité.
1. Principe de bonne continuation: tendance à grouper dans une même
structure les parties ou unités qui semblent alignées les unes avec les autres
(ex: chaîne de montagnes).
2. Principes de la proximité et de la similarité: tendance à regrouper des
unités proches en un tout (proximité) ainsi que des éléments semblables
(similarité).
3. Le sort commun et la fermeture:
Sort commun : tendance à regrouper des éléments qui se déplacent
ensemble dans la même direction et à la même vitesse (ex: abeilles).
Fermeture : tendance à regrouper des éléments qui constituent une entité
fermée plutôt qu’ouverte (voir triangle). C’est en fait une tendance à
compléter des unités incomplètes.
4. La connectivité uniforme: tendance à considérer comme un même objet
une région uniforme (dans laquelle par ex. tous les éléments ont la même
couleur).
5. Principe de la région commune: les éléments contenus dans une
structure qui suggère une région seront groupés… à l’encontre d’autres
principes gestaltistes.
2. La loi de la bonne forme
Notre perception privilégie les “bonnes formes” càd simples, régulières,
fermées, symétriques. Ex: cercle, triangle, carré, rectangle.
3. La loi de la dissociation figure-fond
30
La perception organise les éléments en détachant la figure du fond. Nous
faisons une distinction entre la figure, qui se détache et qui possède un contour
défini et le fond, moins distinct. Le fond paraît toujours plus éloigné que la
figure.
6.3.2. Expérience, apprentissage et constances perceptives
Constance perceptive : invariabilité d’une perception, maintenue en dépit des
variations de l’information sensorielle. Fondée sur l’apprentissage et l’expérience.



La constance de la taille :
La constance de la forme :
La constance de la couleur et de la clarté :
6.3.3. L’influence de l’émotion sur la perception
6.3.4. Symbolique des lignes et des formes
Remarque préliminaire :
Les lignes
Droites
Courbes
Les formes
Carré
Cercle
Triangle
6.3.5. Illusions (d’optique) géométriques
Illusion de Ponzo
Dessin :
Description:
Illusion qui consiste à surévaluer le trait de gauche alors qu’ils sont tous deux de
même longueur.
31
Explication:
Les lignes qui convergent créent l’impression de profondeur. La constance de la
taille (perception inchangée malgré une image rétinienne différente) implique,
par habitude, une surestimation de la longueur du trait du dessus.
Illusion de Müller-Lyer
Dessin :
Description :
La ligne contenue dans les flèches inversées semble plus longue.
Explication :
Le principe gestaltiste du regroupement, selon lequel nous percevons un
stimulus dans sa totalité et non ses éléments séparément.
Illusion de Zöllner
Dessin :
Description:
Consiste à percevoir les grandes lignes obliques non parallèles alors qu’elles le
sont.
Explication:
Le cerveau cherche à transformer les angles obtus et aigus (induits par les petits
traits) en angles droits (habitude culturelle). Cela entraîne une distorsion des
droites.
Illusion de Poggendorff
Dessin :
Description :
Consiste à percevoir les grandes lignes obliques non alignées alors qu’elles le
sont.
Explication :
Le cerveau cherche à transformer les angles obtus et aigus (induits par les petits
traits) en angles droits. Les angles aigus sont surestimés et les obtus sousestimés. Cela provoquerait l’impression que les lignes obliques sont penchées
des directions opposées et donc qu’elles ne sont pas alignées.
D’autres illusions (à voir)
32
6.4. La perception de la couleur
6.4.1. Etat de quelques recherches scientifiques





Répercussions sur les enzymes et les hormones
Le lüscher-color-diagnostik-> traduit l’état psychique
Perception de couleurs par le toucher
Influence stimulante du rouge sur la force physique et psychique
Soins de l’arthrite rhumatoïde, du psoriasis, de la jaunisse des bb, etc. par la
couleur bleue
6.4.2. Symbolique des couleurs36
Remarque préliminaire :










Le rouge
Le bleu
Le vert
Le blanc
Le noir
Le jaune
L’orange
Le violet
Le rose
Autre couleur ?
6.4.2. Des illusions de couleurs
6.5. La perception de la profondeur
6.5.1. Illusions de profondeur
33
6.5.2 Figures impossibles et habitude
6.6. La perception du mouvement
6.6.1. Les illusions naturelles
L’exemple de « l’illusion de la lune » : la lune semble bouger dans le sens inverse des
nuages.
