
connus. Il s’agit donc d’une forme d’adéquation entre ce que l’être rationnel possède comme informations et
ce qu’il a à l’esprit comme représentation : c’est une phase d’élaboration de jugement.
b- rationalité instrumentale
La rationalité instrumentale est le moment où l’individu rationnel peut décider de la meilleure façon d’agir
pour satisfaire au mieux ses désirs. C’est donc une phase d’action, où les choix entrepris sont considérés par
l’être rationnel comme répondant de manière efficace aux objectifs poursuivis. Ces deux phases dans le
processus de rationalité sont complémentaires et assurent une cohérence au niveau des choix entrepris par
l’individu.
Cependant, cette théorie du principe de rationalité et les hypothèses de base peuvent être contestées sur
certains points.
II- Les limites de la rationalité
La rationalité a été souvent critiquée car elle exprime une vision assez étroite du comportement humain.
1) Une vision trop étroite
En se basant sur le fait que les individus sont rationnels et qu’ils procèdent à une série de calculs pour
optimiser leurs profits, on oublie que dans la plupart des cas, les décisions individuelles ne relèvent pas
forcément de la raison, et que de multiples autres facteurs peuvent rentrer en jeu comme les sautes
d’humeur, l’impulsion ou encore la séduction éphémère. La plupart de ces considérations l’emportent
souvent sur les considérations importantes liées au principe de rationalité comme l’évaluation précise des
coûts, des avantages et des inconvénients de tel ou tel choix.
En outre, le concept de rationalité renferme l’idée que les individus ne peuvent se tromper puisqu’ils ont pu
calculer et déterminer tous les paramètres qui leur permettront d’éviter toute erreur. Or, les individus même
rationnels font des erreurs de jugement et peuvent réaliser qu’un autre choix aurait été plus judicieux.
Enfin, la rationalité économique ne prend en compte que les aspects individuels, et n’envisagent que les
motivations égoïstes des individus. Or la recherche de satisfaction passe par des comportements altruistes
certes à des degrés divers mais on ne peut pas affirmer que ces motivations sont inexistantes.
Toutes ces limites nécessitent l’introduction d’une conception plus réaliste de la rationalité : la rationalité
limitée ou procédurale.
2) La rationalité procédurale : des choix satisfaisants mais pas optimaux
Herbert Simon, prix Nobel d’économie en 1978, fut le premier à insister sur la rationalité limitée. Il part du
principe que les capacités cognitives de l’Homme sont limitées et ainsi que les individus rationnels ne
peuvent disposer de toute l’information nécessaire pour arriver à un choix optimal. Les individus vivent
dans un univers trop incertain pour pouvoir prendre des décisions justes et certaines. Herbert Simon montre
ainsi que beaucoup de décisions sont satisfaisantes et ne constituent pas forcément un résultat optimal. Il
établit donc que les individus sont rationnels mais qu’ils doivent faire leur choix dans un contexte imprécis
et que de ce fait leurs décisions ne seront pas optimales. On parle donc de rationalité procédurale qui met
donc plus l’accent sur la réalité du processus de décision.
Il fait donc la critique de la rationalité néo-classique qu’il qualifie de rationalité substantive. La principale
différence entre les deux conceptions étant que dans le cas de la rationalité substantive on étudie le choix
des individus par rapport à un modèle tandis que l’approche de rationalité procédurale rend compte d’une
vision différente entre le modèle et ce que les êtres rationnels perçoivent de ce modèle.
Ces remarques sont pour le moins vraies mais elles ne modifient pas le caractère justifié du concept de la
rationalité dans les décisions prises par les agents.