
Si son intention n’est pas de servir l’intérêt public, il ne pense qu contraire qu’à son propre gain, mais « en cela,
comme dans beaucoup d’autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement
dans ses intentions », celle-ci pour SMITH travaille dans l’intérêt de la société. La main invisible est le reflet,
dans le vocabulaire contemporain, de la notion « d’externalité positive ».
Elle rend possible la création et la distribution de richesses pour le bénéfice de tous ; mais elle a toutefois
besoin de normes sociales et d’éthique pour remplir cette fonction. SMITH se méfie ainsi des « marchands et
manufacturiers, , de leur esprit de monopole, de leur rapacité basse et envieuse qui les animent et qui sont
directement opposés aux intérêts du peuple ».
Pour lui, les intérêts et les passions égoïstes sont les plus forts, « l’appétit des marchands » doit donc être
contrôlé ; et les bienfaits de la main invisible ne sont pas incompatibles, bine au contraire, avec le contrôle
visible de la main de l’Etat et le bras de la justice.
SMITH reconnaît ainsi 3 rôles essentiels à l’Etat : assurer la protection intérieure et extérieure (police, justice,
armée), construire les infrastructures non rentables (routes, ponts), et s’occuper des institutions publiques
essentielles (surtout l’éducation).
- L’extension du marché
Le CI et la DIT comme solution :
Si un marché étranger veut nous fournir une marchandise à meilleur marché que nous ne sommes en état de la
faire nous-mêmes, il vaut lui acheter avec le produit de notre propre industrie. Le principal bénéfice retiré n’est
pas les sommes d’argent ainsi amassées par la vente à l’étranger, mais c’est le fait que les bornes de son marché
intérieur ne limitent plus la DT : tout le produit du travail excédant la demande intérieure sera alors vendu à
l’étranger. Ce qui incite au perfectionnement de l’industrie, à l’amélioration de la puissance productive et in fine
la richesse et le revenu réel des habitants.
=> Chez SMITH, le marché n’est pas seulement un lieu d’échanges qui permettrait l’équilibre entre l’offre et la
demande ; c’est également un champ de forces où s’affrontent des concurrents. Il faut ainsi protéger le marché
contre les tentations monopolistiques des marchands et des manufacturiers, par la Loi promulguée par un Etat
libre des influences des particuliers.
Par ailleurs, c’est la faculté qui détermine la DT et l’accroissement de cette division est limité par l’étendue du
marché : il faut donc favoriser les échanges en ouvrant les marchés, en facilitant la circulation monétaire et en
enlevant toute entrave au fonctionnement des marchés.
3 LES LIMITES DE LA DIVISION DU TRAVAIL ...qui peuvent être repoussées
- Limites économiques
L’accumulation du capital permet de salarier davantage de travailleurs donc de diviser davantage le travail.
Mais aussi, à mesure que la DT devient plus grande, il faut pour qu’un même nombre d’ouvriers soit employé et
constamment occupé, qu’on accumule d’avance plus d’outils, de matières, de machines = soit nécessite une
accumulation préalable de K, laquelle amène naturellement à cette extension.
Mais comme on l’a dit, ce n’est pas une condition suffisante : il faut en outre que le marché soit suffisamment
étendu pour justifier les I qui permettent d’accroître la productivité et donc la production. (on dira plus tard que
la C° de masse réponde à la prod de masse).
Mais grâce à une DT accrue => hausse de la productivité => baisse des coûts unitaires => hausse des profits
unitaires et / ou baisse des prix de vente => hausse des ventes => hausse du profit total => hausse de
l’accumulation du capital.
=> La richesse des nations selon SMITH est donc le résultat de l’interaction de 3 facteurs fondamentaux qui
dépendent étroitement les uns des autres : la DT, la taille des marchés et l’accumulation du capital. La mise en
relation de ces 3 facteurs pour expliquer la croissance comme processus qui prend la forme d’une spirale
dynamique constitue un apport théorique essentiel de la pensée économique.
- Limites sociales
SMITH est parfaitement conscient que la poursuite de l’intérêt personnel induit des rapports de force qu’il faut
gérer par la loi pour protéger les plus faibles ; de même que les excès des passions de certains peuvent nuire à
l’harmonie sociale, et que c’est alors le droit, la justice et la recherche d’équité qui doivent protéger les individus
les uns des autres. Le principe de justice doit donc se dresser entre les hommes pour éviter que « pareils à des
bêtes sauvages », ils ne s’agressent mutuellement.
En fait, SMITH n’utilise jamais l’expression de « laissez-faire, laissez-aller », et souligne que de nombreux
champs de l’activité économique sont ouverts à l’action de l’Etat, soi pour les réglementer (banques, commerce
extérieur, industrie…), soit pour y intervenir activement (taux d’intérêt, fiscalité, lutte contre la pauvreté…).
=> La DT constitue pour SMITH le facteur essentiel de la croissance. Dans le cadre de la manufacture, la
spécialisation des ouvriers qui en découle permet des gains de pdté importants liés au développement de leur
habileté, à la suppression du temps perdu à changer de tâches et à l’invention et l’utilisation de machines à
laquelle elle incite. Il va ouvrir ainsi un programme de recherches qui donnera naissance à la fin du 19ème à
l’OST de TAYLOR. De même en considérant que la spécialisation entraîne des gains de pdté et en faisant de
l’invention des machines une conséquence de la DT, il met en évidence ce que l’on appellera plus tard les