6.6.2 Le mouvement réel
La perception du mouvement réel vient d’une modification de la position des objets
dans l’espace. Elle repose sur deux phénomènes:
1. Les globes oculaires se déplacent dans les orbites pour suivre le trajet d’un objet
mobile.
2. Une image change car quelque chose se déplace sur la rétine et les globes ne
bougent pas.
6.6.3. Le mouvement apparent
6.6.4. Le mouvement induit
L’apparence de mouvement tout en s’agissant d’un mouvement réel. Ex: la lune
semble croiser les nuages.
L’explication: le changement de position d’un objet par rapport à d’autres objets
décrivant un arrière-plan détermine le mouvement perçu.
1. Le mouvement d’un point isolé dans un champ uniforme peut être inférieur au seuil
de détection du mouvement (ex. Lune)
2. Lorsqu’on introduit un second point stationnaire, le mouvement est alors
immédiatement perçu, bien qu’il puisse être attribué à n’importe lequel de ces deux
points (une étoile, par exemple)
3. Lorsque le point est entouré d’un cadre en mouvement, il semble bouger. En effet,
l’objet le plus grand, s’il entoure l’autre, sert de cadre de référence. Il sert de
représentant du monde visuel dans son ensemble (= présupposition du système
perceptif).
34
6.6.4. Le mouvement induit de soi
6.6.5. Des illusions de mouvement37
6.6.6. Explication des illusions de mouvement
1. Constatations:





L’illusion de mouvement et de vibrations au départ d’images statiques
Elle exploite la faillibilité de l’oeil
L’illusion est plus forte quand nous regardons de côté (en vision périphérique)
L’illusion diminue quand nous regardons fixement un point précis
Le mouvement suit les couleurs (du noir au blanc au jaune au noir…), mais
même illusion avec nuances de gris: c’est la variation de la luminance qui
opère.
Les différences de luminance sur les bords piègent les neurones détecteurs de
mouvement en les activant artificiellement.
2. Pourquoi?
La seule certitude, c’est que les neurones détecteurs de mouvement sont excités par
les images avec motifs réguliers et répétés. La même image réduite ne donne donc pas
cette illusion.
Le parallèle est à faire avec le mouvement apparent:
- succession d’images/balayage du regard
- d’images légèrement différentes (principe du zootrope)
- succession à une certaine vitesse
6.7. La perception de l’orientation
6.7.1. L’expérience de Georges Stratton : voir à l’envers
1. Avec des verres inverseurs, les images finissent-elles par se remettre à
l’endroit ?
2. Stratton s’habitue-t-il au monde à l’envers ?
3. Que se passe-t-il quand Stratton ôte les verres inverseurs ?
37
Exemple : les serpents tournants d’Akiyoshi Kitaoka
35
Conclusion :
6.8. Perception et Art : l’Op Art




Oeuvres (peintures) qui exploitent les effets optiques -> Op(tical) Art
En général abstraites
Le terme est né dès les années 60 mais existe depuis les années 30
Victor Vasarely (père de l’Op Art), Bridget Riley etc.
Pour se détendre: complétez le texte
Nous avons examiné le rapport entre la créativité et la pensée. Il y a deux types de
pensée : ______________ et ___________________. Nous avons aussi examiné les
compétences des deux _____________________, le gauche et le droit. Le gauche est
___________, _______________, _______________, _______________, etc. Le
droit est _____________, ________________, _________________, etc.
Les hommes et les femmes ont apparemment des fonctionnements différents (voir texte
si nous avons le temps de faire une pause). Cela serait dû aux ________________
notamment.
Beaucoup d’expressions langagières démontrent que l’hémisphère ______________
a toujours été rejeté au profit du _____________.
Le principe d’investissement explique que nous avons tendance à utiliser souvent les
mêmes manières de ______________. C’est comme si un ________________ s’était
formé dans nos neurones. Ceci explique qu’il est ______________________ d’être
créatif.
Au sujet de la perception, nous en avons vu la définition. Nous avons parlé de cette
théorie du début du 20ème siècle, la ________________________, selon laquelle
nous ne sommes pas passifs dans la perception.
