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Chapitre 3 : La discrimination par les prix
On va laisser la possibilité au monopole de discriminer par les prix les offres tarifaires qu’il offre à ses
consommateurs.
Discrimination parfaite : l’entreprise va pouvoir récupérer entièrement la disponibilité maximale à
payer du consommateur. C’est un système de tarification plus complet que le prix unitaire unique.
Sauf que la discrimination parfaite c’est juridiquement impossible à mettre en œuvre (voire interdit)
et même si c’était autorisé, c’est une stratégie de prix qui est extrêmement couteuse, parce qu’elle
demande une information très précise pour chaque point de la demande inverse.

Définition : lorsque qu'un même bien est vendu aux consommateurs (ou au
même consommateur) à des prix différents

Conditions :
- Les firmes doivent avoir de l'information sur les consommateurs
- Il ne doit pas y avoir de possibilité d'arbitrage entre les consommateurs (un
consommateur peut pas concentrer toute la demande, et répartir au sein de
tous les consommateurs).

Avec ces conditions, on va définir : Pigou (1920) : discrimination du premier,
deuxième et troisième degré
La discrimination du premier degré (ou parfaite) :
Le monopole a toutes les informations.
Le producteur réussit à capter tout le surplus du consommateur en fixant le prix au
niveau du prix de réservation (prix maximal que le consommateur est prêt à
payer) du consommateur (on parle alors de prix individualisé).
Mais, il doit connaitre exactement le prix de réservation de chaque
consommateur
Improbable en pratique à cause de l'information incomplète sur les préférences
individuelles
Le principe de base : le cas de la demande unitaire :

Le monopole fait face à un consommateur dont la demande peut être égale à 1 ou à 0,
s’il consomme il consomme une unité, sinon 0 . En fonction du prix de marché et du prix
de réservation du consommateur, le consommateur va décider : soit la prix de
réservation < prix de marché  le consommateur demande 0 unités du bien, soit prix de
réservation > prix de marché  le consommateur demande 1 unité du bien.

Comme la firme a une information parfaite sur le consommateur, elle lui demande sa
disponibilité maximale à payer
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
Notons vi la disponibilité (unitaire) à payer du consommateur i. c’est la disponibilité
maximale à payer, mais comme demande unitaire, le max c’est 1 d’où
disponibilité unitaire à payer.

L'utilité du consommateur s'il achète une unité est Ui = vi – pi sinon Ui = 0. C’est donc son
surplus net = Ui.
o
o
Soit Ui < 0, dans ce cas le consommateur n’achète pas et on normalise Ui = 0.
Soit Ui > 0, le consommateur consomme et Ui = vi - pi

Le prix « individualisé » est pi = vi

Il faut vérifier que le prix soit supérieur ou égal au cout pour l’entreprise, ce qui équivaut à vi ≥ c,
où c est le coût marginal de production du bien.
Les résultats :
Donc les consommateurs consomment si l’entreprise fixe pour chaque consommateur i un prix pi* =
vi et que quel que soit i vi ≥ c.
(Ui = vi – pi)
Cas de la demande non unitaire :

Les consommateurs sont identiques (homogènes)

La demande est D(p) avec D’(p) < 0. On introduit une relative sensibilité de la
demande au prix (élasticité).

Pour discriminer parfaitement, le monopole peut appliquer un tarif binôme
(en deux parties). De manière générale, c’est ce que va payer le
consommateur lorsqu’il va acheter un volume q du bien.

