
3. Le problème de droit posé
Est-ce que une entreprise peut-elle obtenir la suspension immédiate d'une décision
administrative en attendant le jugement sur le fond ? Où la DGDA Par un simple
lettre administrative peut supprimer les avantages douanier accorde intérieurement
sans justification légal ?.
4. Décision du juge
Le juge des référés du Conseil d’État :
- Déclare irrecevable la fin de non‑recevoir soulevée par le DGDA a.i., notamment
parce que l’avocat qui l’a présentée n’avait pas produit de procuration spéciale le
mandatant.
- Déclare la requête d’EGAL recevable et fondée : il constate l’existence d’une
urgence et d’un doute sérieux, et ordonne la suspension des effets de la lettre n°
DGDADGDRFDG18122020 du 16 juin 2020.
- Précise que l’ordonnance de suspension prendra effet dès sa notification aux parties
et sera publiée au Journal officiel ainsi qu’au bulletin des décisions des juridictions
administratives.
5. l'analyse et commentaire
Sur le plan procédural, l’ordonnance rappelle l’importance de la régularité de la
représentation en justice : l’absence de procuration spéciale pour l’avocat du DGDA
a entraîné l’irrecevabilité d’un moyen qui, s’il avait été valablement présenté, aurait
pu faire échouer la requête d’EGAL.
Sur le fond, le juge applique une logique bien connue du contentieux administratif :
lorsqu’une décision administrative supprime un avantage économique significatif et
crée un risque de préjudice grave et immédiat (ici, la perte de produits périssables),
l’urgence est caractérisée. De plus, le non‑respect des règles de retrait ou de
révocation des décisions favorables (articles 10 et 11 du Code des douanes) suffit à
établir un doute sérieux sur la légalité de la décision.