Trois grandes lois : la loi de la structuration _______________ (avec des principes
importants), la loi de la bonne _______________ et la loi de
_________________________. Au sujet de cette dernière, nous avons visualisé des
figures réversibles ou ambigües.
Des illusions d’____________ ont été expliquées, en insistant sur l’importance de
l’habitude, histoire de les rattacher au principe d’___________________.
Après la visualisation de quelques illusions de couleurs et de profondeur, nous nous
sommes arrêtés sur les illusions de mouvement. L’explication de ces illusions est
directement liée au mouvement ________________.
Avec le chapitre sur la perception, nous avons pu constater que les choses, notre
environnement, pourraient être perçus d’une autre manière. Nous n’avons qu’un
point de vue particulier.
36
Comprendre les limites de notre perception est déjà un grand pas dans la réflexion
créative.
6.9. Documentaire sur les illusionnistes (32 minutes)
… peut-être.
7. L’émotion et la créativité (documents à recevoir)
7.1. Qu’est-ce que l’émotion ?
7.2. Particularités
7.3. Théories sur le sujet
7.4. Le rapport avec la créativité ?
Conclusion de la deuxième partie
Luc de Brabandere, mathématicien et philosophe belge, expert en management
notamment38, a une vue particulièrement pragmatique sur la créativité39.
Si souvent l’on prescrit de « sortir du cadre » pour être créatif, pour Luc de
Brabandere, c’est vain car il est impossible de penser sans cadre. Il ne s’agit pas de
penser hors du cadre, mais bien de changer de cadre, à savoir de modèle mental40.
Abandonner le premier et adopter un autre.
38
Luc de Brabandere (voir sa bibliographie sur Wikipedia notamment) fut aussi directeur général de la
bourse de Bruxelles, est maintenant prof à l’UCL et à Paris.
Voir l’ouvrage La Valeur Des Idées, De la créativité à la stratégie en entreprise, écrit en
collaboration avec Anne Mikolajczak, chez Dunod en 2007, synthèse de Le plaisir des idées, Le
management des idées et Le sens des idées.
40
37
III.
Libérer la créativité
1. Des états psychologiques favorisant la créativité41
o Accepter .l’incongru, le bizarre, le « hors propos »
o avoir le regard d’un enfant, une attitude ludique, enfantine qui
« rend le familier insolite et l’insolite familier »
o encourager le jeu avec les mots
o être réceptif aux bienfaits du hasard
o être patient.
2. L’hyper-importance de la recherche
3. Le processus de créativité
Voici les stades essentiels de l'invention: préparation, incubation, illumination et
vérification.
1. Phase logique/ préparation/ imprégnation
o
La formulation du problème
o
Le rassemblement des données relatives à ce problème/
recherche
o
Recherche de solutions

Si la solution trouvée est valable, fin de l’opération
2. Phase de Divergence/ intuitive/incubation/illumination
Si la solution trouvée est insatisfaisante ou absente : méthodes de créativité – si
toujours pas de solutions…patience -->
41
Expliquées par GORDON, op. cit.
38
Cette phase se déroule dans l'inconscient du créateur.
1.
2.
3.
Le problème prend son autonomie avant d'être couvé (incubation)
Il est mûri pendant une période qui peut être très longue
Enfin se produit l'illumination, la révélation de la solution / disposition.
3. Phase critique/vérification / convergence
L'inventeur examine sa découverte, vérifie sa validité puis la met au point.
3. Les méthodes de créativité (explication et exercices)42
o Sur les méthodes




Technique ou méthode ?
Il existe énormément de méthodes de créativité
Une stratégie comme répertoire des attitudes à avoir et des attitudes à
éviter
Augmentation garantie
o Méthodes pour la mise en problème
Il s’agit de casser les anciennes idées. De reformuler le problème dans des termes
nouveaux.
1. Ishikawa
Trouver les causes : Machines/ Moyens/ Méthodes/ Main d’œuvre/ Milieu
2. La défectuologie
Deux étapes pour trouver les défauts.
42
Pour cette partie, il faut prendre des notes sur les méthodes (procédure), mais aussi sur
l’expérimentation en classe.
39
o Méthodes pour la divergence
Après avoir cassé les anciennes idées, des méthodes sont conçues pour redonner un
nouvel ordre. C’est l’étape du scanning créateur.