Tarif binôme T (q) : un prix variable p et une partie fixe A (abonnement,...) d'où
T (q) = A + pq
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Les résultats :
La valorisation maximale pour la quantité q à laquelle on retranche la partie variable du tarif.
(le monopole sait calculer S(q), donc il va fixer A = S(q).
Max∏(q) s.c. S(q) – A ≥ 0. (la contrainte c’est la contrainte de participation du consommateur sur le
marché). Le monopole va chercher à capter tous le surplus, donc il va fixer A = S(q).
P = Cm permet d’obtenir le maximum de surplus (que le monopole va s’accaparer entièrement).
Donc deux objectifs pour le monopole :
 Maximiser la valeur du marché en fixant le prix p = Cm
 S’accaparer tous le surplus en fixant A = S(q).
Si les consommateurs sont tous identiques, la quantité totale qui sera échangée sur le marché sera =
nq.
Le profit du monopole c’est : sur chaque consommateur, le monopole va recevoir le tarif T(q) (donc
multiplié par n) et ça va lui couter le coût pour produire la quantité totale (nq).
Donc on max ce profit : on obtient
∏’(q) = nT’(q) – nC’(nq) = 0
Donc on a T’(q*) = C’(nq*)
C’(nq) c’est le coût marginal.
Le monopole choisit donc la quantité qui maximise le bien-être social !
T(q) = A* + p*q
Consommateurs hétérogènes : On va attribuer à chaque consommateur i une préférence qui leur son
propre, et une fonction de demande.
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La discrimination du troisième degré :
Le point commun entre le deuxième et troisième degré c’est qu’il y a de l’information imparfaite
entre l’entreprise et les consommateurs.
La différence entre le deuxième et troisième degré réside dans le traitement de l’asymétrie de
l’information, et donc des situations effectives d’asymétries d’information.
On commence par le troisième degré :
Le monopole n’apas l’information parfaite, mais peut observer (on parle de signaux) à un moindre
coût des caractéristiques qui sont corrélées aux préférences des consommateurs.

Le producteur observe un signal quelconque lié aux préférences du consommateur
et s'en sert pour discriminer

Le même bien peut être vendu à des prix différents à des consommateurs différents

La firme utilise un signal direct sur le demande

Plusieurs types de consommateurs suivant l'âge, le genre, le pays, le région...
Le principe :
Supposons G groupes de consommateurs
Chaque groupe à une fonction de demande Dg (p).C’est la demande qui s’adresse à un
consommateur qui est dans le groupe g lorsque le prix est p.
La firme va choisir un prix différent pour chaque groupe de consommateurs :
Les résultats :
 Des CPO, on obtient :

Les prix sont plus élevés sur les marchés où l'élasticité de la demande est
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plus faible
Si G = 2, on va avoir 2 Lerner :
L1 = [p1 – C’]/ p1 = 1 / Ԑ1
L2 = [p2 – C’]/ p2 = 1 / Ԑ2
Le prix va dépendre de l’élasticité pour les deux types de consommateurs.

Même principe que le monopole multiproduit (cas particulier)
La pratique :
Pratique autorisée
- un produit de même marque peut être vendu à des prix diférents selon sa
localisation
- prix diférents en fonction de l'âge (jeunes, vieux)
MAIS, les firmes ne peuvent pas interdire les arbitrages entre les consommateurs
-  nombreux exemples de sanctions dans le secteur automobile...
Les effets sur le bien-être social :
Imposer un prix uniforme améliore-t-il le bien-être social ?
Le monopole obtient toujours plus de profit s'il peut discriminer. Pourquoi ?
Deux effets opposés pour les consommateurs :
- les groupes avec une élasticité faible bénéficient du prix uniforme
- les groupes avec une élasticité forte bénéficient de la discrimination
Dans le cas linéaire le prix uniforme améliore le bien-être :
Les discriminations du deuxième degré :

La firme connait les différences entre les consommateurs MAIS ne peut pas
identifier les consommateurs.

Permet de résoudre (imparfaitement) le problème lié à l'asymétrie d'information

Utilisation d'instruments d'auto-sélection afin d'extraire (imparfaitement) le surplus
du consommateur :
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- la firme offre des « packages » différents (prix, quantité) ou (prix, qualité)
- les consommateurs s'auto-sélectionnent
- contraintes d'incitation pour s'assurer que les consommateurs préfèrent le
« package » qui leur est destiné
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