1.
Le brainstorming (Alex Osborn)
a. Recherche du problème
Formulation adéquate – préparation de l’équipe
b. Recherche des idées
Quatre consignes fondamentales : jugement différé (ni critique ni autocritique) –
imagination libre – quantité plus que qualité – fertilisation croisée.
c. Recherche des solutions
C’est surtout le procédé de l’association, considéré par Osborn comme fondamental,
qui est utilisé dans le brainstorming. Les associations de tous types (par « similitude,
par contraste, par contiguïté, par exagération, par sonorité ») font s’enchaîner les
idées.
Le rôle de l’inconscient est grand.
2. La synectique de Gordon43
Il s’agit de faire un détour par un champ choisi pour l’analogie. Par exemple : inventer
un nouveau système de sortie de secours en s’appuyant, par analogie, sur l’œil.
Il ne s’agit pas vraiment de combiner des éléments hétérogènes entre eux, ce qui est
propre à la bissociation, mais bien d’utiliser un autre domaine.
Pour Gordon, il faut utiliser la métaphore et pour cela, existent quatre mécanismes:
- l’analogie directe : transférer un problème dans un autre champ (la biologie est une
source intéressante d’idées44).
43
W.J.J. Gordon est l’auteur d’un ouvrage révolutionnaire portant sur une démarche très efficace, d’un
aussi grand poids que celle d’Osborn : « Stimulations des facultés créatrices dans les groupes de
recherche par la méthode Synectique».
44
Se développent très fort la bionique, le biomorphisme, à savoir le fait de copier des processus
naturels pour développer des technologies.
40
- l’analogie personnelle ou identification : on s’identifie au sujet : « je suis un
portemanteau ».
- l’analogie symbolique, avec le « comme » : la femme est comme une rose…
- l’analogie fantastique : solution rêvée, magique, expression des fantasmes.
Les phases de la Synectique :
1) Le problème est formulé : description complète ou partielle de la situation
2) Les éléments insolites sont recherchés : soulever les contradictions liées au sujetproblème.
3) Le problème est reformulé : reformulation du problème grâce aux phases
précédentes
4) Le travail sur les analogies : recherche sur les analogies
5) Nouvel éclairage du problème (le familier devient insolite)
6) L’environnement est préparé pour une bonne disposition psychologique
7) Les résultats des analogies sont exploités pour le problème
8) la recherche d’une solution : transformation de l’idée en solution concrète.
9) La réalisation de la solution par des maquettes, projets, test labo, etc.
3. L’association forcée
Trois colonnes pour une association aléatoire.
4. Les matrices de découvertes
Un tableau à double entrée pour associer des éléments prédéterminés.
5. La méthode des 6 chapeaux (Edward de Bono)
Edward De Bono ne croit pas que l’inconscient soit utilisable. Il croit plus en
l’intervention du hasard. L’imagination peut être utilisée, mais dans certaines limites.
Quand se prend le chemin de la « folie » ; il faut le faire consciemment, en utilisant
une sorte de code, « po », pour continuer à maîtriser la « folie ».
Documents à recevoir.
41
6. Le détournement
7. La bissociation
Méthode inventée par Arthur Koestler, qui fait se rencontrer deux éléments émanant
de domaines très différents.
8. La carte mentale (voir cours de méthodo)
9. L’écriture automatique
10. Les méthodes aléatoires (littéraires)
11. Les jeux créatifs, etc.
Notons que, pour certains spécialistes, les méthodes de groupe comme le
brainstorming ont leur intérêt mais le travail individuel doit débuter et terminer le
processus. Le groupe est précieux entre les deux étapes.
Certains comme Guy de Brabandère pensent que les méthodes ne servent pas à
produire des idées, car les idées existent déjà en nous, mais à les révéler. Pour lui, le
plus important c’est de casser les idées reçues. C’est la seule condition pour faire
place aux nouvelles idées.
4. Le normal et l’anormal
La normalité ou l'anormalité du comportement
Comment savoir si un comportement est simplement original, donc normal et qu’un
autre est anormal ?45
45
Ce chapitre 4 est notamment inspiré de HUFFMAN, K.; VERNOY, J.; VERNOY, M., Psychologie
en direct, Mont-Royal, Modulo, 2000, pp. 355-378.
42
Les psychologues eux-mêmes ne s'entendent pas tous sur les caractéristiques du
comportement anormal. Il est donc difficile et présomptueux de donner une définition
valable pour toutes ces situations.
Exercice : à votre avis, quelles sont les normes ?
Trois normes pour déterminer l'anormalité du comportement ?
Les psychologues ont habituellement recours à trois normes.
La norme statistique
Un comportement est anormal lorsque statistiquement, il est rare. Donc lorsque la
moyenne des gens d’une culture donnée n’a pas le comportement X, ce comportement
X est anormal. Exemple voir cours.
Cette norme est insuffisante voire injuste. Elle souffre de relativisme culturel.
La norme du malaise subjectif
C'est la raison pour laquelle beaucoup de psychologues préfèrent se fonder sur le
jugement que porte l'individu sur son propre comportement : un comportement est
anormal lorsque l'individu est insatisfait de son propre fonctionnement psychologique.
Exemple.
Cependant, certaines personnes n'ont pas conscience d'avoir des problèmes
psychologiques ou ne l'admettent pas ou les inventent carrément. Dès lors, la norme
du malaise subjectif ne peut non plus, à elle seule, définir l'anormalité.
La norme du comportement inadapté
Selon cette norme, un comportement est anormal lorsque, à cause de lui, l’individu
n’a pas de vie personnelle et sociale satisfaisante.
Exemple.
Chacune de ces normes comporte des avantages et des inconvénients. Souvent les
spécialistes les utilisent en alternance ou de manière complémentaire dans leur
analyse des troubles psychologiques.
Attention !
43
N’oublions jamais
- qu’un jugement mène presque toujours à des actes et
- que dire qu’un comportement est anormal implique des jugements de valeur.
C'est par rapport à des valeurs culturelles, à des tendances sociales
dominantes, ainsi qu'à des connaissances scientifiques, que tel ou tel
comportement est considéré comme normal ou anormal.
Un peu de vocabulaire
Exercices : Tentez une définition personnelle des termes suivants
Psychologie, psychothérapie, psychanalyse, psychiatrie sont des termes à ne pas
confondre.
La psychologie est un terme générique (voir plus haut).
La psychothérapie est une thérapie (soin) pour les problèmes de santé mentale.
La psychanalyse est une sorte de psychothérapie. Voir cours.
La psychiatrie est une spécialisation médicale qui porte sur les problèmes cérébraux.
Voir explications au cours.
Il est aussi important de distinguer santé mentale, handicap mental et déficience
mentale.
La classification des comportements anormaux
Le DSM (manuel des troubles mentaux) est paru pour la première fois en 1952 et a été
revu au moins 4 fois depuis lors.
Les problèmes de diagnostic des troubles mentaux
Petit historique du traitement des maladies mentales
Des méthodes thérapeutiques
La psychanalyse
A savoir sur l’inconscient et Freud !
44
Sur la psychothérapie psychanalytique :
-
l'association libre
l'interprétation des rêves
accessoirement l’hypnose
les lapsus.
De plus ils seront attentifs aux phénomènes de résistance et de transfert que
vivront leurs patients au cours de la thérapie.
Le behaviourisme
Visent le comportement problématique lui-même et non les causes dont il
découle.
Reposent sur les théories de l'apprentissage (conditionnement répondant et opérant).
Les comportements normaux ou anormaux sont appris. Il s’agit de désapprendre les
comportements anormaux.
La désensibilisation systématique : images anxiogènes et relaxation
La thérapie par l'aversion
L’humanisme
La cause : le concept de soi déficient.
L’objectif : développer son estime de soi.
Les thérapeutes établissent une relation thérapeutique qui se fonde sur



l'empathie
la considération positive inconditionnelle
l'authenticité.
Le cognitivisme
En thérapie cognitive, on considère que les troubles émotionnels et les problèmes ont
pour causes les raisonnements erronés et les croyances inadéquates.
Exemples
L’objectif est la restructuration cognitive.
45
L’approche biomédicale
Les thérapies biomédicales ne sont pas vraiment des psychothérapies.
Causes : dysfonctionnement du système nerveux ou déséquilibre biochimique.
Moyens : interventions chirurgicales ou prescription de médicaments
D’autres approches
Thérapie des vies antérieures, thérapie de la renaissance, par le rire, PNL, etc.
Conclusion générale
46
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